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Point de presse de Mme Dominique Vien, ministre responsable du Travail, M. Carlos J. Leitão, ministre des Finances, et M. François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Version finale

Le jeudi 19 janvier 2017, 9 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures deux minutes)

Mme Vien : Alors, bonjour à tous. Bienvenue à chacun et à chacune. Nous annonçons aujourd'hui une hausse de 0,50 $ du taux général du salaire minimum, pour atteindre 11,25 $ de l'heure, à compter du 1er mai 2017. Il s'agit d'une hausse de 4,65 % ainsi qu'une hausse progressive sur quatre ans, qui permettrait d'atteindre, en 2020, un ratio de 50 % entre le salaire minimum et le salaire horaire moyen, sans l'excéder.

Le taux payable aux salariés au pourboire passera de 9,20 $ à 9,45 $ l'heure, soit une augmentation de 0,25 $. Le taux octroyé aux cueilleurs de framboises passera, quant à lui, de 3,18 $ à 3,33 $ du kilogramme et celui des cueilleurs de fraises de 0,85 $ à 0,89 $ du kilogramme. Enfin, le taux attribué aux salariés oeuvrant dans certains secteurs de l'industrie du vêtement sera fixé au même niveau que le taux général, soit 11,25 $.

Ainsi, selon nos prévisions, le taux général du salaire minimum au Québec serait de 12,45 $ en 2020. Ceci correspond à des augmentations de 0,50 $ en 2017, 0,50 $ en 2018, 0,35 $ en 2019 et de 0,35 $ en 2020. L'augmentation de cette année sera supérieure à toutes celles qui ont été déterminées depuis 2010. En effet, au cours de ces années, les hausses ont varié entre 0,15 $ et 0,20 $. Au cours des années 2008, 2009 et 2010, notre gouvernement a annoncé trois hausses de 0,50 $ l'heure sans que cela ait eu des répercussions négatives sur l'emploi, malgré un contexte économique difficile, on s'en souvient. Si nous avions procédé comme avant, soit de mettre en place et de respecter un ratio de 47 %, la hausse aurait été de 0,15 $, soit un salaire minimum à 10,90 $ l'heure. Ainsi, pour l'année 2017‑2018, l'indicateur principal que constitue le ratio du salaire minimum sur le salaire horaire moyen sera de 48 %. Il est actuellement de 47 %. Il atteindra graduellement 50 % en 2020, sans l'excéder, puisque, selon des experts, il est le point de bascule à ne pas dépasser.

Cette intention de hausse progressive du salaire minimum sur quatre ans, une première dans l'histoire du Québec, résulte d'une vision à plus long terme et d'un désir de faire les choses autrement. La révision du salaire minimum découle d'un processus rigoureux dans la perspective d'un juste équilibre entre une rémunération équitable pour les salariés et la capacité de payer des entreprises québécoises. Notre réflexion a donc été animée par la volonté d'améliorer la qualité de vie des travailleurs à faibles revenus sans nuire, bien sûr, aux entreprises.

(Interruption)

Mme Vien : J'ai un petit peu de concurrence, hein? Si les entreprises ne sont plus capables de payer leurs employés et doivent diminuer les heures de travail ou, pire, les licencier ou encore mettre la clé sous la porte, nous ne sommes pas avancés. Nous pensons que le contexte économique nous autorise à faire plus et à faire mieux. D'une part, la bonne performance de l'économie québécoise telle que nous la connaissons actuellement doit aussi se traduire par le progrès social. C'est d'ailleurs une de nos valeurs libérales. Je vous rappelle que le Québec est le champion de l'emploi au pays en 2016 et que depuis notre arrivée au gouvernement, c'est au Québec que les entreprises ont créé le plus d'emplois, soit près de 160 000. Nous appuyons les entreprises québécoises pour qu'elles se modernisent et qu'elles se développent à leur plein potentiel. Nous favorisons la création de la richesse pour la redistribuer.

