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Point de presse de M. Mario Dumont, chef de l'opposition officielle, M. François Desrochers, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes, Mme Lucie Leblanc, porte-parole de l'opposition officielle en matière de transport, et de M. Éric Caire, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mardi 9 septembre 2008, 10 h 39

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures trente-neuf minutes)

M. Dumont: Alors, bon matin à tout le monde. Alors, tel que je vous l'avais indiqué lors de notre dernier caucus... Évidemment, les rumeurs d'élections fédérales étaient très fortes, donc la discussion avait été soulevée sur les différentes priorités qui nous apparaissaient importantes pour le Québec en regard de cette élection au fédéral. Et, comme notre formation l'a fait dans les différentes élections fédérales - on l'a fait, je pense, à chacune - on a présenté des priorités, des enjeux, des sujets qui nous apparaissent prioritaires, qui, conformément à nos idées, nos visions politiques, sont des choses qu'on aimerait voir le plus possible être discutées, et voir des propositions émaner des différents partis fédéraux, et qui nous semblent être d'actualité à ce moment-ci.
Cinq grands enjeux - je vous les avais présentés à la sortie de notre caucus: l'autonomie du Québec, la santé, l'économie, les infrastructures et l'environnement.
Je commence en vous disant que - vous avez vu hier le premier ministre de l'Ontario qui a fait connaître des priorités pour l'Ontario; je commence en vous disant que - l'exercice qu'on fait aujourd'hui, il nous apparaît assez surprenant que le gouvernement du Québec et que le premier ministre du Québec n'aient pas fait connaître de priorités, d'après ce qu'on comprend, ne semblent pas être en voie de le faire non plus. Et on sait tous que Jean Charest, sa stratégie politique, c'est celle de ne rien faire, de ne rien bouger, de ne rien déranger. Au cours des derniers mois, à plusieurs reprises, on l'a trouvé demandant au gouvernement fédéral moins, dans certains cas, que ce que le fédéral était prêt même à offrir. Et, dans ce cas-ci, on a bien l'impression que ça va être la même chose: un gouvernement du Québec qui ne bouge pas, qui ne parle pas, qui ne fait rien et qui n'est, dans ce sens-là, sûrement pas... qui ne déploie certainement pas le genre d'énergie que les Québécois attendraient.
Alors, je prends les éléments un par un. D'abord, l'autonomie du Québec. Pour nous, les adéquistes, c'est fondamental. Pour beaucoup de Québécois aussi. Il y a eu, dans la dernière année et demie, un geste très important: la reconnaissance du Québec comme nation. Ça a été salué par les Québécois. Mais, sur la base de ça, dans notre esprit, il faut aller plus loin maintenant. On a souligné à plusieurs reprises, notre formation, qu'on souhaitait voir cette reconnaissance inscrite plus précisément dans la Constitution canadienne. On souhaitait aussi que, sur la base de cette reconnaissance - ça a été une des conclusions, au lendemain de la commission Bouchard-Taylor - l'article 27 de la Constitution canadienne, sur le multiculturalisme, reconnaisse la société d'accueil spécifique qu'est le Québec, avec les devoirs qui incombent en matière d'intégration des immigrants.
Il va de soi qu'on veut des avancées sur le pouvoir fédéral de dépenser. C'est un des sujets sur lequel il y avait des engagements de pris. Ceux-là n'ont pas été livrés, en tout cas pas complètement. Et, à l'heure où on se parle, une autre élection commence, et ce problème-là n'est toujours pas réglé. Alors, nous, on considère toujours prioritaires, en matière d'autonomie du Québec, les éléments de centralisation puis les possibilités pour le gouvernement fédéral d'empiéter dans les pouvoirs du Québec via le pouvoir fédéral de dépenser. C'est un élément clé, hein, mettre un frein à ça est un élément clé, là, pour l'autonomie du Québec. Et finalement, bien, nous, on croit toujours que, dans l'ensemble des enjeux de rétablissement permanent du déséquilibre fiscal, le rapatriement de points d'impôt est un élément qui est important pour le Québec.

