Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Travaux parlementaires > Journal des débats > Index du Journal des débats

Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Services essentiels
COVID-19 - Pandémie - Travailleur - Félicitations - Motion sans préavis - 7787-90

Assemblée
Fascicule n°109, 13 mai 2020, pages 7787-7790

[...]

vulnérables, puisqu'ils sont celles et ceux qui connaissent le mieux les besoins des élèves et qui forment la meilleure équipe avec les parents.»

Le Président : Merci. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Caire : Il y a consentement, sans débat, M. le Président.

Mise aux voix

Le Président : En vertu de nos règles et en application de l'ordre spécial, j'inviterai donc les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leur groupe sur cette motion, suivis des députés indépendants, et je débuterai par M. le ministre de l'Éducation.

Des voix : ...

Le Président : Pour?

Une voix : ...

Le Président : M. le leader, M. le leader. M. le leader de l'opposition officielle?

M. Tanguay : Pour.

Le Président : M. le leader du deuxième groupe d'opposition?

M. Nadeau-Dubois : Pour.

Le Président : M. le leader du troisième groupe d'opposition?

M. Ouellet : Pour.

Le Président : Mme la députée indépendante de Marie-Victorin?

Mme Fournier : Pour.

Le Président : Cette motion est donc adoptée. Je reconnais maintenant la cheffe de l'opposition officielle. Madame.

Souligner le travail inestimable des travailleurs de
première ligne et des bénévoles en temps de crise

Mme Anglade : Alors, M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la vice-première ministre, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le chef du troisième groupe d'opposition, de même que le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :

«Que l'Assemblée nationale souligne le travail inestimable des travailleurs qui se retrouvent aux premières lignes [aujourd'hui];

«Qu'elle souligne le travail exceptionnel de ces femmes et de ces hommes qui maintiennent le Québec à bout de bras depuis le début de la [...] grande crise de l'ère moderne du Québec;

«Qu'elle rappelle que derrière ces travailleurs se cachent des amis et des familles qui ont accepté de partager un des leurs pour le bien collectif;

«Qu'elle souligne le dévouement de milliers de bénévoles qui ont donné leur temps pour aider les autres;

«Qu'elle rappelle au gouvernement qu'il est primordial de soutenir ces travailleurs et ces bénévoles, même après la crise;

«Que sans ces femmes et ces hommes, le Québec n'aurait jamais été aussi fort et que nous leur devons [absolument] le soutien nécessaire.»

Merci, M. le Président.

Le Président : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Caire : M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes, à commencer par la cheffe de l'opposition officielle, la vice-première ministre, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le chef du troisième groupe d'opposition et la députée de Marie-Victorin.

Le Président : Je comprends donc qu'il y a consentement pour en débattre et que la durée des interventions sera limitée à un maximum de deux minutes. Mme la cheffe de l'opposition officielle.

Mme Dominique Anglade

Mme Anglade : Merci, M. le Président. Alors, ce sont des femmes, ce sont des hommes. L'une d'elles est peut-être votre épouse ou encore votre mère. L'un d'eux est peut-être votre fils, peut-être votre père. Ce sont celles et ceux qui s'occupent de nos aînés aujourd'hui. Ce sont celles et ceux qui prennent soin des personnes les plus vulnérables, les personnes malades. Dans certains cas, les situations sont critiques, des vies sont en danger, ils doivent agir vite, en pleine crise. M. le Président, je vous parle évidemment de toutes nos travailleuses et nos travailleurs de la santé, ces professionnels qui travaillent sans relâche au front, en plein coeur de l'une des plus grandes pandémies que le monde vit actuellement.

Certains, M. le Président, vivent un enfer qui est presque quotidien. Parfois, une seule infirmière est en charge de 90 patients. Je cite une professionnelle : «On se sent impuissants. On est une équipe tissée serré, je travaille avec des gens formidables... Mais aujourd'hui, ce qui domine? C'est le chagrin», le chagrin, M. le Président. Ils se regardent par-dessus leur masque, les yeux pleins d'eau, la gorge nouée, mais pas trop longtemps, parce qu'on n'a pas le temps de pleurer, M. le Président, il y a beaucoup à faire.

M. le Président, leur travail est dur, mais il est essentiel et surtout il est exceptionnel. Vous conviendrez avec moi que les mots manquent pour remercier toutes ces personnes à la hauteur de leur engagement et de leur implication. Ce sont nos ancres, ce sont ceux qui nous rassurent, ce sont ceux qui nous protègent. Les temps sont difficiles, et je sais combien vous êtes présents au quotidien, et j'aimerais réellement les remercier.

