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Point de presse de Mme Pauline Marois, première ministre, et de Mme Agnès Maltais, ministre du Travail

Version finale

Le lundi 1 juillet 2013, 0 h 36

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Minuit trente-six minutes)

 

            Mme Marois : Alors, merci beaucoup. Nous sommes satisfaits du travail accompli parce que l’objectif que nous visions était que les travailleurs puissent retourner sur les chantiers dès mardi matin et nous voulions nous donner les conditions les meilleures pour que cela se fasse de façon sereine, en assurant une certaine paix sociale et en nous assurant qu’il y avait un espace pour continuer à négocier. Nous avons atteint l’essentiel de nos objectifs et nous en sommes donc très heureux et très fiers.

            Cependant, malheureusement, l’opposition n’a pas accepté que nous donnions un espace plus significatif pour que les gens aient du temps, d’abord pour laisser retomber la poussière. Honnêtement, ça a été très difficile dans les dernières semaines, dans les derniers jours. Le climat était très tendu, les parties étaient très loin les unes des autres… l’une de l’autre, de telle sorte que nous pensions... D’abord, un, quatre ans auraient permis une stabilité assurée sur les chantiers, il me semble que c’est ce qu’on souhaite ensemble. Nous étions prêts à un compromis pouvant nous permettre d’aller jusqu’à deux ans. D’ailleurs, c’est un amendement que nous avons proposé. Nous trouvons que c’est un peu court, un an. Mais nous allons accompagner les parties pour nous assurer cependant qu’on puisse, s’il y a lieu, arriver à une entente négociée qui, à ce moment-là, rendrait caduque la loi spéciale que nous avons fait adopter.

            Mais je crois que nous avons été très respectueux des parties. Nous leur avons permis d’utiliser le temps qui leur était nécessaire pour négocier. Nous avons réussi... Les parties ont réussi dans deux cas sur trois, ce qui est quand même assez remarquable. Alors, en espérant que les négociations puissent reprendre éventuellement, mais ce qui est sûr, c’est que les personnes vont être au travail mardi et les chantiers vont être rouverts.

 

            La Modératrice : Merci. Véronique Prince.

 

            Mme Prince (Véronique) : Il y a Mme Maltais qui a essayé de couper un peu la poire en deux en proposant que ce soit sur deux ans plutôt qu’une année. Est-ce que vous avez l’impression que ça a été de la mauvaise foi de la part de l’opposition de ne pas accepter ce sous-amendement?

 

            Mme Marois : Oui. Moi, je trouve ça très dommage qu’effectivement l’opposition n’ait pas accepté cet amendement, ce sous-amendement que nous avons fait, parce que ça donnait un espace plus grand dans le temps pour permettre d’arriver à une entente. Quand la situation est très tendue, ça prend un certain temps avant que le calme ne revienne. Il y a donc ce qu’on appelle un temps de refroidissement, et par la suite on peut se rasseoir à table plus sereinement. Malheureusement, l’opposition ne nous a pas permis d’arriver là. Il y a au moins une chose qu’on a pu cependant obtenir, c’est que l’augmentation salariale soit de l’ordre de 2 %, tel que ce qui avait été convenu avec, entre autres, les… dans le secteur du... — voyons! — du civil et de la voirie. Et au moins cela, ils l’ont accepté parce qu’au début, vous le savez, les deux oppositions étaient contre. Ils se sont rangés à notre proposition. Au moins, cela permet que les travailleurs aient leur augmentation, comme ce sera le cas dans les deux autres secteurs, le résidentiel et la voirie et génie civil.

 

            La Modératrice : Hugo Lavallée.

 

            M. Lavallée (Hugo) : Le fait, quand même, que vous ayez été obligés d’adopter cette loi, au final, est-ce que ça ne démontre pas un peu l’échec de votre stratégie de miser sur la patience? Parce qu’en fait, au final, le résultat est là, il y a une loi spéciale. Est-ce que vous n’avez pas perdu deux semaines à cause d’une mauvaise stratégie?

 

            Mme Marois : Écoutez, il faut bien se comprendre. Le régime patronal-syndical prévoit le droit de grève pour les parties ou le droit de lock-out. On ne peut pas, d’une part, dire : Négociez et n’utilisez aucun droit comme celui du lock-out et de la grève si vous n’arrivez pas à une entente. On a vu que, dans deux cas sur trois, on a été très peu de temps en grève et on est arrivés rapidement à une entente. Donc, moi, je crois que, fondamentalement, c’était la bonne attitude à avoir. Parce que s’insérer dans une négociation entre des parties, c’est, à ce moment-là, souvent agir de façon un peu autoritaire, et les résultats ne sont pas très heureux, en bout de piste. Alors, nous croyons que c’était la meilleure solution dans les circonstances, donner du temps pour qu’il y ait de la négociation, ce qui a été heureux dans deux cas sur trois. Dans l’autre cas, malheureusement, les parties étaient beaucoup trop loin pour arriver à une entente, ce qui nous a amenés à adopter une loi spéciale.

