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Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition, et de M. François Bonnardel, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de ressources naturelles

Version finale

Le mardi 29 janvier 2013, 13 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, Hôtel du Parlement

(Treize heures quarante-neuf minutes)

M. Legault: Bonjour, tout le monde. Deuxième journée du caucus pré-sessionnel de la Coalition avenir Québec. Comme je vous l'avais dit, on a, encore une fois, parlé beaucoup d'économie. On pense que ça doit être vraiment la priorité au Québec. On a une dette très importante, qui est inquiétante, on a un écart de richesse, qui continue de s'agrandir, avec le reste du Canada, donc c'est important de relancer l'économie du Québec.
Aujourd'hui, on a parlé, puis je souhaite vous parler d'une opportunité exceptionnelle qu'on a au Québec, qui est l'exploitation du pétrole. On a évidemment à s'assurer que toute exploitation se fasse en respectant les meilleures normes environnementales, puis je pense que c'est important aussi de répéter que ce n'est pas en opposition d'exploiter notre pétrole, de réduire notre dette, de se donner des marges de manoeuvre et de développer les technologies vertes.
Ce qu'il faut se dire, là, c'est que, quand on regarde toute la consommation d'énergie au Québec, il y a, encore aujourd'hui, 38 % de notre énergie qui est du pétrole. Donc, ce n'est pas demain la veille qu'on n'utilisera plus de pétrole au Québec. On importe ce pétrole, donc, plutôt que de l'importer, si on était capables d'en produire une partie, bien, évidemment que ça serait à l'avantage économique du Québec.
Quand on regarde les différents projets pour l'exploitation du pétrole au Québec, de loin les projets les plus importants, le plus porteur, ce sont les projets qui sont sur l'île d'Anticosti. Je dirais, là - puis j'ai consulté une série d'experts avec François Bonnardel - ça semble unanime pour dire que les projets sur l'île d'Anticosti sont les projets les plus porteurs en Amérique du Nord. Donc, il y a une opportunité exceptionnelle, et on pense donc que le gouvernement devrait regarder de très près ce qui se passe là.
On parle, si on veut mettre quelques chiffres, de milliards de dollars de redevances. Donc, je pense que les estimés les plus pessimistes parlent de 2 milliards de dollars par année de redevances, des milliards de barils de pétrole. Et on pense que la meilleure façon de contrôler les impacts environnementaux, bien, c'est que le gouvernement soit partenaire de ces projets. Et on pense qu'il y a une opportunité exceptionnelle quand on regarde les entreprises qui possèdent aujourd'hui les droits sur l'île d'Anticosti.
Aujourd'hui, il y a trois entreprises qui possèdent les droits sur l'île d'Anticosti: Pétrolia, Junex et Corridor Resources. Probablement en partie dû à l'incertitude qui a été créée par le Parti québécois, le prix des actions de ces entreprises a fortement baissé au cours des derniers mois. Donc, il y a une opportunité. Pour vous donner un ordre de grandeur, aujourd'hui, la valeur marchande de Pétrolia, c'est 65 millions. Il faut savoir aussi qu'Investissement Québec possède déjà 10 % de Pétrolia. La valeur marchande de Junex, c'est 44 millions de dollars. Déjà, Investissement Québec possède 12 %, et la Caisse de dépôt possède 5 %. Et, la troisième entreprise, Corridor Resources, sa valeur marchande est à 65 millions de dollars. Ça veut dire que, si, demain matin, le gouvernement du Québec voulait prendre une participation de 50 % dans ces trois entreprises, à la valeur marchande actuelle, on parlerait d'un montant d'à peu près 70 millions de dollars.
Donc, par rapport au potentiel de revenu sur l'île d'Anticosti, nous, on pense que le gouvernement du Québec devrait, via Investissement Québec, entreprendre dès maintenant des négociations avec ces trois entreprises pour regarder la possibilité de posséder 50 % de ces trois entreprises, et donc 50 % des droits sur l'île d'Anticosti. Ce que ça veut dire, c'est que le gouvernement du Québec puis les Québécois pourraient non seulement bénéficier des redevances, mais aussi d'une part importante des bénéfices et, surtout, mieux contrôler tous les impacts environnementaux de ces projets. Je pense que c'est une expérience, c'est une opportunité exceptionnelle.
Beaucoup de gens, dans, je dirais, les trois partis qui parlent d'être maîtres chez nous... Mais être maître chez nous... Ce que les Québécois souhaitent, c'est qu'on reprenne une position importante dans la propriété de l'exploitation de nos ressources naturelles. Or, nous pensons qu'avec ce projet exceptionnel, Anticosti, c'est une opportunité sur laquelle le gouvernement du Québec doit se pencher. On pense qu'on devrait, dès les prochaines semaines, entreprendre des négociations avec Pétrolia, avec Junex, avec Corridor Resources pour être capables justement de se dire: Bien, quelle belle expérience de développement durable d'être capables, à l'île d'Anticosti, avec un potentiel de milliards de barils de pétrole, de faire les choses correctement au bénéfice de l'ensemble des Québécois.

