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42-1 (27 novembre 2018 - )


Québec (région)
Lien interrives - Accès à l'information - Débat de fin de séance - 4100-2

Assemblée
Fascicule n°61, 19 septembre 2019, pages 4100-4102

[...]

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre des Transports. Et maintenant, M. le député de Pontiac, pour la réplique, vous disposez de deux minutes.

M. André Fortin (réplique)

M. Fortin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Ce matin, là, la seule réponse qu'on a eue de la part de la ministre de la Santé, c'était de dire : Bien, vous ne l'avez pas fait, hein? C'était à peu près la seule réponse qu'on a eue de la ministre de la Santé. À part de dire : On va le faire à un moment donné, on va le faire probablement, on va le faire dans le mandat, mais on ne sait pas quand, ce qui n'était pas la question, c'est de dire : Vous ne l'avez pas fait.

Mais la grande différence, là, c'est qu'en 2014 le Parti libéral du Québec n'avait pas promis de réduire les frais de stationnement. La Coalition avenir Québec, qui en a fait son cheval de bataille pendant quatre ans, ne l'avait pas promis non plus. Je suis allé rechercher — je sais que c'est le document préféré du ministre des Transports, là — la plateforme électorale 2014 de la Coalition avenir Québec. Il y a toute une section baisses de taxes. Baisse de taxes de 1 000 $ pour les familles en abolissant la taxe scolaire. Ah! tiens, ça, on n'en parle plus non plus, abolir la taxe scolaire. C'était dans le programme de 2014, plus dans le programme maintenant.

Gel du nombre total d'employés dans la grande... pas juste dans la fonction publique, dans la grande fonction publique au cours des quatre prochaines années. Ça a augmenté de combien, la fonction publique, depuis l'arrivée au pouvoir de la CAQ? Ça doit faire mal au coeur aux anciens adéquistes un petit peu, ça, que ça ait augmenté tant que ça depuis l'arrivée au pouvoir de la CAQ. Et tiens, tiens, Mme la Présidente, fin des nominations partisanes et des primes de départ exorbitantes. Fin des nominations partisanes; ça n'a pas pris trois semaines que Catherine Loubier était nommée par le gouvernement de la CAQ, Mme la Présidente.

Alors, la question, là, elle était toute simple. Pour la Coalition avenir Québec, tout ce qu'on voulait savoir, tout ce que les auditeurs, tout ce que les pétitionnaires, tout ce que les gens du FM93, tout ce que l'ensemble des citoyens qui ont entendu les promesses de la Coalition avenir Québec voulaient savoir, c'était : Quand? C'était quand? C'était : Pourquoi pas maintenant?

Quand on a un slogan électoral qui est Maintenant, qui n'est pas plus compliqué que ça, ça dit aux gens : Les promesses, on va les faire maintenant, puis les promesses faciles, bien, il me semble qu'on va les faire tout de suite. C'est à peu près ça que ça dit. Mais entre-temps, ce n'est pas ça qui se passe. Les citoyens continuent de payer le gros prix, comme ils disaient, et il n'y a eu aucun changement pour la population.

<959 >959 La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Pontiac. Ceci met fin à ce deuxième débat de fin de séance.

Nous allons maintenant procéder au troisième débat entre M. le député de La Pinière et M. le ministre des Transports concernant l'absence de transparence du gouvernement caquiste dans le dossier du troisième lien. M. le député de La Pinière, je vous cède la parole pour cinq minutes.

