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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Violence
Femme - Journée thématique - Motion sans préavis - 5516-8

Assemblée
Fascicule n°84, 20 novembre 2019, pages 5516-5518

[...]

pour que les personnes immigrantes s'intègrent en français à la société québécoise. Je pense que le député de Jacques-Cartier devrait nous appuyer sur ce point.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Cela met fin à la période de questions et réponses orales. Merci.

Motions sans préavis

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, comme il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre formant l'opposition officielle. Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.

Souligner les Journées d'action contre la violence faite aux femmes

Mme David : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la ministre responsable de la Condition féminine, la députée de Sherbrooke, la députée de Gaspé, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :

«Que l'Assemblée nationale souligne les journées d'action contre la violence envers les femmes, qui se tiennent du 25 novembre au 6 décembre 2019;

«Qu'elle dénonce la violence faite envers les femmes, puisque dans toute société libre et égalitaire, aucune violence ne doit être tolérée;

«Qu'elle salue et qu'elle soit solidaire de l'implication des organismes, groupes de femmes, bénévoles qui oeuvrent chaque jour pour contrer toute forme de violence à l'égard des femmes, dont la violence conjugale, l'exploitation sexuelle et les agressions sexuelles, et qui soutiennent les personnes qui en sont victimes.»

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.

M. Schneeberger : Oui. Alors, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, en commençant par la députée de Marguerite-Bourgeoys, la ministre responsable de la Condition féminine, la députée de Sherbrooke et la députée de Gaspé.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc, je comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants et pour que la durée des interventions se limite à une durée de deux minutes. Et nous allons entendre Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.

Mme Hélène David

Mme David : Merci beaucoup. Et merci que ça soit avec débat parce que c'est extrêmement apprécié d'avoir ne serait-ce que deux minutes par intervenant pour parler de cette condition épouvantable qu'est la violence envers les femmes.

Alors, des journées pour quoi? Parce qu'il y en a trop, de violence. Des journées pour qui? Alors, est-ce qu'on a besoin de parler de violence conjugale, dans les derniers jours, dans les dernières semaines? Est-ce qu'on a besoin encore d'insister pour dire qu'il y a eu un meurtre, un homicide perpétré il y a quelques jours? Encore un conjoint qui a avoué avoir tué sa femme. Il y en a eu deux autres précédemment. Est-ce qu'on a besoin d'insister sur le fait que c'est une situation absolument épouvantable? Doit-on dire aussi qu'il y a des milliers, des milliers de refus d'hébergement en maisons pour les femmes victimes de violence conjugale? Les maisons débordent, vous le savez tous. Il faut agir.

La semaine dernière, par exemple, il a fallu pas moins de 15 appels, 15 — c'est pire que les urgences, Mme la ministre de la Santé — 15 appels par SOS Violence conjugale pour trouver une place pour une femme, quelque part au Québec, pour se réfugier avec ses enfants. Ce n'est vraiment pas une situation qui est drôle.

On vient de parler, tout à l'heure, de l'itinérance au féminin. Elle est invisible, cette itinérance. Tous ceux et celles qui se penchent le moindrement sur cette question, l'image qui vient de l'itinérance, ce sont des hommes. L'argent qui vient malheureusement trop souvent pour l'itinérance, on pense encore aux hommes. Quand il y a des journalistes qui vont dans les maisons, c'est très, très rare qu'on aille dans des maisons pour itinérance au féminin. Il faut s'en occuper, les centres sont débordés. Et j'ai parlé tout à l'heure de 40 000 nuitées, seulement à Montréal, seulement dans cinq centres, qui avaient été, donc, refusées.

Les violences à caractère sexuel, est-ce qu'on a besoin d'en parler? On est deux ans après #metoo. On l'a souligné. Il y a 50 % des femmes qui disent avoir au moins vécu un épisode — 50 %, c'est une sur deux ici, dans cette enceinte — au moins un épisode de violence physique ou sexuelle depuis l'âge de 16 ans. Les violences sexuelles, évidemment, visent les femmes les plus vulnérables, les chambreuses dans les logements, victimes de propriétaires abusifs, victimes d'autres chambreurs. On n'en parle pas assez souvent.

La loi n° 151, oui, et on en est fiers, notre gouvernement, j'en suis personnellement très fière, pour contrer les violences, les prévenir, accompagner les victimes dans les collèges et les universités. Mais il faut aller beaucoup plus loin. J'invite mes collègues du gouvernement à réfléchir à élargir beaucoup. La violence intersectionnelle, ça, c'est un mot pour dire que, si on est autochtone, si on a un handicap, si on est immigrante, si on est réfugiée ou sans statut, les femmes de la communauté LGBTQ, ce sont les premières victimes de violence.

