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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Sécurité
Autoroute 50 - Gatineau (secteur) - Débat de fin de séance - 4499-501

Assemblée
Fascicule n°67, 3 octobre 2019, pages 4499-4501

[...]

M. Saul Polo (réplique)

M. Polo : M. le Président, c'est exactement en fonction de ce que vient de dire le ministre que, justement, nous tendons la main et nous lui disons : Si nous souhaitons vraiment adresser les enjeux reliés au niveau de la Régie de l'énergie, ce n'est pas en l'affaiblissant qu'on va corriger, qu'on va améliorer les processus de la Régie de l'énergie, c'est tout le contraire. Nous, ce que nous disons... En fait, les propos qu'il me porte, c'est des propos que je porte et que je rapporte de ceux et celles qui sont venus présenter leurs mémoires depuis les trois dernières semaines.

M. le Président, un des mémoires dit : «Une Régie de l'énergie forte et indépendante ainsi qu'une saine gestion des finances publiques représentent une économie majeure[...]. Les modifications proposées par ce projet de loi consisteraient un recul et des coûts importants pour la société. Celles-ci risquent d'affecter négativement, notamment, nos possibilités d'exportation vers les États-Unis.»

Le communiqué de presse de ce matin dit : «Manque d'écoute du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. [...]Plusieurs démarches ont été effectuées depuis juin dernier [pour] démontrer que le projet de loi n° 34 [fait fausse] route...» Aucune écoute.

Nous, ce que nous disons, M. le Président, essentiellement, c'est que le ministre devrait, au lieu de poursuivre dans la même voie, de poursuivre dans l'entêtement, de poursuivre au niveau de l'acharnement, de poursuivre au niveau de son obstination et de son zèle, il devrait faire preuve d'ouverture, d'accepter notre main tendue, de faire preuve d'empathie, de faire preuve de bienveillance et d'ouverture à notre égard parce que ce que nous souhaitons pour l'ensemble des Québécois, c'est de renforcer le mandat de la régie, pas de l'affaiblir comme le projet de loi n° 34 l'effectue.

Nous sommes prêts à travailler. Nous sommes prêts à explorer différentes options. Mais le projet de loi n° 34, en bout de ligne, ne sert qu'une seule institution, et cette institution, c'est Hydro-Québec. Le gouvernement a l'habitude d'utiliser des formules simples. Ce projet de loi là a été rédigé par et pour une seule institution, et cette institution s'appelle Hydro-Québec. Et, à la fin de la journée, nous sommes tous redevables, Hydro-Québec incluse est redevable, envers les citoyens et citoyennes du Québec. Et ce que nous disons au ministre : Reculez, écoutez la population.

Amélioration de la sécurité sur l'autoroute 50
dans le secteur de Gatineau

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Nous allons maintenant procéder au troisième débat, entre M. le député de La Pinière et M. le ministre des Transports en remplacement de M. le ministre responsable de la région de l'Outaouais, concernant les dangers potentiels de la glissière à câbles qui sera installée sur l'autoroute 50. M. le député de La Pinière, je vous cède la parole pour une durée de cinq minutes.

M. Gaétan Barrette

M. Barrette : Oui. Merci, M. le Président. Et vous me voyez bien désolé de voir que le député... le ministre responsable de l'Outaouais n'est pas présent actuellement. Je sais que je ne peux pas... mais vous l'avez dit vous-même. Vous l'avez dit vous-même, et il est remplacé par le ministre des Transports, que je salue parce qu'on a passé un après-midi intéressant à l'étude du projet de loi n° 17, qui est un projet de loi qui traite du transport de personnes. Et aujourd'hui on a un débat de fin de séance sur du transport, mais routier, celui-là.

M. le Président, c'est connu, dans l'Outaouais, sur un segment de l'autoroute 50, il y a une problématique réelle. Il y a des courbes relativement prononcées et il y a eu plusieurs accidents avec des décès, malheureusement. Et c'est malheureux, on souhaite tous que ça n'arrive pas et on souhaite que la sécurité, à cet endroit-là, y soit maximale.

À cet endroit-là, c'est particulier, M. le Président, c'est une autoroute, l'autoroute 50, mais elle est, pour certains segments, une autoroute normale avec deux voies, avec une division centrale, et malheureusement encore, pour le moment, puis ça, ça arrive dans les projets de toutes les autoroutes du Québec... Au Québec, on construit souvent des autoroutes par segments, et, dans le temps, on a une voie, deux voies, puis, à un moment donné, on les sépare.

Ce n'est pas ça qui est l'enjeu, à mon avis, ici, à savoir la séquence du développement de cette autoroute-là, mais on a encore un segment qui est à deux voies. Et, comme il y a beaucoup d'accidents à cet endroit-là, une décision doit être prise par le ministre des Transports, qui a choisi de prendre la décision d'installer ce que l'on appelle une glissière à câbles.