Troisième lien entre Québec et Lévis

M. Gaétan Barrette

M. Barrette : Mme la Présidente, merci. Vous me permettrez de faire le lien avec l'excellente présentation que vient de faire mon collègue le député de Pontiac sur le sujet qui vient d'être traité, c'est-à-dire la promesse, pour le moment rompue, de diminuer les tarifs de stationnement. Je veux juste indiquer à ceux qui nous écoutent, Mme la Présidente, et parce qu'il y a un lien avec le débat qu'on va faire, vous savez, pour accomplir la fameuse promesse, ça prend une circulaire. Savez-vous c'est quoi, une circulaire, Mme la Présidente? C'est une petite feuille de papier où on dit ceci : On baisse les tarifs, puis on l'envoie par la poste. Avant, en même temps, on l'envoie par courriel. Il n'y a pas de publication dans la Gazette officielle, il n'y a pas de loi, il n'y a pas de règlement, il n'y a pas ci, il n'y a pas ça. C'est un papier, une feuille.

Maintenant, Mme la Présidente, maintenant que vous savez ça, vous comprendrez que je suis très content ce soir d'avoir ce débat de fin de séance avec le député... le ministre des Transports, le ministre des Transports qui, mardi passé, m'a littéralement... parce que je comprends, là, que ce n'est peut-être pas un mot parlementaire, là, mais il m'a littéralement... Est-ce qu'accusé, c'est... Non? Il a vraiment, vraiment, vraiment insisté sur le fait que moi, parce que je réclamais la transparence, mon intention était de faire dérailler le projet du troisième lien. Je l'ai dit, Mme la Présidente, aujourd'hui, on est pour le projet, on n'est pas contre, on est pour, on est pour, on peut le dire 50 fois, on est pour.

Mais la réalité est que j'en ai fait, des grands projets, moi, là, j'en ai fait, j'en ai piloté, ils sont dans les délais, ils sont dans les milliards de dollars et ils sont dans les coûts. Mais, à chaque étape, Mme la Présidente, de chacun des projets de cette envergure-là, j'ai fait une conférence de presse où, de façon très transparente, les gens du technique, là, la SQI, et ainsi de suite, ils étaient là et ils expliquaient à la population : Voici, où nous sommes rendus. J'avais le plaisir de pouvoir dire : Regardez ce qu'on vous a montré au départ, là, et le coût qu'on vous a indiqué au départ, on est exactement dans les temps, exactement dans les coûts. Rassurez-vous, ça va arriver à destination.

Et c'est ce que je demande au ministre des Transports, et il refuse. Sur quel prétexte? Bien, c'est son arbitraire. Lui, il dit : Vous avez juste à attendre en 2020, puis peut-être qu'après on vous le dira là. Oui, mais le problème, c'est que son projet, ça fait plus d'un an qu'il travaille dessus, avant il y avait eu des études préliminaires, il est rendu à la phase de planification, et on sait que, pour se rendre là, il faut être passé par le Conseil des ministres pour montrer, essentiellement : Voici, pour les plans, où on est rendu, voici le concept, voici ce que l'on va faire, voici le coût, et ainsi de suite. Il le sait, ça. Il sait tout ça. Mais c'est un refus catégorique de faire participer la population. Participer la population, pour le ministre des Transports, bien c'est faire dérailler le projet. Bien non, ce n'est pas faire dérailler le projet. C'est intéressant, ce projet-là. C'est un projet d'abord et avant tout immobilier, on le sait. C'est la première finalité, c'est immobilier puis c'est correct. C'est correct, là, il n'y a pas de problème avec ça. Ceci dit, bien on peut-u savoir où on est rendu, oui ou non? On ne le sait pas.

Ce matin, j'ai évoqué quelque chose. J'ai montré une carte, la carte, une espèce de brouillon, là, que le ministre a mis sur la table cet été. Puis qu'est-ce qu'on voit? On voit une ligne, une ligne, c'est juste une ligne. On voit une ligne, là, qui va entre deux points, mais elle fait une courbe pour passer sur l'île d'Orléans. Mais cette courbe-là, Mme la Présidente, là, obligatoirement, ça signifie que, sur l'île d'Orléans, il va se passer quelque chose.

