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Point de presse de M. Raymond Bachand, porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances

Version finale

Le lundi 26 août 2013, 13 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures vingt-neuf minutes)

M. Bachand : Alors, merci. Merci à tous d’être là aujourd’hui. Il y a près de huit ans, en octobre 2005, j’ai accepté l’invitation du premier ministre Jean Charest à me joindre à l’équipe libérale et solliciter la confiance des électeurs d’Outremont. Ils m’ont fait confiance à quatre reprises, et je les en remercie profondément. Au cours des 25 années précédentes, j’avais oeuvré dans le secteur privé, avec des responsabilités importantes, chez Metro, Culinar, au Fonds de solidarité des travailleurs de la FTQ et à Secor, tout en m’impliquant activement dans la vie culturelle et communautaire de Montréal et du Québec. Mais le désir et le devoir de servir dans la vie publique à un moment donné de ma vie avaient toujours été une valeur importante pour moi. C’est avec passion, énergie, détermination que j’ai participé au gouvernement du Québec et dirigé les ministères du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, du Tourisme, du Revenu et des Finances, parfois les deux en même temps, et ces postes m’ont permis de contribuer au développement du Québec.

Vous me permettrez de souligner quelques réalisations, comme la convention de continuité d’Alcan, la Stratégie de recherche et d’innovation, les stratégies sectorielles ciblées pour les secteurs moteurs de notre économie, le programme Renfort pendant la crise financière, la victoire en Cour suprême relativement à la juridiction du Québec en valeurs mobilières, l’entente de 2,2 milliards avec le gouvernement du Canada pour la compensation de l’harmonisation des taxes de vente.

En tant que ministre des Finances, depuis avril 2009, j’ai déposé trois budgets visant à ramener le Québec à l’équilibre budgétaire tout en soutenant le développement économique et soutenant notre solidarité sociale, mais visant aussi le renouvellement de nos infrastructures tout en contrôlant notre dette et visant une lutte accrue à l’évasion fiscale. Au cœur de mon action, cette volonté inébranlable de laisser à la prochaine génération un Québec maître de son destin parce que maître de ses finances publiques.

Et, tous les ans, les résultats ont été au rendez-vous et toujours vers des écarts favorables par rapport aux prévisions. Nous avons relevé de grands défis avec succès et mieux que la plupart de nos voisins. Il me restait, à mon avis, deux ans de continuité pour terminer cette mission : le budget 2013‑2014 pour revenir à l’équilibre budgétaire et celui de 2014‑2015, en mars 2014, pour dégager les premiers surplus destinés spécifiquement au contrôle de la dette. La volonté de poursuivre cette mission et l’appui à mon premier ministre ont été les principales raisons pour lesquelles je me suis présenté à l’élection à l’été 2012. Les électeurs québécois ont décidé d’une autre suite des choses.

La course au leadership du Parti libéral a duré plus de six mois. Elle fut aussi exigeante que passionnante, et j’aurais regretté toute ma vie de ne pas y avoir participé. Ça a été un privilège, et je tiens à remercier tous ceux qui m’ont appuyé : collègues, militants, collaborateurs, amis et ma famille. La majorité des délégués a choisi le nouveau chef, Philippe Couillard, qui fera un excellent premier ministre du Québec.

Mais une telle course, vous pouvez vous en douter, change à tout jamais, pour celui qui la mène, sa relation avec la vie politique. Je n’ai pas quitté en avril dernier par sens du devoir sur deux dimensions. La première, le devoir d’assurer l’unité du parti en demeurant impliqué à fond dans la vie parlementaire, celle du caucus et du parti, et je pense que par mon attitude et mes actions, dans les semaines qui ont suivi, avoir largement contribué à assurer l’unité au sein de notre parti. La seconde aussi, pour moi, contribuer à mener à terme plusieurs éléments relatifs aux finances publiques, à la fois ceux contenus dans la première des deux lois de mise en œuvre du budget Marceau, la loi 25 qui contenait des larges éléments de mon budget de mars 2012, mais aussi ceux concernant l’enjeu crucial des retraites, que le gouvernement libéral avait lancée avec le comité D’Amours et la Loi sur les régimes volontaires d’épargne-retraite.

Et puis sont venues les vacances, les vacances de cet été qui m’ont permis de redécouvrir la vie et de redécouvrir l’existence de la vie en dehors de la politique. À 65 ans, j’ai encore beaucoup, beaucoup d’énergie, mais je sens désormais le besoin de consacrer plus de temps à Micheline, mon épouse depuis 38 ans, à mes enfants, à mon frère, à ma nouvelle petite-fille Raphaëlle et à mes amis. Et je les remercie pour l’amour, l’affection, l’appui qu’ils m’ont donnés au cours de ces huit dernières années. Ils m’aiment depuis plus que huit ans, mais au cours des huit dernières années particulièrement parce que c’est une vie difficile, la politique.

