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Point de presse de M. Jean-Pierre Charbonneau, député de Borduas

Version finale

Le lundi 20 mars 2006, 13 h 54

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures cinquante-quatre minutes)

M. Charbonneau: Bien, oui, j'étais très près d'elle. C'était une amie et puis je l'avais appuyée à la course à la chefferie. Je pense que c'est une grande perte pas juste pour le Parti québécois, mais aussi pour la politique québécoise. C'est une femme d'expérience avec un jugement très, souvent très juste des choses, équilibrée, qui était capable en plus de, comment je pourrais dire, de revoir des points de vue, là. C'était quelqu'un qui n'était pas dogmatique et enfermée dans un carcan. Elle était capable de se faire interpeller par d'autres points de vue puis, à la limite, quand elle le jugeait nécessaire, de corriger le tir, ou de changer son approche, ou de nuancer. Je pense que ça a été, tout au long de sa carrière, une de ses marques de commerce de chercher à être à l'écoute des uns et des autres et essayer de concilier différents points de vue, et je pense que quand on se rappelle le propos qu'elle tenait pendant la course à la chefferie, c'est un peu ce qu'elle disait aussi, c'est ce qu'elle cherchait à faire et à être, et je crois qu'en politique, ce que les gens ont besoin, c'est des gens qui sont capables d'inspirer le respect puis d'être capables de rallier, et c'est un peu ironique qu'elle quitte aujourd'hui, au moment où encore une fois les sondages montrent que les politiciens sont les mal-aimés des professions. Juste en bas de nous autres, c'était les Hells puis les pègreux, mais c'est un peu dramatique, ce jugement-là.

M. Chartrand (Yves): ...M. Charbonneau, que ça affecte l'image du Parti québécois - elle apportait une certaine image, Mme Marois, pour les gens qui préfèrent la modération - une certaine radicalisation?

M. Charbonneau: Bien, je ne sais pas si ça va affecter l'image. Ça, on verra dans la suite, mais c'est évident que c'était, on pourrait dire, un poids lourd dans l'équipe, là. Ce n'est pas une quantité négligeable. Écoutez, c'est un des personnages les plus aguerris de l'équipe parlementaire du Parti québécois. C'est une des femmes qui avaient le plus d'expérience de la gouvernance de l'État québécois, c'est une des femmes qui avaient le plus de réseaux, de contacts dans la société, que ce soit dans le monde des affaires autant que dans les milieux plus sociaux. Alors, c'est évident que quelqu'un qui a 20 ans de vie parlementaire et même plus de vie publique parce qu'elle a été attachée politique, donc elle a gravité dans la gouvernance puis dans les affaires publiques depuis très longtemps, et tout ça fait en sorte que quand quelqu'un de cette trempe-là quitte, bien c'est une perte, là. On ne peut pas penser que ce n'est pas une perte.

Journaliste: Quel sera l'impact sur le PQ?

Des voix: ...

M. Charbonneau: Moi, je ne veux pas gérer le trafic, là. Alors...

M. Deltell (Gérard): M. Charbonneau, c'est quand même curieux de voir que c'est la deuxième femme, en deux semaines, qui quitte, depuis l'arrivée d'André Boisclair.

M. Charbonneau: Bien, écoutez, ça, je ne veux pas porter de jugement sur ça. C'est clair que c'étaient deux femmes qui étaient des amies, qui étaient, disons, dans la même équipe dans la course à la chefferie. Et c'est évident que quand on perd, dans une course à la chefferie, ça donne un coup. Ça donne un coup d'abord à la personne qui est à l'avant-scène puis ça peut donner un coup aussi à des gens qui étaient dans son entourage. Chacun fait son parcours personnel, mais c'était un peu inévitable.

M. Brunet (Claude): M. Charbonneau, quel sera l'impact sur le PQ? Vous parlez du départ d'un poids lourd? Quel sera l'impact, surtout que d'autres personnes pourront suivre, j'imagine, des militants, des membres?