Le ministre a dit, là : Ça ne va pas desservir l'île. C'est correct. Ça, ça veut juste dire qu'il n'y aura pas de sortie sur l'île, à moins qu'il ait changé d'idée. Mais ça veut aussi dire qu'il va y avoir quelque chose, hein? Il va y avoir une installation, il va y avoir de l'équipement, on ne le sait pas, mais il va y avoir quelque chose. Il me semble que les gens de l'île d'Orléans aujourd'hui devraient pouvoir savoir ce qui s'en vient, puis si je me trompe, bien, que le ministre dise : Voici, on sort publiquement puis on vous dit : Voici où on s'en va, voici l'état actuel de la progression du projet, où on est rendu et, oui, on fait une courbe vers l'île d'Orléans. On la fait, la courbe, pour une raison, et sur l'île, il y aura telle chose, telle chose, telle chose ou il n'y aura pas telle chose, telle chose, telle chose. C'est juste ça qu'on lui demande, là. On lui demande d'être transparent, ne serait-ce que sur le concept qui a été retenu, mais, pour le ministre, ce niveau de transparence là, ça va faire dérailler le projet. C'est quand même extraordinaire, Mme la Présidente.

• (18 h 30) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de La Pinière. Et maintenant, je cède la parole à M. le ministre des Transports pour cinq minutes.

M. François Bonnardel

M. Bonnardel : Oui. Mme la Présidente, c'est important d'écouter le député de La Pinière et de voir jusqu'à quel point il laisse sous-entendre que ce Parti libéral est encore pour le tunnel Québec-Lévis. Depuis le départ de Sébastien Proulx, il n'y a plus personne qui croit au tunnel Québec-Lévis dans ce Parti libéral. Il n'y a plus personne qui y croit. Le député de La Pinière essaie de laisser croire aux Québécois que, oui, le Parti libéral va encore défendre le tunnel Québec-Lévis, mais ils sont dans le même siège que Québec solidaire et le Parti québécois. Ils n'y croient plus. Ils n'y croient pas, et la seule chose qu'ils souhaitent faire, c'est de faire dérailler le projet.

Quand je parle de faire dérailler, et de ne pas donner les informations adéquates, et d'être transparent, c'est le fun de voir l'ancien ministre des Transports assis juste en arrière du député de La Pinière. Quand je suis arrivé en poste, Mme la Présidente, en 11 mois, j'ai fait assurément plus que ce que le Parti libéral a fait pendant les deux ans... ou l'année où le ministre des Transports a été en poste.

Première chose, le brouillon, supposément. Bien, à l'époque, le Parti libéral, lui, allait étudier, pour faire avancer puis ne pas trop rien faire, des corridors. Il y en avait multiples corridors. On se disait : On va peut-être étudier là, au centre, à gauche, à l'ouest, au sud, au nord. Nous, on avait dit : Un corridor. C'est ce qu'on a fait. On a créé un bureau de projet. On a unifié ce bureau de projet avec le pont de l'Île-d'Orléans.

Ce que le ministre et le député de l'époque ne disent pas aujourd'hui, quand on parle de transparence, c'est jusqu'à quel point ils n'ont pas mentionné aux gens de l'île qu'il allait y avoir du retard pour la construction du pont de l'Île-d'Orléans. Et, à ma grande surprise, quand je suis arrivé en poste, je me suis rendu compte que les échéanciers, le ministre des Transports, le quatrième ministre des Transports en quatre ans, bien, on ne l'avait pas dit à la population, qu'il allait y avoir du retard. Je leur ai mentionné qu'il allait y avoir du retard, malheureusement, et qu'on allait travailler ensemble pour le bureau de projet et que, par la suite, la première chose, on allait identifier différents scénarios et, suite à ces scénarios, identifier le corridor précis. C'est ce que j'ai annoncé au printemps dernier et je leur ai annoncé que la suite, ce serait l'évaluation des coûts, ce que je ferai, ce que je ferai en 2020.