Le Modérateur: M. Bonnardel, est-ce que...

M. Legault: Ah oui! Il y avait François. Je passe maintenant la parole, sur deux autres points, à François Bonnardel, donc, député de Granby, qui est aussi notre porte-parole en matière de ressources naturelles.

M. Bonnardel: Ce sera rapide. Deux points sur lesquels le Parti québécois doit se pencher à la prochaine session, c'est certainement, pour contrer l'incertitude que le Parti québécois a créée, d'avoir, donc... L'épisode de Pétrolia, vous le savez, a été causé par le fait que le gouvernement a décidé de ne pas donner les autorisations, donc, à Pétrolia. Mais il faut légiférer, donc, en premier lieu, sur les hydrocarbures et ne pas attendre que le gouvernement légifère, donc, avec un projet de loi sur les mines. Cette incertitude doit cesser, et, dans ce cas-ci, on est prêts à participer à un futur projet de loi avec le Parti québécois pour accélérer les choses, mais on dit au PQ: Rapidement, mettez-vous à l'ouvrage pour déposer un projet de loi sur les hydrocarbures pour que cette incertitude cesse au Québec sur les futurs projets pétroliers.
Et une dernière action: on dit aussi... on a demandé... j'ai demandé - je pense que mon chef aussi l'a fait à la dernière session - que le litige entre Old Harry, donc Terre-Neuve, et le Québec pour le tracé d'Old Harry, bien, il faut nécessairement, suite à l'entente qui a été signée avec le parti... entre le gouvernement et Ottawa, que le gouvernement du Parti québécois nomme un médiateur, si on veut, un négociateur avec Terre-Neuve pour être capable, donc, d'en arriver à une entente sur le projet d'Old Harry. Voilà. Merci.

Le Modérateur: Alors, on va passer à la période de questions. Robert Dutrisac.

M. Dutrisac (Robert): Bonjour, M. Legault. Bonjour, M. Bonnardel. Sur votre proposition, là, de prendre 50 %, là, du pétrole d'Anticosti, la question se pose... C'est que c'est du pétrole de fracturation, ce n'est pas du pétrole conventionnel. Donc, vous accepteriez que le gouvernement se lance dans la fracturation, alors que, bon, même pour le gaz de schiste, où la technologie est connue - puis, pour ce qui est du pétrole, la technologie n'est pas tout à fait au point, d'après ce que je peux savoir - le gouvernement hésite à le faire ou considère que c'est peut-être une mauvaise chose.

M. Legault: Bon. Effectivement, mais en même temps je pense que c'est une opportunité exceptionnelle que le gouvernement soit en contrôle de ce qui va se faire sur l'île d'Anticosti. Un des problèmes puis une des raisons pourquoi le prix des actions est bas, c'est à cause de la position qui a été prise par Martine Ouellet de dire: Bien, un, ce n'est pas clair, les redevances; deux, on n'est pas certains qu'on veut exploiter via la fracturation du pétrole. Quelle belle opportunité d'y aller avec du forage, d'y aller en, finalement, respectant l'environnement, en s'assurant qu'il y a un bon encadrement.
Je pense que tous les experts que j'ai consultés sont confiants que c'est possible de le faire tout en respectant l'environnement. Maintenant, en prenant une participation de 50 % dans l'opération, je pense que ça permet au gouvernement de rassurer la population puis d'envoyer un message très fort à la population, de dire: Si on fait cette exploitation, bien, ça sera au bénéfice de l'ensemble des Québécois. Mais, selon moi, là, il faut regarder cette possibilité-là. Et les probabilités sont quand même très élevées que ça soit possible d'être fait.
Puis, quand on parle... écoutez, quand vous parlez de quelques milliards de barils de pétrole, ça veut dire des centaines de milliards de dollars, et on ne peut pas, avec la dette qu'on a au Québec, ne pas se pencher sur ce dossier-là. Puis c'est une belle opportunité, pour à peu près 70 millions, de prendre une participation puis d'aller suivre l'opération, donc, autant la phase exploration que la phase exploitation.