Santé. L'enjeu de la santé, pour nous, est prioritaire. Le député de La Peltrie, qui m'accompagne aujourd'hui, a déposé un projet de loi à ce chapitre-là, il y a quelques mois, qui, pour offrir plus de services aux citoyens, à la population du Québec, vise à un système mixte, d'ailleurs exactement dans la foulée de ce que recommandait la commission Castonguay. Ce n'est pas ça qui est en jeu dans le cadre de l'élection fédérale, ce sont des choses qui normalement doivent se décider à l'Assemblée nationale. Par contre, ce qui est toujours en jeu, c'est la rigidité que les différents partis susceptibles de former le gouvernement peuvent avoir en matière d'application de la Loi canadienne sur la santé, parce que, nous, on considère que ce qui touche la santé devrait se décider au Québec. D'ailleurs, à ce chapitre-là, les positions du Parti québécois ont toujours été plus ou moins loufoques parce que le Parti québécois a défendu à plus qu'une reprise l'application intégrale de la Loi canadienne sur la santé. Donc, à plusieurs reprises, c'est le PQ qui s'est retrouvé dans cette matière-là, qui était, semble-t-il, plus socialiste que souverainiste, là, mais qui réclamait l'application de la doctrine fédérale en cette matière. Nous, on considère que ces éléments devraient se décider à l'Assemblée nationale et que, de ce point de vue là, le gouvernement fédéral, les partis fédéraux devraient s'engager à plus d'ouverture, à plus de respect de cette compétence qu'est la santé dans la Constitution canadienne.
Troisième sujet important: l'économie. On doit être sensible aux enjeux économiques. Ça va certainement... Quel que soit le résultat de l'élection fédérale, on sait déjà que, dans la prochaine année, même peut-être les deux prochaines années, la relance économique va être un enjeu très important au Québec, ailleurs au Canada aussi. Alors, politique économique, politique d'exportation respectueuse de l'économie québécoise, de la réalité manufacturière, de la réalité forestière, des grands secteurs économiques forts du Québec, sur l'aéronautique, l'agroalimentaire, rapatriement au Québec des leviers et des ressources financières liés à la formation de la main-d'oeuvre mais notamment l'assurance chômage. Alors ça, c'est un enjeu qu'on a soulevé lors de notre congrès sur la question économique. Les rapatriements des pouvoirs se sont faits sur la main-d'oeuvre au début des années quatre-vingt-dix, mais il y a toujours des accrochages avec la réalité de l'assurance chômage. Alors ça, pour nous, c'est un enjeu qui est important, et que les sommes consacrées à l'intégration en emploi liées à l'assurance chômage soient complètement rapatriées.
Développement du Nord québécois. Je l'ai dit lors de notre caucus, le gouvernement du Québec travaille là-dessus. Nous l'appuyons entièrement pour que ça se fasse vite, beaucoup, bien, que ça se lance, ces grands projets du Nord. Le gouvernement fédéral investit beaucoup dans le Nord. Plusieurs d'entre vous sont sans doute informés que le Nunavik, donc la partie québécoise du Nord, est exclue de plusieurs programmes, en fait de la quasi-totalité des programmes d'investissement canadiens dans le Nord. Or, nous, on souhaite que le Québec aille chercher sa juste part d'investissement, je devrais dire le Québec, le Nunavik pour être précis, qui est notre portion de ce territoire du Nord qui appartient au Québec.

Évidemment, gestion rigoureuse des finances publiques, respect pour la classe moyenne. Ce sont des enjeux, on en parle ces jours-ci en particulier, mais la classe moyenne, c'est connu, depuis des années, est écrasée au Québec. Alors, dans toutes les politiques, dans toutes les politiques fiscales, le respect de la classe moyenne, la marge de manoeuvre, l'oxygène qu'on peut donner aux familles de la classe moyenne, c'est fondamental.
Infrastructures, quatrième sujet important, autonomie et planification, transfert sans condition accompagné d'une planification des contributions fédérales en matière d'infrastructures sur 10 ans. On connaît tous les besoins énormes du Québec en matière d'infrastructures. Le gouvernement du Québec a fait un plan d'investissement, six mois après... Le plan était certainement nécessaire. Il n'y a personne qui a soulevé la nécessité de refaire ces viaducs, ces routes, ces ponts, etc. Maintenant, six mois après le plan, les chiffres n'étaient déjà plus bons, juste l'augmentation du prix de l'essence, du bitume qui va fluctuer au fil des années, mais on sait déjà que ce sont des travaux qui sont considérables, qu'il y aura des dépassements de coûts. Alors, la participation du gouvernement fédéral est cruciale là-dedans.
Il y a aussi un effort accru dans le transport en commun. Le gouvernement fédéral a déjà participé dans d'autres parties du Canada, à Toronto, à Vancouver, à des efforts de transport en commun. Le transport en commun dans l'agglomération de Montréal, Québec, ailleurs aussi, le transport en commun est un enjeu important, et un engagement envers le projet de TGV, Québec-Windsor, qui est souhaité aussi de notre part.
Et finalement, bien, le respect de la volonté québécoise en matière d'environnement, c'est aussi un grand enjeu de la campagne. Au Québec, tous les partis réunis ont souhaité le respect du Protocole de Kyoto, le maximum d'efforts pour cet enjeu planétaire qu'est la réduction des gaz à effet de serre, des émissions de gaz à effet de serre, et là-dessus aussi on souhaite voir, de chacun des partis, des engagements. Des engagements qui le plus possible vont dans le sens... Le Québec a beaucoup misé sur l'idée d'une bourse du carbone au coeur de la stratégie. Alors, pour arriver à réaliser le plus possible une bourse du carbone, il faut donner une valeur au carbone. Il y a toute une stratégie qui doit être déployée autour de ça, où on espère que les partis vont se mobiliser.
Alors, voilà, sur ces enjeux ou sur d'autres, ça va me faire plaisir de répondre à vos questions.

