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Point de presse de M. Jacques Daoust, ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports

Version finale

Le mercredi 3 février 2016, 14 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures cinquante-quatre minutes)

M. Daoust : Alors, bonjour, tout le monde. Écoutez, ce que je veux discuter avec vous, ce que je veux vous exposer aujourd'hui, c'est, dans mes nouveaux dossiers, dans les dossiers au ministère du Transport, le dossier d'Uber.

Alors, Uber, c'est un dossier qui est complexe, qui retient l'attention de beaucoup de monde. Les médias en ont parlé beaucoup au cours de la dernière semaine, et puis on se demande qu'est-ce que le gouvernement va faire avec ça.

Bien, je vous annonce simplement qu'au cours des prochaines semaines on va tenir une commission parlementaire spécifique sur l'industrie du taxi. Commission parlementaire, pourquoi? Parce qu'on est capables de poser des questions, parce qu'on est capables de faire venir à la table les principaux intervenants.

Et ce que j'ai vu dans les médias actuellement, ce qui a été fait et, je pense, très bien fait, c'est qu'on s'entend tous qu'il faut faire quelque chose contre une technologie qui est nouvelle. Et l'objectif, pour nous, il est clair, parce qu'on est confrontés à deux grandes visions. La première, c'est qu'il faut qu'on ait des règles claires parce que les règles actuellement ne le sont pas véritablement; et il faut aussi qu'on vive dans un environnement de travail qui est compétitif. On ne peut pas favoriser un groupe puis ne pas favoriser l'autre. Il faut regarder l'ensemble de tout ça.

Vous savez, c'est des choses qui ont été dites par mon prédécesseur, par M. Poëti. C'est des choses qui ont été dites par le premier ministre. Il faut qu'on passe à l'action et on va le faire. Mais ce logiciel-là, ne nous trompons pas, on l'utilise de façon générique quand on parle d'Uber, comme on parle, quand on parle de papiers-mouchoirs, on parle de kleenex, on parle d'une marque de commerce.

Mais ça va beaucoup plus loin que ça. Actuellement, vous avez une espèce d'Uber de la cuisine. Vous pouvez avoir quelqu'un qui va venir, et vous le pitonnez, qui va venir faire le souper chez vous. Vous pouvez avoir des déneigements. C'est un phénomène nouveau. Moi, ce que j'ai entendu, puis peut-être que mes chiffres ne sont pas corrects, mais, vous savez, une compagnie qui a eu 1,2 milliard de revenus l'an dernier pour 2,9 milliards de dépenses, elle a perdu 1,7 milliard sur 1,2 milliard de revenus puis elle est valorisée à 50 milliards. Il doit y avoir quelque chose dans ça.

Et regardez la génération montante, regardez comment l'utilisation, pour eux, de ces technologies-là est facile. Bien, c'est une révolution à laquelle on assiste et c'est une révolution dans laquelle on n'est pas habitués de travailler, sur laquelle on n'a pas développé d'outils pour se défendre.

Vous savez, je vais vous donner une vieille citation que j'ai toujours bien aimée, quand on passe comme ça dans une étape. Rappelez-vous que Thomas Edison a déjà dit, quand il avait inventé l'ampoule électrique, il dit : Je vais rendre l'éclairage électrique tellement pas cher qu'il va falloir être riche pour s'éclairer à la chandelle. Bien, c'est un petit peu là où on en est actuellement. C'est de dire : Oui, mais est-ce que cette technologie-là, qui révolutionne la façon de faire les choses, n'est pas en train de nous entraîner dans des lieux où on ne veut pas être?

Moi, je lisais ce matin, dans Le Soleil, Annie Morin, puis elle disait : Est-ce que c'est des salariés ou des travailleurs autonomes? C'est une question qui est fort pertinente. Il faudrait peut-être qu'on y réponde à celle-là, parce que, si c'est un employeur, c'est à lui de prélever les impôts sur les salaires dans ça puis de nous les remettre. On n'a pas répondu à cette question-là. Et, si c'est un travailleur autonome, bien, à ce moment-là, lui doit s'en occuper, mais est-ce qu'on lui remet l'information pour le faire? Quand un Uber de ce monde envoie un chèque à quelqu'un puis il décide qu'il le garde ou il ne le garde pas... Annie Morin a parfaitement raison ce matin, quand on pose la question de cette façon-là, il faut que la fiscalité s'applique à tout le monde parce que si la fiscalité... il y a une fiscalité pour Uber puis une fiscalité pour les chauffeurs de taxi, il est sûr qu'on privilégie un groupe. On vit dans une situation inéquitable, et il faut corriger cette situation-là.

