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Point de presse de Mme Diane Lemieux, leader de l'opposition officielle etdéputée de Bourget, et de M. Richard Legendre, député de Blainville

Version finale

Le jeudi 18 mai 2006, 15 h 28

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures vingt-huit minutes)

Mme Lemieux: On tenait à revenir sur la fin de la période de questions, la ministre Théberge semble nous prêter toutes sortes d'intentions. D'abord, je voudrais rappeler qu'il a été indiqué dans un journal que, selon les dires de la directrice de cabinet de Mme Théberge, qu'elle avait subi des représentations pressantes à l'effet d'élargir le territoire d'un bureau coordonnateur. Donc, cette affirmation qu'il y aurait eu des représentations pressantes, on ne l'a pas inventée, elle a été exprimée et n'a jamais été niée. Donc, à partir de là, il est tout à fait légitime que nous posions des questions.
Je vous rappellerai également que nous avons une Loi sur le lobbying, d'ailleurs Mme Théberge a elle-même été liée à une enquête qui avait justement pour effet d'examiner des représentations pressantes dans un autre dossier. Il y a donc une obligation pour les gens qui veulent faire des représentations particulières en dehors de remplir un formulaire et de postuler dans un programme, être inscrit au registre des lobbyistes, alors il est tout à fait légitime que nous demandions de qui proviennent ces représentations pressantes, et à l'évidence la ministre ne répond pas à cette question-là.

Journaliste: (Question inaudible).

Mme Lemieux: Bien, je ne le sais pas, là, j'ai entendu toutes sortes de mots dans le salon bleu, que je ne répéterai pas.

Des voix: ...

Mme Lemieux: Ce n'est pas acceptable. Quand on sait que la ministre a décidé de créer des bureaux coordonnateurs, qu'elle a décidé des critères, que des CPE ou des groupes ont postulé, ont déposé des dossiers, que les règles étaient connues, que les règles d'attribution des bureaux coordonnateurs étaient fondalementalement autour du concept de territoire, qu'il y avait une date limite, qu'un groupe d'experts a consacré ce critère de territoire et qu'après tout cela, la ministre change ce critère de territoire pour un groupe, on a le droit de demander qui et pourquoi.

M. Chouinard (Tommy): ...

Mme Lemieux: Bien, là, écoutez, là, on a le droit de savoir qui et pourquoi.

M. Legendre: Et si je peux rajouter, là...

M. Chouinard (Tommy): C'est des accusations qui vous ont été faites.

Mme Lemieux: Je les ai entendues...

M. Chouinard (Tommy): C'était à mots couverts et...

Mme Lemieux: Oui et je les refuse.

M. Legendre: Et moi, je rajoute que, à une question que j'ai posée, la ministre a dit en Chambre qu'elle se demandait quels étaient les objectifs réels. Et ça, c'est inacceptable comme sous-entendu. Je vous le dis, là, moi, je suis prêt à bien des choses dans la joute politique, mais pas de sous-entendre de quelque manière que ce soit que je poserais des questions à des fins de racisme. Ce n'est pas du tout ça, c'est beaucoup plus simple que ça, le dossier, et je pense que la ministre se trompe. Je pense que la ministre se trompe, parce que c'est simple et la plupart des médias l'ont bien compris, il y a un territoire où il y a eu division en trois districts: A, B et C. Et ce que l'on dit, c'est que maintenant ce n'est plus ça. Après la date limite, le A, B, C est devenu A, B pour libérer un bureau coordonnateur, un des 163, qui a été attribué à l'organisation de Gan unifié et qui est sur l'ensemble du territoire.
Alors, la question que je lui ai posée et je pense qu'elle s'est trompée quand elle dit qu'elle ne reconnaît pas que, sur un territoire donné, il va y avoir un CPE, comme par exemple, le CPE Du Parc et également, il va y avoir un bureau coordonnateur de Gan unifié. Et ça, c'est le seul cas au Québec où on se retrouve dans cette situation-là, ce qui nous fait dire que la ministre a fait exception. Elle n'a qu'à reconnaître qu'elle a fait exception si c'est le cas. Alors, on ne fait que poser ces questions-là qui sont tout à fait légitimes.

