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42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°2, 28 novembre 2018, page 19

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des fonds publics. Et je demande à tous les employés de l'État de faire la même chose. Chaque dollar géré par l'État a été durement gagné par les Québécois et chaque dollar compte. Je pense, entre autres — où est-ce qu'il est, mon ami Éric? — au chantier piloté par le ministre délégué à la Transformation numérique. Depuis beaucoup trop d'années, les technologies de l'information du gouvernement du Québec ont été déployées en silo en multipliant les petits royaumes numériques dans chaque ministère, dans chaque organisme. Cette façon de faire est très inefficace, très coûteuse. Les Québécois n'en ont pas pour leur argent, et les services ne sont pas à la hauteur. Le gouvernement a donc l'intention de mettre en oeuvre une véritable révolution numérique gouvernementale qui va générer des économies substantielles et qui va permettre, en même temps, d'offrir des services beaucoup plus efficaces aux Québécois.

• (16 h 10) •

Quand on parle de gestion, il faut aussi bien comprendre qu'on doit minimiser la dette qu'on laisse aux prochaines générations. Tous les gouvernements depuis celui de Lucien Bouchard ont suivi la trajectoire qu'on s'était donnée à l'époque. Le résultat, c'est que le poids de la dette publique sur le PIB a cessé d'augmenter. Le gouvernement doit poursuivre dans cette direction. Votre gouvernement entend donc gérer les finances de façon responsable, donc pas de déficit, puis on va continuer de réduire le poids de la dette publique.

Pour terminer sur l'économie et les finances, j'aimerais revenir sur une entente très importante, l'entente avec les médecins spécialistes, d'abord pour redire, comme la très vaste majorité des Québécois, que j'éprouve un grand respect pour les médecins, pour la qualité des soins, pour leur grand professionnalisme. Par contre, le niveau de rémunération des médecins spécialistes doit être équitable avec les autres travailleurs québécois. Les travailleurs québécois, incluant les médecins de famille, incluant les infirmières, ont un écart salarial négatif avec leurs homologues des autres provinces. On a convenu, avec le syndicat des médecins spécialistes, de confier un mandat à un organisme indépendant pour comparer leur rémunération à celle de leurs homologues des autres provinces, et, oui, le gouvernement va procéder aux réajustements à partir des résultats de cette étude.

Le Québec doit donc relever un grand défi économique, rejoindre le niveau de richesse de nos voisins, mais on doit, au même moment, relever un autre grand défi. La survie de notre planète est en jeu, et je ne peux pas ignorer ce défi de l'urgence climatique et continuer de regarder mes deux fils dans les yeux. L'audace dans ce domaine consiste à regarder la réalité en face, à nous retrousser les manches malgré l'ampleur colossale du défi qu'on a devant nous.

Malheureusement, lorsqu'on parle d'émissions de gaz à effet de serre, le Québec nage en pleine noirceur. Le dernier inventaire des émissions de gaz à effet de serre du Québec date de 2015. En vertu de ce dernier bilan, le Québec avait réduit ses émissions de gaz à effet de serre depuis 1990 de seulement 8,8 %, alors que l'objectif pour 2020, c'est une réduction de 20 %. On n'a trouvé aucun plan sérieux, aucun plan chiffré de l'ancien gouvernement pour atteindre l'objectif de 2020. Pire, on a constaté une gestion déficiente du Fonds vert, sans indicateur de performance, sans mesure de résultat. Donc, on a besoin, pour commencer, de connaître le bilan actuel du gouvernement, où on en est aujourd'hui concernant la réduction de GES. J'ai mandaté une équipe pour préparer ce bilan le plus rapidement possible. Quand on va avoir ce bilan, on va ensuite examiner quels sont les meilleurs moyens pour réduire nos GES. Est-ce que ça sera possible d'atteindre les cibles de 2020? Personne — personne — n'a les informations pour répondre à cette question, mais on ne peut pas attendre, et le gouvernement va poser des actions pour réduire les GES.

D'abord, on va continuer d'utiliser le marché du carbone avec la Californie. On va aussi investir de façon importante dans les transports collectifs. On va surtout s'assurer que ça se réalise. Je regarde le ministre des Transports. On ne veut plus voir des projets, là, comme la ligne bleue du métro de Montréal qui traînent pendant des années puis des années puis qui sont ré-ré-réannoncés. On veut passer à l'action.

Donc, ces investissements vont bénéficier aux Québécois, qui vont pouvoir se déplacer de façon plus efficace, plus confortable tout en réduisant la congestion et la pollution, et ces investissements vont être structurants et vont bénéficier à nos entreprises parce que nous, on va imposer un minimum de 25 % de contenu local dans le matériel de transport. On doit aussi accélérer l'électrification des transports : trains, autobus, camions, autos. En plus de réduire nos GES, l'électrification des transports va nous enrichir en remplaçant nos importations de pétrole par l'électricité propre qu'on produit chez nous. Donc, le transport collectif, l'électrification, ce sont deux domaines où la croissance économique et la lutte aux changements climatiques vont de pair et servent les intérêts des Québécois. La même logique s'applique à la décontamination des terrains en bordure du fleuve, en particulier dans l'est de Montréal, mais aussi dans plusieurs régions au Québec. Il faut, et on va décontaminer ces terrains, les mettre en valeur. Ça va permettre à la fois de restaurer l'environnement et de créer de la richesse avec des zones d'innovation pour rapprocher nos entrepreneurs et nos chercheurs.

Maintenant, si on est sérieux dans notre volonté de lutter contre les changements climatiques, il faut éviter les discours idéologiques voulant que tous les projets de développement soient néfastes. Et j'ai un exemple en tête : le troisième lien. Vous avez raison. Il y a un projet structurant de transport collectif à Québec, le tramway. Ce projet est emballant, on l'appuie, mais il manque un morceau, il manque une connexion avec la Rive-Sud. Cette connexion, ce troisième lien, devait être construite il y a des décennies. On propose de corriger cette erreur, d'en profiter pour interconnecter les deux rives avec le transport collectif. Malheureusement, certains ont décidé d'en faire un symbole idéologique antienvironnement. Le gouvernement a pris un engagement auprès de la population du Québec, un engagement auprès de la population de Québec, et on va aller de l'avant. Le troisième lien va permettre de compléter le projet de transport collectif structurant de Québec, de réduire la congestion sur la Rive-Sud et le kilométrage parcouru par les camions de marchandises. Et, loin de vouloir défigurer l'île d'Orléans, on peut même imaginer démanteler les pylônes d'Hydro-Québec qui défigurent le paysage et faire passer les câbles électriques par le troisième lien. Donc, on peut faire du troisième lien un épouvantail ou un repoussoir ou en faire un projet de développement durable permettant de construire un véritable système de transport structurant pour les deux rives en même temps qu'on embellit le paysage, et c'est ça, l'intention du gouvernement.

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