M. Dutrisac (Robert): Donc, si je vous comprends bien, vous estimez qu'il n'y a pas de danger avec la fracturation pour le pétrole ou pour le gaz de schiste.

M. Legault: Ce que je dis, c'est que c'est possible de le faire, d'apprendre, de contrôler, de suivre le procédé, autant l'exploration que l'exploitation. Mais, écoutez, on ne peut pas se permettre de ne pas le faire. Et, plutôt que de donner ça complètement à l'entreprise privée, bien, ce que je dis, c'est: Soyons maîtres chez nous, prenons-en 50 % puis allons suivre comment ça va se faire. Mais je pense qu'il faut le regarder.

Le Modérateur: Alexandre Robillard.

M. Robillard (Alexandre): Ce n'est quand même pas démontré que c'est possible d'exploiter ce gisement-là. Il y a encore beaucoup de preuves à faire que c'est possible d'extraire le pétrole qui est là. Donc, ce n'est pas quand même un risque d'investir dans ces entreprises-là?

M. Legault: Bon. Il faut comprendre... Bon, d'abord, je pense que le risque est petit, la probabilité est très élevée. Il faut comprendre aussi que, si le gouvernement veut s'impliquer dans la propriété de l'exploitation pétrolière, il ne peut pas attendre qu'on soit rendus à la période d'exploitation parce que, là, la valeur est pleinement ajoutée à l'entreprise, au projet, puis là, bien, tout ce qu'on a à faire... puis le seul risque qu'il reste, c'est combien ça coûte pour le sortir. Donc, il faut être capables de participer dès la phase d'exploration.
Puis, écoutez, là, tous les experts que je consulte me disent que c'est le projet, en Amérique du Nord, le plus prometteur à partir, là, des carottes qui ont déjà été prises sur l'île d'Anticosti. Donc, ce n'est pas d'hier, là, qu'on fait le suivi. Même Shell, il y a 30 ou 40 ans, avait commencé à le faire. C'est plus une décision politique: veut-on aller de l'avant ou non? Moi, je pense qu'actuellement, là, c'est le plus beau modèle de développement durable qu'on puisse travailler en partenariat.

M. Robillard (Alexandre): En même temps, les libéraux disent: Bon, vous avez proposé de participer davantage dans l'Alcan. Maintenant, ça aurait pu entraîner une radiation sur le bilan de la Caisse de dépôt au moment de la transaction de la vente à Rio Tinto. Donc, vous, votre position, c'est quand même...

M. Legault: Bon. Regardez, d'abord...

M. Robillard (Alexandre): L'action, elle a baissé de 1,50 $, de Pétrolia.

M. Legault: Oui. Dans le dossier d'Alcan, bon, d'abord, ce qu'on avait dit, c'est, compte tenu du levier qu'on avait avec l'électricité, qu'on aurait dû refuser la transaction, comme le gouvernement australien a refusé de regarder la vente éventuelle de Rio Tinto, compagnie mère, à des intérêts chinois. Donc, on aurait pu le refuser, comme on a fait pour Potash. Donc, on aurait pu sans être obligé de s'impliquer.
La grande différence, si on regarde en termes de prix, c'est qu'à l'époque où on a commencé à avoir une offre, d'abord d'Alcoa, c'est qu'il y a eu une prime. Là, on a des actions... le prix des actions qui est déprimé, qui a diminué. Écoutez, là, pour 70 millions de dollars, on pourrait prendre une participation de 50 % dans ces trois entreprises, qui possèdent tous les droits sur l'île d'Anticosti.