D'autre part, la décision prise par notre gouvernement suit une tendance déjà observée dans d'autres provinces canadiennes. Par exemple, en 2015, le ratio du salaire minimum sur le salaire horaire moyen était de 52 % à l'Île-du-Prince-Édouard, de 50 % au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse et de 40 % au Manitoba. Actuellement, le Québec occupe la sixième place sur 10 du ratio le plus élevé au Canada, également la sixième place quant au taux du salaire minimum le plus élevé. En mai 2017, le Québec sera en troisième position des provinces canadiennes en ce qui a trait au salaire minimum et, en octobre 2017, il occupera toujours la troisième place, mais cette fois-ci ex aequo avec la Colombie-Britannique et le Manitoba.

Le scénario du rehaussement à 50 % du salaire minimum par rapport au salaire horaire moyen présente plusieurs avantages. Pour les entreprises, il permettra une meilleure prévisibilité et leur donnera du temps pour s'adapter. Elles pourront aussi mieux planifier leurs investissements en main-d'oeuvre sans engendrer d'effet indésirable sur l'emploi.

La hausse fera également en sorte que 350 600 travailleurs profiteront d'une augmentation de leur pouvoir d'achat. Une personne travaillant au salaire minimum, dépendamment du nombre d'heures travaillées et de son type de famille, aura entre 254 $ et 655 $ net de plus dans ses poches annuellement et participera du coup ainsi davantage à l'enrichissement collectif.

Il est primordial que travailler au salaire minimum soit toujours plus payant que d'être sur l'aide de dernier recours. Donc, avec cette annonce aujourd'hui, on favorise l'incitation au travail, on favorise le respect de la capacité de payer des entreprises, le maintien de la compétitivité des entreprises, la réduction du taux de roulement de la main-d'oeuvre et finalement la prévention du décrochage scolaire.

Nous avons rencontré de nombreux groupes, autant du côté syndical, patronal, qu'associatif. Considérant leurs positions, nous avons opté pour l'équilibre. Permettez-moi de vous citer certains de leurs commentaires. Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques à la FCEI, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, disait ceci dans un communiqué de presse du 28 octobre dernier : «Parmi les cibles qui retiennent [...] l'attention du gouvernement, on note le ratio du salaire minimum sur le salaire horaire moyen qui doit se maintenir dans une fourchette entre 45 % et 50 %. L'histoire a montré que de sortir de cette fourchette entraîne des conséquences importantes sur l'économie.»

Le président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, tout récemment, le 9 janvier dernier, disait ceci : «Quant à l'enjeu du salaire minimum, M. Dorval souhaite qu'il ne soit pas porté au-delà de 50 % du salaire moyen pour respecter — je le cite — la capacité de payer des employeurs.»

Daniel Boyer, président de la FTQ, lors d'une émission Duhaime-Drainville, le 18 octobre dernier, qui souhaite d'ailleurs une hausse importante, disait ceci : «En 2009 et 2010, on a augmenté de façon substantielle le salaire minimum de 0,50 $ de l'heure chaque année. Nous sommes exactement au même endroit qu'eux.»

Au Québec, nos programmes sociaux généreux jumelés à notre fiscalité progressive contribuent de façon importante à l'amélioration de la qualité de vie des personnes les moins favorisées de la société. Conséquemment, le revenu disponible des familles québécoises à bas revenus est plus élevé que n'importe où ailleurs au Canada en raison justement de notre filet social. La hausse du salaire minimum s'inscrit en cohérence avec le Plan d'action gouvernemental pour la solidarité et l'inclusion sociale qui a été prolongé, vous le savez, jusqu'au 31 mars 2017 et dont mon collègue François vous parlera davantage un petit peu plus tard.

