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42-1 (27 novembre 2018 - )


Affaire inscrite (motion)
Immigration - Demande - Traitement - Annulation - 648 (d.d.)

Assemblée
Dépôt de documents
Fascicule n°13, 13 février 2019, page 648

[...]

Ça, c'est encore plus absurde. Il y a des gens qui travaillent. Il y a des étrangers qui sont ici, en sol québécois, qui travaillent, qui parlent français, qui sont super bien intégrés, et ces gens-là, bien, ils attendent. Ils étaient dans le processus, puis là on recommence tout à zéro.

• (16 h 10) •

On recommence tout à zéro. Le système est gelé, on recommence à zéro. C'est vraiment démotivant.

J'ai... et puis je vais vous le remettre, le document, et je pense que c'est important de le lire, c'est un site pour les Français qui sont au Québec, qui s'appelle Maudits Français, un site pour la communauté française vivant au Québec, et là c'est un article sur le projet de loi n° 9 : Des Français pris au piège par le gouvernement québécois. C'est vraiment intéressant, et je vais vous en citer des passages, parce que ça montre l'absurdité de la chose. Emmanuelle Robidou, une Française du quartier de Rosemont : «"Il n'y a pas de logique dans le traitement des demandes[...]", rapporte cette gérante de boutique, qui juge le projet de loi n° 9 inacceptable. "On a tous un travail, une vie, et on nous traite comme des numéros ou des fantômes", raconte [cette] mère de famille, qui a l'impression d'être prise au piège par un système défaillant et d'en être tributaire.» Un peu plus loin, on la cite encore, elle dit : «On ne [peut] pas se retrouver encore sous un statut précaire, ça suffit! Je ne vais pas passer ma vie à déménager entre la France et le Québec.»

Virginie De Martin, une Française installée au Québec avec sa famille depuis deux ans : «On tombe des nues, tout s'écroule. En janvier, nous avions fait une demande de transfert vers le Programme de l'expérience québécoise [...] qui avait été prise en compte. Mais, depuis hier soir, ils ont tout gelé, et nos visas touchent à leur fin. On devait faire une demande de permis fermé post-CSQ. Mais maintenant on fait quoi?»

Alors, le ministre dit : Ah! ce n'est pas compliqué, vous avez juste à renouveler vos permis de travail, demander une extension. Mais tout ce processus-là bureaucratique est toujours très incertain et pas nécessairement automatique. Alors, dans la précarité, les gens essaient de trouver d'autres solutions. Et on peut vraiment perdre des gens qui amènent énormément chez nous.

Une autre citation : «"L'annonce du projet de loi m'a presque démolie", nous a avoué Sophie Chene. "Avec mon mari, nous sommes boulangers et pâtissiers en attente de notre CSQ. On a reçu le mail envoyé par Mon projet Québec hier soir : en le lisant, j'ai tout de même encore un peu d'espoir, car la loi n'est pas encore adoptée", raconte la jeune femme optimiste.»

Or, ça, on en a beaucoup, et puis je trouve que, dans une province comme le Québec, dans une nation comme celle du Québec, c'est inacceptable. Un cafouillage comme celui-là est inacceptable. Et ce qui est encore plus absurde, c'est qu'on est en pénurie de main-d'oeuvre et on fait tout ça et on complique la vie de tout le monde. En ce moment aussi, le Québec est en concurrence directe, comme je le disais ce matin, le Québec est en concurrence directe avec la Californie, avec Boston, avec New York, avec Paris, avec Londres, avec l'Australie pour chercher les meilleurs talents de la planète dans tous les domaines. Et je me mets à la place de la personne qui regarde puis qui veut essayer de voir ses options : il y a une offre pour aller en Californie ou il y a une offre d'un employeur pour venir ici, mais c'est tellement compliqué.

En ce moment, c'est tellement compliqué, tout est gelé. Puis en plus, en plus, ce qu'on va faire, ce n'est pas juste les 18 000 demandes qui sont mises à la poubelle... ou, en tout cas, qui sont sérieusement en suspens, c'est aussi les conditions qu'on veut ajouter à la résidence permanente, un non-sens, selon moi, des conditions dont Ottawa ne veut pas. Alors, on ajoute ces conditions-là, on complique l'immigration. Alors, si on veut aller attirer les meilleurs, c'est extrêmement difficile. Au contraire, qu'est-ce qu'on peut dire aux gens à l'étranger devant une telle situation pour les convaincre de venir ici quand ils ont d'autres options : ils auraient peut-être la Californie, ils auraient peut-être New York, ils auraient peut-être Paris?

Alors, je trouve qu'on se tire dans le pied, et c'est dommage. Et c'est dans ce sens-là que je dis que le projet de loi n° 9 est un projet amateuriste et que je demande, moi aussi... évidemment, je supporte et j'appuie cette motion très importante, qui «demande au gouvernement caquiste de respecter l'engagement du premier ministre et de revoir la décision du ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion visant à annuler les 18 000 dossiers d'immigration déjà ouverts». Alors, sur ça, je vous laisse. Merci.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Est-ce que vous vouliez déposer le document?

Une voix : ...

Le Vice-Président (M. Picard) : J'aurais besoin du consentement pour le dépôt du document. Consentement?

Document déposé

Consentement. Maintenant, je poursuis avec M. le député de Beauce-Sud.

M. Samuel Poulin

M. Poulin : Merci beaucoup, M. le Président. C'est réellement un plaisir pour moi, à titre de député de Beauce-Sud, de prendre la parole aujourd'hui en cette Chambre sur cet important projet de loi, qui a été déposé par notre gouvernement.

Vous savez, j'ai eu la chance de venir d'une région où la pénurie de main-d'oeuvre est extrêmement élevée, où nous vivons un contexte extrêmement particulier également avec nos entreprises, qui sont dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre. Alors, j'aurai la chance, au cours de mon intervention, de dire à quel point le projet de loi de mon collègue est important.

[...]
 

En Complément