Écoutez... Puis les entreprises... J'ai rencontré... On a rencontré, entre autres, Pétrolia. Il y a une ouverture parce qu'en ayant le gouvernement comme partenaire ça assure le cheminement plus efficace de toute la partie acceptabilité sociale. Donc, c'est un projet gagnant-gagnant pour tout le monde.

M. Robillard (Alexandre): C'était une erreur pour Hydro-Québec de se départir de ces permis-là?

M. Legault: Bien, écoutez, je pense qu'on devrait tenir compte aussi des options de l'entente secrète. Donc, on ne le sait pas, là. Quand je dis que c'est 70 millions, peut-être que l'option d'Hydro-Québec pour acheter des actions de Pétrolia permettrait de le faire encore moins cher. Malheureusement, on n'a pas l'information. Je pense que ça devrait jouer aussi dans les négociations avec Pétrolia de dire: Écoutez, là, vous avez peut-être eu un bon deal. Ça devrait être enquêté. On l'a déjà dit, d'ailleurs.
Mais en même temps il faut regarder en avant, là. Il y a une opportunité extraordinaire pour le gouvernement du Québec. Je ne comprends pas que Mme Marois, là, plutôt que d'être en Écosse à essayer de faire un spectacle sur la souveraineté, ne soit pas assise avec Pétrolia, Junex et Corridor pour essayer d'exploiter du pétrole qui va rapporter des milliards de dollars par année au gouvernement du Québec.

Le Modérateur: Jessica Nadeau.

Mme Nadeau (Jessica): Mais le gouvernement du Québec avait déjà les droits sur l'exploration, et là, donc, de payer 70 millions pour... Parce que... Et on les a cédés, là, à l'entreprise. Alors là, de payer 70 millions pour reprendre ces droits-là, est-ce que les Québécois se font avoir, là, à quelque part là-dedans, là?

M. Legault: Bien, il faut faire une négociation. Moi, je ne connais pas l'entente secrète entre Hydro-Québec et Pétrolia. J'aimerais ça la voir. Puis le gouvernement devrait en tenir compte dans ses négociations avec Pétrolia.
Mais ce que je dis, c'est que, même à 70 millions de dollars, c'est, à mon avis, une aubaine pour prendre une participation de 50 % dans un immense projet sur l'île d'Anticosti qui pourrait amener des milliards de dollars par année au gouvernement du Québec.

Mme Nadeau (Jessica): Sur un autre sujet. Aujourd'hui, à la commission Charbonneau, M. Lalonde, de la firme Génius, a dit qu'il avait... que sa firme avait donné 240 000 $ à tous les partis et que c'étaient des dons illégaux parce qu'ils étaient remboursés en bonus. Il a nommé le PLQ, le PQ et également l'ADQ. Avez-vous acheté un vaisseau plein de trous?

M. Legault: Bon, d'abord, ce qu'il est important de dire, c'est que l'ADQ n'a jamais été au pouvoir, donc ils n'ont sûrement jamais donné de contrats en échange. Deuxièmement, moi, ce que j'ai ramassé quand j'ai fusionné avec l'ADQ, c'est plutôt une dette d'à peu près 500 000 $, donc je n'ai pas fait beaucoup d'argent avec ça, un.

Mme Nadeau (Jessica): Mais, par rapport à la commission Charbonneau, là, comme tel, est-ce que vous êtes surpris de ces révélations-là et est-ce que vous vous engagez à rembourser ces dons-là qui ont été faits de façon illégale?

M. Legault: Bien, je vous le dis, là, moi, ce que j'ai hérité, c'est une dette de 500 000 $, ça fait que je ne vois pas qu'est-ce que je pourrais rembourser. Deuxièmement, il n'y a sûrement pas eu des échanges de contrats puisque l'ADQ n'a jamais été pouvoir.

Le Modérateur: Rhéal Séguin.

Mme Nadeau (Jessica): ...quand même, là, des révélations de la commission Charbonneau aujourd'hui.