Je vous annonce donc que je quitterai mes fonctions de député d’Outremont avant la reprise des travaux parlementaires. Ça me semble être la fenêtre idéale pour permettre au nouveau chef de continuer à consolider et bâtir la nouvelle équipe libérale. Je tiens à remercier Jean Charest, à remercier mes collègues libéraux, à remercier tous les députés de l’Assemblée nationale que j’ai eu le privilège de côtoyer. Merci à tous les collaborateurs qui ont directement participé à mes équipes de cabinet ministériel et de comté et sans lesquels je n’aurais pas pu performer de la même façon. Merci aux militants et bénévoles qui m’ont accompagné. Merci aux journalistes sans qui le public ne serait pas si bien informé et merci pour la relation directe et franche, mais respectueuse que nous avons su établir. Et un merci particulier à la formidable équipe de la fonction publique, les sous-ministres, les cadres, les fonctionnaires, les dirigeants des sociétés d’État et d’organismes, dont les idées, la compétence et le dévouement sans faille permettent au Québec de se développer. Ils ont toute mon admiration et toute ma reconnaissance.

Le Québec est une formidable et belle société. J’espère avoir pu contribuer à son développement et à son bonheur. Ce sera, bien sûr, à vous de juger de la qualité de ma contribution et de ma participation à la vie publique. Merci de votre attention.

Le Modérateur : Merci, M. Bachand. On va passer à la période de questions. Je vais vous demander de… Vous avez un micro à droite et à gauche. Je vais vous demander de vous limiter à deux questions, s’il vous plaît. On va commencer en français. Véronique Prince, TVA.

Mme Prince (Véronique) : M. Bachand, vous avez parlé de votre défaite à la course à la direction du Parti libéral. Est-ce que ça a été vraiment l’élément déclencheur de cette réflexion-là aujourd’hui? Il semble que ça a été très amer pour vous, ça a été une défaite crève-cœur. Est-ce que par la suite vous vous êtes dit : La politique, c’est terminé?

M. Bachand : Non. Je suis très serein devant ce qui a été, comme je vous dis… puis j’essayais de vous raconter un peu une histoire, pourquoi je me suis représenté à la dernière élection, hein, pour continuer, finalement, l’œuvre de finances publiques, puis ça prenait deux budgets, je pense, pour faire ça. Mon instinct, c’est que, si on était élus, on serait élus avec un gouvernement minoritaire.

Deuxièmement, la course au leadership, ça a été une expérience formidable, la course au leadership. Combien de fois dans la vie vous avez une chance de participer à une finale de 100 mètres aux Jeux olympiques? Bien, moi, j’ai eu la chance de participer à une course pour être leader du Parti libéral du Québec puis futur premier ministre du Québec, puis c’est un privilège. Je n’ai pas gagné, c’est le choix des militants, ça fait partie aussi d’une course, par définition.

Puis le troisième élément, bien, c’est ma vie, puis ma vie… puis cet été, je dirais, l’élément déclencheur, c’est aussi la première fois en six ans que j’ai des vraies vacances, puis que tu redécouvres… parce que la vie politique est passionnante, mais elle est dure, et que tu redécouvres la famille, les amis.

Mme Prince (Véronique) : Puis vous nous avez parlé, bon, de vos accomplissements, votre curriculum vitae, vous avez remercié aussi les gens. Mais j’aimerais savoir, ce matin, lorsque vous vous êtes levé, comment Raymond Bachand s’est senti. Libéré? Triste? Comment on décrit ce moment-là?

M. Bachand : Les deux. C’est toujours une émotion, de quitter, parce que c’est huit ans de ma vie et c’est une passion pour moi depuis fort jeune, la politique. Alors, je quitte la vie active, mais, par ailleurs, très serein et très heureux parce que je sais aussi… Puis, vous savez, à l’âge que j’ai, je suis plein d’énergie, mais je n’ai pas 50 ans non plus. Il me reste une tranche, je vous dirais, de vie active importante. Il est temps que je prenne cette décision-là.

Le Modérateur : Louis Gagné, QMI.

M. Gagné (Louis) : Bonjour, M. Bachand. Moi, je voulais savoir, vous avez dit que la course à la direction du Parti libéral avait changé votre perception de la vie politique, est-ce que ça a changé votre perception à l’égard de vos collègues? Est-ce que l’ambiance était difficile après… De devoir affronter des députés qui ne vous avaient pas nécessairement appuyé, est-ce que c’était quelque chose qui était éprouvant pour vous?

M. Bachand : Non. Les collègues ont été exceptionnels. Vous savez, quand Pierre Moreau puis moi, on était au caucus tous les deux puis on parlait aux collègues, on leur disait : Regardez, là… parce qu’ils étaient bien nerveux, bien angoissés l’automne dernier puis au début de l’hiver. On a dit : On sait que vous avez un choix à faire. Alors, les gens ont fait des choix partagés. C’est clair, tu souhaites que tout le monde soit de ton bord, mais tu sais que ça ne sera pas le cas. Mais c’est clair, dépendant d’où tu es dans ta carrière et de l’âge que tu as, à 65 ans, pour ceux qui… Ça fait deux fois que je parle de mon âge, je vais arrêter, mon père est mort à 92 ans, mais qu’effectivement ça change aussi la perception par rapport à ce que vous devez faire dans la vie. Parce qu’au fond ça te réinterroge, c’est des étapes qui te font te réinterroger : O.K. Qu’est-ce que je fais avec le reste de ma carrière active?