Est-ce que... et une des choses qu'on remarque, c'est que, comme on a limité le nombre de taxis au Québec, à peu près 8 500, 8 600, on fait, entre guillemets, une gestion de l'offre. Et cette gestion de l'offre là, est-ce qu'on la remet en question? Parce qu'à partir du moment où il y a un groupe qui doit avoir un permis puis l'autre groupe n'en a pas besoin, on fait quoi? Est-ce qu'on crée deux catégories de chauffeurs de taxi?

On est confrontés à ça, comme je le disais, dans d'autres secteurs. Celui-là, ce qu'il a de particulier, c'est qu'il est réglementé pour les chauffeurs de taxi. Tu dois avoir un permis particulier, tu dois avoir des assurances, tu dois faire inspecter ton auto ou bien tu dois répondre à certains standards. Alors... et il y en a un qui dit : Bien, moi, je ne m'assujettis pas à ça, je ne paie pas d'impôt, je ne paie pas de taxes et je peux m'installer à compétitionner les chauffeurs de taxi existants.

Le meilleur résumé que j'ai vu, puis je m'adresse aux médias, bien sûr, parce que vous êtes un peu les porte-parole de la société dans tout ça, c'est l'article de M. Jean-Robert Sansfaçon dans Le Devoir, je pense, avant-hier, qui a fait un très, très, très bon résumé de la situation, de la problématique à laquelle on est confrontés.

Alors, ce qu'on veut finalement, c'est atteindre trois grands objectifs. Le premier, c'est sécurité des passagers, première chose, sécurité des passagers. Si on est avec des automobiles qui ne sont pas sûres, on met la vie des gens en danger ou... on a un problème. La deuxième chose qui est importante, c'est qu'il faut que ce soit des règles équitables. Tout le monde doit avoir... assujetti à des règles où il y a une saine compétition dans ça, et, en bout de ligne, il faut que ce soit au bénéfice des consommateurs et des utilisateurs.

Alors, moi, je pense que le message doit être sans ambiguïté vis-à-vis des chauffeurs de taxi. C'est qu'on est conscients qu'actuellement ça vient bouleverser le système comme il est là, et ce que je m'attends de la commission parlementaire, c'est que les gens, tous les intervenants qui veulent s'exprimer viennent le faire, qu'ils le disent fort et clair : Ça, je peux vivre avec ça. Je ne pense pas qu'à la fin... parce qu'on part de positions qui sont tellement diamétralement opposées dans plusieurs cas, je ne suis pas persuadé, moi, qu'on va aller chercher un consensus à la fin, mais, au moins, on aura une image commune, et là le gouvernement prendra les décisions qu'il a à prendre et le gouvernement fera les ajustements légaux ou réglementaires qui sont nécessaires. Voilà.

M. Vigneault (Nicolas) : M. Daoust, vous admettez que la situation est vraiment inéquitable, on doit rétablir l'équilibre.

M. Daoust : Écoutez, la situation actuelle, on s'entend tous... puis écoutez, même si je vous disais : Non, je ne suis pas sûr, je n'ai pas vu personne payer de TPS, TVQ. En tout cas, on n'a pas reçu le chèque, hein? Je n'ai pas vu personne recevoir des T4 ou des T-je-ne-sais-pas-quoi pour les impôts. Je comprends qu'ils ont jusqu'au 28 février, mais je ne suis pas sûr qu'ils vont les recevoir.