M. Legault: Est-ce qu'on est surpris? Bien, M. Duchesneau avait déjà indiqué qu'il y avait des problèmes. Je pense qu'on le voit et puis je pense qu'il faut poser des questions, entre autres à ceux qui ont été au gouvernement. Est-ce qu'il y a eu des contrats de donnés en échange de ces montants qui ont été donnés au Parti libéral puis au Parti québécois?

Le Modérateur: Rhéal Séguin.

M. Séguin (Rhéal): M. Legault, à la lumière de ces révélations-là devant la commission Charbonneau, sommes-nous devant un système politique foncièrement corrompu au Québec?

M. Legault: Bien, écoutez, je pense que ça fait un bout de temps, là, qu'on le comprend avec les témoins qui se succèdent à la commission Charbonneau. Il est plus que temps... Puis, on l'a déjà dit, on va déposer, en cours de session, des projets de loi parce que le projet de loi qui a été déposé par le Parti québécois est insuffisant. Il faut agir avec beaucoup plus de fermeté et à Québec et dans les municipalités.
Puis effectivement, oui, on a comme la démonstration, là, qu'il y a eu de la collusion, qu'il y a eu de la corruption, puis ça nuit à la confiance qu'on doit avoir dans la population pour être capables de relancer le Québec avec des projets plus positifs.

M. Séguin (Rhéal): Mais qu'est-ce que vous proposez que les deux autres partis, vu qu'il y en a un qui n'existe plus... Mais, pour les deux autres partis, qu'est-ce que vous proposez qu'ils fassent maintenant? Est-ce qu'ils devraient rembourser cet argent-là ou accepter le fait que tout ça, ça a été fait de façon illégale et agir en conséquence?

M. Legault: Bien là, il faut voir effectivement comment ça a été fait. Est-ce que ça a été fait de façon illégale? Est-ce qu'il y a eu des contrats de donnés en échange? Comment ça a été fait? Je pense que c'est aux partis de répondre. Vous leur poserez la question.

Le Modérateur: Martine Biron.

Mme Biron (Martine): Bonjour, M. Legault. Pour en revenir à l'île d'Anticosti, si on tient compte que des entreprises comme Junex admettent que c'est extrêmement difficile de sortir le pétrole du sol, qui est une forme de pétrole de schiste, si vous voulez, dont la technologie est encore moins avancée que celle du pétrole de schiste, que ce n'est pas vraiment rentable compte tenu de ce que ça coûte pour extraire ce pétrole-là... En admettant que le gouvernement va de l'avant avec votre suggestion, dans combien de temps est-ce que vous estimez que les milliards de dollars pourraient entrer dans les coffres?

M. Legault: Bon. D'abord, j'ai rencontré la direction de Junex puis la direction de Pétrolia. Ce que les deux me disent, c'est qu'eux sont très confiants que, d'ici 18 mois, on va être en mesure de commencer à exploiter.
Actuellement, ce qu'ils ont besoin pour compléter le forage qui a été commencé, c'est d'argent. On parle de 100 à 150 millions de dollars qui sont nécessaires pour compléter le forage. Or, actuellement, ces entreprises n'ont pas accès à du financement parce qu'actuellement l'incertitude que le gouvernement du Parti québécois a créée fait que le financement de ces entreprises-là est devenu impossible. Ça crée, d'une certaine façon, une opportunité pour le gouvernement du Québec d'acheter des participations importantes dans des entreprises où le prix des actions est très bas, donc...

Mme Biron (Martine): Mais c'est une technologie qui est quand même très peu avancée.

M. Legault: Non. Écoutez, là, j'ai rencontré le président de Junex. Il est très confiant que c'est possible de le faire, puis c'est la même chose chez Pétrolia.

Le Modérateur: Véronique Prince.

Mme Prince (Véronique): J'aimerais vous réentendre sur le voyage de Mme Marois et sa fameuse rencontre.

M. Legault: Bien, écoutez, Mme Marois a décidé d'aller en Écosse faire un spectacle sur la souveraineté puis le référendum, et puis, bien, le spectacle est tombé à l'eau parce que le premier ministre de l'Écosse a décidé qu'il ne voulait pas être vu en présence de Mme Marois. Donc, je pense que c'est un échec pour Mme Marois et c'est une leçon, d'une certaine façon. Je pense que la première ministre du Québec devrait être en train de démarcher des nouveaux investissements privés au Québec et non pas essayer de faire des spectacles sur la souveraineté.