M. Gagné (Louis) : Et là vous avez dit à plusieurs reprises que vous resteriez jusqu’aux prochaines élections…

M. Bachand : Non, non. Je reste jusqu’à… je vais partir avant la reprise des travaux parlementaires.

M. Gagné (Louis) : Oui, c’est ça, mais auparavant vous aviez dit que vous compléteriez votre mandat. Comme vous partez avant la fin, allez-vous renoncer à votre allocation de transition, ce qu’on appelle la prime de départ, qui est permise, là, aux députés, même s’ils quittent de façon volontaire?

M. Bachand : Non. Écoutez, cette allocation de transition là est une allocation, premièrement, que… il faut que les gens soient honnêtes, tous les députés la touchent, hein, tous les députés la touchent au moment où ils quittent. Ça fait partie… quand on décide d’aller dans la vie politique, surtout d’où je venais, il y a des conditions financières. Ça fait partie des conditions financières, puis moi, je vous dirais que c’est un peu comme un salaire différé. Dans mon cas, là, huit ans, c’est comme 12,5 % par année qui est mis de côté pour le moment où vous allez quitter. Comparez la rémunération des députés du Québec avec celle d’Ottawa.

Maintenant, il y a un comité de sages qui a été mis sur pied, qui va réévaluer la question de l’ensemble de la rémunération des députés, puis, s’il recommande de toucher à l’allocation de transition pour l’avenir, je présume qu’ils vont aussi changer les conditions de travail. Ça fait partie des… Je suis sûr que vous ne suggéreriez pas qu’il y ait des choses rétroactives qui existent. Et je vous soulignerais que, dans mon cas, ayant été ministre, il y a des restrictions importantes sur ce que j’ai le droit de faire pendant les 12 prochains mois. Au fond, c’est deux ans. Il me reste 13 mois, depuis que j’ai été… je ne suis plus ministre des Finances, et ça fait des restrictions importantes dans les choix qui me sont offerts dans la société.

M. Gagné (Louis) : Même si vous auriez droit de toucher une allocation de retraite en même temps?

M. Bachand : Oui, mais ça, je pense que la partie… pour les années que j’ai été ici, parce que c’est pour quelques années que j’ai été ici, ça fait partie de notre rémunération. Changer les règles du jeu pour l’avenir, c’est parfait, mais je n’ai pas l’intention de renoncer à ça.

Le Modérateur : Martin Ouellet, Presse canadienne.

M. Ouellet (Martin) : Oui, un petit peu sur le même thème. Vous avez quand même une pension que vous allez accumuler avec votre allocation de transition. Trouvez-vous qu’au point de vue, par exemple, de l’image, au point de vue de… beaucoup de gens s’interrogent sur la pertinence de ces allocations-là, surtout lorsqu’elles sont cumulées avec des pensions. Est-ce que vous êtes à l’aise avec ça?

M. Bachand : Moi, je suis très à l’aise, oui, avec les choix que j’ai faits. Je n’ai jamais… Vous ne m’avez jamais entendu parler de la rémunération des députés pendant huit ans, considérablement moindre que ce que j’avais avant. Mais ça, c’est un choix que j’ai fait, je l’assume. Mais, dans ces caractéristiques et les conditions qui m’étaient offertes, il y avait cette allocation de transition, puis, pour le nombre d’années que j’étais là, quelques années pour le fonds de retraite. Alors, rétroactivement, qu’il y ait un débat aujourd’hui, c’est une chose. Tous les chefs du Parti québécois ont touché, tous ont touché cette allocation de transition en cours de mandat, parce que je pense… François Legault aussi, Nicole Léger. Ça fait partie, depuis 30 ans, des conditions de travail des députés. Changeons les conditions de travail des députés pour l’avenir si vous voulez bien, mais pas rétroactivement.

M. Ouellet (Martin) : Une autre question. Quelle est la suite des choses pour vous? Vous dites que votre carrière n’est pas finie, il vous reste encore de belles années, vous êtes en pleine forme. Est-ce qu’il y a quelque chose, là, qui s’annonce pour vous, là, dans les prochaines semaines ou vous quittez pour un emploi? Qu’est-ce qui se passe, là?