Journaliste: Pensez-vous qu'il peut y avoir vraiment un appétit, à Ottawa, peu importe le parti, pour ouvrir la Constitution, enchâsser la notion de nation québécoise?

M. Dumont: Bien, de façon générale, je ne vous apprendrai rien en vous disant que l'appétit est relativement faible, pour différentes raisons, mais c'est difficile de mesurer l'appétit à Ottawa, en même temps, quand le Québec est muet. Je veux dire, si on trouve qu'il manque d'appétit, à Ottawa, pour parler de Constitution, là, ce n'est pas des cuisines de Jean Charest que sort une bonne petite odeur de roast-beef, là. Le gouvernement du Québec ne fait rien, ne demande rien, ne bouge pas. Alors, il y a un leadership de la part du Québec là-dessus, hein, pour essayer de créer un intérêt, de créer des circonstances qui sont favorables, mais en même temps, je vous dirais, l'appétit est peut-être faible, là, de l'autre côté. Il y a certainement une conscience qu'un jour ou l'autre on devra s'attaquer à ça, un jour ou l'autre, on devra régler ces enjeux-là, eh bien, nous, à l'ADQ, ça ne nous fait pas peur. On sait qu'il y a beaucoup de gens à qui ça fait peur. Nous, on pense que la peur, c'est l'inverse du leadership politique, alors, nous, ça ne nous fait pas peur.

Journaliste: Compte tenu de votre liste d'épicerie, de quel candidat vous sentez-vous le plus près?

M. Dumont: Bien, la campagne est jeune, on va voir les partis se présenter. Mais je ne suis pas ici, aujourd'hui... Je pense que vous l'avez bien compris, notre but n'est pas de donner un appui à un candidat, c'est de souhaiter que ces enjeux, qui sont importants, soient discutés dans la campagne. Je vous dis, d'entrée de jeu - je l'ai omis tout à l'heure - que ce dossier va être envoyé à chacun des chefs des partis fédéraux dès aujourd'hui. On souhaite que, sur ces enjeux-là, on puisse amener une discussion qui est importante pour le Québec, puis les gens... La beauté d'une démocratie: c'est chaque électeur qui se fait son idée à la fin.

Journaliste: ...de vos militants de la première heure qui se présentent soit au Parti conservateur ou qui travaillent... Est-ce que vous avez plus de facilité à mettre vos machines au service, par exemple, des conservateurs?

M. Dumont: Bien, mathématiquement, oui, c'est clair qu'il y en a plus, mais les gens le font librement. Comme je vous l'ai déjà dit, il n'y a pas de mot d'ordre, les gens font ce qui leur convient, et voilà. Puis il y a beaucoup de gens qui ne s'impliqueront pas dans la campagne fédérale. Ils vont s'impliquer en tant que voteurs; le jour du vote, ils vont aller faire leur x. Mais il n'y a pas de consigne, il n'y a pas de mot d'ordre. On ne l'a pas souhaité. J'ai annoncé qu'on ne le ferait pas, puis on ne changera pas d'idée là-dessus. Oui, monsieur.

Journaliste: Sur la crise forestière, trouvez-vous que le gouvernement Harper a fait ce qu'il fallait?

M. Dumont: Bien, le gouvernement Harper a fait un bout; moi, j'aurais souhaité franchement qu'il fasse plus. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, dans les priorités économiques... parce que, soit dit en passant, on n'est pas sortis de la crise forestière, et c'est un petit peu inquiétant parce qu'à l'heure actuelle il ne se fait pas grand-chose...

Journaliste: ...

M. Dumont: Excusez-moi, à l'heure actuelle, il ne se fait pas grand-chose. La ministre Boulet, qui a pris la relève pour l'instant, ne semble pas s'en être vraiment occupée. Alors, je pense qu'un peu partout on souhaite qu'à Québec et Ottawa la conscience soit totale et entière que, la crise forestière, elle n'est pas terminée. M. Lessard.

M. Lessard (Denis): En 2006, vous aviez dit que le Bloc n'avait plus aucune pertinence et que les libéraux s'étaient discrédités avec les commandites. Avez-vous changé d'idée depuis deux ans?