M. Charbonneau: Bien, écoutez, je veux dire, on le verra au fil du temps. Je pense que c'est très difficile de mesurer l'impact de la perte de quelqu'un. Je crois qu'elle le fait aussi dans la dignité, puis j'ai l'impression qu'elle ne le ferait pas avec acrimonie. Alors, dans ce contexte-là l'impact peut être moins grand que si elle avait quitté avec fracas en claquant la porte puis en dénonçant d'autres points de vue que le sien, là, ce n'est pas comme ça qu'elle quitte. Mais néanmoins ça reste que, dans une équipe politique on n'a pas juste besoin de jeunes loups puis de jeunes louves, on avait aussi besoin de vétérans puis de gens qui ont l'expérience, bon, et il y en a d'autres, mais reste que quand quelqu'un encore une fois de cette capacité-là quitte, ça ne passe pas inaperçu, là.

M. Hébert (Michel): Diane Lemieux disait que, selon elle, Mme Marois a été incapable de trouver son espace. Est-ce que... son espace a été ou, je ne sais pas, moi, outrancièrement rapetissé par la venue de M. Boisclair?

M. Charbonneau: Non, écoutez, vous poserez la question à Pauline, elle va être avec vous tantôt, là. Je pense que c'est à elle plus à répondre à ce genre de question là, parce que, moi, je n'irai pas commenter les états d'âme ou... mais c'est clair que quelqu'un qui a vécu deux courses à la chefferie, qui, à deux occasions, dans des contextes différents, a perdu, qui a fait presque tous les ministères importants du gouvernement, qui a été là depuis très longtemps peut avoir le goût à un moment donné de d'autres passions puis de d'autres raisons de vivre que la politique. C'est accaparant, là, je vais vous dire. Il y a des gens qui ne mesurent pas ce que ça veut dire, là. Et je crois que Pauline - pour être proche d'elle - avait besoin de d'autre chose dans sa vie et d'un autre défi qui est... peut-être aussi dans une période, tu sais, non seulement pour panser ses plaies, mais en même temps pour refaire ses forces. C'est vidant, cette vie-là, et c'est encore plus vidant avec ce qu'elle a vécu au cours peut-être des deux dernières années, là.

M. Robitaille (Antoine): M. Charbonneau, sur l'aile social-démocrate? Sur l'aile social-démocrate?

M. Charbonneau: Bien, sur l'aile social-démocrate, je crois qu'il y en a d'autres qui sont des tenants ou des défenseurs de l'approche, disons, social-démocrate, mais en même temps ça reste une des personnes qui animait ce courant-là dans le parti, qui l'incarnait, qui... Mais le Parti québécois, le courant, disons, social-démocrate au sein du PQ n'est pas incarné dans une seule personne même si Pauline était une de celles qui... était un des, peut-être, des porte-étendards les plus importants puis les plus respectés aussi de ce courant de pensée là dans le parti, là.

M. Chouinard (Tommy): M. Charbonneau, allez-vous être des prochaines élections générales?

M. Charbonneau: C'est la journée de Pauline Marois aujourd'hui. Ce n'est pas la mienne. Moi, je soulignerai les 30 ans où j'aurai été élu, la première fois, le 15 novembre prochain, puis on verra plus tard. Ce n'est pas... Je n'ai pas le goût de parler de ça aujourd'hui.

M. Brunet (Claude): ...

M. Charbonneau: Bien, je ne le sais pas, là. Écoutez, chaque... Moi, je ne suis pas un intime de chacun de mes collègues, alors il y en a qui peuvent réfléchir. Je n'ai pas eu de confidences et si j'en avais eues, je ne pense pas que je serais autorisé à vous les communiquer.

M. Duchesne (Pierre): Est-ce que les jeunes loups auraient dû faire plus de place à des gens expérimentés comme Mme Marois, dans leurs comportements, dans le discours? On avait parlé de changement de génération et tout ça.