M. Bachand : Merci de la question. Non, je n’ai rien. Je n’ai pas d’offre, je n’ai absolument rien devant moi immédiatement. J’espère faire une carrière, probablement dans le conseil, certains conseils d’administration — saison des conseils d’administration, en passant, qui est plus en mars, mais les décisions se prennent à l’automne — conseil auprès d’entreprises du Québec. J’ai passé ma vie, moi, chez Metro Richelieu, au Fonds de solidarité, chez Secor, à conseiller des entreprises. Peut-être que je serai assis dans… soit chez nous, soit dans une société d’avocats, de comptables, je ne sais pas, pour conseiller les entreprises, les organisations du Québec, mais c’est des choses auxquelles je vais… mais je n’ai pas, devant moi, aucune offre.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Bonjour, M. Bachand. Vous l’avez dit, vous avez encore quand même des belles années devant vous, de vie active. Ma question, c’est : Compte tenu que le Parti libéral est actuellement en tête dans les sondages puis, si des élections avaient eu lieu, par exemple, à la mi-août, on avait un sondage, il serait porté au pouvoir, qu’est-ce qui fait en sorte que, dans le contexte d’un gouvernement minoritaire, où des élections peuvent avoir lieu d’ici quelques mois, vous décidez de ne pas livrer cette bataille-là, alors que vous pourriez retourner au sein d’un gouvernement?

M. Bachand : C’est une bonne question, Tommy, mais ça fait huit ans que je fais ce métier-là. Moi, je ne suis pas un politicien de carrière. J’ai été dans le secteur privé et, comme je vous dis, ça fait huit ans que je fais ce métier-là, et je sens le besoin de changer. C’est un métier passionnant, mais c’est un métier 80 heures par semaine, sept jours-semaine, qui ne laisse aucun répit, aucun temps pour un grand-papa de s’occuper de sa petite-fille, aucun temps pour à peu près rien d’autre. J’ai aimé ça, je l’ai choisi, mais je n’envisageais pas, dans ma réflexion de cet été, puis maintenant j’en arrive à la conclusion de ma réflexion, de faire ça pour un autre quatre ans comme métier. Et, tant qu’à faire ça, bien, quand tu prends cette décision-là, bien, ça veut dire que tu as décidé tout de suite aussi.

M. Chouinard (Tommy) : Est-ce qu’il y a des divergences d’opinions, par exemple sur la vision économique que doit, donc, porter le Parti libéral du Québec, avec M. Couillard? Est-ce que… Par exemple, on sent la tangente augmentons les taxes à la consommation, mais réduisons la part qu’on va chercher dans l’impôt sur le revenu. Est-ce qu’il y a des différences philosophiques, comme on l’a vu d’ailleurs pendant la course à la direction, qui font en sorte que vous amenez… vous arrivez à la conclusion qu’il vaut peut-être mieux quitter en ce moment?

M. Bachand : Non. Depuis la course au leadership, j’ai eu plusieurs rencontres avec Philippe. On s’est vus, on a une bonne relation. D’ailleurs, il m’a demandé de présider samedi matin, c’est moi qui présidais la grande séance d’ouverture du Forum des idées. D’ailleurs, cette idée qui a été exprimée, c’est une idée avec laquelle on a déjà commencé… parce que je vous rappelle que, le gouvernement libéral, on a augmenté la taxe de vente pour prendre l’espace que M. Harper nous laissait, baisser les impôts. Alors, c’est une tendance européenne et mondiale un peu. C’est compliqué, ça mérite réflexion, c’est une belle idée de la fin de semaine, mais ce n’est pas… il n’y a pas de divergence entre Philippe et moi.

Le Modérateur :Simon Boivin, Le Soleil.


M. Boivin (Simon) : Bonjour, M. Bachand. Au-delà de la question de la prime, il y a aussi la question de l’élection complémentaire que votre démission va entraîner nécessairement, avec les coûts de 600 000 $ à 700 000 $ que ça implique. Est-ce qu’il n’y a pas… de toutes les raisons que vous donnez pour votre démission aujourd’hui, il n’y en a, il me semble, aucune que vous ne connaissiez pas préalablement à la sollicitation du mandat que vous avez obtenu. Est-ce que vous n’avez pas quand même un léger malaise à quitter en plein cours de mandat?

M. Bachand : On est 125, on a une seule vie. Moi, je n’ai… par rapport à mes électeurs d’Outremont, là, quatre élections que j’ai faites, j’ai rempli… puis, dans mon bilan, je n’ai pas mis volontairement des éléments du comté, mais il y en a de nombreux. Je pense, j’ai rempli ce que j’ai à dire. Non, je n’ai pas de malaise.

Je vous ai bien expliqué, bien simplement, là, pourquoi je m’étais représenté, parce qu’il y avait une tâche à continuer. Je pense, les électeurs du Québec ont décidé autrement. Il y a eu une course au leadership, les militants ont décidé autrement. Dans notre vie, on a aussi le droit de faire des choix en tenant compte de tout ça. Puis il n’y aura peut-être pas de partielles avant les élections générales, parce que moi, je vais quitter avant la reprise de la session, je ne pense pas qu’il y ait des partielles en octobre, pendant les élections municipales. C’est la première ministre, elle décidera bien ce qu’elle voudra, ce qui mènerait en décembre, possiblement, ou sinon la mi-mars, bien, le budget aura eu lieu.