M. Dumont: Bien, je n'ai pas l'habitude de changer d'idée. Maintenant, je m'étais exprimé et les électeurs ont eu le dernier mot, il y a des bloquistes qui ont été élus, donc les électeurs ont jugé ça à ce moment-ci, et les électeurs se feront leur idée pour l'heure.
Ce que je souhaite, par contre, c'est qu'on mette de côté les campagnes de peur qui sont franchement ridicules, c'est-à-dire, tu sais, le parti, là, qui, dans ses carnets historiques puis dans ses annales, a tellement dénoncé le coup de la Brink's puis les campagnes de peur sur les pensions de vieillesse et qui, aujourd'hui, commence sa campagne dans les grandes déclarations terrorisantes, je pense que le Bloc québécois serait mieux de revenir sur des enjeux québécois plutôt que de se lancer là-dedans.

M. Lessard (Denis): Est-ce que les libéraux sont réhabilités avec un changement de chef? Parce qu'on a l'impression que c'est un peu une mise en scène. Dans deux semaines ou trois semaines, vous allez nous dire: Bon, bien, j'ai regardé tout ça, c'est finalement les conservateurs qu'il faut appuyer.

M. Dumont: Bien non. Vous connaissez mon vote. Non, pas du tout. Ce n'est pas... Je ne joue pas à cette mise en scène là. Mais il n'en reste pas moins que c'est bien important, qu'il y a des enjeux qui sont fondamentaux. Je l'ai dit tout à l'heure, je pense que c'est une faiblesse, de la part du premier ministre du Québec, de ne pas faire, au nom des Québécois, au nom du Québec, le même genre de revendication, le même genre de positionnement des enjeux. Et ça, ça dépasse le vote personnel de chacun. Je veux dire, comme officier, au Québec, d'une fonction publique qui a à parler au nom des Québécois, il me semble que le premier ministre du Québec serait en devoir de faire connaître, lui aussi, des attentes importantes à l'ensemble des partis.

Journaliste: Mais vous dites qu'on connaît votre vote, donc vous allez voter encore pour M. Harper?

M. Dumont: Ça fait plusieurs élections consécutives que j'ai le même vote au fédéral.

Journaliste: Comptez-vous clairement dire, à la fin de la campagne, lequel des partis fédéraux a le mieux répondu à vos priorités?

M. Dumont: Non, bien non. Ce sont des priorités pour les Québécois, là. Ce n'est pas un examen, là, puis on ne va pas donner des notes à la fin. Ce n'est pas ça. Le sens de l'exercice, c'est de positionner des enjeux, et, en même temps, de dire aux Québécois nous, comme adéquistes, là, comment on regarde la campagne fédérale, quel genre d'enjeux sont importants pour nous. Je veux dire, il y a des militants qui se sont engagés, en début de campagne, je veux dire, on ne va pas faire un bulletin puis qu'ils vont changer d'idée en cours de route, c'est un peu plus...

Journaliste: Qu'est-ce que vous pensez de la taxe sur le carbone? Vous dites que vous voulez défendre la fiscalité de la classe moyenne.

M. Dumont: Bien, j'ai deux commentaires là-dessus. Le premier évidemment, toute la stratégie de lutte contre les changements climatiques, bien, d'un point de vue québécois, on a pris un certain leadership là-dessus puis il y a des bonnes choses qui se sont faites. On a beaucoup misé sur la bourse sur le carbone, ça fait que c'est sûr qu'en priorité, c'est autour de ce qui est, tu sais, de la stratégie qui est déjà enclenchée qu'on a le goût de voir des avancées, de un. De deux, M. Dion aura l'occasion de faire sa campagne, il lui reste quatre semaines pour s'expliquer. Nous, de notre côté, on est d'une extrême prudence en matière de toute nouvelle taxe parce qu'on pense que la classe moyenne en a déjà un énorme fardeau. Alors, ce sera de voir comment, dans l'application, là... Toutes les taxes, dans l'histoire de tous les pays, ont toutes été mises en place pour des bonnes causes, mais la somme de toutes ces taxes créées un jour ou l'autre pour une bonne cause fait qu'un beau jour la classe moyenne se retrouve puis elle croule. Alors, c'est pour ça qu'il faut être extrêmement prudent dans... Oui, on peut parler de l'intention. L'intention peut être bonne, mais il faut vraiment décortiquer la mécanique pour voir qui va payer, comment, puis qu'est-ce que ça va signifier sur le portefeuille à la fin de chaque mois.

Journaliste: M. Dumont, il y a ce sondage: 94 % des gens de la classe moyenne qui disent que les gouvernements devraient en faire plus. Vous êtes d'accord?