Alors, on comprend qu'actuellement, si tu bénéficies d'un ensemble de privilèges comme ceux-là, avec un outil redoutablement efficace, bien, c'est sûr que tu vas compétitionner et tu peux offrir des meilleurs prix parce que toi, tu n'a pas les mêmes dépenses, tu n'as pas besoin de la même assurance, tu n'as pas besoin du même permis de conduire, tu n'as besoin des mêmes inspections. Il y a mille choses qui font la différence. Il faut ramener... Je ne suis pas contre l'évolution technologique, on ne l'évitera pas. Puis je répète, M. Jean-Robert Sansfaçon l'a expliqué de façon extraordinaire, mais en même temps, on ne peut pas vivre dans deux sets de droits, dans deux groupes de droits. Il faut arriver à dire : Les règles s'appliquent pour tout le monde. Alors, est-ce qu'on devrait avoir une autre catégorie taxée? Je ne le sais pas, je veux que les gens viennent nous le dire.

M. Chouinard (Tommy) : Est-ce qu'il devra y avoir une forme d'indemnisation?

M. Daoust : Je ne vous entends pas.

M. Chouinard (Tommy) : Est-ce qu'il y aura... Est-ce qu'il devra y avoir une forme d'indemnisation pour les chauffeurs de taxi dont la valeur des permis a passablement diminué?

M. Daoust : Bon, alors, voilà, et, s'il y en a une, forme d'indemnisation, parce que je ne rejette pas ça du tout — je ne dis pas qu'il y en aura une, je ne dis pas qu'il y en aura une — il va falloir qu'on nous explique parce qu'après ça c'est la valorisation. Vous l'établissez à combien? Rappelons-nous que ces permis-là ont tous été donnés à l'origine, mais, parce qu'on l'a contingenté, on a créé un marché secondaire. On a dit : Bien, regarde... Et, quand tu mets 200 000 $ puis que tu es trois sur le permis, bien, tu viens d'acheter trois emplois puis...

M. Chouinard (Tommy) : Est-ce que ce serait au gouvernement du Québec à payer une éventuelle indemnisation ou ce serait à la compagnie de...

M. Daoust : Bien, est-ce que c'est à lui à le faire? Est-ce que, par exemple, il y a... Vous savez, nous, on vit dans un système où c'est le gouvernement du Québec qui a à déterminer ces règles-là. On a vu qu'en Alberta c'est le gouvernement... c'est les municipalités. Edmonton est bien d'accord puis Calgary n'en veut pas. Mais ce qu'on a vu à Edmonton, c'est qu'il y a une redevance qui va se repayer sur chacun. Est-ce que c'est au gouvernement après ça à commencer à faire de l'intermédiation? Est-ce que c'est par lui que doivent transiter les permis? Ça, c'est des choses que j'aimerais entendre, c'est des choses sur lesquelles on veut répondre parce que, quand on commence à répondre à ça — puis votre question est fort pertinente — quand on commence à répondre à ça, on commence à parler de la solution.

M. Boivin (Simon) : Est-ce que vous considérez, M. Daoust, que c'est totalement illusoire de chercher à interdire Uber comme certains le demandent?

M. Daoust : Vous savez, je reviens à ce que je vous disais tantôt, moi, je ne suis pas contre le progrès technologique. Je pense qu'on n'y échappera pas, puis la génération montante, actuellement, a tellement de facilité à utiliser ça, et les outils informatiques qu'on développe aujourd'hui sont tellement faciles à utiliser. Vous savez, moi, prendre le téléphone puis appeler un taxi, ma génération, c'est ça qu'on fait, puis on est habitués d'entendre gricher la radio qui dit : Bon, bien, tu es à telle station puis va à tel coin puis tout ça. Pour eux autres, prendre un téléphone, c'est bien dérangeant.

Alors, moi, je pense qu'on n'échappera pas à ça et on est mieux de dire : Comment allons-nous le rendre équitable? Comment allons-nous le réglementer? Et ne sous-estimons pas les moyens que possède l'État pour faire face à ça.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous n'avez pas répondu, M. Daoust, à la question de Tommy qui demandait s'il fallait que l'État, par exemple, compense, donne, indemnise les chauffeurs. Est-ce que c'est une possibilité? Vous avez dit que vous n'étiez pas fermé à ça.

