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42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°2, 28 novembre 2018, page 16

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Au cours des dernières années, le système d'éducation a manqué d'amour. Des écoles ont été laissées à l'abandon, des enfants avec des difficultés d'apprentissage ont été laissés à eux-mêmes, et le Québec a pris un sérieux retard en matière de réussite scolaire. L'heure du redressement national en éducation a sonné.

D'abord, je veux saluer les milliers d'enseignants qui ont continué à se démener pour nos enfants avec un dévouement qui force l'admiration. Je veux aussi saluer les directions d'école, qui se sont débattues avec les moyens qu'elles avaient, les communautés entières, aussi, qui se sont prises en main pour la réussite. Les défis en éducation sont nombreux, et les efforts qu'on va devoir consentir pour les relever sont importants. On va faire les choses dans l'ordre, mais on va avancer résolument.

Lors de la campagne électorale, on a pris l'engagement d'en finir avec l'instabilité budgétaire en éducation. Cette instabilité a rendu impossible la planification à long terme et a ébranlé tout le réseau.

Notre cadre financier électoral était très clair, et je veux aujourd'hui réitérer cet engagement, qui est également un engagement du ministre des Finances et un engagement du président du Conseil du trésor. Le financement de l'éducation va être en augmentation pour l'ensemble de cette législature. Même si le Québec devait affronter un ralentissement économique, le financement de l'éducation va être protégé. L'avenir de nos enfants, l'avenir du Québec va être protégé. Ça, c'est aussi un autre changement majeur.

La clé pour la réussite de nos jeunes, c'est de dépister le plus tôt possible les difficultés d'apprentissage des enfants et de leur offrir le plus tôt possible des services appropriés. C'est ça, le principal défi qu'on doit relever. Pour le dépistage, pour ce dépistage, le ministre délégué à la Santé, le ministre de l'Éducation et le ministre de la Famille vont devoir travailler ensemble. Et j'ai bon espoir que tous les partis vont y travailler ensemble de façon constructive. Je ne vois pas de grand désaccord politique à ce sujet. Je pense qu'on doit à nos enfants et aux prochaines générations de mettre de côté les intérêts partisans pour réaliser cette grande ambition.

• (15 h 40) •

Pour ce qui est des services à la petite enfance, il y a un débat. Certains nous demandent de choisir entre les CPE et les prématernelles quatre ans. C'est un faux débat. Le gouvernement n'a aucunement l'intention de démanteler ou d'affaiblir le réseau des CPE. Présentement, il y a seulement une petite proportion des enfants de quatre ans qui ont la possibilité de fréquenter un CPE, donc la prématernelle quatre ans qu'on propose, ça va offrir un service à des milliers d'enfants qui n'en ont pas du tout actuellement. Donc, il n'y a pas d'opposition entre les CPE puis les maternelles quatre ans. Au contraire, ce sont deux réseaux complémentaires.

Par ailleurs, pour les enseignants qui sont aux prises avec un nombre important d'élèves en difficulté, ça va être un soulagement. Plus on va s'occuper tôt des enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, plus les progrès vont se faire sentir rapidement. Pour les parents aussi, ça va être un soulagement.

J'ai entendu la crainte de certains selon laquelle quatre ans, c'est trop jeune pour envoyer un enfant à l'école. Rassurez-vous, la maternelle quatre ans est fondée sur des techniques adaptées au jeune âge, notamment l'apprentissage par le jeu. Et, en plus, elle ne sera pas obligatoire, donc vous aurez le choix entre le CPE et la maternelle quatre ans.

Et ce que je trouve le plus décevant, c'est d'entendre le discours fataliste. J'en entends certains nous dire : On ne sera pas capables d'offrir des services à tous les enfants de quatre ans d'ici cinq ans, hein? On se donne cinq ans pour faire ça, mais il y en a qui disent : On ne sera pas capables. Je trouve que ce discours manque d'ambition, manque de volonté politique, ça manque d'audace et de fierté.

On va aussi ajouter cinq heures par semaine de présence dans toutes les écoles secondaires. Cette période va être utilisée pour trois types d'activité : les sports, les arts et l'aide aux devoirs. Je suis convaincu que ces activités vont aider nos enfants à mieux réussir. Donc, votre gouvernement a l'ambition d'offrir à chaque enfant la possibilité d'aller au bout de son potentiel. Ce défi, on va le relever avec les enseignants, d'abord en leur offrant la stabilité du financement dont je parlais un peu plus tôt, ensuite en les entourant de professionnels qui vont pouvoir les soutenir et puis en valorisant la profession d'enseignant. Être un enseignant, ça devrait être parmi les emplois les plus prestigieux dans notre société. On va aller de l'avant avec notre engagement de mieux payer les enseignants en début de carrière. Et je compte aussi sur le ministre de l'Éducation, qui est passé par là, pour multiplier les petits gestes qui, au bout du compte, font une grande différence dans le travail quotidien de ceux qui se dévouent pour nos enfants.

Et, pour réussir ce changement, oui, on compte sur nos enseignants, nos directeurs d'école, nos parents. C'est dans les écoles que se vivent les réalités concrètes. Ce sont les équipes-écoles qui sont les mieux placées pour définir les besoins. Donc, les commissions scolaires vont être transformées en centres de services, les élections scolaires et les postes de commissaire vont être abolis. Ça va être les équipes-écoles qui vont prendre les décisions qui les concernent.

Parlant des écoles, des centaines d'écoles ont besoin de rénovations urgentes, donc il va falloir en rénover puis il va falloir aussi en construire, en construire de plus belles. Je ne suis pas réputé pour être un rêveur, mais, sur ce dossier-là, je rêve. Je rêve qu'on ait, au Québec, les plus belles écoles, parce que, oui, je suis convaincu que la beauté contribue à la réussite. La beauté, ça favorise le climat de travail pour les enseignants, puis la beauté, ça donne le goût de l'école aux enfants.

Je n'oublie pas nos collèges, nos universités, qui jouent un rôle très important de formation mais aussi de recherche scientifique. Pour le gouvernement, l'éducation supérieure est aussi un levier pour créer de la richesse, pour les étudiants d'abord mais aussi pour toute la société. J'insiste particulièrement sur l'importance de rapprocher les chercheurs et les entrepreneurs parce qu'en les mettant ensemble on peut innover puis on peut enrichir toute la société.

Dans les années 60, le Québec a donné une forte impulsion à son développement en investissant massivement en éducation. On a fait beaucoup de progrès comme peuple depuis ce temps-là. Il est temps de s'y remettre puis de donner une nouvelle impulsion. L'éducation, c'est le facteur le plus important de bien-être, d'épanouissement, de richesse des individus mais aussi des collectivités. Quand on parle de l'avenir de la nation québécoise, on parle d'abord d'éducation. Donc, je suis très fier de vous confirmer que l'éducation va être la priorité du nouveau gouvernement.

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