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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Site d'enfouissement
Déchet - Vermont (État) - Lac Memphrémagog - Impact - 463-5 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°10, 6 février 2019, pages 463-465

[...]

Il a dit hier, en débat de fin de séance, qu'il fallait que les Québécois aient toute la lumière, hein? Je le paraphrase, il a dit : Les Québécois se posent des questions, il va falloir y répondre. Le problème, c'est qu'avec même l'enquête de la Protectrice on ne peut pas toucher à tout.

Qui a été impliqué dans son cabinet? Comment il a discuté de cette question-là avec le sous-ministre? Toutes ces questions qui touchent une ingérence possible ne seront pas traitées...

Le Président : M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.

M. André Lamontagne

M. Lamontagne : M. le Président, j'inviterais le député de Louis-Hébert... de Jean-Talon, pardon, de ne pas présumer du champ d'étude que la Protectrice du citoyen va décider. Puis, pour compléter en termes de relations de travail, je voudrais rappeler au député qu'il y a un processus d'arbitrage associé à tout ce dossier-là et qu'ultimement il y a un arbitre totalement indépendant qui va analyser tous les faits pour rendre effectivement une décision en matière de relations de travail. Alors, les Québécois peuvent s'assurer que tout le dossier lanceur d'alerte va avoir été couvert et tout le dossier des relations de travail va avoir été couvert. Ils vont avoir les réponses à toutes leurs questions, et le député de Jean-Talon va avoir réponse à toutes ses questions.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Je l'ai dit, M. le Président, les questions qui demeurent, au-delà de l'affaire de Louis Robert, ce sont des questions d'ingérence politique possible. Le ministre, M. le Président, aux yeux de bien des gens, il ne l'a plus, cette crédibilité pour pouvoir donner ses explications.

Est-ce que le gouvernement accepterait qu'une commission parlementaire se réunisse pour que tous les acteurs puissent librement, pas sur le «payroll» de monsieur, librement s'exprimer sur cette question et dire ce qui s'est passé, pour s'assurer de la crédibilité du gouvernement et surtout qu'on puisse répondre à la question la plus importante : Y a-t-il eu ingérence politique?

• (10 h 20) •

Le Président : M. le leader du gouvernement.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît, tout le monde! La parole appartient au leader du gouvernement.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, en toute transparence, la Protectrice du citoyen est mandatée et va pouvoir enquêter sur le dossier. La Protectrice du citoyen est une personne qui est complètement indépendante, nommée aux deux tiers ici. Est-ce dire que le leader de l'opposition officielle n'a pas confiance en l'indépendance de la Protectrice du citoyen et en son rôle, qu'elle peut effectuer son rôle d'enquête?

M. le Président, ce qu'il faut comprendre là-dedans, c'est que le leader de l'opposition souhaite faire un procès ici, séance tenante, au ministre de l'Agriculture. Il souhaite judiciariser le processus et se servir de l'Assemblée nationale comme une cour de justice. Ça n'arrivera pas. La Protectrice du citoyen va faire enquête...

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : ...va pouvoir rendre son rapport publiquement et les recours...

Des voix : ...

Le Président : On va écouter ensemble les réponses qui sont données, les questions qui sont données, pour le bénéfice de ceux et celles qui veulent suivre aussi nos débats, je le dis encore une fois, des débats respectueux, Alors, conservons cette attitude, s'il vous plaît.

La parole appartient maintenant à la députée de Maurice-Richard.

Impact sur le lac Memphrémagog de l'agrandissement
d'un site d'enfouissement de déchets au Vermont

Mme Marie Montpetit

Mme Montpetit : Merci, M. le Président. L'Estrie se mobilise depuis plusieurs semaines contre un projet d'agrandissement d'un dépotoir au Vermont, qui présente un risque pour la santé publique de près de 200 000 personnes. C'est l'eau potable de toute la ville de Sherbrooke et de toute la MRC de Memphrémagog qui pourrait potentiellement être contaminée. Moi, ça m'inquiète puis ça inquiète 200 000 personnes en Estrie présentement. Ça inquiète le maire de Sherbrooke et le préfet de la MRC de Memphrémagog qui, comme moi, se sont rendus au Vermont il y a deux semaines pour faire valoir nos préoccupations.

