Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Travaux parlementaires > Journal des débats > Index du Journal des débats

Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Adulte
Trisomie 21 - Résidence - Projet - 610-2 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°13, 13 février 2019, pages 610-612

[...]

M. Proulx : ...on ne peut pas susciter, M. le Président, de débat lorsqu'on est dans cette fonction de ministre ou, pire encore, de premier ministre, M. le Président.

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Jolin-Barrette : M. le Président, le premier ministre répond à la question qui a été posée par le chef de l'opposition officielle, qui touche notamment la question de l'immigration. Le premier ministre répond à cette question-là. La porte-parole de l'opposition officielle, c'est la députée de Sainte-Marie-Sainte-Anne. C'est elle qui amène...

Des voix : ...

M. Jolin-Barrette : ...Saint-Henri—Sainte-Anne, et c'est elle qui amène le débat. Lors d'un dimanche, elle a fait des affirmations, des allégations...

M. Proulx : ...question de règlement ou une réponse?

Le Président : Si on pouvait, monsieur, vous... Complétez, M. le leader du gouvernement, s'il vous plaît.

M. Jolin-Barrette : Simplement vous dire, M. le Président, que le premier ministre répond à la question.

Le Président : Merci. On poursuit. Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : Je pense que l'improvisation a assez duré, M. le Président. Les Québécois ont le droit de savoir que... quand le premier ministre parle, est-ce qu'il tient parole? M. le Président, le premier ministre a deux choix : ou bien il respecte les engagements, il respecte ce qu'il dit aux Québécois, ou bien il doit admettre qu'il a totalement perdu le contrôle de son gouvernement.

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, jusqu'à ce que mon collègue le ministre de l'Immigration dépose son projet de loi, le gouvernement était obligé de traiter tous les dossiers qui sont en retard de 13 ans, jusqu'à 13 ans. Donc, la seule façon efficace de régler le gâchis qui a été laissé par le gouvernement libéral, c'est de recommencer à zéro puis de dire aux gens : Appliquez; maintenant, si vous répondez aux critères, ça va prendre moins de six mois. Quel est le problème du chef de l'opposition officielle, d'être capable de donner des réponses rapides...

Le Président : En terminant.

M. Legault : ...à des gens qui veulent venir au Québec? C'est quoi, son problème?

• (10 h 30) •

Le Président : Question principale, M. le député de Pontiac.

Soutien aux proches aidants

M. André Fortin

M. Fortin : Merci, M. le Président. Imaginez un peu, M. le Président, vous avez un fils atteint de trisomie 21. Vous l'élevez, vous consacrez tout votre temps, toute votre énergie, tout votre amour à son mieux-être. À travers le peu de temps que vous avez, vous décidez de vous impliquer, d'essayer, tant bien que mal, d'améliorer la situation pour toutes les autres familles. Vous présidez la Société québécoise de trisomie 21, vous commencez à travailler sur un projet de résidence. Lors d'une campagne électorale, vous croisez la personne qui peut vous aider, celle qui deviendra ministre responsable des Proches aidants. Elle vous écoute, elle vous rassure. Elle se dit touchée par votre histoire. Elle promet de défendre votre projet. Elle insiste pour prendre une photo avec vous pour son fil Twitter, où elle inscrit qu'une telle résidence pourrait permettre le répit, l'hébergement. Et, quatre mois plus tard, le projet est mort et enterré par cette même ministre.

Vous sentiriez-vous trahi, M. le Président? Comme Sylvain Fortin, diriez-vous : Je me sens floué, humilié? Diriez-vous : On m'a utilisé pour se faire du capital politique? Diriez-vous : C'est de l'improvisation et du mensonge sur le dos de ceux atteints de trisomie?

Le Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.

Mme Marguerite Blais

Mme Blais (Prévost) : M. le Président, j'ai beaucoup de compassion pour M. Fortin. Il a un enfant trisomique. Et on vit actuellement une nouvelle situation émergente, des enfants trisomiques qui deviennent des adultes. C'est une question très importante.

Le gouvernement est préoccupé par le vieillissement de la population et les proches aidants. Nous sommes en pleine rédaction d'une politique nationale des proches aidants. Il y a huit maisons Gilles-Carle qui sont en élaboration. J'ai parlé ici au député de Terrebonne et ministre de l'Économie concernant le projet de M. Fortin. Le projet était au ministère de la Santé et des Services sociaux. Il chemine actuellement au CISSS de Lanaudière. Il est en train d'être analysé. Et nous allons faire tout notre possible pour être en mesure de soutenir tous les parents qui ont des enfants lourdement handicapés. C'est ce que nous souhaitons ici. Et je demande à toute cette Assemblée de nous épauler parce qu'il faut s'élever au-dessus de la politique pour être en mesure d'aider les parents, les proches aidants et les personnes qui vivent avec un handicap.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : ...ce n'était pas assez, M. le Président, que son projet tombe à l'eau, M. Fortin se fait dire par le CISSS que, de l'argent, il n'y en a pas pour des nouveaux projets, que la situation des personnes vivant avec la trisomie 21 est plutôt satisfaisante. Puis, le boutte du boutte, M. le Président, en plein journal, l'attaché de presse de la ministre questionne si M. Fortin, le père d'un enfant atteint de trisomie 21, le président de la Société québécoise de la trisomie 21, il est vraiment représentatif de la communauté de la trisomie.

C'est ça, un gouvernement proche du monde?