Vous allez me permettre, M. le Président, de dire qu'hier soir j'ai eu l'opportunité de parler avec l'épouse et le fils d'un de ces travailleurs qui est décédé, justement, au front. Ça a été un moment extrêmement émouvant, et je pense que ça témoigne de tout ce que les familles de ces travailleuses et de ces travailleurs vivent dans leur quotidien.

Alors, un jour, la vie va reprendre son cours sous un ciel différent, certes, mais un ciel que l'on pourra admirer parce que ces personnes-là auront été là pour nous. Du plus profond de mon coeur, un grand, grand merci.

Le Président : Je reconnais Mme la vice-première ministre.

Mme Geneviève Guilbault

Mme Guilbault : Merci beaucoup, M. le Président. Très belle allocution qu'a faite la cheffe de l'opposition officielle, chaque mot était très juste, et je retiens, entre autres passages, le fait que les mots nous manquent pour remercier ces travailleurs essentiels, notamment dans le réseau de la santé, notamment dans nos résidences pour personnes âgées, mais aussi dans d'autres types de services toujours essentiels, mais rendus encore plus essentiels dans ce contexte de pandémie.

Alors, oui, les mots nous manquent, M. le Président, mais je pense qu'à travers les multiples tribunes qu'ont été les nôtres dans les dernières semaines on a pu leur réitérer abondamment, régulièrement cette reconnaissance infinie que nous partageons tous ici, les 125 élus, tous les membres du gouvernement, tous les membres de la société, même, je dirais, à l'endroit de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui travaillent vaillamment pour sauver des vies, pour prendre soin des gens qui en ont besoin, pour assurer les services qui nous permettent de continuer de fonctionner tant bien que mal dans un contexte aussi inédit, aussi imprévu et imprévisible et aussi pénible à gérer pour trop de gens, malheureusement.

Alors, si les mots nous manquent, M. le Président, heureusement, il y a ces tribunes. À travers la déclinaison des remerciements du jour du premier ministre depuis les dernières semaines, on a pu remercier plusieurs de ces groupes de personnes qui sont tellement précieux et essentiels. Et la cheffe de l'opposition officielle nous offre aujourd'hui aussi cette tribune officielle à l'Assemblée nationale pour reformuler cette reconnaissance très importante que nous devons à tous ces travailleurs essentiels un petit peu partout au Québec.

• (12 heures) •

Et, certes, la société, quand elle reprendra son cours normal, et je place «normal» entre guillemets parce que je ne pense pas que la norme que nous avons connue avant la COVID va se représenter de sitôt dans la société, mais, si nous pouvons un jour retrouver ce semblant de normalité, ce sera effectivement grâce à ces personnes qui auront tenu la société à bout de bras pendant ces semaines de pandémie où chacun doit composer avec une réalité qui est nouvelle, avec des difficultés souvent bien personnelles, familiales, de santé, et autres. Mais, malgré tout, ces personnes-là sont là matin, midi, soir, reprennent le travail, pour celles qui doivent être retirées temporairement, et finissent par revenir au travail pour aider les gens qui en ont besoin, donc. J'ai souvent dit, et je le répète : Les tragédies nous permettent de voir à la fois le pire, mais à la fois le plus beau dans l'humanité, et celle-là ne fait pas exception, des preuves de don de soi, d'humanité et de dévouement infini.

Alors, au nom de tout le gouvernement, de notre premier ministre, de tous mes collègues, merci à tous ceux qui travaillent dans le réseau de la santé et dans tous les services essentiels de la société.

Le Président : La parole à Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Manon Massé

Mme Massé : Merci, M. le Président. Dans les dernières semaines, j'ai parlé à différentes personnes engagées, impliquées dans le réseau de la santé et des services sociaux, qu'elles soient préposées aux bénéficiaires, infirmières, auxiliaires, sécurité, nettoyage, etc. Et, ces gens, surtout des femmes d'ailleurs, qui sont au front pour soutenir le Québec en entier, bien sûr, à eux et à elles, je dis merci.