On ne parle jamais du harcèlement de rue. On en a parlé en France, il y a même eu une loi. Mais, ici, il y en a, du harcèlement de rue, et ceux qui prennent les transports en commun ont vu des belles publicités par rapport à ça. Et que dire évidemment, pour terminer, Mme la Présidente — je sais que je prends trop de temps, je suis désolée, ça vaut tellement la peine — des 30 ans de commémoration, vendredi le 6 décembre, de la commémoration de la tuerie de Polytechnique? C'est vraiment un drame, un geste posé contre les femmes, contre leur place dans la société. Malheureusement, et je termine là-dessus, nous avons encore besoin de ces journées contre la violence envers les femmes.

• (11 heures) •

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous allons poursuivre avec Mme la ministre de la Condition féminine.

Mme Isabelle Charest

Mme Charest : Merci, Mme la Présidente. Je suis heureuse d'intervenir aujourd'hui sur un sujet qui me préoccupe et qui concerne toute la population. Je tiens d'ailleurs à remercier ma collègue la députée de Marguerite-Bourgeoys pour cette motion.

Le 25 novembre débuteront les 12 jours d'action contre la violence faite aux femmes. C'est l'occasion de réitérer notre engagement dans la lutte contre la violence. Et je suis persuadée que nous partageons tous cet engagement.

Il faut le répéter et le répéter souvent, la violence fait toujours et encore des victimes, les femmes en particulier, et c'est inacceptable. La violence faite aux femmes est souvent graduelle et insidieuse avant d'être physique, de laisser des traces et de faire des victimes. C'est pourquoi il faut poursuivre nos efforts de sensibilisation pour nous assurer de faire prendre conscience à toute la population que toute forme de violence est inacceptable et que les filles et les femmes apprennent à reconnaître les signes, à les dénoncer et à aller chercher de l'aide.

En plus de la sensibilisation, il faut que les ressources d'aide et le soutien soient au rendez-vous. C'est d'ailleurs pourquoi nous avons rencontré les regroupements des maisons d'hébergement, la semaine dernière, afin de les entendre et de chercher des solutions pour mieux les soutenir dans leur mission d'accueil et de soutien aux victimes. Je tiens aussi à rappeler les travaux du comité non partisan et la mise sur pied du comité d'experts et d'expertes sur l'accompagnement des personnes victimes d'agressions sexuelles et de violence conjugale.

Je remercie mes collègues parlementaires de toutes les allégeances de leur travail ainsi que les membres du comité d'experts et d'expertes. Je tiens aussi à saluer le travail des membres de la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs, menée par mon collègue député de Vachon. De plus, il faut reconnaître le travail de ma collègue ministre des Affaires autochtones, avec qui je collabore, et d'autres collègues ministres afin que les recommandations de la commission Viens et de l'ENFFADA ne demeurent pas sans suite. Il est essentiel de passer par-dessus la partisanerie pour lutter contre les violences.

En plus des travaux que je viens de nommer, notre gouvernement poursuit la mise en oeuvre de la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles 2016‑2021 et le Plan d'action gouvernemental en matière de violence conjugale. Nous lancerons d'ailleurs une nouvelle campagne de sensibilisation à l'hiver 2020.

J'aimerais aussi rappeler qu'il y a de l'aide disponible. Les lignes d'aide téléphonique SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010, la ligne téléphonique d'écoute, d'information et de référence destinée aux victimes d'agression sexuelle, à leurs proches ainsi qu'aux intervenants et intervenantes, 1 888 933-9007, les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants, les CALACS, les CAVAC. Tous ces organismes terrain et toutes ces initiatives démontrent bien la mobilisation du Québec, de notre gouvernement, mais aussi de l'ensemble des partis présents dans cette Chambre afin de lutter contre les violences faites aux femmes.

Alors, je profite de l'occasion aujourd'hui qui m'est offerte pour lancer un message aux femmes québécoises. Si vous êtes victime de violence, peu importe la forme, parlez, dénoncez. Le Québec est derrière vous. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la ministre. Maintenant, Mme la députée de Sherbrooke, la parole est à vous.

Mme Christine Labrie

Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente. Chaque année, on se lève tous ensemble ici, à l'Assemblée nationale, pour dénoncer les violences faites aux femmes, et c'est très important de le faire parce que l'ampleur du problème mérite d'être soulignée et que la première étape pour régler un problème, c'est de le nommer.

Au Québec, les données montrent qu'il y a plus de 20 000 infractions contre la personne dans le contexte conjugal et plus de 5 800 infractions sexuelles par année. C'est énorme, et pourtant c'est la pointe de l'iceberg parce qu'il y a seulement 30 % des victimes de violence conjugale et 5 % des victimes d'agression sexuelle qui portent plainte. On a à peine un portrait de la situation.