Le Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

Mme Marguerite Blais

Mme Blais (Prévost) : Nous sommes en action depuis quatre mois concernant les proches aidants. Personne auparavant n'avait fait quoi que ce soit concernant les proches aidants... ou si peu, si peu. C'est un phénomène très important.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

Mme Blais (Prévost) : Oui, auparavant, quand j'étais en politique, on a mis un fonds de 200 millions pour les proches aidants, absolument. Et, oui, je me suis toujours préoccupée des proches aidants. M. Fortin, nous allons analyser son projet.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

Mme Blais (Prévost) : Il demande 70 lits à Terrebonne, plus 21 places dans un centre de jour. Il demande aussi que l'hébergement soit privé conventionné. Alors, il faut analyser cette situation afin de dire...

Le Président : En terminant.

Mme Blais (Prévost) : ...oui et regarder l'ensemble du réseau. Je suis certaine que le député de La Pinière...

Le Président : Deuxième question complémentaire, M. le député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : Merci, M. le Président. Au-delà de la volte-face évidente de la ministre, au-delà de la trahison ressentie par M. Fortin, au-delà du fait que la ministre considère que son projet créerait un ghetto, que le ministre de l'Économie aurait peut-être trouvé un autre groupe pour porter le projet, que le CISSS dit qu'il n'a pas d'argent, au-delà de tout ça, il reste la réalité et le quotidien des gens atteints par la trisomie 21.

Dans les derniers mois, ont-ils fait une seule action pour améliorer la qualité de vie de ces gens-là?

Le Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.

Mme Marguerite Blais

Mme Blais (Prévost) : M. le Président, le député de La Pinière a déjà eu ce projet sur sa table. Il le connaît très bien. Ce n'est pas d'hier que M. Fortin souhaite avoir une résidence pour accueillir à la fois les adultes...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Soyez attentifs.

Mme Blais (Prévost) : ...les adultes ayant une trisomie et les parents. Ce n'est pas la première fois. C'est une situation émergente, c'est-à-dire que c'est un nouveau phénomène de notre société, et, oui, il faut l'analyser correctement et, oui, il faut accompagner les parents, et, oui, nous allons mettre en place des maisons des aînés, et le concept, l'idéologie et la philosophie vous seront présentés...

Le Président : En terminant.

Mme Blais (Prévost) : ...prochainement. Et, oui, nous allons tenir compte des enfants, adultes trisomiques.

Le Président : Question principale...

Des voix : ...

Le Président : Je vous demande votre attention et votre collaboration, s'il vous plaît, pour qu'on soit attentifs et aux questions et aux réponses, dis-je bien. Question principale, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.

Réforme du système d'immigration

Mme Paule Robitaille

Mme Robitaille : M. le Président, le Québec est en concurrence directe avec la Californie, Boston, New York, Paris, Londres, l'Australie pour aller chercher les meilleurs de la planète dans tous les domaines. En ce moment, notre gouvernement, qui se dit celui de l'économie, notre gouvernement, qui est en pleine pénurie de main-d'oeuvre, annule 18 000 demandes d'immigration, veut compliquer l'obtention de la résidence permanente, veut y apposer des conditions, au risque de s'embarquer dans des chicanes avec Ottawa à cause de ça. Cela nuit évidemment à l'image du Québec.

Quand les médias et les médias sociaux racontent les histoires de Français, de Belges, de gens de partout qui travaillent ici, qui paient leurs impôts, qui doivent tout recommencer, quand notre système d'immigration est gelé jusqu'en juin, j'aimerais savoir comment la ministre des Relations internationales va convaincre les meilleurs talents à l'étranger de venir s'établir au Québec.

Le Président : M. le ministre de l'Immigration.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, j'invite la collègue de Bourassa-Sauvé à avoir une discussion avec la députée de Notre-Dame-de-Grâce relativement au système d'immigration et au projet de loi qui avait été déposé par l'ancienne ministre de l'Immigration ici présente, en cette Chambre, parce que, vous savez, ce qui est important, là, c'est d'aller les chercher, les meilleurs talents qui correspondent aux besoins du marché du travail. La réalité, actuellement, c'est que les gens attendent dans leurs pays d'origine deux, trois, quatre, cinq ans. Pensez-vous que ça répond aux besoins du marché du travail? Pensez-vous que, lorsque vous allez en région, dans toutes les régions du Québec, avec tous les employeurs qui ont besoin de main-d'oeuvre, qui disent : Écoutez, pour pouvoir maintenir les gens en région, pour pouvoir assurer la vitalité économique en région, ça nous prend des gens qui viennent travailler, qui viennent investir nos communautés...

L'immigration peut être une solution, mais il faut réformer le système, et vous n'avez pas eu le courage de le faire. Nous, ce qu'on fait, on prend la bonne décision, et surtout pour s'assurer que les gens qui sont sélectionnés, lorsqu'ils viennent au Québec, ils ne soient pas déçus, parce que trop longtemps vous les avez laissés dans leurs pays d'origine en leur mentant, en leur disant que ça ne correspondait pas...

Le Président : M. le leader de l'opposition officielle.

M. Proulx : M. le Président, loin de moi l'intention de nous ralentir encore une fois. Le collègue est ministre, il est leader du gouvernement, il connaît le règlement, il n'a pas le droit d'utiliser ces mots. Dites-lui, s'il vous plaît.

Le Président : Merci, M. le leader de l'opposition officielle. Effectivement, être prudent. Il faut prendre la parole d'un député. Vous connaissez très bien la règle, M. le leader du gouvernement. Je vous invite à l'appliquer également.

[...]
 

En Complément