Je tiens à vous rappeler que le taux d'assistance sociale en octobre 2016 était à 6,2 %, un plancher historique. Qui plus est, j'ai annoncé avant les fêtes une baisse du taux de cotisation pour le volet normes du travail de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail. Ainsi, depuis le 1er janvier 2017, ce taux est passé de 0,08 % à 0,07 % de la masse salariale des employeurs assujettis en vertu de la Loi sur les normes du travail. Pour les employeurs québécois, ces diminutions représentent une économie annuelle de 9 millions de dollars.

Avec ce que nous annonçons aujourd'hui, nous avons su atteindre l'équilibre afin de mieux soutenir les salariés à plus faibles revenus tout en s'assurant de ne pas nuire à la croissance des entreprises québécoises. En liant le salaire minimum avec le salaire horaire moyen, c'est ainsi la vigueur économique du Québec qui fixera en grande partie le salaire minimum.

La fixation du taux du salaire minimum fera toujours l'objet de décisions annuelles pour s'ajuster, justement, à l'économie québécoise, et notre intention, atteindre 50 % du salaire minimum sur le salaire moyen sur quatre ans, sans l'excéder, est une intention qui sera donc respectée en fonction du contexte économique. Notre position représente une solution juste, réfléchie, bénéfique et adaptée à notre situation économique. Merci beaucoup.

M. Leitão : Merci, Dominique. Alors, messieurs mesdames, bonjour, chers collègues. Nous procédons aujourd'hui à une annonce importante, et il me fait plaisir de participer à cette annonce. La hausse annoncée du salaire minimum constitue un geste significatif auquel je souscris pleinement. Nous le faisons de façon responsable et rigoureuse en respectant l'équilibre entre l'amélioration de la qualité de vie des travailleurs et la compétitivité de nos PME qui soutiennent l'emploi et l'économie.

L'augmentation annoncée pour le salaire minimum va permettre d'améliorer le revenu disponible des personnes à plus faibles revenus. Mais, lorsque nous parlons de revenu disponible, il ne faut pas se limiter seulement aux revenus de marché, aux revenus de travail. En effet, le revenu disponible prend en compte tous les transferts gouvernementaux, c'est-à-dire les mesures de soutien au revenu. À cet égard, comme Dominique l'a mentionné, le Québec est reconnu comme un leader ayant un des systèmes de soutien au revenu les plus complets et les plus généreux en Amérique du Nord. À titre d'exemple, rappelons que notre gouvernement a mis en place, en plus des transferts sociaux et fiscaux, d'autres mesures comme, par exemple, le crédit d'impôt solidarité, qui est particulièrement efficace, mais aussi la prime au travail, le bouclier fiscal et, qui sait, peut-être d'autres mesures pourraient voir le jour dans un budget prochain.     

Nous allons continuer à poser des gestes structurants pour encourager le travail et soutenir les familles québécoises. La santé économique et financière que nous avons rétablie au Québec nous donne les moyens de faire des choix au bénéfice des Québécoises et des Québécois. D'un autre côté, toute augmentation du salaire minimum doit prendre en compte l'impact potentiel sur la compétitivité des entreprises, notamment des PME québécoises. Ce sont les PME qui créent près de 80 % des nouveaux emplois et ce sont ces nouveaux emplois qui contribuent à améliorer les conditions de vie de nos familles.

Depuis notre arrivée au gouvernement, nous avons annoncé un allègement du fardeau fiscal des PME de l'ensemble des régions et des secteurs de près de 1,3 milliard de dollars. Au cours des prochains mois et des prochaines années, nous allons continuer à suivre la situation de près et à nous assurer que l'ensemble des entreprises profiteront d'un environnement d'affaires compétitif, propice à la création d'emplois de qualité et à la prospérité de tous les travailleurs et travailleuses du Québec. Merci beaucoup.

M. Blais : Alors, bonjour à tous. Au cours des derniers mois, le Québec a pris part à un important et essentiel débat entourant la question du soutien offert aux travailleurs à faibles revenus. Depuis le début de son mandat, notre gouvernement mène des réflexions afin d'améliorer la situation de ces travailleurs car, en effet, il ne faut pas penser que les problématiques liées à la pauvreté sont uniquement l'affaire de personnes sans emploi.

