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42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°112, 28 mai 2020, page 7926

[...]

Le Président : Je reconnais Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.

Mme Jennifer Maccarone

Mme Maccarone : Merci, M. le Président. La Semaine des services de garde, c'est une belle occasion pour nous tous de souligner le travail remarquable du personnel du réseau de services de garde. Chaque jour, plus de 300 000 enfants franchissent les portes d'un service de garde reconnu au Québec, c'est l'équivalent de toute la population de la ville de Gatineau. C'est... de garde reconnu au Québec, c'est l'équivalent de toute la... Excusez-moi. Ces tout-petits ont la chance de pouvoir compter sur le personnel dévoué, de la secrétaire à la directrice, en passant par la cuisinière à l'éducatrice. Pour travailler en service de garde, il faut être passionnée, il faut être dévouée, il faut avoir un coeur énorme et beaucoup d'amour à donner.

En cette Semaine des services de garde, c'est à notre tour de dire merci, mais aussi de rappeler au gouvernement l'importance de mieux les soutenir. Nous traversons actuellement une crise sans précédent. La pandémie a forcé nos services de garde à s'adapter rapidement à une situation hors du commun. Ils ont été au rendez-vous dès le premier jour et ils y sont encore aujourd'hui. Ces éducatrices ont été sur la ligne de front pour soutenir les travailleurs essentiels. Nous devons souligner cette grande collaboration, mais il ne faut pas juste le dire, il faut passer de la parole aux actes et octroyer une prime COVID pour souligner la contribution exceptionnelle de celles qui ont maintenu le réseau à bout de bras alors que le Québec était sur pause. J'ose espérer que le ministre profitera de cette occasion importante pour nous annoncer une bonne nouvelle en ce sens.

M. le Président, si vous me le permettez, mes enfants sont maintenant des ados, mais j'ai eu le plaisir de fréquenter, quand ils étaient petits, le milieu familial, le réseau privé non subventionné ainsi que le réseau des CPE. Vous savez tous que j'ai des enfants qui sont handicapés, puis c'est vraiment grâce à eux... puis ce réseau-là, c'est eux qui m'ont aidé avec le dépistage. Ce sont des éducatrices et non des gardiennes. C'est eux qui m'ont accompagnée, ont fait partie de ma famille, ils m'ont vraiment épaulée. Alors, je leur remercie au fond de mon coeur, pour ma famille ainsi que les familles comme la mienne et toutes les familles québécoises qui ont eu cet appui. Le thème de cette semaine, c'est Une enfance sans limites!, mais avec la crise que nous traversons en ce moment et le travail sur le terrain des services de garde dans les dernières semaines, le thème de cette année aurait pu être Des services de garde sans limites! Chapeau à vous tous! Bonne Semaine des services de garde.

Le Président : La parole est à Mme la députée de Sherbrooke.

Mme Christine Labrie

Mme Labrie : Merci, M. le Président. Notre réseau de services de garde éducatifs, c'est un de nos plus beaux joyaux au Québec. C'est un de nos meilleurs outils, notamment pour favoriser l'égalité entre les hommes et les femmes et l'accès des femmes au marché du travail. Moi-même, je n'aurais jamais pu poursuivre mes études sans avoir accès à des services de garde éducatifs pour mes enfants. C'est aussi un des meilleurs outils de développement pour nos enfants qu'on a. Et, même si certains pensent, encore aujourd'hui, que celles qui y travaillent sont des gardiennes, ce sont, en fait, le premier maillon de notre système d'éducation.

Notre réseau des services éducatifs à la petite enfance, c'est donc un des meilleurs investissements qu'un gouvernement puisse faire, en particulier un gouvernement qui veut agir tôt en petite enfance et qui est soucieux de favoriser le développement économique du Québec. Et pourtant c'est aussi un réseau qui repose, depuis des années, sur le travail mal rémunéré d'éducatrices qui sont, pour la plupart, des femmes, un réseau qui a subi des coupures sous les derniers gouvernements, coupures qui ont entraîné une dégradation des conditions de travail et des services offerts aux enfants. C'est un réseau qu'on peine à déployer pour qu'il réponde enfin à la demande. Rappelons-nous que des dizaines de milliers de familles se mettent sur la liste d'attente dès la conception de leur enfant pour obtenir une place dans, oui, le meilleur système de services de garde éducatifs au monde.

Les services de garde éducatifs sont un service essentiel non seulement parce que les familles en dépendent pour leur sécurité économique, mais aussi parce que, comme société, on compte sur les éducatrices pour veiller au bien-être des enfants les plus vulnérables et s'assurer qu'on n'en échappe aucun. Tout le monde ici, j'en suis certaine, est très conscient de ça, et ceux qui ne l'avaient pas réalisé avant l'ont compris avec la crise.

Alors, oui, je me joins au gouvernement aujourd'hui pour dire merci à toutes les personnes qui oeuvrent dans les services de garde éducatifs, mais des mercis, on en entend souvent, et ce que le réseau a surtout besoin en ce moment, c'est une amélioration significative des conditions de travail des éducatrices pour retenir celles qui sont dans le réseau, en attirer d'autres et même peut-être faire revenir celles qui ont quitté le réseau mais qui ont encore la passion de la petite enfance. C'est essentiel parce qu'on vit actuellement une pénurie importante d'éducatrices qui a des conséquences graves à la fois sur le développement des enfants, la sécurité économique des familles et le développement économique du Québec.

Bien avant la crise, on avait des milliers de places subventionnées en milieu familial qui dormaient sur des tablettes parce qu'on n'avait pas d'éducatrices pour ouvrir des milieux de garde. On perd, depuis des mois, des milieux familiaux, on continue d'en perdre depuis le début de la crise et on perd en plus des éducatrices qui sont vulnérables et qui ne pourront pas retourner travailler à court ou à moyen terme.

Je ne m'attends pas à un retour à la normale à la réouverture du réseau parce qu'il y aura moins de places de disponibles qu'avant, et on en manquait déjà. Alors, j'espère sincèrement que le gouvernement va joindre à ses remerciements des investissements significatifs dans le réseau des services de garde éducatifs pour qu'on puisse garantir le plus rapidement possible des conditions de travail décentes à toutes celles qui y travaillent et une place pour tous les enfants. Merci.

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