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42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°74, 29 octobre 2019, page 4964

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qu'universitaire, donc CIUSSS en Mauricie et un CISSS au Centre-du-Québec. Le député de Nicolet-Bécancour, sa circonscription, disons, est tout près de la limite de la Mauricie, à un pont près, alors avait certaines réserves, voulait s'assurer... et il nous l'a rappelé en commission parlementaire dernièrement, il a bien fait de le faire, nous a rappelé que, oui, il appuyait très clairement les demandes de ses collègues, il faisait siennes leurs demandes, mais, en même temps, voulait s'assurer qu'il y avait des corridors de services parce que, des fois, pour les citoyens, les citoyens de sa région, c'est peut-être plus facile d'aller à Trois-Rivières que de se rendre à Drummondville, à Victoriaville ou ailleurs.

Alors ça, M. le Président, à ce moment-là, les députés de la région, les trois députés, étaient unanimes, demandaient la création d'un centre intégré de santé et de services sociaux au Centre-du-Québec. M. le Président, ce discours-là a été maintenu pendant plusieurs mois, plusieurs années par les députés de la Coalition avenir Québec, et c'est tout à leur honneur. Ils avaient une idée, ils l'ont mise dans l'espace public, ils en ont débattu, l'ont présentée à peu près à tout le monde dans la région, ont eu des appuis importants dans la région, de la part de différents maires, de la part des gens qui bénéficient des services de santé de la région, et l'ont présentée en campagne électorale, l'ont vendue à leur premier ministre. Les trois députés de la région se sont dits : Bien, nous, on va aller vendre ça. Et à ce moment-là le député d'Arthabaska est arrivé. Les quatre députés de la région se sont dits : Parfait, allons vendre notre idée au premier ministre du Québec.

Et ça a marché, M. le Président. Ça a marché, puisqu'en campagne électorale, la campagne de 2018, la campagne qui a eu lieu il y a un peu plus d'un an maintenant, M. le Président, le chef de la Coalition avenir Québec estimait que le gouvernement manquait de respect envers le Centre-du-Québec, la considérait une sous-région, ne tenait pas compte de sa réalité, tout ça, M. le Président, parce que la région n'avait pas son propre CISSS. Ce ne sont pas mes mots, M. le Président, ce sont les mots du premier ministre du Québec : Le gouvernement manque de respect envers le Centre-du-Québec. En la considérant une sous-région, ils ne tiennent pas compte de leur réalité. Et la solution mise de l'avant par les députés de la Coalition avenir Québec, elle était toute simple : Créons un CISSS; ça, ça va régler tous les enjeux; ça, ça va faire en sorte qu'on considère la région du Centre-du-Québec comme une vraie région; ça, ça va faire en sorte qu'on tienne compte de sa réalité; ça, ça va faire en sorte que le gouvernement ne manquera pas de respect envers les gens du Centre-du-Québec.

• (16 h 40) •

Mais ils sont allés plus loin que ça, M. le Président. Le premier ministre du Québec a dit que, et je le cite — pour la première partie de sa citation, il a raison — «le Centre-du-Québec est une région à part entière». Bien d'accord avec lui. Le reste, par exemple, ça va se gâter un peu, M. le Président : «Le Centre-du-Québec est une région à part entière, ça n'a pas de sens que ce ne soit pas une région sociosanitaire. Le regroupement avec la Mauricie rend le CIUSSS ingérable...» Ingérable, M. le Président. Celui que la ministre de la Santé doit gérer, le CIUSSS que la ministre de la Santé gère aujourd'hui, avec son collègue le ministre délégué, avec sa collègue la ministre responsable des Aînés, ils gèrent le CIUSSS de la Mauricie—Centre-du-Québec, celui-là même qu'on disait ingérable, celui que le premier ministre du Québec a pris la peine... Il a pris la peine de se déplacer dans la région. Il a pris la peine d'aller voir les gens. Il a pris la peine de rencontrer les médias de la place avec les députés et il a dit noir sur blanc : Le CIUSSS est ingérable.

M. le Président, de la façon qu'il est géré en ce moment, avec tout ce qu'on voit qu'il se passe en Mauricie, avec la fermeture de Cloutier-du Rivage, avec le questionnaire innommable, et je sais que le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux est d'accord avec moi, le questionnaire absolument innommable qu'on demandait aux futurs parents de remplir, M. le Président, et je n'entrerai pas dans le détail parce que je ne pense pas que ça se fait, dans cette enceinte-ci, répéter des questions qu'on demandait aux gens de la région, M. le Président, avec le fait qu'on a envoyé des policiers, des policiers, M. le Président, chez un employé du CIUSSS de la Mauricie—Centre-du-Québec pour qu'il se présente au travail, M. le Président, on se demande si c'est à ça que le premier ministre du Québec pensait quand il disait que le CIUSSS était ingérable.

Moi, je ne pense pas que c'est à ça qu'il pensait. Je pense que tout ce qu'il voulait, M. le Président, c'était répondre à la demande du député de Drummond—Bois-Francs, de dire : Bien, c'est trop gros, ça n'a pas de sens, faisons un CIUSSS en Mauricie, un CISSS au Centre-du-Québec. Le premier ministre du Québec a acheté l'argument, s'est fait convaincre par ses députés de la place, et c'est correct. C'est leur travail, de convaincre le chef de leur parti de le faire inscrire dans leur plateforme. Mais il a été convaincu par ces députés-là, avec tout le mérite qu'on leur reconnaît, qu'on devait créer un CISSS en Mauricie—Centre-du-Québec, et le premier ministre a dit : Bien, c'est trop gros, c'est ingérable. Il en a rajouté encore. Je n'ai pas fini, il en a rajouté. Il dit que ça provoquait une perte du sentiment d'appartenance des gens envers leurs établissements de santé, dans cette région-là bien spécifique, que les gens du Centre-du-Québec ne se reconnaissaient pas dans un CIUSSS—Mauricie-et-Centre-du-Québec, M. le Président. Ça, c'était lors de la campagne... tout juste avant la campagne électorale.

Et le point des députés de la région est encore valide dans leurs têtes. Non seulement ils avaient convaincu leur premier ministre que c'était la chose à faire, mais ils disaient également, et là je cite le député de Drummond—Bois-Francs : «La région doit être autonome en santé.» Le 31 août 2018, en plein milieu de la campagne électorale : «La région doit être autonome en santé.» Et il a fait... ses mots à lui : «[Je prends un engagement majeur]. La région doit être autonome en santé, c'est-à-dire qu'elle doit s'administrer elle-même.» M. le Président, il maintient, le 31 août 2018, le député de Drummond—Bois-Francs maintient le fait qu'on doit absolument avoir un CISSS unique en Mauricie—Centre-du-Québec.

Après l'élection, c'est autre chose, M. le Président. Bien, en fait, après l'élection, pendant un certain temps, c'est encore la même chose, hein? Immédiatement après l'élection, le député de Johnson, devenu ministre régional, rencontre la presse locale et dit : C'est mon engagement, je vais le maintenir, c'est mon engagement, on l'a pris en campagne, on va le faire. Il dit : J'ai l'appui du premier ministre, je suis allé voir le premier ministre, tout le monde est d'accord, en tant que ministre régional, j'en fais un... je reprends l'engagement. Bien, bravo! Bravo au député de Johnson. Le député de Johnson s'est dit : J'ai promis ça à mes électeurs, je vais le livrer, vous m'avez élu, je vais le livrer. C'est comme ça que ça devrait fonctionner. M. le Président. On se présente en campagne électorale, on va voir les gens, on prend des engagements,

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