Mme Prince (Véronique): Puis, pour un de mes collègues qui fait un reportage sur l'UPAC, qui s'intéresse à certains projets maintenant dans la Capitale-Nationale, est-ce que ça vous démontre que ce n'est pas juste à Montréal que ça se passe, puis il y a une nécessité d'aller voir partout au Québec?

M. Legault: Bien, je pense qu'il faut aller voir partout, puis c'est à eux qu'il faut poser la question. Je n'ai pas plus d'information que vous sur ce qui s'est passé à Québec. Mais il faut des questions à l'UPAC. Il faut voir, il faut les laisser faire leur travail. Je pense que, s'ils sont là, c'est parce qu'ils ont des indices qu'il y a quelque chose.

Le Modérateur: Michel Pépin.

M. Pépin (Michel): Bonjours, messieurs. Pour Old Harry, est-ce que vous jugez qu'on devrait aller... Là, vous parlez d'un négociateur, là. Je veux bien, je comprends votre position là-dessus, mais est-ce que vous jugez qu'on devrait aller vers un actionnariat du gouvernement du même niveau?

M. Legault: Je pense qu'actuellement le projet le plus porteur puis le plus intéressant, c'est le projet d'Anticosti. Vous vous rappelez qu'Old Harry c'est dans l'eau, donc c'est comme technique, plus difficile, il y a des impacts environnementaux qui sont plus difficiles à contrôler. Il y a évidemment aussi des ententes et des négociations à faire avec Terre-Neuve. Donc, ça pose plus de contraintes, puis le potentiel de barils de pétrole est beaucoup plus élevé à Anticosti qu'à Old Harry. Donc, je pense que, comme pour se faire la main, si on veut, là, le gouvernement du Québec devrait commencer par Anticosti. Je pense que c'est une opportunité qu'on ne peut pas manquer.

M. Pépin (Michel): Avez-vous consulté quelques groupes écologistes ou des environnementalistes réputés par rapport à ces questions-là?

M. Legault: Oui. Bien, écoutez, je pense qu'on en a rencontré l'année dernière. Il y a des gens évidemment qui se disent d'accord, il y a des gens qui se disent en désaccord. Je pense qu'il faut que ça soit fait en respectant les normes environnementales.

Évidemment, sur l'île d'Anticosti, on parle de 263 personnes, donc il n'y a pas le même impact sur l'humain qu'on a pu voir, par exemple, à Gaspé. Il y a peut-être un problème avec les chevreuils, mais je pense que c'est gérable et je pense aussi que, quand on parle de milliards de dollars, là, il faut être capable d'aller au fond du dossier.

M. Pépin (Michel): Je peux revenir sur...

Le Modérateur: Une petite dernière, oui.

M. Pépin (Michel): Une petite dernière sur la commission Charbonneau mais un petit peu plus large, là, et concernant les firmes de génie-conseil. Parce qu'on a eu à la fois le témoignage de M. Duchesneau, son rapport, qui mettaient en cause quand même le rôle des entreprises de génie-conseil, importantes au Québec, n'est-ce pas?, et on a d'autres témoignages qui vont dans le même sens. Zambito nous a donné une idée que, en tout cas selon lui, il y avait un problème là, quasiment une maîtrise d'oeuvre, là, en collusion et corruption; également M. Lalonde. Compte tenu de la loi n° 1, puis on va faire l'examen des... comment vous voyez le problème de gouvernance que ça pose pour le gouvernement du Québec, ce qui se passe dans les firmes de génie-conseil ou ce qui s'est passé dans les firmes de génie-conseil?

M. Legault: Bien, je pense qu'on va faire des sorties au cours des prochaines semaines. Je pense que l'Ordre des ingénieurs doit se poser des questions sur le suivi des firmes d'ingénieurs. Je pense que, l'expertise qu'on a, au ministère des Transports, en ingénierie pour suivre le travail des ingénieurs, il y a des questions puis une urgence d'agir de ce côté-là.