Donc, oui, je me lève aujourd'hui, comme je le fais très souvent d'ailleurs, pour dénoncer toute cette violence, mais je me lève surtout pour demander plus d'action, plus de fonds, plus de soutien réel aux organismes et aux personnes qui se lèvent, elles, tous les jours pour soutenir les femmes victimes de violence. Elles le font avec des conditions de travail et des salaires qui ne rendent pas justice à leurs compétences et à leur expertise, mais elles le font parce que la cause leur tient à coeur, et on a le devoir de les soutenir davantage.

Et je m'en voudrais de ne pas utiliser une minute pour nommer d'autres formes de violences vécues par les femmes. On pense d'emblée aux violences sexuelles et conjugales. C'est normal et c'est fondamental d'en parler. Mais on oublie qu'il y a des milliers de femmes... vivent aussi d'autres formes de violence comme la violence institutionnelle.

On sait, par exemple, que la majorité des personnes qui subissent le temps supplémentaire obligatoire dans nos services publics, ce sont des femmes, que la majorité des personnes qui ont subi des coupures dans les dernières années et qui sont poussées vers l'épuisement, ce sont aussi des femmes. Et ça, c'est une forme de violence. On pourrait parler de la violence économique aussi et des milliers de femmes qui se battent encore aujourd'hui pour l'équité salariale. La liste des violences subies par les femmes est longue.

Alors, oui, il faut dénoncer toutes les formes de violence faites aux femmes. Et, pour atteindre notre objectif d'une société libre et égalitaire, comme on s'apprête à le voter ensemble, tous les ministères doivent faire leur part et poser des gestes concrets. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec Mme la députée de Gaspé.

Mme Méganne Perry Mélançon

Mme Perry Mélançon : Mme la Présidente, au nom de ma formation politique, j'ajoute ma voix à celles de mes collègues des autres partis pour dénoncer toutes les formes de violence visant les femmes.

Quel que soit leur âge et leur origine, partout dans le monde des femmes subissent des injustices, de l'oppression et voient leurs droits, leur intégrité et leur liberté bafoués. On ne peut rester insensibles face à cette situation. Qu'elle soit physique, psychologique, sexuelle, conjugale, financière, la violence faite aux femmes ne sera jamais acceptable. Il s'agit d'un problème de société très préoccupant qui nous concerne tous, car le Québec n'est à l'abri de rien. Ensemble, nous devons travailler en amont pour prévenir les actes de violence et transformer peu à peu les mentalités. Nous devons collectivement éduquer nos jeunes, garçons et filles, non seulement pour qu'ils cessent de reproduire les gestes abusifs commis envers les femmes, mais également pour qu'ils soient en mesure de les identifier et de les dénoncer.

Je tiens aussi à souligner le travail exceptionnel des organismes de soutien qui accompagnent les femmes souhaitant mettre fin au cycle infernal de la violence. De part et d'autre, ça prend du courage et de la détermination. À tous ces artisans, ces intervenants, je dis merci. Tout ce que vous faites au quotidien est important et change la donne. Merci d'affirmer haut et fort qu'être née femme ne doit en rien constituer une raison d'accepter l'inacceptable ou encore un frein à l'épanouissement et au bonheur. Vous pouvez être assurés de notre soutien total aujourd'hui et pour le futur, jusqu'à ce que, permettons-nous de rêver, votre mission soit achevée et votre action ne soit plus requise.

Du 25 novembre au 6 décembre, unissons-nous, Québécoises et Québécois, et faisons front commun contre toute forme de violence visant les femmes. Soyons conscients que nous avons tous un rôle à jouer dans l'évolution des sociétés vers plus d'égalité et plus de justice. Ne remettons pas à demain les combats que nous pouvons mener aujourd'hui. Ne soyons pas de simples spectateurs, agissons. En matière de violence faite aux femmes, soyons totalement intolérants. Merci, Mme la Présidente.

Mise aux voix

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce que cette motion est adoptée?

Des voix : Adopté.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, motion adoptée à l'unanimité. Maintenant, nous poursuivons. Je suis prête à reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.

Mme Lessard-Therrien : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais d'abord souligner la présence dans les tribunes d'Ugo Lapointe, de la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine!, et de Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement pour la protection des lacs de la Petite-Nation.

Alors, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député de Laval-des-Rapides, le député de Jonquière, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :

«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de s'engager à développer une politique de production et de consommation responsables des minéraux stratégiques visant l'électrification des transports dans le cadre du Plan d'électrification et de changements climatiques;

«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de prioriser : la réduction à la source, l'économie circulaire, la protection de l'environnement, le respect des populations locales et l'application du principe pollueur-payeur.»

Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.

M. Schneeberger : Il n'y a pas de consentement.

[...]
 

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