M. Chouinard (Tommy): Est-ce que justement c'est une porte de sortie de vous traiter comme ça de racistes?

Mme Lemieux: Oui, c'est une porte de sortie. Parce que si elle voulait, considérant le processus, je le rappelle, elle décide de créer des bureaux coordonnateurs, elle décide que le critère, c'est le territoire, que les gens peuvent postuler, il y a une date limite, son rapport d'expert dit: Oui, le critère principal, c'est le territoire. Si elle avait voulu donner des indications à l'effet qu'elle était ouverte, par exemple, à avoir des bureaux coordonnateurs qui regroupent des CPE qui ont une masse critique plus importante d'enfants d'origines culturelles différentes, elle aurait dû le dire et ouvrir le débat: Est-ce qu'on devrait accorder des bureaux coordonnateurs en fonction de critères ethniques? Parce que... et ce matin s'est posée la question d'un représentant de la communauté musulmane qui dit: Bien, nous aussi on aimerait avoir accès à ça. Alors, là, il n'y en a plus de bureaux coordonnateurs. Alors, si c'était ça son intention, elle avait à mettre ça au jeu dès le départ, puis là, on en aurait débattu des pour et des contres. Elle n'a pas mis ça au jeu, le critère pour tout le monde était le territoire.

M. Legendre: Et d'ailleurs, ça avait été débattu par le groupe de travail qui nommément a dit: Non, ça ne devrait pas se faire un choix sur une base confessionnelle, parce que vu que ce sont des services de garde en milieu familial, donc que ça peut justement s'adresser à des situations très, très particulières parce que c'est juste cinq ou six enfants. Évidemment qu'il y a des services de garde pour la communauté juive, puis c'est tout à fait correct, mais là on parle de bureaux coordonnateurs, là, ce n'est pas la même chose.

M. Larocque (Paul): C'est un sujet qui est extrêmement délicat, là, en soi, à sa face même. Et, quand, à mots couverts - moi, je l'ai entendu en Chambre aussi comme tout le monde, là - on évoque l'antisémitisme sous-jacent à vos questions, qu'est-ce que vous dites?

Mme Lemieux: Je dis que ce gouvernement, ce sera son deuxième incident où il aura mis la communauté juive dans une situation délicate. Moi, je ne pense pas qu'aujourd'hui la communauté juive soit bien, bien contente de ce débat-là. Ce n'est parce qu'on pose des questions, c'est parce que le gouvernement, il n'a pas fait son travail en toute transparence. Si Carole Théberge voulait ouvrir à des bureaux coordonnateurs qui couvriraient des CPE qui ont une plus grande concentration, un plus grand nombre d'enfants d'origine ethnique, elle avait juste à le dire. Alors, c'est eux qui ne sont pas visière levée. Est-ce que vous voulez que je refasse l'histoire des écoles juives? C'est en catimini qu'ils l'ont fait. Puis là ils viennent de le faire en catimini.
Puis, oui, ça met la communauté juive dans une situation délicate, mais c'est à cause du gouvernement qui a mal géré cela. Et on a le droit de poser des questions. Quand c'est écrit dans le journal qu'une directrice de cabinet dit: J'ai reçu des représentations pressantes, quand on a une loi sur le lobbying, et puis des représentations pressantes, ça doit être exercé par des gens inscrits au registre sur le lobbying, on a le droit de demander: Est-ce que la loi a été respectée? De qui venaient ces représentations pressantes? Alors, c'est à eux à porter l'embarras dans lequel ils mettent tout le monde.

M. Legendre: Et, aujourd'hui, juste vous rajouter, aujourd'hui, vous remarquerez, dans la période de questions, c'était une occasion pour la ministre de clarifier les choses. Et mes questions étaient très factuelles. Or, elle n'a pas clarifié les choses et même je pense qu'elle se trompe dans ses réponses parce qu'elle ne reconnaît pas qu'il y a un changement de territoire, alors que c'est noir sur blanc qu'il y en a un.