M. Daoust : Moi, je dis… Mais imaginons… C'est pour ça que j'ai répondu par la situation à Edmonton. Edmonton, ce qu'ils font, c'est qu'il y a une, entre guillemets, taxe sur chaque transaction qui doit être envoyée, qui va servir, justement, d'indemnisation. Dans un système de gestion de l'offre, ce n'est pas bête. Je ne pense pas que l'ensemble des citoyens du Québec, parce qu'Uber arrive en ville, doivent être, entre guillemets, taxés ou on va prendre les impôts des citoyens pour dire : On va commencer à indemniser parce qu'Uber arrive à ville.

Si Uber arrive en ville puis ils veulent avoir des permis de taxi, est-ce qu'on va en émettre plus? Est-ce qu'on va émettre une autre catégorie? Écoutez, ça fait quoi, ça fait quatre jours que je suis ministre du Transport? Vous comprenez que ce qu'on va faire, là, c'est que je vais poser des questions, mais j'ai besoin de, justement, ces gens-là compétents pour arriver puis nous faire des suggestions. J'en ai eu une de ma sous-ministre, que j'ai trouvée pas mal bonne, puis je la déposerai rendu là.

M. Dutrisac (Robert) : …vous avez parlé de gestion de l'offre, puis il y a un certain nombre de chauffeurs de taxi, alors il y a de l'offre qui est limitée dans le taxi. C'est un nouveau joueur, donc ça en rajoute. Nécessairement, ça va éclater, ça.

M. Daoust : Oui, mais actuellement ce que je comprends, c'est qu'il y en a beaucoup, d'offre qui se fait sans, justement, que les permis soient là, hein? C'est la situation dans laquelle on est. Alors, la façon, pour moi, ce n'est pas compliqué, c'est de dire : Écoutez, ou on… il y a des gens… au quotidien, il y a des permis qui se vendent, et, si Uber veut s'installer, peut-être, là, que c'est une des solutions, peut-être qu'Uber, à ce moment-là, devrait racheter ces permis-là, ceux qui deviennent progressivement disponibles.

S'il y a un permis qui devient disponible, est-ce qu'il doit transiter par une intermédiation faite par le gouvernement plutôt que de faire une vente de gré à gré? C'est des discussions que je suis prêt à avoir, mais je veux travailler sur la solution. Je ne pense pas que soit à la population du Québec à dire : On va débourser parce qu'Uber arrive en ville.

M. Robitaille (Antoine) : Mais là vous êtes ministre depuis quatre jours, mais ça fait quand même longtemps qu'au gouvernement du Québec on parle de ces questions-là. M. Couillard avait une position, M. Poëti en avait une autre. Donc, vous nous dites…

M. Daoust : Pas sûr qu'ils avaient des positions différentes, mais…

M. Robitaille (Antoine) : Vous nous dites qu'il ne s'est rien fait, là, depuis et qu'on a besoin d'une commission parlementaire?

M. Daoust : Je ne vous dis pas qu'il ne s'est rien fait, je vous dis que moi, je suis saisi du dossier, puis le premier dossier que je veux régler, c'est celui-là.

M. Laforest (Alain) : M. Daoust, parlons d'un dossier que vous connaissez très bien, Bombardier. Est-ce que vous craignez, avec la vente de RONA aujourd'hui, que le siège social de Bombardier quitte le Québec?

M. Daoust : Répétez…

M. Laforest (Alain) : Avec la vente de RONA aujourd'hui, est-ce que vous craignez le départ de Bombardier?

M. Daoust : Bien, le départ de Bombardier, je… Vous savez, il y a une grande controverse, qui n'est pas unique au Québec, qui est celle des actions multivotes. Est-ce qu'une compagnie, par exemple, quelqu'un peut détenir 10 % des actions d'une compagnie mais, à cause des multivotes, en détenir le contrôle? Je pense que Bombardier, dans cette situation-là, il y a beaucoup d'inconvénients aux actions multivotes, mais, en même temps, il y a le grand avantage de dire que celui qui détient, ou celle qui détient les multivotes, ou le groupe qui le détient a le contrôle sur ça.

Je ne pense pas que Bombardier soit en train de déménager. Au contraire, la situation dans laquelle nous, on a investit, je vous rappellerai que c'est dans CSeries inc., et, dans la série C, l'entente est bien claire que le siège social, qu'on soit actionnaires ou non, va demeurer ici, la fabrication va demeurer ici, le vrai siège social, l'ingénierie, parce que, dans une firme comme celle-là, au-delà de la fabrication, c'est l'ingénierie...