Évidemment qu'il y a des impacts, aussi, négatifs sur des entreprises québécoises importantes comme SNC-Lavalin. J'étais content de voir aujourd'hui que le président de la Caisse de dépôt a répondu comme favorablement à une proposition que j'ai faite il y a quelques semaines de dire: Est-ce qu'on ne peut pas regarder sérieusement pour prendre un bloc de contrôle dans une entreprise comme SNC-Lavalin? C'est la plus grande firme au Québec, et il y a un risque réel, parce qu'il n'y a pas d'actionnaires de contrôle, que ça soit vendu à des intérêts étrangers à un moment où, un peu comme on disait tantôt dans le pétrole, le prix des actions est à la baisse. Donc, je pense que le gouvernement du Québec doit être proactif dans le dossier.
Mais, pour ce qui est du suivi des ingénieurs, je pense que la première chose à faire, là, c'est qu'on doit embaucher des ingénieurs d'expérience au ministère des Transports. Puis là on voit le manque de courage de Mme Marois. Plutôt que de négocier une nouvelle convention collective avec les ingénieurs au ministère des Transports, on va essayer de passer par une loi pour créer une agence pour se sortir de la convention collective. Mais, écoutez, il y a une urgence d'agir, là, puis de se donner l'expertise parce que, de toute évidence, on n'est pas capables de bien suivre le travail des ingénieurs du secteur privé.

Le Modérateur: Dernière question en français. Geneviève Lajoie.

Mme Lajoie (Geneviève): Bonjour, M. Legault.

 

M. Legault: Bonjour.

Mme Lajoie (Geneviève): Vous dites que vous avez rencontré les dirigeants de Junex, Pétrolia. Est-ce qu'ils vous ont dit tous les deux qu'ils étaient effectivement intéressés à ce que l'État prenne part à hauteur de 50 %? Ils vous ont, j'imagine, aussi dit qu'il y a déjà Investissement Québec qui a déjà investi une part importante dans ces deux entreprises là.

M. Legault: Bien, je pense, entre autres... Oui, je pense qu'il y a une ouverture de la part, entre autres, de Junex et Pétrolia. Puis même le président de Junex me disait : Je pense que c'est peut-être la seule façon qu'on peut exploiter Anticosti aujourd'hui. Je pense que de penser...

Mme Lajoie (Geneviève): Mais votre 50 %, c'est en plus de ce qu'Investissement Québec a déjà...

M. Legault: On n'a pas commencé à négocier le prix, là, hein? Je vous dis ça, là.

Mme Lajoie (Geneviève): Non, non, non, mais est-ce que, quand vous parlez de 50 %, c'est en plus de ce qui a déjà été investi par Investissement Québec?

M. Legault: Non, j'inclus ce qui est déjà investi, donc ça voudrait dire un 40 % additionnel.
Mais je pense qu'actuellement, autant chez Pétrolia que chez Junex, ils se rendent compte qu'ils ne s'en vont nulle part. Ils ne sont pas capables de trouver le financement pour le forage parce qu'il y a trop d'incertitude sur l'avenir de l'exploration sur leur projet, puis de l'autre côté, bien, il savent très bien qu'au niveau de l'acceptabilité sociale un partenariat avec le gouvernement du Québec pourrait aider. Donc, j'ai senti une ouverture de ce côté-là.

Mme Lajoie (Geneviève): Juste une petite question peut-être plus régionale. Je ne sais pas si vous avez été au courant de ce qui s'est passé à Épiphanie...

M. Legault: Oui. Oui.

Mme Lajoie (Geneviève): C'est dans votre comté. Je voulais savoir si vous aviez quelques mots pour...