Parallèlement, il ne faut pas non plus penser que la hausse du salaire minimum représente la seule action à entreprendre pour venir en aide aux travailleurs à faibles revenus puisque, comme l'ont mentionné ma collègue et mon collègue, il faut tenir compte de la capacité de nos entreprises et aussi des importants mécanismes de transfert mis en place au Québec et qui font en sorte que la province de Québec est aujourd'hui au deuxième rang en termes de taux de pauvreté, un peu après l'Alberta.

Au cours de la dernière année, notre gouvernement a mené des consultations publiques afin d'écouter ce que la population, les organismes avaient à dire sur les enjeux économiques et sociaux qui touchent notamment la lutte contre la pauvreté, contre l'exclusion sociale. Nous avons d'abord mené, de novembre 2015 à juin 2016, une consultation publique en vue de l'élaboration du troisième plan de lutte et d'action... en matière de lutte, pardon, contre la pauvreté et l'exclusion sociale. L'objectif de cet exercice était de consulter la population et des partenaires sur les enjeux prioritaires à considérer dans l'élaboration de ce troisième plan d'action gouvernemental, notamment en ce qui concerne le renforcement du filet de sécurité sociale et économique. Cette consultation publique a permis au gouvernement du Québec de recevoir d'intéressantes propositions de la part de la population et de différents organismes.

Des travaux sont actuellement en cours afin de finaliser le prochain plan d'action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté et d'exclusion sociale. Et le contexte économique est très favorable, vous le comprenez bien, un plan audacieux, et efficace, et bien circonscrit.

Nous avons également procédé, cet automne, à la mise en place d'un comité d'experts chargé d'évaluer les mécanismes liés au principe d'un revenu minimum garanti digne du XXIe siècle. Ce comité d'experts est présidé par Mme Dorothée Boccanfuso, professeure titulaire au Département d'économique de l'École de gestion de l'Université de Sherbrooke. Elle est appuyée par deux spécialistes du domaine des politiques publiques liées au soutien du revenu, soit M. Jean-Michel Cousineau, économiste, professeur titulaire à l'École des relations industrielles de l'Université de Montréal, et de Mme Raquel Fonseca, professeure agrégée au Département des sciences économiques de l'école des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal.

Ce comité a entrepris l'analyse des différents transferts actuellement destinés aux personnes, aux familles, de manière à poser un diagnostic sur le régime québécois de soutien du revenu. Il formulera, à terme, des recommandations au gouvernement du Québec afin d'améliorer le régime québécois de soutien du revenu, de réduire les inégalités sociales et de tendre vers l'instauration d'un revenu minimum garanti, encore une fois, digne du XXIe siècle.

Les démarches entourant l'instauration de ce revenu minimum garanti et l'élaboration d'un nouveau plan d'action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale ont un point en commun : elles visent à agir de façon structurée, cohérente sur le renforcement du filet social des personnes à faibles revenus, qu'elles soient au travail ou sans emploi.

Historiquement, la hausse du salaire minimum a été partie prenante des plans d'action gouvernementaux en matière de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Les révisions annuelles du salaire minimum, par exemple, ont d'ailleurs été introduites dans le plan d'action gouvernemental pour la solidarité et l'inclusion en 2010. Notre gouvernement a pris le temps d'écouter l'ensemble des intervenants. Nous prenons et prendrons maintenant le temps de mettre en place les actions nécessaires afin d'améliorer la situation des personnes à faibles revenus. Je vous remercie.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Alors, on va pouvoir passer aux questions des journalistes. Deux questions, s'il vous plaît, par journaliste et juste dire de qui vous venez.