Alors, ce n’est pas… à un moment donné, il y a des considérations aussi, on est des êtres humains avec notre vie, notre carrière, et on a des choix à faire. Puis il y en a qui seront… J’ai appris une chose dans la vie politique. Quand tu es dans la vie professionnelle, communautaire, tu t’impliques dans tout, 90 % des gens t’appuient, t’applaudissent même quand ils ne seront pas d’accord avec ce que tu fais. Quand tu rentres en politique, jour un, 60 % des gens sont contre toi. Si tu en as 40 % pour toi, c’est bon. Alors, je ne m’attends pas à avoir l’unanimité derrière ma décision. J’espère qu’il y en a quelques-uns, dans les Québécois qui écoutent, qui diront : Merci pour ces huit ans.

M. Boivin (Simon) : Puis ces huit ans là n’ont pas nécessairement été non plus faciles dans le contexte politique, les allégations, l’industrie de la construction. En Chambre, ce n’était pas toujours facile. Est-ce que vous avez été déçu, en somme, par la politique?

M. Bachand : Non. Je n’ai pas été surpris. C’est un… c’est rare que, dans la vie, tu as une chance d’influencer l’avenir de ton peuple en mettant tes compétences… avec les plus et les moins, là, puis on a des différences idéologiques, mais au meilleur de mes talents, de ma connaissance. C’est un grand privilège, je suis heureux d’avoir été… La vie politique a changé dans les trois dernières années, je pense, oui, et ce que je souhaite aux Québécois, c’est… On a une société fantastique, formidable, vous allez avoir le respect des opinions, les uns des autres. Je reprenais le discours que j’ai fait quand je suis entré, qu’il faut avoir le sens du débat, mais on pourrait le faire avec parfois plus de respect que ce qui existe depuis deux, trois, quatre ans, depuis… Puis ce qu’on lit… évidemment, tout le monde a accès maintenant à une tribune publique. Là, je ne parle pas de vous, les journalistes, vous êtes toujours très respectueux, mais je parle de tout ce qu’on entend. Il y a un changement nord-américain et mondial, d’ailleurs, par rapport à la vie publique.

Le Modérateur : Michel Pépin, Radio-Canada.

M. Bachand : Bonjour, Michel.

M. Pépin (Michel) : Bonjour, M. Bachand. Je veux revenir sur certains événements qui ont pimenté votre carrière. Un assez important, la question des universités, hein, ça ne s’est pas réglé comme vous le souhaitiez, comme vous souhaitiez influencer la société québécoise. Donc, ça a pris un tout autre… Bon, on est revenus à une sorte… bon, pas le statu quo, là, mais une indexation assez proche du statu quo.

M. Bachand : Le statu quo, oui, oui, oui.

M. Pépin (Michel) : L’impact de… Maintenant, là, après plusieurs mois, là, comment vous voyez ça, l’impact de tout ce qui s’est passé, du résultat après quelques mois?

M. Bachand : Bien, dans mes mémoires, je vous livrerai une réflexion profonde sur tout ce que j’ai fait depuis huit ans. Ça a été une période… Moi, je pense qu’il faut qu’on finance nos universités. C’est un volet important de l’avenir du Québec, puis d’autre part… mais dans tous les secteurs de la société, je pense que, dans ce débat, cette société qu’on veut protéger, le niveau d’impôt a atteint ses limites. On ne peut pas mettre d’autres choses sur la carte de crédit pour la prochaine génération. Donc il faut faire des choix puis, quand on veut en ajouter, il faudrait dire : Bien, on va en avoir un peu moins sur d’autres choses. Ce sens-là et ce sens du partage que quelqu’un qui veut un service — puis là je parle de tous les domaines, je parle de transport en commun, je parle de partout — accepte de payer ce que j’ai longtemps appelé sa juste part, c’est un débat qui sera continu dans notre société.

Bien sûr que j’ai déjà fait mon…  Dans la crise étudiante, j’aurais… je pense qu’on aurait dû… je ne sais pas, moi, je pense qu’on aurait dû négocier sur la place publique. On aurait dû négocier dans une salle où tous les médias sont là et discuter publiquement. L’information aurait été plus transparente. Je l’ai dit pendant la course au leadership, d’ailleurs. Ça n’aurait peut-être rien changé, peut-être que ça aurait changé des perceptions aussi. Mais ça, on apprend de générations en générations.

Le Modérateur : …

M. Pépin (Michel) : Oui, je m’excuse, je vais poursuivre. Et là vous invitez à regarder l’avenir que vous influencerez probablement moins, en principe, et notamment sur le choix en matière de finances publiques. On a beaucoup entendu, entre autres en fin de semaine, là, où vous étiez, et où j’étais également… bon, les risques de l’austérité, et même on entend ça un peu au gouvernement, on veut que la priorité soit l’emploi, l’effet de l’austérité sur l’emploi, qu’est-ce qu’on va faire avec les surplus. Là, ce qui est prévu — et c’était pas mal la même chose avec vous, hein — tout surplus devait aller à la dette. Et même M. Couillard, là, en fin de semaine, a commencé à dire : On a entendu des choses qui ne nous invitaient pas à aller dans ce sens-là. Il dit : Ça mérite réflexion.