M. Legault: Oui. Puis je voudrais vous dire que toutes mes pensées, là... Je suis sorti à plusieurs reprises pendant le caucus. Toutes mes pensées sont avec les gens de L'Épiphanie. Évidemment, il y a deux travailleurs qui sont disparus, donc évidemment ça ne doit pas être facile pour les familles de ces deux travailleurs. Éventuellement, il faudra regarder les causes de l'accident, s'assurer que ça ne se reproduise pas, mais, pour l'instant, là, toutes mes pensées sont avec les deux travailleurs.
J'ai un attachement spécial à L'Épiphanie parce que, même lorsque... les 10 années où j'étais député de Rousseau, L'Épiphanie était dans Rousseau. Aujourd'hui, l'Épiphanie est dans L'Assomption, donc je connais bien. Je suis allé à la carrière de Maskimo. C'est terrible, ce qui arrivé puis, écoutez, je veux offrir, là, tout mon courage, mon appui à la population, surtout aux familles qui attendent les résultats.
J'étais content de voir que, le troisième travailleur, on a réussi à le sortir sain et sauf, mais là évidemment que c'est inquiétant de voir que deux travailleurs manquent à l'appel. Ça semble difficile d'aller sur le terrain parce que le sol... on ne peut pas marcher, là, à l'endroit où sont les deux travailleurs. Donc, oui, ça me touche beaucoup.

Le Modérateur: Kevin Dougherty.

M. Dougherty (Kevin): Oui. Mr. Legault, Mr. Vandal, from Hydro-Québec, says, basically, that a refit of Gentilly doesn't make economic sense because of the shale gas revolution in the United States...

M. Legault: Yes.

M. Dougherty (Kevin): ...and then the U.S. economy is prospering apparently because of the low price of gas.
Now, here, we're not developing shale gas, it's under study. Say there could be a way to develop shale gas that was safe, that didn't contaminate water. Do you think that the same idea that you're proposing for oil, you know, that the Government take a participation in... Do you think the government should take a participation in shale gas as well if it can be developed?

M. Legault: First, regarding Hydro-Québec, it's a bit funny to see that Mr. Vandal said that, since few years, we can see the price of the gas going down because of shale gas, but they continue having in mind the renovation of Gentilly. And it's surprising to see that the Liberal Party, they had this information during the last electoral campaign and they were saying that, yes, they would go forward. So, I think that people from the Liberal Party, they have some answers to give to the population about what they said to the people of the Mauricie during the electoral campaign.
Regarding the operation of the... not the shale gas but the shale oil operation, I think that right now we have to be opened, we have to make sure that we have high standards to protect environment, but I think we cannot afford, when we talk about billions of barrels of oil... we cannot put this file aside. And I think that the best way to look at this project is to have the Québec Government being a partner at 50 % in the ownership at île Anticosti.
And there's a very good business opportunity right now. Because of the uncertainty created by the Parti québécois, right now the stocks of the three companies are very low. It would cost about $70 million to take 50 % participation in the three companies: Junex, Pétrolia and Corridor Resources. So, I think that, in doing so, we'd be able not only to collect the royalties, but also collect half of the profit and be more in control about the way to operate with shale oil.

M. Dougherty (Kevin): What about shale gas, though? Could it be done... Could the same thing be applied to shale gas?

M. Legault: I think that we have to be open at this point. I think that... I would say that I would not be ready to give the permission to a private company to do so. But, if we're in control in an area like île d'Anticosti, I think it's a good opportunity to make some tests and see how we can do that respecting the environment.

Le Modérateur: Max Harrold.

M. Harrold (Max): ...that business opportunity you're talking about requires some negotiations with Newfoundland and Labrador. How confident are you that that can happen under a PQ Government?

M. Legault: OK. Right now, I'm talking about Anticosti, all right? So, I think that we are talking about more oil on Anticosti than with Old Harry. But, like François said, I think that we should also make sure that we complete our negotiations regarding Old Harry. But it's not as easy to think that we'll be able to operate Old Harry than it is with the Anticosti project, so... But I think we should work on both of them.

M. Harrold (Max): Are you confident the PQ government is the one that's going to go in there and do that?

M. Legault: I don't see the PQ government being really interested in oil. I think that I know Martine Ouellet, and we saw what happened in Gaspé. For sure, they are not interested. I asked the question to the management of Pétrolia and Junex: Did you have any discussion with the PQ Government since they are there? And they said no. I don't understand. We're talking about billions of dollars, and they are not in negotiation. It looks like the PQ Government is not interested at all, and it's an opportunity to reduce our debt, so I don't understand.

Le Modérateur: Merci. Thank you.

M. Legault: Merci.

(Fin à 14 h 20)

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