M. Laforest (Alain) : Alain Laforest, TVA. Bonjour, Mme Vien, M. Blais, M. Leitão. Je vais me permettre deux questions... je vais m'en permettre trois dans deux, si vous voulez, parce que je voudrais avoir une réaction de chacun de vous. Mme Vien, je vais vous laisser placer vos papiers.

Mme Vien : Oui. Merci, vous êtes fin. Je vous en prie, allez-y.

M. Laforest (Alain) : Pas de problème. Avec une augmentation de 4,6 % du salaire, est-ce que vous craignez que les petites PME ferment ou doivent mettre à pied des travailleurs?

Mme Vien : Non, le risque zéro, M. Laforest, n'existe pas. On va être francs avec vous, on est bien conscients qu'à chaque fois qu'on prend une décision d'augmenter le salaire minimum, ça peut avoir un impact.

Maintenant, nous, ce qu'on dit, c'est que la performance économique au Québec est à ce point bonne, est à ce point dynamique, est à ce point rafraîchissante également... Les emplois se créent par le domaine privé, les investissements également sont au rendez-vous. On est parmi les meilleurs au Canada. Alors, la situation économique... donc, les conditions sont réunies, effectivement, pour que nous procédions à une augmentation de 0,50 $ en 2017 et d'atteindre ce 50 % sur quatre ans en 2020.

Également, on s'inscrit aussi, M. Laforest, dans une tendance... Quand on parle de compétitivité, là, c'est important de le rappeler, on s'inscrit aussi à l'intérieur d'une tendance canadienne qui est... je n'aime pas beaucoup qualifier, là, mais qui est presque lourde, là. Alors, les provinces canadiennes s'acheminent, certaines y sont déjà, plusieurs s'acheminent vers un ratio de 50 % du salaire minimum sur le salaire horaire moyen. C'est vous dire toute la confiance qui existe au niveau économique, mais aussi c'est vous dire à quel point d'augmenter le salaire minimum des gens qui sont les moins bien rémunérés, disons ça comme ça, c'est un retour aussi à l'économie. Alors, ce qui nous fait dire, les professionnels au ministère, les experts...

D'ailleurs, les commentaires que nous entendions ce matin sur les différents réseaux sont à l'effet qu'effectivement ce qui va être réinjecté dans l'économie va se traduire par une stimulation de l'économie. Alors, c'est très positif. Nous, on n'a pas de crainte à ce niveau-là. Le risque zéro n'existe pas, mais on n'a pas de crainte.

M. Laforest (Alain) : Une pour M. Leitão. Vous allez vous faire poser la question. Vous n'allez pas nous donner un début de ce que vous allez nous annoncer en mars avec votre budget, M. Leitão, mais est-ce que les entreprises pourraient s'attendre, comme elles le réclament, entre autres les PME, à des allègements fiscaux, compte tenu qu'il y a une augmentation qu'ils devront absorber?

M. Leitão : Écoutez, la réponse à votre question, c'est qu'il faut attendre au mois de mars, il faut attendre au mois de mars pour voir le budget. Il y a toujours de l'espoir. Et d'ailleurs la position cyclique dans laquelle le Québec se trouve maintenant est très favorable, c'est-à-dire on a eu une création d'emplois très forte en 2016. Donc, la situation financière est très bonne aussi au Québec. Nous avons, depuis 2014, mis en place un processus d'allègement fiscal pour les entreprises, particulièrement les PME et particulièrement les taxes sur la masse salariale. C'est dans cette direction-là que nous allons continuer à agir, sachant très bien qu'il y a quand même des limites jusqu'où on va aller, mais nous voulons continuer d'alléger le fardeau fiscal des entreprises, surtout des PME, et surtout les charges fixes comme les taxes sur la masse salariale.

M. Laforest (Alain) : Une petite dernière pour M. Blais. À 4,6 % d'augmentation, ça veut dire quoi, quel impact ça va avoir sur ceux qui sont justement sous le soutien du revenu? On sait que vous avez pris des mesures quand même assez radicales pour forcer les gens à retourner au travail. Est-ce qu'une augmentation du salaire minimum, vous prévoyez qu'il va y avoir plus de gens qui vont retourner en emploi?