Permettez-moi, M. le Président, de rappeler la réponse du premier ministre lorsque j'ai posé une question en Chambre, ici, et je le cite, il m'a dit : J'ai l'assurance qu'il n'y a aucun risque. Je ne sais pas ce qu'elle veut de plus. Est-ce qu'elle veut que j'appelle Trump? Bien non, M. le Président, je ne voulais pas qu'il appelle Trump. Ce que je veux, c'est qu'il y ait de l'intérêt de sa part pour les 200 000 Estriens qui utilisent quotidiennement le lac Memphrémagog comme source d'eau potable. Puis ce que je voulais de plus, c'est de l'intérêt de sa ministre de l'Environnement de l'époque, ce que je n'ai pas vraiment eu.

Alors, je pose la question au nouveau ministre de l'Environnement : Partage-t-il les inquiétudes des citoyens de l'Estrie ou bien pense-t-il comme le premier ministre que...

Le Président : M. le ministre de l'Environnement.

M. Benoit Charette

M. Charette : Merci, M. le Président. Merci à la collègue pour la question. Oui, effectivement, il y a de l'inquiétude dans la population, et j'ai l'occasion de parler régulièrement à mon collègue d'Orford, qui suit le dossier de près. Il s'est, tout comme vous, rendu sur place pour participer à cette consultation publique. Le premier ministre a eu l'occasion d'échanger avec les autorités du Vermont il y a quelques semaines, quelques mois. Il est possible, pour ma part, que j'aie une rencontre dès demain aussi avec des autorités du Vermont. Donc, le dossier, il est suivi de près. Le ministère de l'Environnement s'ajoute à cette voix qui fait en sorte que des évaluations scientifiques et valables soient faites.

Donc, soyez assurés que le dossier est suivi de très près, et nous avons la collaboration de l'ensemble des municipalités concernées.

Le Président : Première complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.

Mme Marie Montpetit

Mme Montpetit : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, je suis très contente d'entendre que le ministre se préoccupe de ce dossier. Je présume qu'il est aussi au courant que la commission environnementale du Vermont rendra sa décision la semaine prochaine.

Donc, je veux savoir de façon précise qu'est-ce qu'il va faire. Potentiellement une rencontre, c'est-u une rencontre? Quel engagement vous allez demander? Quelle assurance vous allez demander? Parce qu'à l'heure actuelle il n'y a pas de données qui nous sécurisent sur la contamination possible du lac Memphrémagog.

Donc, que va-t-il faire précisément au cours de la prochaine semaine?

Le Président : M. le ministre de l'Environnement.

M. Benoit Charette

M. Charette : Parmi les rencontres, je pouvais aussi mentionner que j'ai pu échanger avec la ministre fédérale sur cet enjeu la semaine dernière. Un député libéral, le député Paradis, est également bien impliqué dans le dossier au niveau de la Chambre des communes. Il y a cette commission Canada—États-Unis qui a été saisie. Donc, tous les éléments sont là pour rassurer la population. Le gouvernement, le ministère suivent le dossier de près. Il est vrai qu'il y a un rapport attendu la semaine prochaine. Il est possible que ce rapport-là vienne poser des conditions également à l'entreprise qui souhaiterait étendre encore davantage son territoire pour le site de...

Le Président : En terminant.

M. Charette : ...pour les déchets en question. Donc, oui, toutes les mesures sont en place pour assurer le suivi.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.

Mme Marie Montpetit

Mme Montpetit : Merci, M. le Président. Ça s'appelle le site Coventry, pour votre information. J'entends beaucoup de mots, je n'entends pas beaucoup de réponses. Vous me citez plein de gens. Est-ce que vous leur avez parlé? Est-ce que vous avez demandé des interventions? La situation, à l'heure actuelle, elle est nommée par les Estriens comme une bombe à retardement. Il y a une situation qui est potentiellement grave. Il y a une décision qui va être prise la semaine prochaine. Je veux, de façon précise, entendre ce que vous allez faire comme ministre de l'Environnement.

Est-ce que vous allez faire des démarches précises?

Le Président : M. le ministre de l'Environnement.