Alors, depuis 11 mois, j'ai fait plus que ce que le Parti libéral a fait aux Transports en quatre ans, en quatre ans. Et, ce projet, les Québécois y croient, les gens de Québec, les gens de Lévis, les gens de l'Est du Québec. Ce sera un corridor important pour le transport. Ce sera un corridor important pour le transport en commun, pour boucler la boucle de Lévis et de Québec avec le réseau structurant, et la connexion qu'on fera aussi au Phare. C'est ça, le grand défi de ce projet.

On sera transparents. On donnera toutes les informations en temps et lieu, en temps et lieu, aux Québécois, et le député de La Pinière peut s'assurer d'une chose : Je serai le plus transparent possible pour m'assurer, encore une fois, que les Québécois aient tous les éléments en main pour prendre une décision, et que nous prenions une décision éclairée pour la suite des choses.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre des Transports, et maintenant, pour votre réplique, M. le député de La Pinière, vous disposez de deux minutes.

M. Gaétan Barrette (réplique)

M. Barrette : Merci, Mme la Présidente. Et vous avez entendu le ministre des Transports parler du passé parce qu'il n'est pas capable de parler du présent et du futur. Il refuse de parler du présent et du futur. Tout son argumentaire est sur le passé. Puis, quand il parle du présent puis du futur, il nous parle de choses qui n'arriveront pas. On va boucler la boucle du réseau structurant. Est-ce qu'il nous annonce aujourd'hui qu'il va y avoir un tramway qui va passer dans le tunnel? Bien, c'est le genre de chose qu'on aimerait savoir, mettons, Mme la Présidente, hein? On ne saura pas ça aujourd'hui. Alors, c'est la confusion qui est la plus totale.

Alors, dans le présent et dans le futur, là, qu'est-ce qu'on sait aujourd'hui? On sait qu'il y a eu un choix arbitraire. Le ministre, lui, a décidé, avant étude, avant évaluation, avant test de sol, et ainsi de suite, de dire : Voici, on le fait là. Mais il n'a pas les informations, au moment où on se parle, pour savoir exactement ce qui va arriver puis ce que ça va coûter. Essentiellement, il se comporte comme son collègue à l'Éducation, et, comme ma collègue de Saint-Laurent l'a dit, c'est un autre ministère de chèques en blanc. Alors, lui, c'est la même chose. Mais c'est correct, on le veut, là. Mais on peut-u le faire de façon rationnelle? Alors, dans l'approche rationnelle et transparente, on va devant le public puis on dit : Voici ce qu'on va faire.

Et vous avez remarqué, Mme la Présidente, que le ministre n'a pas dit un mot sur ce qui va se passer à propos du tunnel sur l'île d'Orléans, qui, ça, est probablement l'affaire, plus que le coût, qui pourrait causer plus de problèmes. C'est ça, la réalité, Mme la Présidente. Qu'est-ce qu'il va y avoir sur l'île d'Orléans? Je le répète, un tunnel, là, ça va du point a au point b en ligne droite. Il n'y a aucune raison de faire une courbe. Dans ce projet-là, il fait une courbe. S'il fait une courbe, c'est parce qu'il va y avoir quelque chose. Qu'est-ce que va être le quelque chose? Est-ce que ça a des impacts? Il pourrait nous le dire et il pourrait au moins l'évoquer. Même pas, même pas, Mme la Présidente. Et, pour s'en sortir, il nous parle de notre passé. Mme la Présidente, le passé, il est passé. On ne le revivra pas. Mais il est là, là, aujourd'hui, puis il vit aujourd'hui, et les gens l'écoutent. Il peut-u parler pour qu'on le comprenne?

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de La Pinière. Ceci met fin à ce troisième débat de fin de séance.

Ajournement

Et, compte tenu de l'heure, j'ajourne nos travaux au mardi 24 septembre, à 13 h 40.

(Fin de la séance à 18 h 35)

 

En Complément