M. Dumont: Bien là, pour l'instant, tout ce que les gouvernements font pour la classe moyenne, c'est de les saigner, ça fait que je ne pense pas que c'est de ça que les gens veulent qu'ils en fassent plus, mais vous savez, au Québec, ce n'est pas surprenant de voir ces chiffres-là. Dans le débat politique, à la base, là, nous, comme formation, on dit de nous: On est au centre droite. Pourquoi? Parce qu'on veut moins de bureaucratie, parce qu'on veut rapetisser la taille de l'État, mais la logique de tout ça, là, ce n'est pas une idée qui tombe du ciel, la logique de tout ça, c'est que, dans les systèmes de bureaucratie lourde, dans les systèmes de gouvernements très gros, très lourds, la vache à lait de tout ça, c'est la classe moyenne, puis ça vient directement avec que la classe moyenne est écrasée.
Dans le cas du Québec, ce qui est plus grave, c'est comme un petit peu le pire de deux mondes. Il y a des pays, dans le monde, qui sont très capitalistes, ça fait qu'ils paient des taxes très basses, mais ils n'ont pas beaucoup de services publics. Ça fait que, pour avoir bien des services, il faut qu'ils paient. Il y a des pays dans le monde qui ont des taxes très hautes, ils ont des systèmes socialistes, c'est-à-dire qu'ils paient énormément de taxes, mais par contre ils ont beaucoup d'excellents services. Le problème du Québec, c'est que là, on paie les taxes d'un pays socialiste mais on n'en a pas pour notre argent, les services ne sont pas là. En santé, c'est des mois, si ce n'est pas des années d'attente. Dans bien des cas, il faut que les gens repaient pour avoir d'autre chose. C'est ça qui ne marche plus. Tu sais, on paie les taxes d'un pays socialiste, mais on n'a plus les services qui viennent avec. Alors là, on est dans une urgence de réviser notre système. C'est pour ça que je pense qu'un gouvernement... il faut se méfier des sondages. Je pense encore que les Québécois sont conscients que le changement est nécessaire. Et je pense encore qu'un gouvernement qui ne fait rien, qui ne bouge rien, qui a peur des enjeux, il ne passera pas à travers.

M. Plouffe (Robert): M. Dumont, pourquoi vous avez voté contre les baisses de taxe, à ce moment-là? Pourquoi vous avez voté contre? Et est-ce que la classe moyenne a les moyens de se payer des cliniques privées?

M. Dumont: Bon, deux choses. D'abord, votre deuxième question, elle est bien intéressante. Je vais y revenir. Je vais commencer par la première. On a voté contre des baisses d'impôt parce que c'était avec de l'argent emprunté. Ça, le budget ne balançait pas. Non, moi, je pense qu'il faut baisser les impôts avec des... tu sais, il faut couper les dépenses du gouvernement. Puis l'argent qu'on économise, là, il faut le redonner à la classe moyenne. Bien, emprunter, je veux dire... vous donnez des baisses d'impôt aujourd'hui qu'on va faire payer par nos enfants, ça, ce n'est pas...

M. Plouffe (Robert): C'était de l'argent du fédéral.

M. Dumont: ...de l'argent du fédéral, qui était déjà engagé ailleurs, et que de toute façon le budget ne balançait pas. On savait tous que le budget ne balancerait pas, mais il était payé avec une transaction... On a vendu... tu sais, on a vendu des parts au Chili puis au Pérou d'Hydro-Québec, là. Tu sais, on a tué la poule. Tu sais, on n'aura plus d'oeuf, là, parce qu'on avait quelque chose qui nous rapportait de l'argent à toutes les années. Puis là, pour souper un soir, on a tué la poule. Mais les dividendes, là, l'oeuf à tous les matins, on ne l'aura plus. Les dividendes, à chaque année, de ces équipements, de ces barrages qui étaient devenus profitables, de ces projets qui étaient devenus profitables, on ne les aura plus.
Sur la question des cliniques privées, c'est bien intéressant, parce qu'à l'heure actuelle... d'abord, il ne faut pas dire que, le privé, il ne se développe pas au Québec. Le privé, que les libéraux et le PQ font semblant de dénoncer, ils le laissent rentrer par la porte d'en arrière. Or, aujourd'hui, le privé au Québec est pensé comme quelque chose qui entre par la porte d'en arrière uniquement pour les gens très riches. Nous, ce qu'on préconise, c'est un système vraiment mixte. Et, oui, on pense qu'un système mixte, public d'abord, avec un complément privé, avec des systèmes d'assurance, dans bien des domaines, serait beaucoup plus accessible à l'ensemble de la classe moyenne. Ce serait quelque chose qui serait beaucoup plus... comment je dirais, beaucoup plus efficace, beaucoup plus accessible, toujours en se souvenant que la classe moyenne, c'est des adultes. Les gens sont capables de faire des choix. Les gens veulent faire des choix. Les gens veulent que le gouvernement décide moins à leur place, leur laisse plus d'argent dans leurs poches puis leur laisse prendre plus de décisions personnelles.
Dans le modèle de la bureaucratie lourde, celui qu'on connaît, le gouvernement prend une grande partie de votre argent en taxes et en impôts, mais, de l'autre côté, il prend une grande partie de décisions pour vous en créant des monopoles puis en rétrécissant au maximum la liberté de choix des gens. Alors, nous, on pense à un modèle différent.