 

            La Modératrice : Charles Lecavalier.

 

            M. Lecavalier (Charles) : Les libéraux demandent à votre gouvernement de s’impliquer dans les négociations au cours de la prochaine année. Est-ce que vous comptez vous impliquer dans les négociations et, si oui, de quelle façon?

 

            Mme Marois : Nous avons été très respectueux des parties qui négociaient et nous pensons que c’est la meilleure attitude à avoir. Nous n’avons pas à nous substituer aux parties. D’ailleurs, c’est la loi que nous avons adoptée qui nous amenait là. Nous avons agi en nommant... en nous assurant qu’il y avait des conciliateurs, qu’il y a eu un médiateur spécial à la fin du conflit. Là où nous pensons qu’il faut continuer à agir, c’est sur ce même front, permettre la négociation, permettre la conciliation et permettre la médiation. Et nous serons toujours présents dans ce cas-là, mais nous ne nous substituerons pas aux parties pour négocier.

 

            La Modératrice : Question en anglais. Qui de M. Harrold ou M. Dougherty? Il n’y en a qu’une.

 

            M. Harrold (Max) : You said one year is too short. What are you worried about? What could happen?

 

            Mme Marois : You know, the last discussions have been very hard between the parties, between the workers and between the employers. And I think it will take some time to have a calm between these two partners. And we think one year is a little bit too short. But, if it is possible, we will help the parties, we will not intervene because that is their responsibilities to have an agreement. We will help theses parties to succeed in an agreement, but the time is a little bit too short at our point of view.

            And also, you know, in this industry, it is important to have... — comment je dirais, là? — to have a certain stability. And, on a period of two years, I think that could be easier to have this... to obtain this goal.

 

            Journaliste : Merci.

 

            Mme Marois : Ça va? Merci beaucoup...

 

            Journaliste : Est-ce qu’on peut parler à Mme Maltais?

 

            Mme Marois : ...bonne fin de journée.

 

            Journaliste : Mme Maltais veut-elle répondre à...

 

            Journaliste : C’est-u possible d’avoir Mme Maltais, une petite déclaration de votre part?

 

            Mme Marois : Faites donc une petite déclaration, Mme la ministre. Une déclaration, elles ne poseront pas de questions en plus.

 

            Mme Maltais : O.K., d’accord. Alors, ça va être bref.

 

            Mme Prince (Véronique) : ...

 

            Des voix : Ha, ha, ha!

 

            Mme Prince (Véronique) : Je veux juste savoir, parce que c’est vous qui avez vraiment été au coeur de tout ça au cours des dernières heures, quels sentiments vous avez ce soir? Vous avez atteint votre objectif, mais, en même temps, j’ai l’impression que vous avez un gros sentiment de déception, là.

 

            Mme Maltais : C’est-à-dire que... Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que c’est pour Mme Marois et moi — on en parlait tout à l’heure — de déposer une loi spéciale de retour au travail sans qu’un seul travailleur ne soit devant l’Assemblée nationale en train de manifester. Et en plus on est minoritaire. Cet objectif, de réussir à faire rentrer les travailleurs dans la paix et l’harmonie avec une loi spéciale, c’est une atteinte... c’est une réussite exceptionnelle. De ça, je suis très fière.

            Ma déception, c’est que les gens ne nous aient pas donné la condition importante dans ce secteur, qui était la stabilité.

            Je voudrais ajouter aussi qu’il faut savoir à quel point Mme Marois et moi avons accompagné cette négociation depuis un mois, beaucoup plus souvent, beaucoup… de façon beaucoup plus près que ce qu’on vous a dit...

 

            Mme Marois : ...intense.

 

            Mme Maltais : ...de façon plus intense, par respect pour les parties. Mais le nombre de fois où toutes les deux nous avons parlé, soit aux patrons ou aux syndicats, c’est assez exceptionnel nous ont même dit des gens du ministère du Travail. Je ne vous l’avais pas dit, Mme Marois? On m’a dit qu’on a su à la fois imposer un rythme et du respect.

 

            La Modératrice : Merci.

 

            Mme Marois : Merci beaucoup. Bonne fin de soirée... bonne fin de nuit. Bonnes vacances.

 

(Fin à 0 h 45)

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