Vous, comment vous voyez ça, là, cette question de l’austérité et l’importance de la croissance et l’utilisation des surplus? Je sais que c’est un «up», mais…

M. Bachand : Non, c’est simple. L’austérité, là, ce n’est pas une fin en soi, c’est tenant compte du niveau d’endettement du Québec, tenant compte du niveau de taxation du Québec. Il faut qu’on revienne à l’équilibre budgétaire. Mais ça n’a jamais été une religion pour nous. Quand la crise économique est venue, on n’a pas fait ce que d’autres gouvernements font aujourd’hui dans le monde. Quand la crise économique est venue, c’est comme je l’ai souvent dit, si tu perds son emploi, tu vas à la caisse populaire, tu empruntes parce que tu fais vivre ta famille. C’est ce qu’on a fait avec le programme Renfort, on n’a pas coupé les dépenses publiques à ce moment-là, on a protégé les services sociaux. Une fois que l’économie revient, bien là, il faut que tu rembourses ta dette.

Alors, il faut revenir à l’équilibre budgétaire, mais en protégeant les services publics puis en soutenant le développement économique. Il faut investir dans nos infrastructures. On le voit à toutes les semaines au Québec. Ce matin, là, c’est le boulevard Métropolitain. Mais il faut contrôler la dette, d’où le dégel du bloc patrimonial d’électricité. Et, oui, les surplus du Québec doivent être mis — parce que, dans la trame budgétaire, il y a des surplus de quelques milliards — doivent être mis à la dette. D’ailleurs, Nicolas Marceau et moi avons la même cible de dette pour le Québec pour l’année 2025. Alors, il y a… Et ça, quand on regarde le nombre, ça, ça fait partie du legs qu’il faut qu’on laisse à l’autre génération, à la prochaine génération.

Le Modérateur : Gilbert Lavoie, Le Soleil.

M. Lavoie (Gilbert) : Bonjour, M. Bachand. Étant de la même cuvée que vous, 1948, j’imagine, je vais me faire plaisir et vous rappeler que, comme ministre des Finances, vous avez adopté des mesures nous incitant à demeurer plus longtemps sur le marché du travail. Vous quittez à ce moment-ci, alors que, comme vous n’avez pas d’emploi qui vous attend demain matin, vous auriez pu rester avec nous jusqu’au mois d’octobre, novembre, décembre, là, en préparation du prochain budget et nous éviter, en même temps, des élections complémentaires. Vous ne trouvez pas que ça aurait du sens, quelques mois de plus?

M. Bachand : Ce n’est pas à un moment donné… tu sais, c’est Pauline Marois, quand elle a dit, là : Le cœur n’y est plus… c’est à un moment donné aussi dans ma vie, avec les huit dernières années, avec les élections, la course au leadership et la réflexion sur qu’est-ce que je veux faire dans ma vie. Il y a une partie personnelle, j’ai le droit à ma partie personnelle et je regarde justement les prochaines années.

Ceci étant dit, l’espace qu’il me reste pour être très actif, utile, siéger à des conseils d’administration est un espace qui se rétrécit dans le temps, pour moi, actuellement, oui, qui se rétrécit. Il y a des règles de 70 ans sur les conseils d’administration, etc. Alors, ça fait partie de la réflexion et, oui… parce que vous me poseriez la même… si je restais jusqu’en décembre, vous me poseriez la même question, est-ce… parce qu’au mois de mars il n’y aura peut-être pas d’élection générale. Peut-être qu’il y en aura, mais il y en aura peut-être pas, puis on s’en va à l’automne. Donc, à un moment donné, il faut, dans la vie… Ce n’est jamais facile, cette décision-là. Ce n’est pas facile. Personnellement, c’est angoissant. On quitte du monde qu’on aime. Je m’en vais dans l’inconnu, au fond, en un sens. Mais il faut que tu décides dans ta vie : Non, c’est le temps de prendre ce virage-là.

M. Lavoie (Gilbert) : Dernière question. Est-ce que vous… À la lumière de votre connaissance du budget, est-ce que vous croyez qu’on va rater l’objectif du déficit zéro dans le prochain budget?

M. Bachand : Ah! Vous voulez que je fasse un commentaire partisan aujourd’hui.

M. Lavoie (Gilbert) : Essayez de ne pas être trop partisan, mais, quand même, vous connaissez la situation budgétaire.

M. Bachand : Je pense qu’il y a un problème majeur de revenus au Québec. Les dépenses semblent être sous contrôle mais brutalement sous contrôle. L’austérité est une religion, mais... pour eux. Mais les revenus, de leurs propres chiffres, de Nicolas Marceau... Quand il dit qu’au 31 mars... quand il dit : Au mois de juin, il y a 800 millions de moins de revenus au 31 mars que ce qu’il nous disait au 15 mars pour l’année dernière… puis on sait que ça se poursuit. On regarde les ventes au détail au Canada et au Québec, on regarde ça, je pense qu’il y a un enjeu de revenus important.

Maintenant, c’est pour ça qu’il y a deux semaines, j’ai dit : Ce sont de nouvelles données, l’emploi, les revenus. M. Marceau devrait faire une mise à jour, pas à la fin novembre mais devrait le faire rapidement.