Journaliste: Je veux juste revenir sur deux items de votre liste de priorités. D'abord, le Protocole de Kyoto est bafoué par les conservateurs. D'autre part, l'encadrement du pouvoir fédéral à dépenser ne fait plus du tout partie de l'écran radar à Ottawa; ça a disparu. Est-ce que la performance de M. Harper à ce chapitre vous déçoit?

M. Dumont: Sur l'environnement, c'est clair qu'on aurait souhaité des actions différentes, il n'y a pas de doute là-dessus. Pour nous, c'est très important, le Protocole de Kyoto en fait. Et maintenant, on est rendus dans l'après Kyoto, mais c'est important d'avoir des cibles qui sont ambitieuses, puis c'est un enjeu, je vous dirais, là, qui... On parle d'enjeux de centre droite, de centre gauche, celui-là, il est universel, hein? C'est l'avenir de la planète, c'est vraiment quelque chose qui est universel, et on souhaite que l'élection permette aux différents partis fédéraux de se remouiller encore et de s'engager.
Sur la question du pouvoir fédéral de dépenser, je ne suis pas d'accord que ce n'est plus sur l'écran radar. Je comprends que... D'ailleurs, même M. Charest a enlevé la pression. Si je ne me trompe pas, c'est au congrès des jeunes - je ne veux pas me tromper de moment - où il a dit que le fait que le gouvernement était minoritaire, bien... Ça fait que lui-même, en tant que demandeur, il fournissait les excuses pour ne rien obtenir. Mais, nous, on ne pense pas ça, on pense que c'est encore sur l'écran radar, c'est encore une attente importante des Québécois. Et toute personne qui pense que l'autonomie du Québec c'est important, c'est un facteur clé. Tant que le fédéral a le pouvoir d'empiéter à n'importe quel moment, et je vais plus loin, pour moi, ce n'est pas seulement d'avoir ça dans une loi, ça doit un jour ou l'autre être constitutionnalisé, sans quoi une loi, là, le Parlement suivant est un gouvernement centralisateur, renverse la loi, part dans l'autre direction. La seule chose qui peut protéger le Québec contre des centralisations futures, c'est un pouvoir de dépenser balisé, constitutionnalisé.

Journaliste: Les conservateurs n'en parlent plus.

M. Dumont: Bien là on est en début de campagne, puis moi, je fais connaître mes attentes au nom de l'ADQ pour la campagne. Maintenant, vous les connaissez. Il en reste peut-être deux, trois même.

Journaliste: Aujourd'hui, on voit qu'il y a une candidate du Parti conservateur, Mme Barron, qui était porte-parole même de l'Opus Dei.

M. Dumont: Vous voulez voir... C'est ça?

Des voix: Ha, ha, ha!

Journaliste: Non. Quelle réflexion ça vous apporte, amène, ça?

M. Dumont: Bien, écoutez...

Journaliste: Est-ce que les partis peuvent être noyautés, influencés par ces gens?

M. Dumont: Bien, vous venez d'utiliser le bon mot, «noyautés». Si vous me disiez qu'il y a 19 candidats d'un même parti qui font partie d'un tel mouvement, je dirais: Woups! Une personne, je veux dire, de tous les partis, sur les 300 et quelques candidats qui se présentent à l'élection fédérale, individuellement chaque parti peut avoir des personnes qui sont membres de différents groupes.

Journaliste: Est-ce qu'à votre connaissance il y a des élus de l'ADQ qui sont proches de ce mouvement-là?

M. Dumont: Pas à ma connaissance, non, non, non.

Journaliste: Vous avez parlé d'une campagne de peur de la part du Bloc, mais est-ce que les conservateurs ne font pas aussi une campagne de peur avec leur publicité négative, très négative envers Dion? Est-ce que c'est quelque chose d'acceptable à vos yeux?

M. Dumont: Bien, la publicité négative est utilisée. Maintenant, quand je parle de campagne de peur, c'est les épouvantails à moineaux, là, tu sais, qui sont sortis en début de campagne à mon avis de la part de M. Duceppe, qui ont été jugés par plusieurs largement exagérés. C'est certain aujourd'hui, là, on vous présente des enjeux, c'est des enjeux positifs. Je pense que prioritairement les électeurs veulent voir les partis: Dites-nous ce que vous allez faire pour nous puis... Mais inévitablement, dans le débat politique, il arrive des points musclés de comparaison entre les programmes, de comparaison entre les visions, mais je pense que le Bloc en début de campagne a glissé en dehors de la comparaison, même de la comparaison musclée, entre les programmes, pour se lancer dans des épouvantails qui ne les a pas honorés.

Journaliste: Sur le CHUM...