M. Laforest (Alain) : Corrigez-moi. Le ficelage pour bloquer la transaction avec Lowe's en 2012, c'est vous qui l'aviez fait avec Investissement Québec et la Caisse de dépôt. Aujourd'hui, c'est vendu. Vous en dites quoi?

M. Daoust : Je vais vous donner une réponse que... Vous savez, au Parti libéral, on n'a pas beaucoup de belles-mères. Alors, je n'en deviendrai pas une, je ne commencerai pas à juger de cette situation-là. Ma collègue Mme Anglade est très compétente pour gérer cette situation-là. Et, à l'époque, j'avais posé des gestes, et, aujourd'hui, il y a d'autres gestes qui se posent, et je ne commenterai pas ça.

M. Dutrisac (Robert) : Mais pourquoi Investissement Québec a vendu ses actions il y a un an, à peu près?

M. Daoust : Je ne veux pas embarquer dans un long débat, parce que je veux m'en tenir à Uber, mais simplement, pour vous répondre rapidement, M. Dutrisac, c'est qu'encore une fois c'est une transaction qui, à l'époque, avait été faite dans les fonds propres d'Investissement Québec. Les fonds propres travaillent sur une base financière moins qu'économique.

Alors, si Investissement Québec, le président, son conseil d'administration ont décidé de liquider cette position-là, c'est parce qu'ils jugeaient à propos de le faire. Si ça avait été dans le Fonds de développement économique, c'est le gouvernement qui aurait eu à prendre la décision; dans ses fonds propres, c'est Investissement Québec. Mais je me limiterai...

M. Dutrisac (Robert) : Donc, ce n'était pas un signal qu'on envoyait aux marchés comme quoi on desserrait l'emprise sur...

M. Daoust : Non, non, mais... Puis, dans le temps, là... Il faut nuancer ça, parce que, justement, je ne pouvais pas faire front commun avec la caisse parce que ça aurait été une situation qui aurait été illégale. Alors, il y a une chose qu'on a bien convenu, on s'est parlé une fois pour se dire qu'on ne se parlerait plus jamais.

M. Robitaille (Antoine) : Donc, vous avez été au courant de la vente des actions qu'Investissement Québec avait? Non?

M. Daoust : Non, non, non. C'est ça que je vous dis. Ça, ce sont les fonds propres d'Investissement Québec. Alors, c'est le conseil d'administration qui juge pertinent de le faire de cette façon-là. Mais je vous répète par ailleurs que, dans les préoccupations qu'on a actuellement, Mme Anglade a son UberX...

M. Lacroix (Louis) : Oui, mais êtes-vous d'accord, vous, avec la vente...

M. Daoust : ...elle a ce genre de dossier là à regarder elle aussi.

M. Lacroix (Louis) : Avec la vente de RONA, est-ce que, personnellement, vous êtes d'accord avec ça? Je comprends la position du gouvernement, mais vous?

M. Daoust : Je ne commenterai pas ça.

M. Lacroix (Louis) : ...vous n'êtes pas d'accord ou... Pourquoi vous ne voulez pas commenter?

M. Daoust : Je ne commenterai pas ça.

M. Lacroix (Louis) : Si vous étiez d'accord, vous diriez la même chose que Mme Anglade. Vous diriez : Bien... Mais là vous ne voulez pas répondre, là.

M. Daoust : Non, non, non. Mais c'est parce que je ne veux pas m'immiscer dans ça. Moi, j'ai mon périmètre qu'on m'a demandé de m'occuper. Comme citoyen, je peux avoir une opinion, mais, comme ministre des Transports actuellement, qui appartient au gouvernement, je ne commenterai pas ça.

M. Lecavalier (Charles) : M. Daoust, en 2011, le ministère des Transports a donné une subvention de 6 millions de dollars à Valero pour construire un oléoduc. La raison était que l'oléoduc est moins polluant que le train, donc c'était normal d'utiliser un programme du Fonds vert. Ce programme-là existe encore. Est-ce qu'une entreprise comme TransCanada y aurait droit, étant donné qu'un oléoduc, c'est moins polluant que le train?

