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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Suicide
Prévention - Stratégie gouvernementale - 469-70 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°10, 6 février 2019, pages 469-470

[...]

Mme Isabelle Charest

Mme Charest : Oui. Merci, M. le Président. En fait, nous avons été en discussion avec la ville de Sherbrooke. Il faut comprendre que, pour tenir des jeux d'envergure... et je suis d'accord avec mon collègue, évidemment, des jeux d'envergure, pour moi, ça revêt une importance capitale, mais, pour tenir de tels jeux, évidemment, au-delà des retombées ou du legs d'infrastructure, il y a aussi toute la mobilisation d'une communauté, tous les bénévoles qu'on doit mettre en place, toute la logistique de sécurité, donc beaucoup d'éléments à tenir en compte.

Comme ma collègue l'a dit précédemment, lorsque Sherbrooke s'est posée candidate il y a cinq ans, on avait une fenêtre pas mal plus grande pour pouvoir réaliser ces travaux. Alors, à deux ans des jeux, il faut s'assurer...

Le Président : Question principale, M. le député de Jean-Lesage.

Stratégie en matière de prévention du suicide

M. Sol Zanetti

M. Zanetti : Cette semaine, c'est la 29e Semaine nationale de prévention du suicide. Et, au Québec, trois personnes s'enlèvent la vie chaque jour. Le suicide frappe davantage les hommes et les personnes moins favorisées, mais il frappe tout le monde. Personne n'est à l'abri. Bon, en plus, on sait que les services ne se rendent pas dans toutes les régions du Québec. Les régions où le taux de suicide est plus élevé sont le Nunavik, l'Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine. Les professionnels de la santé réclament depuis longtemps une stratégie nationale de prévention du suicide afin de mieux cibler les interventions auprès des personnes à risque.

Sachant qu'une mort par suicide est une mort évitable, est-ce que la ministre de la Santé et des Services sociaux s'engage à mettre en place une stratégie nationale de prévention du suicide dans les plus brefs délais?

Le Président : Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.

Mme Danielle McCann

Mme McCann : M. le Président, c'est une question extrêmement importante pour le Québec, la prévention du suicide, la prévention aussi des problématiques de santé mentale, alors notre gouvernement est extrêmement sensible à cette question. D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de rencontrer des parents endeuillés, une jeune femme endeuillée dont la mère, malheureusement, s'est suicidée. Alors, nous avons échangé, de façon importante, très sensible à leur message aussi.

Je pense qu'il est très important d'avoir une stratégie nationale de prévention du suicide. Je pense aussi qu'il faut améliorer notre approche, notre façon de faire au niveau des problématiques de santé mentale. Alors, M. le Président, pour nous, c'est une question prioritaire. Et évidemment nous avons déjà commencé à consulter des proches aidants, des experts dans le domaine, des gens qui sont touchés par des problématiques de santé mentale et nous allons nous atteler à ce dossier pour améliorer la situation...

Le Président : En terminant.

Mme McCann : ...pour les Québécois et les Québécoises.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.

M. Sol Zanetti

M. Zanetti : Je suis rassuré par la bonne foi de la ministre. Je pense que c'est un sujet qui dépasse la question de la partisanerie puis ces choses-là habituelles, on le sent bien. Et des fois, par contre, avec la bonne volonté, aussi il faut que suivent les engagements financiers, sinon ça ne donne rien. Dans les dernières années, on a grandement amélioré la prévention des morts par accidents de la route. On pourrait mettre la même énergie dans la prévention du suicide.

Alors, considérant qu'il y a 3,5 milliards de dollars de surplus qu'on peut envisager, la ministre peut-elle...

Le Président : ...de la Santé et des Services sociaux.

Mme Danielle McCann

Mme McCann : Oui. M. le Président, pour nous, ça demeure une priorité. Nous allons faire une démarche. Nous allons certainement beaucoup écouter les proches aidants, les personnes qui sont touchées par des problématiques de santé mentale. Nous sommes très préoccupés de la situation qui touche nos jeunes et nos jeunes adultes mais aussi nos adultes, nos aînés. Alors, nous avons vraiment à travailler beaucoup avec les experts, avec les gens qui sont touchés, avec les proches aidants pour vraiment améliorer nos stratégies au niveau des problématiques de santé mentale, au niveau, là, des besoins...