M. Dumont: Oui, sur le CHUM, je vais laisser M. Caire, qui a bien suivi les péripéties du Dr Bolduc.

Journaliste: Sur le CHUM, c'est ça, il y a eu M. Béland qui dit que le projet est trop petit, il y a eu le ministre qui semble ouvrir la porte pour revoir le projet clinique du CHUM. Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Caire: Bien, pour revoir le projet clinique, je pense que, si vous avez bien suivi les déclarations du Dr Barrette, le président de la Fédération des médecins spécialistes, c'est qu'il ne connaît pas le projet clinique du CHUM, tout simplement. Et en fait, moi, je vais aller plus loin que ça, je pense que le ministre Bolduc ne connaît pas le projet du CHUM, tout simplement, puis pour moi c'est extrêmement inquiétant. Et je lui rappelle que l'ultimatum qu'on lui a lancé à notre dernier caucus arrive à échéance bientôt, donc ça va prendre un plan de redressement pour le CHUM, un plan de redressement concret, crédible et chiffré parce que, là, ce qu'on constate, c'est qu'il y a quelques semaines il ne connaissait pas le coût du CHUM, puis là il est prêt à augmenter les budgets. Donc, on est passé «de je ne sais pas combien ça va coûter» à «ça va coûter plus cher», sans qu'il n'y ait beaucoup de transition entre les deux. Donc, ça, c'est un autre enjeu aussi. Il va falloir, là, que le CHUM, on sache exactement à quelle enseigne on loge au niveau des coûts pour les citoyens. Et je vous rappelle les promesses qui ont été faites: d'avoir un centre hospitalier universitaire sur un, et un seul site, et ça, c'est fondamental comme enjeu. Et actuellement ce qu'on voit, c'est que là aussi il y a un glissement, donc le CHUM pourrait être dispersé sur quelques sites différents, et ça, à mon avis, c'est un gage d'échec. Parce qu'actuellement le dysfonctionnement du CHUM, une des raisons majeures, vous l'avez vue aujourd'hui, c'est justement parce qu'il y a l'Hôpital Saint-Luc, l'Hôtel-Dieu et Notre-Dame, donc plusieurs sites, et ça, c'est un facteur de dysfonctionnement pour un hôpital comme le CHUM. Donc, si, dans le nouveau CHUM, on reproduit le même facteur de dysfonctionnement, bien on aura les mêmes problèmes.

Journaliste: M. Dumont, vous plaidez pour la mixité. Les cliniques semblent, là, se préparer à s'installer autour pour faire une partie du travail. Qu'est-ce que vous en pensez, de ça?

M. Caire: Bien, pour moi, ce n'est pas ça, la mixité. La mixité de la pratique, c'est un système public qui est capable de donner les services à tous les citoyens, qui est renforcé par un système privé qui lui aussi est capable de donner des services. Actuellement, ce qu'on voit, c'est l'incapacité du CHUM à assumer le projet tel qu'il devrait être, et là on a toutes sortes d'ententes plus ou moins secrètes, plus ou moins claires, avec différentes cliniques privées, on l'a vu, le projet avec Pierre Garand, Garou, qui est assez mal défini en fait comme projet, Sedna au niveau de l'ophtalmologie.
Mais encore là le problème que j'ai avec ça, c'est que, si l'ophtalmologie s'en va dans une clinique privée, que ce soit privée, publique, c'est qu'on va disperser le CHUM. On est en train de disperser le CHUM: donc une partie de la psychiatrie à Notre-Dame, l'ophtalmologie dans une clinique privée, le CHUM à Saint-Luc. Donc, on s'enligne vers un projet où il y a plusieurs sites, ce qui est, je le répète, dysfonctionnel. Alors, que ce soit par le privé ou le public, ce qui est dysfonctionnel va demeurer dysfonctionnel.
Donc, sur la mixité de la pratique, on en a fait la promotion, M. Dumont vient de vous en parler, on va continuer à en faire la promotion parce qu'on pense que c'est la voie de l'avenir, mais il y a des mauvaises utilisations du privé aussi là.

La Modératrice: Yves Chartrand.

M. Chartrand (Yves): M. Dumont, vous avez abordé le sujet tantôt, vous avez parlé que Mme Boulet ne faisait pas grand-chose dans le domaine des ressources naturelles. Croyez-vous maintenant qu'il est temps qu'on parle de ce sujet-là? M. Béchard est absent encore pour plusieurs mois. Il y a des gros dossiers sur la table en énergie. La forêt, les mines, l'ouverture du Nord, ça relève tout des ressources naturelles. Là, par loyauté, semble-t-il, M. Charest garde M. Béchard en poste, mais croyez-vous là que ça devient un problème politique?

