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42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°52, 7 juin 2019, page 3408

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Puis, si on retourne, puis on parle des chercheurs, puis ça, on l'a mentionné, on aura voulu entendre Dr Chicoine. C'était manquant, vraiment. «It was a glaring error, a glaring lack of information,» qu'il nous manquait un médecin spécialiste en commission parlementaire, Dr Chicoine entre autres, qui nous a partagé beaucoup l'importance d'agir tôt, l'importance d'un apprentissage ludique pour nos enfants, de la stabilité pour nos enfants. Puis ça, ça se fait dans le réseau de services de garde.

On ne peut pas imaginer l'impact qu'on va avoir si la maternelle quatre ans est implantée mur à mur. Il va avoir un effet négatif, et je ne suis pas la seule qui parle ça. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, eux, ils ont dit, vis-à-vis le projet de loi n° 5 : Des risques potentiels pour la réussite éducative des enfants en situation de pauvreté. Ce n'est pas rien, Mme la Présidente. Les chercheurs Côté, Japel et Tremblay, eux, ils disent, puis je cite, dans leur message clé : «À l'heure actuelle, il n'existe pas d'évidence que les maternelles quatre ans ont la capacité de préparer les enfants de milieux défavorisés à la réussite scolaire aussi bien que les services de garde de bonne qualité.»

Et on l'a dit hier, plusieurs intervenants l'ont dit, on est en manque de recherche. On ne sait pas... la recherche québécoise, puis on ne peut pas se comparer avec Ontario, on ne peut pas se comparer avec New York, pourquoi? Parce qu'on a un réseau de services de garde ici, au Québec, qui était unique, qui fait la lumière de notre province, que les gens devraient s'inspirer de nous parce que c'est nous, les leaders, c'est nous, les leaders en petite enfance. C'est d'aller en reculons de parler du mur-à-mur. Ce n'est pas la façon qu'on devrait agir.

Retournons aussi en... les gens qui sont venus du réseau de l'éducation, par exemple, le réseau de l'éducation qui a dit qu'ils ont plusieurs défis, plusieurs défis avec ce projet de loi, pas qu'ils sont contre la maternelle quatre ans, qu'ils sont contre l'implantation mur à mur, universelle. Il y a des défis d'espace. On en a parlé longuement, on a investi, le gouvernement a investi 2 milliards de dollars pour les maternelles quatre ans dans le béton. On investit dans l'espace, mais on... parce qu'on ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour accueillir tous les tout-petits de quatre ans, car on a vraiment besoin de cet espace-là pour les élèves actuels.

• (12 h 10) •

On est en train de mettre de côté des beaux projets qu'on a commencés, on a dit le Lab-École au collègue de Blainville, on a parlé du Lab-École hier, mais le Lab-École, le concours d'architecture est mis de côté, est mis sur la glace. Pourquoi? Parce qu'il faut arrêter tous ces beaux projets là parce qu'on a besoin d'accueillir des élèves, parce qu'on avait un manque d'infrastructures important. Puis même le projet maintenant, c'est retiré du site Web du gouvernement. C'est décevant. C'est un manque de transparence. Puis c'est important de partager toute cette information, c'est éthique. C'est important de partager toute cette information avec le public, qui en a besoin, de savoir. On est face à une pénurie d'enseignants. On est face à une pénurie de professionnels, puis, quand on parle de dépister puis on n'a aucun professionnel qui peut venir en aide dans le réseau de l'éducation... C'est sûr, il y a des déficits dans le plan de maternelle quatre ans, il y a des déficits dans le projet de loi n° 5. Il faut aller en reculons, il faut réviser, il faut préparer le terrain avant d'agir, c'est ça qu'il faut faire.

On a des défis de formation. Plusieurs personnes nous l'avons dit, des spécialistes en petite enfance nous l'avons dit : La formation, on est manquants. Il faut changer la façon qu'on est en train de former les spécialistes qui vont quitter le réseau de cégeps et d'universités non seulement pour gérer des besoins des enfants ayant des difficultés, handicapés ou autres, que ça soit intellectuels ou autres, mais pour préparer des gens pour donner une bonne éducation pour les enfants de quatre ans si on veut aller vers l'avant. Parce que c'est une formation particulière, ce n'est pas une formation comme on fait pour les gens qui vont enseigner en secondaire, puis même pas des gens qui vont enseigner à l'école primaire, c'est vraiment spécialisé parce qu'ils apprennent ludiquement, c'est la façon qu'on sait qu'ils vont apprendre. C'est important d'aller vers l'avant. Il faut prendre du recul pour vraiment faire la formation comme il faut.

Et, en parlant de manque de main-d'oeuvre, si on parle des suppléants, c'est ça qui arrive présentement dans le réseau quand on parle des maternelles quatre ans. On en a, des maternelles quatre ans, à peu près 400 à travers la province, puis, oui, c'est vraiment pour le bénéfice des gens surtout dans les milieux défavorisés. Mais ça reste que, souvent, dans ces classes-là, les enfants qui sont là-dedans, ils sont avec un suppléant ou une suppléante, pour toutes sortes de raisons, alors, des suppléants qui sont sûrement des personnes avec des bonnes intentions, qui ont des compétences, mais qui n'ont pas une formation particulière pour ces enfants-là en comparaison avec le réseau des services de garde, où ces enfants-là ont une stabilité puis ils vont être avec des spécialistes, qui vont être avec des gens qui comprennent vraiment réellement les besoins de ces enfants-là.

Puis, encore une fois, pas juste moi qui le dis. On retourne à un mémoire qui a été déposé par le CSQ, un des plus gros syndicats dans le réseau de l'éducation, qui... eux, ils l'ont appelé En faire moins, mais en prendre soin. Recommandation numéro un : «Considérant que le Québec possède un modèle unique, composé de différents services éducatifs publics qui ont fait leurs preuves et qui permettent de répondre aux besoins des enfants [à] quatre ans et de leur famille;

«Considérant que la maternelle quatre ans TPMD est une mesure éducative et préventive qui demeure toujours pertinente pour les enfants issus des milieux défavorisés et qui ne fréquentent aucun service éducatif [TPMD, temps plein milieu défavorisé];

«[Le] CSQ recommande [que le] gouvernement [retire] le projet de loi n° 5 [et continue] à offrir la maternelle quatre ans aux enfants issus des milieux défavorisés qui ne fréquentent aucun service éducatif à la petite enfance.»

Puis ça n'arrête pas, malheureusement. QPAT, l'association provinciale des enseignants et enseignantes du Québec dans le réseau anglophone, ils n'ont pas eu l'occasion de venir présenter leur mémoire et d'intervenir avec les élus et le gouvernement en commission parlementaire, qui est très décevant pour eux. Alors, ils nous ont fait parvenir leur mémoire juste hier. Et eux, ils nous disent que «les données recueillies auprès de nos membres confirment que les conditions dans lesquelles les élèves du préscolaire quatre ans évoluent dans nos milieux à l'heure actuelle ne répond toujours pas aux standards requis afin que ces derniers puissent bénéficier pleinement de cet avantage. C'est en grande partie cette

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