M. Daoust : Honnêtement, je ne pourrai pas vous répondre à ça parce que ce que vous me racontez là, c'est vous qui me l'avez appris dans le journal ce matin. Alors, je n'étais pas au courant de cette transaction-là. Je sais une chose par ailleurs, c'est que le premier ministre a été très clair à l'effet que le ministre de l'Environnement doit établir des règles claires, on doit serrer les boulons sur tout ça, et je sais que c'est un travail sur lequel il y a beaucoup... une grande priorité qui est établie dans le moment, parce qu'on se pose justement ces questions-là que vous soulevez, qui...

M. Lecavalier (Charles) : Qu'est-ce que vous pensez... Est-ce que vous croyez qu'un oléoduc, c'est moins polluant que le train, à votre avis?

M. Daoust : Je ne le sais pas. Moi, je suis un banquier, je ne suis pas un ingénieur, monsieur. Alors, vous me posez une question pour laquelle je n'ai pas de compétence.

M. Chouinard (Tommy) : Dernière petite question.

M. Daoust : Oui, puis après ça, je viens à vous, monsieur.

M. Chouinard (Tommy) : Vous avez parlé de suggestions proposées par votre sous-ministre pour légaliser, encadrer Uber. Pouvez-vous nous en dire davantage?

M. Daoust : Non, non. Je n'irai pas tout de suite parce que je... voyez-vous, moi, comme gouvernement, là...

M. Chouinard (Tommy) : Donc, la solution est déjà toute trouvée?

M. Daoust : Comme gouvernement, je ne veux pas arriver puis dire : Le modèle, il est décidé, puis on veut... Non. Je veux vraiment écouter les gens parce que cette proposition-là qui m'a été faite puis qui n'est pas enveloppée, là, mais... une orientation, ah, bien, j'ai dit : Ça pourrait être intéressant, mais je veux entendre tout le monde. Parce que, vous savez, si je pars avec une orientation puis il arrive quelque chose de meilleur... Je ne les écouterai pas si j'arrive avec une idée faite.

M. Chouinard (Tommy) : Mais je comprends que ça ne sert à rien pour les chauffeurs de taxi de se présenter devant vous puis dire : Non, non, il faut maintenir l'illégalité d'un service comme celui-là. Ça, ça ne sert à rien. Si les chauffeurs de taxi se présentent...

M. Daoust : Vous me parlez de... Vous me parlez d'Uber, là...

M. Chouinard (Tommy) : Oui, maintenir l'illégalité.

M. Daoust : ...qui disait : Il faut maintenir l'illégalité. Bien, écoutez, à ce moment-là, ça voudrait dire... Moi, dans mon esprit, je répète ce que j'ai dit, puis M. Journet a parlé... Il y a plusieurs de vos chroniqueurs, de vos journalistes, vos éditorialistes qui ont parlé, et il y a un consensus, je pense, qui se fait, à l'effet qu'on ne sera pas capable d'éviter ces technologies-là, mais il va falloir les discipliner. Et c'est dans cette perspective-là que je m'en vais.

Maintenant, moi... puis je ne m'attends pas de faire un consensus, mais au moins, on va avoir une vision commune de cette affaire-là. Pour le moment, ça va partout. Le seul milieu qui est constant dans le moment, puis je le vois... puis c'est pour ça, ce mati, je pensais que tout avait été dit. Puis on disait : Et est-ce que ce sont des salariés? Bonne question.

M. Lacroix (Louis) : Donc, Uber est là pour rester. C'est ce que vous dites.

M. Daoust : Bien, moi, je ne vois pas comment on va éviter, que ça soit Uber ou que ça soit un autre... non, vous savez, dans le moment, c'est un terme générique pour décrire un phénomène, et ça, je pense que ce phénomène-là, on ne l'évacuera pas, hein? Vous pouvez avoir maintenant une espèce d'Uber du déneigement, vous pouvez avoir un Uber de l'auto de luxe. Ce logiciel-là, cette façon-là de procéder est facile.

