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Point de presse de M. Stéphane Bédard, chef de l'opposition officielle

Version finale

Le jeudi 30 avril 2015, 11 h 12

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures douze minutes)

M. Bédard : Alors, bien, aujourd'hui, on a une dérive, et j'appellerais ça la grande renonciation, là. C'est la première fois de l'histoire moderne du Québec qu'un premier ministre renonce à sa responsabilité première d'être le porte-parole du peuple québécois, de la société québécoise, dans un cas particulier, que vous avez vu, qui concerne des emplois directs au Québec, des mesures fédérales qui vont toucher le Québec.

Et ce qu'on a compris, bon, une première chose, c'est que le premier ministre, malgré qu'il est au courant de cette mesure depuis un an, le premier ministre et sa ministre n'ont pas eu aucun contact direct avec leurs homologues à Ottawa, ce qui est assez incroyable en soi. Mais on va plus loin, on nous dit même que, maintenant, c'est la responsabilité des députés fédéraux de faire des représentations auprès du gouvernement et que le premier ministre lui-même n'a plus cette responsabilité. Moi, je n'avais jamais vu ça. C'est comme si, à l'époque du rapatriement de la Constitution, en 1981, M. Claude Ryan aurait dit : Écoutez, les députés fédéraux ont voté pour le rapatriement, moi, c'est une question qui ne me regarde pas.

Je ne sais pas à quel point on peut se rendre compte que c'est un recul historique du Québec, mais en même temps c'est que ça a des conséquences. Là, dans ce cas-ci, c'est qu'on va avoir des conséquences sur les pertes d'emploi au Québec, littéralement, pour les entreprises. Il y a un consensus, le gouvernement n'a rien fait, puis on se présente en conférence de presse avec des faces d'enterrement parce qu'on a une pression des chambres de commerce pour sortir, mais, dans les faits, on ne fait rien que des conférences de presse, là. Les gens, ils sont venus tantôt, là, devant votre face, venir dire : Eh, qu'on n'est pas contents!, et ils n'ont fait aucune démarche. C'est assez incroyable. Moi, ça me dépasse. C'est la première que je vois ça.

Puis, quand il l'a dit… Alors, ça veut dire que… Dans les armes à feu, je lui avais dit : On est prêts, nous, à aller à Ottawa avec vous. Il refuse de le faire parce qu'il pense sincèrement que c'est une compétence fédérale. Le péage du pont Champlain, on comprend maintenant que pourquoi il est écrasé, là, c'est la renonciation. On comprend aussi que, dans les transferts en santé, on ne fait plus de représentations, c'est une compétence fédérale. Et évidemment l'itinérance, encore là, on voit que c'est lui… ça a été dicté d'en haut, c'est l'argent du fédéral, ce n'est pas l'argent des Québécois, évidemment, qu'on envoie, donc on s'écrase, on renonce.

Donc, au-delà de la déception, c'est que ce refus d'agir a des conséquences pour les Québécois. Et l'autre exemple qu'on a vu, je lui ai parlé, évidemment, des mesures fédérales sur les FERR que le fédéral a annoncées sans la demande du Québec. On a la confirmation du ministère des Finances qu'on évalue à 100 millions de dollars l'impact sur les finances publiques du Québec. Ça veut dire que, l'an prochain, j'annonce aux Québécois qu'ils ont 100 millions de plus de compressions en éducation et en santé parce que le fédéral a décidé une mesure unilatérale qui n'était pas à la demande du Québec puis qui avantage quelques citoyens. C'est une renonciation totale.

Donc, moi, ce que je demande aux Québécois puis aux gens, c'est de réveiller le premier ministre, de dire : Quand il a accepté le poste de premier ministre, c'était parce qu'il voulait être le porte-parole de tous les Québécois et pas simplement d'un gouvernement purement provincial. C'est la responsabilité historique du Québec, d'un premier ministre, et malheureusement il y renonce aujourd'hui de façon claire. Et je peux au moins lui donner ça, c'est que ça a été clair et limpide, il a dit : Appelez votre député fédéral maintenant pour ces questions-là, même si elles ont un impact sur tous les Québécois et le gouvernement du Québec. Voilà.

Merci, tout le monde. Questions?

(Fin à 11 h 15)

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