Le premier ministre les appelle des anges gardiens, mais ce qu'elles m'ont dit dernièrement, c'est qu'elles n'aiment pas bien, bien ça se faire appeler comme ça. Pourquoi? Bien, parce que de se faire traiter d'ange... de se faire appeler ange gardien, il faut se faire traiter comme un ange. Parce qu'elles se sentent abandonnées, elles se sentent démunies, elles se sentent trahies. Même des anges gardiens ne peuvent pas se protéger contre le virus avec des remerciements. Même des anges gardiens ne peuvent pas se reposer avec des bons mots ou une tape dans le dos. Même des anges gardiens, gardiennes ne peuvent pas payer leurs loyers avec des applaudissements. Ces femmes-là ne sont pas nées de la dernière pluie, M. le Président, elles ont vu des politiciens leur faire des compliments sans que, bien sûr, les choses changent.

Alors, qu'on leur dise merci aujourd'hui, j'en suis. Seulement, «merci», ça ne change pas la vie. Sauf si, M. le Président, sauf si nos remerciements sont à la hauteur de leurs sacrifices, sauf si nous prenons aujourd'hui l'engagement de leur dire merci pas juste une journée par année, aujourd'hui, mais à tous les jours de l'année, sauf si notre merci prend la forme de ratios infirmière-patients sécuritaires dans tous les établissements de santé, sauf si notre merci prend la forme de congés pour soulager l'épuisement de notre personnel, sauf si notre merci se traduit par une augmentation de salaire importante, permanente, sauf si notre merci reconnaît que les gens qui sont au front présentement sont des femmes, sont, pour plusieurs, immigrantes, voire même immigrantes à statut précaire, et que les gouvernements successifs les ont abandonnées dans les dernières décennies. Seulement là, on aura le droit de leur dire merci sans honte, M. le Président. En attendant, il y a beaucoup de rattrapage à faire. Merci.

Le Président : Je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé : Merci, M. le Président. Je remercie la nouvelle cheffe de l'opposition officielle pour cette motion. On l'a dit souvent et on le pense pour vrai, les travailleurs et travailleuses de première ligne ont été, sont et demeureront celles et ceux qui portent notre nation à travers cette crise. Ils forment le premier trio du Québec. Elles ne sont pas à la télévision, elles sont très occupées, elles sont très fatiguées, elles sont malheureusement, parfois, infectées. Ces personnes ne cherchent pas la notoriété, ces personnes sont à l'action chaque jour pour soigner avec tendresse les gens qui nous sont chers. Ils ont cette vocation, habités d'un désir profond d'aider les personnes en détresse, d'être utiles. En faisant le choix d'une carrière en santé, elles répondaient à ce besoin, mais rien ne les avait préparées à une crise de cette ampleur. Trop souvent depuis deux mois, elles ont été confrontées à des situations inacceptables, à des conditions inhumaines qu'on n'avait jamais osé imaginer ici, au Québec, qu'on n'avait jamais même cru possibles en 2020. Malgré tout, elles gardent le fort.

Il y a aussi ces milliers de bénévoles qui ont répondu présents dès que l'appel a été lancé. Ils étaient conscients des risques, mais ont quand même voulu aller au front — c'est admirable — par solidarité, par humanisme et armés d'un immense courage. Toutes et tous, je les salue et les remercie, comme je salue et remercie tous leurs proches, parce qu'eux aussi font des sacrifices et parfois ont des craintes.

Jusqu'à maintenant, le Québec compte un peu plus de 3 000 décès. C'est la statistique la plus importante, la plus froide, la plus implacable. 3 000 décès, 3 000 épreuves, 3 000 deuils pour 3 000 familles. 3 000 fois dans des conditions épouvantables, dans d'atroces souffrances et dans l'isolement. 3 000 fois où des travailleurs et des travailleuses de la santé ont été témoins de ces derniers moments et bouleversés, jusqu'à tant qu'elles doivent reprendre sur elles pour aller rejoindre une autre personne qui a besoin, où les travailleurs de la santé ont fait tout ce qu'ils ont pu, ont constaté la force de ce virus et les limites des connaissances comme des capacités.

Tout ça aura des impacts sur les esprits, des impacts durables, pour longtemps. Cette crise aura une fin, mais il ne faudra pas oublier celles et ceux qui continueront de souffrir. Je m'engage, au nom du Parti québécois, à rester attentif aux besoins, à ne laisser tomber personne. Ce sera la moindre des choses. Ce sera à notre tour de donner à ces gens qui se dévouent entièrement et qui travaillent sans relâche. On sera là pour vous accompagner. Du fond du coeur, merci pour ce que vous faites au quotidien. Merci, M. le Président.

