Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Travaux parlementaires > Journal des débats > Index du Journal des débats

Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°47, 30 mai 2019, page 3087

[...]

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la ministre déléguée au Développement économique régional. La parole est à vous pour une durée de cinq minutes.

Mme Marie-Eve Proulx

Mme Proulx (Côte-du-Sud) : Merci, Mme la Présidente. J'apprécie énormément la question du collègue de Nelligan puisque ça fait plusieurs fois que je lui rappelle et je lui répète les éléments par rapport au réseau national des pôles d'innovation. Mais, en même temps, je sais que ça peut prendre 17 fois avant qu'un message, en moyenne, soit intégré. Donc, je dois être rendue à cinq. Donc, on va continuer dans ce sens.

Je veux juste rappeler à mon collègue de Nelligan qu'en janvier dernier j'ai reçu une lettre, le gouvernement a reçu une lettre de la Fédération québécoise des municipalités qui nous indiquait se questionner sur le rôle que pouvait jouer le réseau national des pôles régionaux d'innovation, ce qui nous a amenés à valider certains éléments directement avec le pôle. On a d'ailleurs des preuves écrites du réseau national, qui nous indique qu'ils organisaient, à ce moment-là, un événement rassemblant les pôles régionaux d'innovation pour des coûts, un budget total de 70 000 $.

Ça m'a préoccupée, comme ministre responsable du Développement économique régional, puisque j'ai constaté qui avait seulement cinq pôles de légitimés par une entente gouvernementale. Donc, cinq pôles, 70 000 $. Utiliser des fonds publics sans avoir d'acteurs à mobiliser, ça m'a préoccupée, comme ministre, comme responsable des fonds publics.

C'est donc à partir de ce moment-là qu'on a agi avec leadership puis qu'on a mis fin à cet événement qui n'avait pas de légitimité à ce moment-là. Toutefois, j'ai donné une chance au coureur. J'ai dit : Je vais aller faire une tournée, rencontrer l'ensemble des acteurs des régions. J'ai aussi décidé d'aller rencontrer ce fameux réseau national, parce qu'il y avait quand même sûrement quelque chose d'intéressant. L'intérêt était de voir qu'est-ce qu'il y avait d'intéressant là-dedans. Donc, à partir de là, ça nous a amenés à faire une tournée dans les régions. Ce que j'ai pu constater, puis ça, même mon collègue de Nelligan l'a reconnu le 3 mai dernier lors de l'interpellation, l'ancien gouvernement a saccagé et abandonné les régions. Il n'y avait plus d'infrastructure, il n'y avait plus d'organisme qui accompagnait. On cherchait un sens au développement. Toutefois, j'ai rencontré, dans cette fameuse tournée, des gens motivés, une volonté d'agir, un dynamisme pour faire vivre les régions, pour propulser les régions. Puis c'est ça qui m'a stimulée à pouvoir dire qu'on travaille en développant par le bas. C'est ça, la base du développement, Mme la Présidente, c'est qu'on ne commence pas par en haut pour imposer à la base, mais on commence à la base, puis c'est la base qui décide de se rassembler ou non.

Donc, ce qu'on a constaté par rapport au réseau, il y a eu trois constats. D'abord, qu'on a commencé par en haut. Donc, que le sens du réseau n'avait pas de sens parce que, d'abord, les pôles n'étaient pas constitués officiellement. Donc, en n'ayant pas de légitimité, comment le réseau pouvait agir? Deuxièmement, on a eu beaucoup de difficultés à obtenir des états financiers. On a eu beaucoup de difficultés à obtenir cette reddition de comptes. L'utilisation des fonds était douteuse. Puis ça, ça me préoccupe. Encore une fois, avec l'utilisation de fonds publics, c'est questionnable. L'autre élément, c'est que c'était assez désorganisé dans les actions, puisque la légitimité... les pôles n'étaient pas constitués. Donc, comment pouvaient-ils être structurés, organisés? Il y avait plusieurs objectifs, puis on ne savait pas trop où est-ce que ça s'en allait.

Notre philosophie, comme gouvernement, au niveau du développement économique régional, est claire. On veut s'assurer que chaque région puisse se développer en fonction de ses spécificités régionales. On veut également s'assurer qu'on ne fasse pas de mur-à-mur. Ce n'est pas vrai qu'on va avoir un seul modèle, qu'on prenne le modèle, par exemple, de la Mauricie puis qu'on le reproduise partout au Québec. Il est temps au Québec que chaque région puisse se développer en fonction de ses spécificités, de ses couleurs, de ses façons de faire, de sa culture. Puis c'est ce qu'on veut faire au niveau du développement économique régional. Pour nous, c'est clair, puis c'est à partir de là aussi qu'on va pousser la créativité, l'innovation puis assurer que le développement du Québec soit prospère.

Donc, notre objectif est d'abord : l'argent va s'en aller en région. Ça, je peux le garantir comme ministre. On l'a déjà garanti d'ailleurs par le budget, ces fonds-là vont aller en région pour les pôles. Cet argent-là aussi qui devait être prévu au réseau national va s'en aller en région. Si les régions sont intéressées, une fois que ces fameux organismes seront créés, s'ils sont intéressés à se regrouper au niveau national, nous les supporterons. Mais nous n'agirons plus à l'inverse comme l'a faite la stratégie électoraliste du dernier gouvernement de créer, à la dernière minute, un réseau et des pôles sans trop savoir pourquoi et comment. Donc, nous, on part des besoins des régions, on part des besoins du milieu pour assurer un développement économique prospère et cohérent, et ce, partout au Québec. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Nelligan, vous avez un droit de réplique de deux minutes. On vous écoute.

M. Monsef Derraji (réplique)

M. Derraji : Merci, Mme la Présidente. Je pense que, finalement, j'ai ma réponse à la question : À qui la ministre est-elle redevable? À qui la ministre est-elle redevable? La ministre, pour la première fois, déclare en Chambre, au salon bleu, qu'elle a reçu une lettre de la FQM. Donc, si j'ai bien compris, la ministre a écouté la FQM en fermant le réseau national et non pas écouté les régions pour voir si elles ont besoin d'un pôle national.

Donc, la ministre répond à une commande, Mme la Présidente. La commande venait de la FQM, qui pensait que le réseau national, il n'est pas bon, et donc la ministre exécute le voeu de la FQM en fermant le réseau national.

Bien, vous savez pourquoi, Mme la Présidente, j'évoque cette question? Parce que, depuis le début, je questionnais Mme la ministre sur son leadership réel pour promouvoir l'innovation. Aujourd'hui, j'ai la confirmation que, si on veut

[...]
 

En Complément