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42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°40, 8 mai 2019, page 2565

[...]

«Qu'elle rappelle que dans une société libre et démocratique, les élus du peuple doivent pouvoir affirmer leurs convictions sans craindre la violence;

«Qu'elle se souvienne du courage héroïque de René Jalbert, sergent d'armes, qui a convaincu le tireur de se rendre pacifiquement à la police;

«Qu'enfin, elle observe une minute de silence en mémoire des victimes de cette tragédie : Camille Lepage, Georges Boyer et Roger Lefrançois.»

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Maintenant, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Schneeberger : Alors, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, dans l'ordre suivant : le chef du troisième groupe d'opposition, le premier ministre, le chef de l'opposition officielle et la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, M. le chef du troisième groupe d'opposition, je vous recède la parole.

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé : Mme la Présidente, pour ne pas oublier, la date du 8 mai 1984 est à jamais gravée dans l'histoire politique du Québec, et pas pour les bonnes raisons. J'avais neuf ans, et je suis toujours troublé par ces images.

Un homme visiblement troublé tenait à manifester son opposition au gouvernement indépendantiste dûment élu, mais pas en faisant valoir des arguments comme quiconque de civilisé l'aurait fait, non, en attentant à la vie de représentants du peuple, des élus, ici même, dans cette pièce qui en porte encore les traces.

Lors de ces événements, trois personnes ont perdu la vie, d'autres ont été blessées. Je tiens à honorer leur mémoire, à ces défunts, et à saluer respectueusement leurs proches aujourd'hui. La mort de Camille Lepage, de Georges Boyer et de Roger Lefrançois était absolument et complètement injuste et injustifiée. Ces victimes innocentes n'auraient jamais dû entrer dans l'histoire de cette façon.

Un homme, cependant, a gagné ce jour-là son statut de héros national, le sergent d'armes René Jalbert. Le remarquable sang-froid dont il a fait preuve a sans doute épargné des vies, voire des dizaines d'élus qui auraient pu périr. Je m'adresse à ses proches aujourd'hui pour lui signifier notre profonde reconnaissance.

Le 8 mai 1984, le Québec était sous le choc. Les Québécois, stupéfaits et horrifiés, se sont rendu compte qu'ils n'étaient pas à l'abri de gestes barbares et insensés. Et le mouvement indépendantiste, pourtant entièrement démocratique et pacifique, prenait acte avec effroi que la haine pouvait le viser même ici, au Québec. Dans son message relayé par une radio de Québec, le tueur avait indiqué : Il y aura destruction du Parti québécois. C'était la première fois d'une série malheureuse de deux. Le même type d'événement allait se reproduire le 4 septembre 2012, dans une soirée qui devait être festive, où la première ministre indépendantiste du Québec, Pauline Marois, était visée.

Heureusement, ces deux attentats ne représentent pas ce qu'est le Québec. Notre société demeure un modèle de paix, de sécurité et d'équilibre. Et c'est notre devoir, en tant qu'élus, de faire en sorte que nos débats, légitimes, restent civilisés et qu'ils se déroulent en toute sérénité. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le chef du troisième groupe d'opposition. Maintenant, je cède la parole à M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : Oui. Mme la Présidente, donc, il y a 35 ans aujourd'hui, le Québec a été victime d'un événement tragique. Ici même, donc, au salon bleu de l'Assemblée nationale, il y a un homme qui a lâchement ouvert le feu pour s'en prendre à des innocents qui commençaient leur journée de travail. Il y a eu trois personnes qui sont décédées, 13 blessés.

Et le bilan aurait été plus lourd, d'abord, si ça s'était passé au moment où les gens siégeaient au salon bleu. Donc, on a été chanceux, là, que les gens ne siégeaient pas. Et évidemment ça aurait été pire s'il n'y avait pas eu l'intervention du sergent d'armes René Jalbert. Il a réussi à venir discuter, on se souvient tous des images, avec l'homme en question. Il a eu un courage exemplaire. On se souvient tous des images saisissantes. Il était assis, Mme la Présidente, sur le trône de la présidence et puis il avait dans les mains une mitraillette.

Et ça nous rappelle, et puis je pense qu'on peut profiter de l'occasion, tout le travail qui est fait par tous les employés à tous les jours, dans notre quotidien, qui viennent nous aider à bien faire notre travail. Donc, c'est une occasion en même temps de rendre hommage à tous les employés de l'Assemblée nationale.

Donc, Mme la Présidente, le Québec va rester marqué à tout jamais par cet événement, mais, comme les Québécois sont capables de le faire quand il y a des grandes tragédies, on s'est rassemblés, on s'est relevés ensemble.

Et, aujourd'hui, pour le 35e anniversaire, c'est important aussi de se souvenir des victimes, de leurs proches qui restent. Et je veux, en particulier, rendre hommage, en terminant, aux trois victimes, donc, MM. Georges Boyer, Camille Lepage et Roger Lefrançois. Tous les Québécois se souviennent de vous. Merci.

• (11 heures) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le premier ministre. Et maintenant je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.

[...]
 

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