M. Benoit Charette

M. Charette : Oui. Bien, les nombreux mots que je me souviens avoir prononcés visaient justement à répondre à la question de la collègue. Toutes les interventions visaient à démontrer aux interlocuteurs que nous sommes bien impliqués dans le dossier en question. Quand je parlais de la ministre fédérale, quand je parlais à mon collègue d'Orford, quand je parlais au ministre... non pas au ministre, mais au député libéral fédéral, lorsque le ministère est saisi du dossier, ce sont tous des mots qui démontrent que, oui, nous sommes bien impliqués dans le dossier et que la réponse de la semaine prochaine sera aussi suivie avec beaucoup d'intérêt et d'attention de notre côté.

Le Président : Question principale, Mme la députée de Sherbrooke.

Gestion du parc immobilier des commissions scolaires

Mme Christine Labrie

Mme Labrie : M. le Président, récemment, on pouvait lire dans un article de Radio-Canada que le ministre de l'Éducation vient tout juste de découvrir que la pénurie de locaux n'est pas seulement un enjeu, mais bien une crise dans le milieu de l'éducation. Je ne sais pas où était M. le ministre dans les dernières années, pendant que les commissions scolaires criaient à l'aide, mais je suis contente qu'il prenne acte de la crise, et j'aimerais lui souhaiter bienvenue dans la réalité.

Vous savez, ça ne suffit pas d'être un enseignant pour être un bon ministre de l'Éducation. Il faut surtout être à l'écoute des besoins du milieu. Le besoin le plus primaire, c'est d'avoir des locaux pour recevoir les enfants, et, en ce moment, il y a des milliers d'enfants dans des espèces de maisons mobiles parce qu'on manque de place. Le trois quarts des écoles primaires ont besoin de rénovations majeures, et, au lieu de s'attaquer à cette crise-là, le ministre se lance dans des réformes de gouvernance. On en a déjà vu, des ministres, faire des réformes de structure au lieu de répondre aux besoins exprimés sur le terrain, et on en subit encore les conséquences.

Est-ce que le ministre est conscient qu'il est en train de reproduire les erreurs qui ont mené à la perte du précédent gouvernement?

Le Président : M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

M. Jean-François Roberge

M. Roberge : Merci bien. Alors, dans les 20 quelques dernières années, j'étais dans les facultés de sciences de l'éducation, j'étais au Conseil supérieur de l'éducation, et j'étais dans les écoles, et j'étais dans les oppositions à critiquer les décisions des gouvernements qui ont laissé en très mauvais état le parc-école. Donc, je la rassure, j'ai vécu à peu près à toutes les étapes possibles, là, la mauvaise gouvernance des deux précédents gouvernements, là, péquistes et libéraux. Donc, qu'est-ce qu'on fait maintenant? On répare les pots cassés.

C'est vrai que, sur l'île de Montréal en particulier, il y a une pénurie de locaux. Qu'est-ce qu'on fait? Bien, on va autoriser des agrandissements, des constructions, des rénovations, parce qu'il y a aussi des écoles dont l'état dépérit d'année en année. On est en mode solution. Puis, oui, c'est vrai qu'à certains endroits il y a des pénuries de locaux, mais ce n'est pas partout à la grandeur du Québec, je veux le dire, ce n'est pas partout à la grandeur du Québec. Il y a certains endroits où il y a même des écoles de village qui sont vides, et c'est dramatique. On ne veut pas les fermer pour autant. Il y a des endroits où il y a des classes qui sont libres. On va pouvoir les utiliser en déployant plus rapidement dans certaines régions la prématernelle quatre ans que dans d'autres. Bref, on va agir pour réparer...

Le Président : En terminant.

M. Roberge : ...les pots cassés.

Le Président : Première complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.

Mme Christine Labrie

Mme Labrie : J'insiste, M. le Président, le ministre doit comprendre que la base, avant de réaliser ses belles promesses, c'est d'avoir assez de locaux. On a des écoles qui refusent des élèves dans des vocations parce qu'ils manquent de place, ils doivent aller au privé. On refuse des inscriptions aux sports parascolaires parce qu'il manque de gymnases. C'est criant à Montréal et même à Sherbrooke. Dans des centaines d'écoles primaires, il n'y a plus de locaux d'anglais ni même de bibliothèques.

Est-ce que le ministre peut nous prouver qu'il est capable de répondre aux besoins exprimés par les milieux, avant de se lancer dans toutes les directions avec des priorités qu'il a inventées tout seul, dans un coin, comme les maternelles quatre ans?

Le Président : M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

[...]
 

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