M. Robitaille (Antoine) : Mais la commission, elle va porter sur l'uberisation de l'économie ou sur l'industrie du taxi?

M. Daoust : Non, non, non. Moi, ce que je veux, c'est comment allons-nous... Actuellement, on ne semble pas avoir de poignée sur ça parce que... Comment je collecte la TPS, la TVQ? Comment je collecte les impôts sur ces gens-là? Comment je les force à avoir une inspection de véhicule quand je ne sais pas c'est qui? Pas facile. Mais, des fois, vous seriez surpris de voir comment quelqu'un vous arrive dans une présentation comme ça puis il vous fait une proposition; ça a bien du bon sens.

 M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais il ne faut pas une stratégie gouvernementale plutôt qu'une politique du ministère des Transports?

M. Daoust : Bien, je pense qu'il faut une stratégie gouvernementale, mais, pour ça, il faut d'abord écouter tous ceux qui sont compétents dans ça. Et, s'il y en a qui le vivent au quotidien, c'est ces chauffeurs de taxi là qui passent... Moi, vous savez, quand j'ai fait une heure dans le trafic... puis je ne conduis plus, là, depuis un petit bout de temps, là, mais... puis ce n'est pas à cause de l'âge, alors, si, des fois... Je n'ai pas perdu mon... Alors, mais quand tu as fait une heure dans le trafic, tu as le goût de tuer, puis ces gens-là font 12 heures. Alors, ils le vivent au quotidien, ils savent ce que c'est, et on a besoin de les écouter puis... Moi, je n'évacue personne, mais je vous rappelle deux choses : on va établir un système qui va être moderne, mais qui va être équitable.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Quelle est la part des représentants de l'industrie du taxi et des représentants d'Uber à votre commission parlementaire? Parce que vous souhaitez ardemment que les deux côtés soient présents...

M. Daoust : Oui, les deux côtés, puis...

M. Bélair-Cirino (Marco) : Qu'est-ce que vous attendez du...

M. Daoust : ...je veux plus que les deux, parce que les deux, ça, ça ne durera pas longtemps. Mais la société civile a besoin de se prononcer sur ça aussi. Je vous répète, il y a des gens qui réfléchissent à ça, qui pensent à ça puis qui ont des opinions, puis ils ont le droit de venir le dire. Je ne dis pas qu'on va faire 3 000 auditions, mais il y a des groupes qui sont intéressés à dire...

Regardez, par exemple, vous avez des représentants syndicaux actuellement chez les métallos. Moi, je veux les entendre, moi, ces métallos-là. Je veux voir ce qu'ils ont à dire. Il y en a peut-être des indépendants qui disent : Moi, j'aimerais mieux n'être pas dans ça. Je veux les entendre. Ça ne veut pas dire que c'est ça qui est la solution, mais, quand on a entendu tous les points de vue, à ce moment-là, on est capables de se faire une tête. Dans le moment, là, je vous le dis, c'est facile de travailler tout seul dans son coin. Je ne pense pas que c'est la façon de le faire dans un dossier de société.

Je répète puis je ne veux pas que ça dure trop longtemps parce que vous allez dire : Il se répète trop, mais je répète, Uber est un thème générique pour se préoccuper d'un phénomène beaucoup plus large.

Mme Plante (Caroline) : Mr. Daoust, you'll be launching a parliamentary commission in the next few weeks. What do you say to these taxi drivers who say it's urgent that we settle this conflict with UberX? It's very… they're suffering ruins in revenue every day.

M. Daoust : That's why I want to have it as fast as possible, as soon as possible, for one good reason: I know that they suffer from this and I know that we have to correct the situation. We have to make sure that we have a level playing field and we will have one. But the hearings that we will have will give us all the possibilities to fix the problem, and the objective is to fix the problem soon, very soon, not in six months, not in a year from now, OK?

Mme Plante (Caroline) : How will you be inspired by the city of Edmonton? What will you take from what they did in Edmonton? How will you be inspired by that?

M. Daoust : Well, we can look at it, but, you know, it's interesting, because Edmonton is in favor and Calgary is against it. So it's quite unusual. In Québec, we have two large cities: Montréal and Québec. So those are essentially those who… where it's mandatory and where we have to fix the problem soon, but it's a phenomena. Uber is a phenomenon that is reaching much larger than just the taxi industry. You can have a chef to cook at your home within 30 minutes with the application. That is quite similar to this one. So we have to look at it as a society. We're in the 21st century and we have to look at it with 21st century's ways.