Le Modérateur : Une avant-dernière en français. Martin Ouellet.

M. Bachand : Il est revenu? C’était... Je pensais qu’il n’avait pas le droit à une troisième. O.K.

M. Ouellet (Martin) : Mais j’ai changé de micro.

M. Bachand : Tu as changé de micro.

M. Ouellet (Martin) : Ça recommence à zéro dans ce temps-là.

M. Bachand : Micro de gauche.

M. Ouellet (Martin) : M. Bachand, juste bien comprendre, vous partez maintenant, vous dites que c’est le temps de passer à autre chose. Les prochaines élections, ce n’est pas dans des années, là, c’est dans quelques mois seulement. Alors, je voudrais juste...

M. Bachand : Vous pensez?

M. Ouellet (Martin) : On peut imaginer, hein? La durée de vie des gouvernements minoritaires n’est pas très longue généralement. Alors, le coeur n’y était plus? Vous n’avez plus de motivation pour la chose politique? Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui, là, à quelques mois d’un prochain scrutin, vous décideez de partir?

M. Bachand : Premièrement, c’est vous qui... Je ne sais pas si vous avez pris un pool et combien d’argent vous mettez, que le prochain scrutin est dans quelques mois. On pourrait participer au pool. Parce que, pour qu’il y ait un scrutin, c’est ou bien Mme Marois qui le déclenche ou bien la CAQ qui vote pour défaire le gouvernement, à 20 % dans les sondages. Ça me surprendrait. Alors, le prochain scrutin... Vous voyez l’espace, d’ailleurs, que François Legault se donne en disant : Non, non, on s’en va au budget au printemps. Le budget au printemps, s’il est encore à 19 % dans les sondages... On verra. Comme il dit souvent : On verra.

Alors, c’est quelque chose qu’on ne peut pas... Je pense que la conjoncture politique change suffisamment rapidement, que c’est quelque chose qu’on ne peut pas dire quand aura lieu la prochaine élection. Je ne peux pas bâtir aussi la prochaine étape de ma vie sur des commentaires journalistiques sur la date de la prochaine élection, hein? En tout respect, là.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Bachand : Bonjour, Alain.

M. Laforest (Alain) : M. Bachand, M. Legault a dit ce matin que l’équipe économique de Philippe Couillard s’était affaiblie avec votre départ. Vous en dites quoi?

M. Bachand : C’est à la fois un compliment, évidemment, pour moi — je le prends, je le remercie — mais il y a, dans le caucus... Je vous dirais deux choses. Il y a, dans le caucus, des gens qui ont des talents assez exceptionnels au niveau économique, expérience des affaires : Pierre Arcand, Nicole Ménard, Sam Hamad, André Drolet, Danielle St-Amand, et, du côté économique, même Lise Thériault avait une entreprise, elle, avant. Puis là j’ai pris des noms, je ne veux pas en oublier.

Et, deuxièmement, ils sous-estiment la formidable capacité des libéraux de recruter dans son équipe économique. Moi, je suis venu, mais il y a eu Monique Jérôme-Forget, il y a eu Clément Gignac, il y a eu Michel Audet. Alors, dans le courant, puis là je ne remonte pas 40 ans, au courant de l’histoire, oui, l’équipe libérale de Philippe Couillard, je suis sûr, saura, non seulement avec l’équipe actuelle, mais ajouter, pour la prochaine élection générale, des talents économiques importants.

M. Laforest (Alain) : Avez-vous un regret?

M. Bachand : Ne pas avoir passé de temps… assez de temps avec ma famille.

Journaliste : …M. Bachand.

M. Bachand : Merci beaucoup.

Le Modérateur : En anglais. Max Harrold, CTV

M. Harrold (Max) : How are you doing, Sir? I’d like you to tell me, if you could, a high point and a low point of your political career, your eight years here.

M. Bachand : I’m trying to think what I’m going to answer for the low point. A high point of my political career, I would say, is the tremendous privilege I’ve had to be in a position of influence, most in economic development and in finance, to participate in structuring this economy, and that’s why I mentioned, for example, the Alcan Continuity Convention. This is unique in the world how you protect, basically, that. I would say also what we did during the recession, and that was taken from my experience and so… from 20 years before. And a $1.5 billion plan which protected tens and tens of thousands of jobs, that was fascinating. The $2.2 million negotiating and discussion with Mr. Flaherty and Mr. Harper and finally coming up to an agreement which was fair but who certainly… that’s also a high point. And I’ll surprise you but «les heures d’ouverture des magasins d’alimentation» to the Quebeckers that were blocked every Saturday and Sunday in a line, by hundreds, in food stores. And that was… I had to do closure on that because François Legault opposed that, but that’s serving the citizen and that was always my passion also.

M. Harrold (Max) : A low point? Was that a low point?

M. Bachand : No, that’s a high point. Yes, every time I was with the civil servants and they came with a measure, my question was always: What seems nice intellectually, what impact does it have for the citizen, or the entrepreneur, or the trade union over that?