Le Président : En terminant.

Mme McCann : ...dans le dossier de la prévention du suicide au Québec.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.

M. Sol Zanetti

M. Zanetti : Je ne suis pas certain d'avoir compris si vraiment vous vous engagez à ce qu'il y ait des sommes, dans le prochain budget, allouées à la prévention, alors j'aimerais avoir une réponse là-dessus, mais aussi je voudrais savoir si vous allez vous engager à travailler, avec les partis d'opposition, avec les autres ministères concernés, les milieux communautaires, les milieux de la santé, sur une stratégie nationale de prévention du suicide basée sur les meilleures pratiques internationales adaptées à la réalité québécoise.

Le Président : Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.

Mme Danielle McCann

Mme McCann : M. le Président, mon collègue a tout à fait raison de dire que c'est une problématique, et nous devons trouver des solutions de façon transpartisane. Alors, là-dessus, je pense que c'est l'affaire de tout le monde au Québec. Il y a une personne sur cinq au Québec qui a des problématiques de santé mentale, dépression, anxiété, etc., et tous les Québécois ont été touchés par une problématique de santé mentale dans leur vie. Alors, nous nous engageons à vraiment améliorer, consolider nos interventions dans le dossier, en consultation avec les personnes qui sont touchées par la problématique de la santé mentale.

Le Président : Question principale, M. le député de Pontiac.

Ressources allouées aux services en santé mentale

M. André Fortin

M. Fortin : Oui. Merci, M. le Président. Tous les députés en cette Chambre ont connu, à un moment ou à un autre de leur vie, un jeune en situation de détresse. Pour moi, M. le Président, c'était mon voisin d'enfance, qui s'est suicidé bien trop jeune, laissant derrière lui sa soeur, son frère, qui, eux-mêmes, par la suite, ont fait face à des défis de santé mentale. Mais, des situations comme celles-là, M. le Président, il continue d'y en avoir beaucoup trop au Québec. En fait, aujourd'hui, les jeunes sont plus touchés par la santé mentale que jamais. Les prescriptions d'antidépresseurs chez les jeunes ont augmenté de 50 % en quatre ans. Dans ce contexte social, M. le Président, on s'attendait, au minimum, à ce que le gouvernement maintienne l'importance de la santé mentale au sein du ministère de la Santé.

Dans le contexte financier, M. le Président, on s'attendait à ce que les premières nouvelles en lien avec la santé mentale, ce soit une augmentation du budget. Plutôt, comme premier signal, comme toute première action, la ministre a choisi de rétrograder la Direction générale de la santé mentale, de rétrograder son lien direct avec le réseau de la santé mentale.

Dans quel monde la ministre peut-elle penser que c'est positif?

Le Président : Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.

Mme Danielle McCann

Mme McCann : Oui. M. le Président, la santé mentale, c'est aussi lié à des problématiques chez les aînés, chez les jeunes, c'est lié aussi aux interventions qu'on appelle tous les services sociaux. Nous, ce qu'on a voulu, c'est que la santé mentale, ça ne soit plus traité en silo. M. le Président, la direction se trouve maintenant... la Direction du programme national en santé mentale. C'est une direction qui touche les jeunes, les aînés, les problématiques en services sociaux, la toxicomanie, l'itinérance. La santé mentale est en lien avec l'ensemble de ces personnes et de ces programmes. Et, je réitère, nous allons consolider nos interventions dans le dossier de la santé mentale pour les Québécois et les Québécoises.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : M. le Président, on ne peut pas se dire préoccupé, d'un côté, par la santé mentale et, de l'autre, diminuer son importance à l'intérieur du ministère. Mais ils ont une occasion de se reprendre. Ma collègue de Marguerite-Bourgeoys a servi au gouvernement une occasion en or d'entendre les experts, d'ouvrir un vrai dialogue, de trouver ensemble des solutions. Alors, si le gouvernement veut prouver son audace, c'est le temps de le faire. Vous n'avez qu'à accepter la tenue d'une commission parlementaire sur la santé mentale. Sinon, on comprendra que ce sera une très différente forme d'audace dont vous aurez fait preuve.

Le Président : Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.

[...]
 

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