Mme Plante (Caroline) : Are you saying that Uber is here to stay? What can the government do? What are some of the options? What can you do to regulate?

M. Daoust : Well, to regulate, first, you know, you have two categories of taxi drivers. Do we want to have two categories? I want to hear people on that. Do we have part time, 10 hours a week and those who are making 60 hours a week or 70 hours a week? I want to know about this. I want to hear them on that.

So the government is not the owner of all the truth and everything that you have to dream of. A government has to listen, and, on this, because it's an issue that is a concern to the world... In fact, you know that they have a problem in Shanghai and the Chinese Government has a lot of power, you see, and they have a problem with Uber in Shanghai. There are cities, very large cities who want to get rid of Uber because they are not fair. Well, we want to fix the problem and we think that the way we do it in Québec is to listen to people and then to make decision.

M. Hicks (Ryan) : You said there's not a leveled playing field, we have to fix the problem. So what do you see as the problem?

15441 M. Daoust : The problem is that presently, just for fiscal reason, they are not paying taxes, OK? They don't necessarily have the same kind of driving permit, they don't have maybe the same insurance. Are the cars in good shape? We don't know. Taxi drivers… regular taxis have to go through a… to regular inspection. So we have all of that to fix, but, at the end of the day, remember that the tool is great.

M. Hicks (Ryan) : How are you going to… this debate, it gets people really fired up. We've seen protest in Montréal and around the world, taxi drivers have blocked cities centers. How are you going to able to have a constructive conversation about this when tempers get so… and emotions get so high?

M. Daoust : Well, I think that from my perspective, and I might be wrong, but, as I said a few days ago, I'll be 68 in two weeks, I think that listening is a very good tool to reach people. So they have the right to express themselves and then you learn. If I had a «commission parlementaire» to say things, I shouldn't have one; if we have a commission parlementaire, it's to listen.

M. Hicks (Ryan) : It sounds to me that the Québec Government isn't going to ban Uber like the taxi drivers want it to.

M. Daoust : Well, the taxi drivers want it because it's not fair, right? They don't mind having... Let suppose that you have two taxi companies. They don't mind competing each other as long as it's leveled playing field, right? So they are against Uber because they feel it's not fair. But, at the end of the day, if we can reach an agreement what is fair and we can implement that agreement, and that's what I'm trying to do... I told you before, though, I'm not expecting to have a consensus on that because... for the reason that you mentioned, their positions are far apart.

Mme Johnson (Maya) : But your call for a ban on the application itself is unrealistic. I guess you are saying...

M. Daoust : Yes, but how do you do that? OK, .ca, it's easy, .com, it's tougher, right? So, that's what we... I'd like to have a few people from the IT industry, the Internet industry to explain me what's behind that. You know, we have to listen because it's a new phenomenon. Have you seen Downton Abbey, OK?

Mme Johnson (Maya) : Only one episode.

M. Daoust :OK, but, you know... But when it starts, first season, they don't have electricity. Fourth season, they have electricity, and that was a challenge at one time. It's challenging. We are in the 21st century, we have those incredible tools that the teenagers and the young adults are very fond of. So I don't think it will disappear from the planet, and we don't live, you know, in a society that is closed to the world.

Mme Plante (Caroline) : ...small more clarification, but the injunction that was tabled at the law courts yesterday, will that amper debates?

M. Daoust : No, because it's not against the government, OK? It would be a concern... If they were suing the government, I would say : It's with tribunals, but we have to go faster than tribunals, OK? That's why I want to listen to everybody, and then we will act.

Mme Johnson (Maya) : One more clarification. Perhaps I missed it earlier, I'm sorry, I apologize. Do you have a specific date for start of the parliamentary committee?

M. Daoust : No, because it's... Mr. Fournier is the leader and he's the one who will fix the dates. But he knows, and we all agree that it has to be soon. So it's not a matter of months, it's a matter of weeks, O.K.?

Mme Johnson (Maya) : Weeks. Thank you.

M. Daoust :O.K. Merci. Thank you.

(Fin à 14 h 20)

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