Essentiellement, une glissière à câbles, c'est une clôture, sans qu'il y ait une portion solide comme on voit, là, la portion qui est crénelée, qui est attachée à des pieux qui sont espacés. Là, ce sont des pieux qui sont espacés de la même manière, mais c'est un fil de métal qui est sous haute tension. Et cette structure-là, pour être installée selon les recommandations du fournisseur, du fabricant, doit être installée dans une situation physique où les voies de circulation à contresens sont espacées d'au moins six mètres.

• (18 h 30) •

Il se trouve qu'il y a un seul endroit en Amérique du Nord où on retrouve ça, un court segment, comme je l'ai expliqué ce matin, de trois kilomètres en Oregon, dans une route qui ne se compare d'aucune manière au segment de la 50 à la hauteur de L'Ange-Gardien. C'est quoi, le problème ici, M. le Président? C'est simple. Le problème, c'est qu'à la case départ on aurait dû aller de l'avant avec l'annonce qui a été faite par mon collègue le député de Pontiac d'élargir l'autoroute à cet endroit-là le plus rapidement possible. C'est une annonce que nous avions faite et qui avait été reçue très positivement dans la région. Je conviens, M. le Président, qu'on ne peut pas tout faire d'un coup, mais il y a une chose qui est certaine : quand les choses sont annoncées, on peut le faire. Et ici on a choisi de ne pas le faire, l'agrandissement, donc le dédoublement des voies à cette hauteur-là. En lieu et place, on met cette fameuse glissière là.

Le problème de la glissière, elle est partiellement sécuritaire, elle n'est pas totalement sécuritaire. Je suis certain, là, le ministre va me dire : Oui, oui, ça se fait ailleurs puis ça protège. Oui, mais pas en toute circonstance. Pourquoi? Parce que le six mètres de séparation auquel j'ai fait référence n'est pas là. Mais il y a un autre élément, M. le Président. Le Département des transports des États-Unis ne recommande pas cette installation-là dans certaines conditions, et les conditions, entre autres, c'est le six mètres en question. Pourquoi? Parce qu'il y a un danger qui est très important.

Le premier danger, c'est que cette glissière-là à câbles, comme n'importe quel élastique ou corde que l'on tend, on pèse au milieu, ça va se déprimer. Ça, c'est clair. Ça, c'est pour un véhicule lourd, par exemple, qui rentre dans la glissière en question. Donc, on peut faire quand même un face-à-face, parce qu'à cause de la dépression le véhicule peut de façon significative entrer dans l'autre voie, s'il n'y a pas le six mètres, et là il y a un face-à-face.

Mais surtout, M. le Président, hein, surtout, c'est parce que, dans des accidents qui sont plus mineurs, pour les motocyclistes, il y a un enjeu potentiel de décapitation. Je n'utilise pas un gros mot pour faire spectaculaire, M. le Président, c'est écrit tel quel dans les commentaires du Département des transports des États-Unis. Ça veut dire qu'un motocycliste, là, qui fait une crevaison... J'en ai fait, moi, une crevaison en moto, quand j'étais jeune, on glisse. Si on glisse sans qu'on traverse l'autre voie, mais qu'on tombe sur cette clôture-là, au lieu de nous retenir avec la moto, c'est un fil de fer, c'est comme un fil à fromage, ça nous coupe. Et ça peut nous décapiter. C'est ça, la réalité.

Alors, aujourd'hui, on a choisi une solution qui est temporaire, qui est utile, mais malheureusement, M. le Président, la bonne solution, à laquelle s'attendait la population, c'est le début des travaux pour élargir ce segment-là, pour cause de dangerosité. Et on n'a pas fait ce choix-là, et je trouve ça malheureux.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. M. le ministre des Transports, je vous cède la parole. Et je vous rappelle que vous disposez de cinq minutes.

M. François Bonnardel

M. Bonnardel : Merci, M. le Président. Il faut le faire, d'entendre le député de La Pinière, il faut le faire, d'entendre le député de La Pinière se plaindre aujourd'hui de prendre acte d'une situation sur une portion de la 50, sur six kilomètres entre L'Ange-Gardien et Gatineau, qui est une partie de la route où il y a eu plusieurs accidents dans les dernières années, une partie de la route où ce parti politique et ce député, qui a représenté un gouvernement... n'a rien fait pendant les 15 dernières années, à Gatineau, en Outaouais, pour sécuriser ce tronçon. Quatre ministres des Transports de 2014 à 2018, dont un, le député de Pontiac, assis derrière lui, ministre responsable de l'Outaouais, qui n'a pas levé le petit doigt pour sécuriser ce tronçon.

Alors, le député de La Pinière ne le sait peut-être pas, on a retiré, donc, cette portion de six kilomètres de la directive des grands travaux pour débuter l'élargissement en 2021, mais, l'été prochain, je ne veux pas voir d'accident mortel. On a pris la décision de faire un projet pilote sur cette portion de six kilomètres en installant cette glissière, qui a déjà été installée un peu partout dans le monde, en Amérique du Nord, qui a eu l'aval des ingénieurs du ministère des Transports du Québec. Je l'ai mentionné cet après-midi, mon collègue de l'Outaouais l'a mentionné, on fera tout pour sauver des vies. Le risque zéro n'existe pas nulle part, encore moins sur le réseau routier, dans le transport, au Québec, mais, toute action que nous prendrons pour sauver une vie, nous le ferons, nous le ferons.