M. Hébert (Michel): En sortant de la Chambre tantôt, M. Copeman, qui est de confession juive, était furieux contre...

M. Legendre: Bien, nous aussi.

Mme Lemieux: Oui, bien, moi aussi, je suis furieuse. Puis qu'il vienne me voir puis qu'il vienne en parler.

M. Hébert (Michel): Parler de?

Mme Lemieux: Il était furieux de quoi?

M. Hébert (Michel): Bien, du parfum d'antisémitisme qui était derrière ces arguments-là...

Mme Lemieux: Bien, il devrait être furieux... M. Hébert.

M. Hébert (Michel): Il dit que, bon, vous avez peut-être cherché à démoniser le lobby juif qui a permis la création de ce bureau coordonnateur là.

Mme Lemieux: Il devrait être furieux que son gouvernement le mette dans une situation où la communauté juive est embarrassée parce qu'ils travaillent mal, parce qu'ils sont à cachette, parce qu'ils ne sont pas visière levée. C'est de ça dont il devrait être furieux.

M. Delisle (Norman): À un moment donné, vous vous êtes adressée à l'Assemblée, mais le président était debout, on a perdu à peu près le trois-quart de votre discours....

Mme Lemieux: Je ne m'en souviens pas moi-même. Bien, mais c'est un peu ça que j'essayais de dire.

M. Delisle (Norman): Ça avait l'air bien bon.

Mme Lemieux: Bien, c'est un peu ça que j'essayais de dire.

M. Delisle (Norman): Parce que ça vous a attiré les applaudissements de tous vos collègues. On aimerait ça savoir qu'est-ce que vous avez dit.

Mme Lemieux: Oui, mais c'est un peu ça que j'essayais de dire. Je voyais bien la manoeuvre. On pose des questions, et Richard Legendre a tout à fait raison, puis je vais vous dire, c'est vrai que c'est un dossier délicat, mais ce n'est pas vrai qu'on va éviter de parler de ce dossier parce qu'il est délicat, puis on le fait...

M. Hébert (Michel): Parce que j'ai entendu que vous avez dit: Vous mettez le feu. Répondez aux questions.

Mme Lemieux: Bien oui.

M. Hébert (Michel): Qu'est-ce que vous vouliez dire par là?

Mme Lemieux: Mettre le feu. En catimini, ils changent le territoire. C'est le seul exemple au Québec, en catimini. C'est quasiment par hasard qu'on a vu ça. Ils mettent le feu, après ça ils nous accusent de poser des questions. Un instant! Alors, c'est à peu près ça que je disais, c'est un peu ça que je décrivais.
Je vois bien ce qu'il essaie. Jacques Dupuis, il se lève puis il commence à dire que ça fait deux jours qu'on pose des questions. On pose des questions sur le fait que la directrice de cabinet de la ministre a dit: Oui, j'ai eu des représentations pressantes. On a le droit de savoir de qui ça vient et comment ça s'est passé. Il y a déjà une enquête du Commissaire au lobbyisme sur une situation similaire auprès de Carole Théberge. Alors, ce n'est pas vrai qu'ils vont nous mettre dans une dynamique de culpabilité. Un instant!

M. Nadeau (Rémi): Mais donc, pour vous, Mme Théberge, elle a vraiment des choses à cacher plus que... C'est plus que de la maladresse autrement dit, c'est parce qu'elle a vraiment des...

M. Legendre: Bien, elle ne reconnaît pas qu'il y a une exception. Il y en a une exception, et l'exception va à l'encontre du rapport de travail qu'elle avait endossé de façon ferme. Alors, on peut-u avoir au moins une reconnaissance qu'exception il y a et qu'elle nous explique pourquoi est-ce qu'ils ont changé d'idée? Merci.

(Fin à 15 h 38)

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