M. Charbonneau: Je ne sais pas si c'est ça qui... Non, je ne pense pas qu'on puisse dire... je pense que c'est normal que des jeunes loups puis des jeunes louves vous poussent, là, puis veuillent occuper de l'espace. On l'a vu encore récemment dans le comté de Jocelyne Caron, là, où il y a des jeunes, là, qui voudraient, tu sais, bon, renouveler la garde en oubliant peut-être des qualités des vétérans. Mais, au delà de ça, il y a Pauline Marois puis ce qu'elle a vécu. Je crois qu'aujourd'hui au lieu de... tu sais, il n'y a pas juste lieu d'extrapoler pour chercher une symbolique ou des significations au-delà de ce que la personne a vécu depuis tant d'années, ce qu'elle a vécu elle personnellement, ce qu'elle veut vivre, elle, comme personne, comme femme, comme mère de famille, comme compagne de vie. Bon, encore... Moi, je vous le dis: Je la connais bien. On s'est parlé souvent. On est assis côte à côte à l'Assemblée depuis un bon moment, alors je ne pense pas qu'il faille interpréter tout, là, juste dans le sens, disons, de ce que vous dites. Il y a aussi quelque chose qui est profondément relié à un parcours personnel, puis, à un moment donné, il y a des choses qui usent, il y a des choses qui font mal, puis il y a des moments donnés où on a juste le goût, je veux dire, de passer à autre chose, puis de retrouver une nouvelle vitalité ailleurs, dans un autre milieu.

Mme Richer (Jocelyne): Faut-il y voir un désaveu du nouveau chef?

M. Charbonneau: Non, je ne pense pas. Je veux dire: Vous poserez la question à Pauline, mais je veux dire, écoute...

Mme Richer (Jocelyne): Parce qu'elle choisit de ne pas faire équipe avec le nouveau chef.

M. Charbonneau: Oui, mais elle l'a choisi après 20 ans, là. Ce n'est pas une nouvelle venue, là, qui décide, là, parce qu'elle a perdu... On ne parle pas, là, de Belinda Stronach, là. On parle d'une femme, là, qui a 20 ans de vie parlementaire dans l'arène de l'Assemblée nationale plus je ne sais pas combien d'autres dans le sillon de ministres importants comme M. Parizeau, comme Lise Payette. Alors, quelqu'un qui... même quand elle avait quitté, elle avait perdu les élections dans La Peltrie il y a quelques années, qui est restée militante, qui était vice-présidente du parti et tout ça. C'est quelqu'un qui, depuis peut-être une trentaine d'années, est dans la militance presque quotidienne. Alors, à ce moment-là, il faut prendre en considération aussi ce que ça veut dire, pour une personne, d'avoir vécu ça, en tant d'années.

Mme Richer (Jocelyne): Ce n'est pas de nuire à l'image de M. Boisclair comme un chef qui a la difficulté à ressembler, à garder des joueurs majeurs comme elle?

M. Charbonneau: Moi, je pense qu'il faut faire attention aux interprétations comme celles-là, là, parce que encore une fois - puis vous poserez la question à Pauline, on verra ce qu'elle va dire dans quelques instants à l'Assemblée - je crois qu'au-delà de tout ce qu'on pourrait chercher comme interprétation, il y a ce qu'elle a vécu puis ce qu'elle veut vivre comme individu, comme personne. C'est ça qui est mon avis.

Mme Barton (Rosemary): A couple of questions in English quickly, quickly.

M. Charbonneau: Yes. But I want to be in the House because when she start to...

Mme Barton (Rosemary): It's up to you to do it quickly.

M. Charbonneau: O.K.

Mme Barton (Rosemary): How do you feel about the fact that she's leaving after such a long time and all the things she has done?

M. Charbonneau: How do you say... I'm sad and I understand her decision. It's a very tough decision for us and it's a very big loss for our party and our political society.

Mme Barton (Rosemary): What do you think it means for the future of the PQ to lose an experienced woman because you don't have a lot of women with that kind of experience and drive.

M. Charbonneau: It will a big challenge for the future for our party to have some other persons like Mrs Marois to be able to be involved so intensively in the political field.

Mme Barton (Rosemary): Do you think she could have stayed if something more had been done to make her feel like she had a place here?

M. Charbonneau: Ask her this afternoon.

(Fin à 14 h 5)

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