Et c'est déplorable d'entendre le député de La Pinière, un ancien ministre, essayer de laisser croire aux gens qui vont utiliser cette route qu'on met leur vie en danger. On prend action pour sauver des vies, des blessures graves, et je ferai tout pour sécuriser le réseau routier québécois, M. le Président, j'investirai toutes les sommes possibles pour sécuriser le réseau québécois. Ça, c'est l'engagement que je peux donner à tous ceux qui nous écoutent. À tous ceux qui nous écoutent, en Outaouais, oui, cette portion de six kilomètres, c'est pour un été, parce que l'élargissement va débuter en 2021, ce que vous n'avez pas fait, du côté du Parti libéral, minimalement pendant les quatre dernières années où vous avez été au pouvoir. Par la suite, on va travailler le secteur Lachute, Mirabel, une portion de 23 kilomètres. Et un jour cette 50 sera doublée dans son ensemble. Ça, c'est le défi que je me donne.

On a plus, plus, plus fait en un an, dans notre gouvernement, que ce que le Parti libéral a fait pendant 15 ans. On ose se lever, aujourd'hui, et déplorer le fait qu'on prend action, action pour sécuriser une portion de cette route, puis on ose, encore une fois, répéter aux Québécois puis aux automobilistes qu'on met leur vie en danger.

Vous savez, j'en ai entendu beaucoup, dans cette Assemblée nationale, depuis 2007. Des députés qui veulent faire leur place, des anciens ministres qui osent, osent, osent prétendre qu'on met la vie des gens en danger, ça m'horripile, M. le Président, ça m'horripile. De prendre acte de cette situation et de sécuriser le réseau dans l'ensemble du Québec... Et je le dis, là, c'est un projet pilote qu'on met en place, il y a assurément d'autres endroits au Québec où on installera cette glissière. Je reste convaincu, persuadé, tout comme les ingénieurs, qu'on sauvera des vies, qu'on sauvera des blessures graves, en installant cette glissière. Et, par la suite, on tiendra l'engagement que j'ai mentionné en Outaouais voilà trois semaines déjà, nous débuterons l'élargissement de ce secteur de la 50 dès le printemps 2021.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le ministre. M. le député de La Pinière, votre droit de réplique. Cinq minutes.

M. Gaétan Barrette (réplique)

M. Barrette : De deux minutes.

Le Vice-Président (M. Picard) : Deux minutes. Excusez.

M. Barrette : M. le Président, alors, je vais utiliser le slogan que vous connaissez bien vous-même : On verra. Et je vais rappeler au ministre des Transports qu'il est en poste depuis le 1er octobre 2018 et que, si ce dossier est si important pour lui, nous serions aujourd'hui dans les travaux. Je ne lui reproche pas de prendre des décisions, je lui reproche de prendre la mauvaise au mauvais moment. Aux dernières nouvelles, M. le Président, là, on était le 3 octobre 2019, un an et deux jours après son arrivée en poste. C'est ça, la réalité, M. le Président. On serait dans des travaux aujourd'hui.

On va mettre en place une solution temporaire. Et il nous annonce, il nous garantit qu'en 2021 on est dans la construction? On verra.

Il aurait pu prendre une solution d'une barrière solide. On a évoqué toutes sortes de choses, je peux prendre plein d'exemples où ça aurait été faisable. Ce que le ministre nous dit qu'il ne peut pas faire avec une barrière solide, en béton, elle existe sur le mont Royal, à Montréal, elle existe à plein d'endroits. Et il a choisi de ne pas prendre cette solution-là. C'est son choix, hein, c'est son choix.

Alors, aujourd'hui, au moment où on se parle, là, ce ministre, il aurait déjà dû avoir sa première pelletée de terre sur ce segment-là et il aurait pu prendre un autre choix. Moi, je ne parlerai pas tout mon mandat du passé comme le ministre et tous ses collègues font constamment. On juge le ministre sur ses décisions d'aujourd'hui et on va le juger sur les décisions futures, ou, c'est-à-dire, les réalisations futures, ou les abandons futurs. Rien, aujourd'hui, ne me garantit que ces travaux seront faits au printemps 2021.

Alors, aujourd'hui, M. le Président, là, il y a un risque sur la base du choix qui est fait, de clôture, et sur le fait qu'un an et trois jours plus tard il n'y a pas une seule pelletée de terre qui a été faite dans un endroit dangereux, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de La Pinière.

Ajournement

Compte tenu de l'heure, les travaux de l'Assemblée sont ajournés au mardi 8 octobre 2019, à 13 h 40.

(Fin de la séance à 18 h 39)

 

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