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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Aluminerie de Bécancour inc. (compagnie)
Lock-out - 775-6 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°17, 21 février 2019, pages 775-776

[...]

qu'il allait le faire, finalement, ce n'était pas sérieux. Puis encore aujourd'hui sur leur site Internet, c'est encore là, cet engagement-là.

Alors, je dis au premier ministre : Assumez donc que c'est une promesse rompue, comme d'autres. Entendez-vous le bruit du recul de la CAQ? Un autre, M. le Président.

Le Président : M. le premier ministre.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, durant la campagne électorale, la CAQ a déposé un cadre financier. C'est presque mon livre de chevet. On va respecter tous nos engagements. Je le sais, que le PQ n'est pas habitué à ça, là, mais on va respecter tous nos engagements. Et nulle part dans notre cadre financier il n'était question de réduire les profits d'Hydro-Québec de 1,5 milliard.

Par contre, M. le Président, je peux annoncer au chef de la deuxième opposition que, l'année prochaine, Hydro-Québec va rembourser 120 millions en réduisant de 1,1 % ses tarifs. C'est ça, la promesse. Puis on va respecter toutes nos promesses.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé : M. le Président, c'est faux. De son siège, le premier ministre et la députée de Saint-Hyacinthe ont dit aux Québécois qu'il fallait rembourser. C'était ça, l'engagement.

Alors, je demande au premier ministre d'arrêter de regarder de haut les Québécois qui veulent ce remboursement, et d'honorer son engagement, puis de redonner de l'argent dans les poches des Québécois qui en ont bien besoin, et qu'il respecte son engagement qu'il a pris devant les Québécois.

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, le chef de la deuxième opposition est difficile à suivre. Là, il est en train de nous dire qu'il souhaite qu'on remette de l'argent dans le portefeuille des Québécois, alors que, pendant toute la campagne, son ancien chef a dit : Ce n'est pas possible de remettre de l'argent dans le portefeuille, il faut tout mettre l'argent dans les services puis rien dans le portefeuille.

M. le Président, on a pris des engagements pour remettre de l'argent dans le portefeuille, pour réinvestir en éducation puis en santé, puis le gouvernement de la CAQ va respecter tous ses engagements.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Question principale maintenant, nous en sommes... M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.

Conflit de travail à l'Aluminerie Bécancour inc.

M. Alexandre Leduc

M. Leduc : Merci, M. le Président. Nous avons appris hier ce qu'a coûté le lockout d'ABI à Bécancour depuis son déclenchement, le 11 janvier 2018. Tenez-vous bien, ce chiffre est astronomique : 165 millions de dollars. C'est complètement indécent. Tout ça, parce qu'une clause associe de manière surréaliste un conflit de travail à un cas de force majeure, un «Act of God». Bref, Hydro-Québec subventionne un lock-out qui met 1 030 familles à la rue à hauteur d'un demi-million de dollars par jour.

À l'arrivée du nouveau ministre du Travail, tout le monde a voulu donner la chance au coureur. Il a nommé un conseil de médiation, offert des services de professionnels de son ministre, tout ça pour rester le plus neutre possible. Mais la situation n'est pas neutre. M. le Président, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que le rapport de force est complètement débalancé.

Maintenant que le chiffre est public, le gouvernement va-t-il enfin reconnaître qu’il subventionne le lock-out à hauteur de 165 millions de dollars par année et qu'en ce sens il n'est pas neutre?

Le Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

M. Jonatan Julien

M. Julien : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, effectivement, c'est une perte de 165 millions. En réalité, c'est un manque de revenus de 165 millions d'Hydro-Québec suite à une entente, une entente signée en 2008, où, en fin de compte, il est prévu qu'en cas de force majeure, et la définition y est... en réalité, ce manque à gagner là existe. Alors, effectivement, c'est un manque à gagner de 165 millions de dollars dû à une mauvaise entente signée en 2008.

Le Président : Première complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Et je demande votre collaboration et votre attention, s'il vous plaît!

M. Alexandre Leduc

M. Leduc : En campagne électorale, le premier ministre a dit bien des choses. Je sais de source sûre que, lors d'une rencontre privée avec des représentants syndicaux dans son autobus de campagne à Bécancour, il a déclaré au sujet des pseudoclauses de force majeure : Des contrats, ça se brise, des contrats, ça se renégocie. Le ministre du Travail était témoin, il était là, le député de Bécancour aussi.

Cinq mois plus tard, 165 millions de dollars plus tard, le premier ministre aura-t-il le courage de répéter ici, dans cette Chambre, ce qu'il a dit en privé?

Le Président : M. le ministre de l'Emploi.

M. Jean Boulet

M. Boulet : M. le Président, mon collègue le sait très bien, comme vient de le mentionner mon collègue Julien, l'entente est valide jusqu'en 2028. Ça a été négocié par le gouvernement qui était au pouvoir en 2008. Il y a eu une lettre d'entente en 2014. La définition de force majeure est clairement définie comme incluant une grève ou un lock-out. Ça a été négocié par des gouvernements qui nous ont précédés. C'est une répercussion sur l'ensemble de la population du Québec. Et on est en action dans ce dossier-là. Mon collègue le sait très bien, M. le Président, on a établi un conseil de médiation, on a établi un groupe de spécialistes...

Le Président : En terminant.

M. Boulet : ...et on est très actifs dans ce dossier-là.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.

M. Alexandre Leduc

M. Leduc : Je répète : Des contrats, ça se brise, des contrats, ça se renégocie. Le ministre était témoin. Il était là, M. le Président. Le premier ministre a donné sa parole. Le premier ministre a donné de l'espoir à une région, une région qui souffre depuis 13 mois d'un long lock-out. Et force est de constater que les espoirs sont déçus. Et là vous ne pouvez pas vous cacher derrière le bilan du Parti libéral, c'est vous qui êtes aux commandes, c'est vous qui êtes au pouvoir en ce moment, c'est vous qui vous êtes engagés à bouger sur ce dossier-là.

Ma question est très simple, M. le Président. Que vaut la parole du premier ministre?

Le Président : M. le ministre de l'Emploi.

M. Jean Boulet

M. Boulet : Merci, M. le Président. Ce lock-out-là n'a pas que des répercussions financières. J'inviterais mon collègue à analyser les répercussions humaines. Les salariés, les familles affectées par ce lock-out-là, c'est extrêmement important pour l'économie du Québec, pour la société, pour le centre... Mauricie. Puis la Mauricie, il y a des répercussions extrêmement importantes. C'est pour ça qu'on n'est pas insensibles à l'épreuve subie par ces familles et ces salariés-là.

Et cet après-midi je rencontre de nouveau les parties. Il y a eu une suspension des discussions, et on a des étapes à franchir...

• (10 h 40) •

Le Président : En terminant.

M. Boulet : ...et on va trouver une fin à ce conflit-là bientôt.

Le Président : Question principale, Mme la députée de Fabre.

[...]
 

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