Le Président : Je reconnais à ce moment-ci Mme la députée de Marie-Victorin.

Mme Catherine Fournier

Mme Fournier : Merci, M. le Président. Je vais évidemment joindre ma voix à tous les hommages aux travailleurs essentiels qu'on vient d'entendre. C'est incroyablement mérité. Votre travail n'est pratiquement jamais valorisé en temps normal, alors qu'on prend collectivement conscience depuis des semaines de sa valeur pourtant inestimable. Je vous dis un immense merci.

Je souhaite également remercier tous ceux et celles qui ont levé la main pour aider en temps de crise. Je l'ai vu sur le terrain, dans ma circonscription, il y avait plus de volontaires pour faire du bénévolat dans les organismes que des besoins en matière de bénévoles dans les organismes. C'était franchement impressionnant, et ça continue de l'être.

Ceci étant dit, je sais qu'on n'ose peut-être pas trop s'autoféliciter, mais je pense que c'est important de souligner le travail formidable des attachés politiques qui oeuvrent depuis le tout début en première ligne, à nos côtés, ainsi que le dévouement de l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale dans cette crise. La solidarité dont nous avons tous fait preuve en laissant la partisanerie de côté était vraiment très belle à voir.

Cette attitude m'a d'ailleurs inspiré une lettre ouverte, que plusieurs personnes sur les réseaux sociaux m'ont suggéré de vous lire en cette Chambre. Je pense que ça peut peut-être valoir la peine particulièrement aujourd'hui. En voici donc un court extrait :

«Dans l'ensemble des circonscriptions, les députés sont proactifs auprès de leurs concitoyens et se sont placés en mode constructif, toutes formations politiques confondues.

«Les écarts strictement partisans se font très rares. Ce sont eux qui sont dorénavant quasi inexistants, non pas le principe d'opposition au sens où nous devrions normalement l'entendre, c'est-à-dire des contrôleurs de l'action gouvernementale.

«[Les] élus [...] posent des questions constructives au gouvernement et [...] lui suggèrent des propositions désintéressées.

«Les ratés constatés, lorsqu'ils surviennent, sont soulevés calmement et respectueusement, avec une constante volonté d'améliorer, en ayant comme principal souci la recherche du bien commun. Ce changement d'attitude tranche avec l'habitude et fait franchement du bien. Et si, après la crise, on le faisait perdurer?»

C'est le souhait que je tenais à vous réitérer aujourd'hui. Merci, M. le Président.

Mise aux voix

Le Président : À ce moment-ci, je mets la motion aux voix. J'invite donc les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur cette motion, suivis des députés indépendants.

M. le leader de l'opposition officielle.

M. Tanguay : Pour.

Le Président : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.

M. Nadeau-Dubois : Pour.

Le Président : M. le leader du troisième groupe d'opposition.

M. Ouellet : Pour.

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Jolin-Barrette : Pour.

Le Président : Mme la députée de Marie-Victorin.

Mme Fournier : Pour.

• (12 h 10) •

Le Président : La motion est donc adoptée. Je reconnais à ce moment-ci M. le député de Rosemont.

Assurer le respect des principes d'équité fiscale et de justice sociale lors de la mise en oeuvre
du soutien d'urgence aux
entreprises et des mesures de relance économique et
demander au gouvernement de s'assurer que les aides financières
aux entreprises privées soient conditionnelles à des mesures
de contrôle de la rémunération de leurs dirigeants

M. Marissal : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le ministre de l'Économie et de l'Innovation, le député de René-Lévesque et la députée de Marie-Victorin :

«Que l'Assemblée nationale affirme que, dans le contexte de la pandémie, le soutien d'urgence aux entreprises et les mesures de relance économique doivent être mis en oeuvre en respectant les principes d'équité fiscale et de justice sociale;

«Qu'elle demande au gouvernement du Québec de s'assurer que les aides financières octroyées aux entreprises privées par l'État québécois soient strictement conditionnelles à des mesures de contrôle de la rémunération des dirigeants de ces entreprises.»

Merci, M. le Président.

Le Président : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Caire : Consentement, sans débat, M. le Président.

Mise aux voix

Le Président : En vertu, à nouveau, de l'ordre spécial, je mets la motion aux voix et je demande aux leaders parlementaires de m'indiquer le vote de leurs groupes sur cette motion, suivis des députés indépendants. Je débuterai

[...]
 

En Complément