M. Dumont: Oui, mais il faut séparer ça complètement. M. Béchard a besoin de tout le temps, j'ai eu l'occasion de lui parler il y a une couple de semaines, il a besoin de tout le temps pour sa convalescence, ça, ce n'est pas en jeu.
Bien sûr, tout ministère doit avoir un titulaire, dans ce cas-ci, on l'a... un titulaire de responsabilités, minimalement. Dans ce cas-ci, on a confié ça à Mme Boulet. Et c'est là que j'entends sur le terrain que beaucoup de gens se demandent même si elle s'en occupe tout court, si elle s'est plongée dans les dossiers, si elle continue à les faire cheminer.
Je veux dire, l'État, le gouvernement, la machine doit fonctionner. Les projets qui sont en cours doivent se réaliser. Vous avez parlé des projets du Nord, ils sont importants dans une année économique qui est chambranlante. Alors, il y a certainement un appel, là, à Mme Boulet puis au premier ministre: d'abord, à elle à faire sentir sa présence et au premier ministre à bien s'assurer, là, qu'à l'heure actuelle ces dossiers-là sont en marche.
Parce que, sérieusement, la question se pose. On sort... En matière de forêt, on commence à voir paraître des pointes d'optimisme un peu, même pas pour la fin de cette année mais peut-être pour l'année prochaine. Alors, il ne faudrait sûrement pas que ça, ce soit rabattu par l'absence de vision ou de travail au niveau gouvernemental.

Journaliste: Il va y avoir une commission parlementaire qui commence à la fin septembre sur la réforme forestière. L'initiateur de la réforme ne sera pas là, ça va se faire sur le «cruise control», cette histoire-là?

M. Dumont: Remarquez, l'État, l'État est plus grand que chacun des individus qui y travaille, puis les choses doivent continuer, ça doit être comme ça. Maintenant, il ne peut pas y avoir personne qui s'en occupe, ça, le premier ministre a une responsabilité. S'il confie pour x mois une responsabilité à quelqu'un, ça ne peut pas être juste honorifique, ça doit être réel, une personne doit s'en occuper. Puis, si elle n'a pas le temps, bien, elle doit le dire vite, vite, vite, là, puis le premier ministre choisit quelqu'un d'autre. Il faut que le travail se fasse, ça, c'est incontournable.

Journaliste: M. Dumont, the Coalition Government in Ottawa wouldn't adopt all of this program. So, is this really about the federal election or is it positioning the ADQ for the next provincial election?

M. Dumont: It is about federal election but, of course, it reminds the people of the priorities that are ours. It's part of what we do in politics. But it's definitely through our vision of Québec. Those are all issues in which Québec cannot act solely, so those are issues on which federal actions are essential, federal actions are priority. And we hope that these issues: autonomy of Québec, health care, the economy, infrastructure, the environment, we hope that on those issues the federal parties will make proposals and discuss the issues in the way that will be satisfying for the people of Québec.

Journaliste: What is it about Stephen Harper and the Conservatives that make them so attractive to you?

M. Dumont: You would have to ask our members one by one. If you ask me, with regard to that, one clear positive element: Canada has been under the grasp of a lot of centralization, and suddenly a party that shows respect for the autonomy of the provinces, that is positive in the functioning of Canada as well as for Québec as a province.

Journaliste: You talked about the infiltration of federal parties. I can think of a group that's infiltrated the Conservative Party: Mme Verner, Mr. Blaney, Mr. Gourde, Mme Taschereau. They're all members of your party as well. Mr. Bernier was elected by adéquistes. How many members does the ADQ expect to elect in this federal election? And how much do you... In what extent will they help you win these points you advanced today?

M. Dumont: Yes. But the people you are mentioning didn't ask my permission. They happened, in the past, to be closer to the ADQ, but Messrs. Gourde, Blaney or others, they didn't ask my permission. They were in a personal engagement, and they decided to run federally, and then they got the support... they worked very hard and they got the support of their people in their ridings. So that's how it works, and that's how it will work again in this election.

Journaliste: Does that help you? People who are your members would also be federal members. Can they help you advance your agenda in Ottawa?

M. Dumont: Yes, that's positive. I think you know, in this campaign, that Claude Carignan, who is a founder of the ADQ and mayor of Saint-Eustache, will be running. In our mind, it's good news, but it's good news... You know, adéquistes are good people, they have good values, they are good people, they believe in the future of Québec, so whenever they are elected federally, whenever they are elected on a municipal level, that's all good news for Québec.

Journaliste: There's one person from the ADQ who's missing today. You're talking about the economy, infrastructure, spending power. Where's Mr. Taillon, your deputy leader and finance critic? He's not here this morning. Where is he?

M. Dumont: Ah! He's around. He was for a while... Like Mrs. Marois, he got a surgery a couple of weeks ago, and he was back to work yesterday. I talked to him yesterday, and he is in a quite good shape.

Des voix: Merci.

M. Dumont: Merci beaucoup. Bonne fin de journée.

(Fin à 11 h 14)