A low point, I don’t know because I’m an optimist in life and I always pick up… There were difficult periods, of course. You know, when you try to do a budget and you have billions of deficits and requests, it’s a difficult job to do. But that’s more a challenge than a low point. I’ll not write that in my memoirs.

M. Harrold (Max) : But it’s been a tumultuous year, but you knew that, going into the last election, before Jean Charest quit. What is the rational that you want people to hear about how you can quit your seat less than one year after winning it with all… what that entails?

M. Bachand : That’s what I try to say. First, why did I run last year? I ran last year because I was in the middle of bringing back Québec. I wanted to do two more budgets. I presumed we would be elected, but minority Government, two more budgets, coming back to a balanced budget and then starting building surpluses, because my budgets were going up to three billions surpluses, to pay down our debt. So that was my challenge and helping my Premier. The electors decided otherwise.

And then, there was the leadership race. The leadership race is a fascinating experience. It’s a privilege, you know, to have a chance to become the leader of you party and Premier of the province. The militants choose otherwise, but, if you go through a leadership race, of course, after these two events, you ask yourself what are you going to do with the next phase of your life. And then the third even is I had real vacations this summer for the first time in my life, vacations without files, vacations with just your family, your wife, your friends, your kids. And that, probably, was also a turning point at saying : Hey, hey, hey, Raymond! A friend of mine… and I though I do that… brought a measuring tape at home and started at one and going up to 75, as these years, let’s say, you could work and say : Raymond, you know were you are? You are here. What are going to do with the rest of your life?

Journaliste : The Charbonneau commission last year and in the spring painted a picture of corruption, you know, in municipal politics. We know it’s going to start again in the fall, shortly, in September. Was that any part of your decision, the fact that politicians were painted as less than honest?

M. Bachand : No. In general, when there are major challenges, I stay, you know. I ran in the last election for the reasons I said and also because of the interest and things like that. I don’t run away from a fight.

And I think it’s very important for Quebeckers to regain trust in the public office. We have to rebuild our society. I am as scandalized as you are from what I hear at the commission, but it’s not a factor in my decision.

Journaliste : The question that was also asked in French on your decision to leave now… you have a lot of personal reasons, but, I mean, there may be an election not too far in the future. You are an important part of the Liberal Government with all of you experience. M. Legault says basically you’ve amputated this party now because of all your financial and your economic experience. What do you answer to that?

M. Bachand : Oh! I thank Mr Legault for his generous comments on my behalf, but there are a lot of great players on the economic team of the Liberal Party today, like Pierre Arcand, Nicole Ménard, and Sam Hamad, and André Drolet… a lot of experience, and Danielle St-Amand, even Lise Thériault comes from the business world. And this party always has the capacity to renew and get real good people. I don’t want to say too much because I’m in there, but Monique Jérôme-Forget, and Michel Audet, and Clément Gignac… so I’m sure Philippe Couillard will be able to attract some people.

And also, as for the timing, I think this is the best timing also, before the session starts again, for Philippe Couillard and for the party to continue his renewal of the party, and not the day before an election, Raymond Bachand leaves and then… so I think I’m helping the party now.

Mme Montgomery (Angelica) : Yes. Why accept the severance bonus if you’ll also be able to collect a pension?

M. Bachand : Because the severance bonus is part… you say a severance bonus, it’s an «allocation de transition», it’s an allocation for the… which is part of our salary, part of our conditions. In my case, it’s the equivalent of 12.5% every year, you know, that would have been put aside for the day you leave and the uncertainty of what happens to you when the day you leave. Now, when you compare our salaries plus that 12.5% — because I’ve been eight years, it’s not the same percentage depending on the number of years — with what’s being paid at the Federal Government, at other levels, there are quantum differences. So that’s part of the conditions.

When I decided to take that job, I never said a word about the salary, but that was part of the conditions. Surely, you would not want to suggest to amputate that retroactively. Now there’s a committee of wise people and totally independent — former Supreme Court justice, former appeals court justice, secretary of the National Assembly — which are looking at everything. But I predict that, if they touch that for the future, they are also going to reorganize the rest. This is part of the conditions and, you know, it’s kind of a contract, which is… all leaders of the Parti québécois, all leaders of the Parti québécois have touched that in the past, have left during the mandate, François Legault did the same thing, a lot of… it happens, it goes with the liberty of the 125 people that are members of Parliament.

Mme Montgomery (Angelica) : And your announcement comes right after Philippe Couillard started talking about tax reform in Québec. I’ve heard suggestions that you don’t agree with the direction M. Couillard would like to bring to this province. Is this resignation? Does it have anything to do with that?

M. Bachand : Absolutely nothing to do with that. The timing of my leave was discussed with Philippe, because, of course, I’ve been talking to him, we have a quite open relationship. He didn’t want me to leave before the «Forum des idées», he even asked me to preside the opening session before the… notre congrès jeune and before the session, because I put my limit. It was the timing and then… So, before the caucus, it would enable him to regroup the forces after that. So it has nothing to do. It’s just… I would have left maybe… I would have left that early, August maybe. Merci. Merci beaucoup.

(Fin à 14 h 7)

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