M. Blais : Bien, il y a une règle d'or surtout avec un programme comme l'aide sociale, ce n'est pas le cas pour tous les programmes de transfert, mais comme l'aide sociale, de garder un certain écart, hein, entre le salaire minimum, le salaire de base et, bien sûr, les revenus de l'aide sociale. Cet écart-là, bien sûr, il est maintenu, il est même renforcé. Donc, ça encourage normalement les gens, là, à quitter l'aide sociale pour aller sur le travail. Donc, cet écart-là est une bonne chose en soi. Qu'il soit renforcé, ça devrait permettre, favoriser la sortie de l'aide sociale pour ceux, bien sûr, qui le peuvent.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour, Mme Vien. Patrick Bellerose du Huffington Post Québec. Est-ce qu'on doit comprendre que le débat sur le revenu minimum à 15 $... le salaire minimum, pardon, à 15 $ est clos pour vous?

Mme Vien : Est...

M. Bellerose (Patrick) : Est clos pour vous?

Mme Vien : Ah! bien, écoutez, si on suit la logique de ce qu'on vous a présenté ce matin, on devrait arriver à 15 $ de l'heure la journée où le salaire horaire moyen sera à 30 $.

M. Bellerose (Patrick) : Et donc pourquoi ne pas avoir accepté la demande de plusieurs groupes de hausser le salaire minimum à 15 $ de l'heure?

Mme Vien : Non. Bien, rapidement, on a été clairs puis on a été francs en disant que nous ne pouvions pas augmenter le salaire minimum de 40 % d'un seul coup, de passer, d'une année à l'autre, à 40 % d'augmentation. Je pense que, là, on aurait effectivement posé un geste qui aurait été catastrophique, et ce n'est pas du tout dans ces eaux-là qu'on se situe.

Nous avons rencontré nombre de groupes, qu'ils soient associatifs, syndicaux ou patronaux, et les gens comprenaient bien cela, là. Même la FTQ ne demandait pas un 15 $ du jour au lendemain, là. Je pense que c'était utopique de penser que nous pouvions aller dans ce sens-là.

Ce que nous proposons aujourd'hui, c'est très équilibré, c'est prudent, c'est flexible. C'est sur quatre ans, quatre ans si la situation économique nous le permet, mais l'intention politique, elle est là. C'est d'augmenter le pouvoir d'achat de ces gens qui sont au salaire minimum, tout en respectant la capacité de payer de nos entreprises. Ça aussi, c'est important de le considérer.

M. Robillard (Alexandre) : Bonjour, Mme Vien. Alexandre Robillard, La Presse canadienne. Mme Vien, les avocats et notaires de l'État vous demandent d'envoyer des enquêteurs au ministère de la Justice puis à l'Assemblée nationale sur la base d'allégations qu'il y a des briseurs de grève qui ont été embauchés. Donc, qu'est-ce que c'est, votre réponse?

Mme Vien : Bien, écoutez, ce geste-là a déjà été posé il y a quelques semaines. Le ministère, chez nous, quand il reçoit une demande comme celle-là, passe à l'analyse. Alors, je pense que c'est en analyse actuellement au ministère. J'ai été informée effectivement, comme vous, là, que les juristes de l'État se plaignent d'embauche de scabs. Alors, c'est quelque chose qui va être analysé chez nous.

M. Robillard (Alexandre) : Donc, puis il y a eu… Vous avez déjà fait une demande, c'est ça?

Mme Vien : Excusez-moi.

M. Robillard (Alexandre) : Est-ce qu'ils avaient déjà fait une demande…

Mme Vien : En fait, sur un autre dossier qui avait été publicisé, qui avait été dans l'espace public, il y a plusieurs semaines, là. Alors, tout simplement, la procédure, c'est de l'envoyer chez nous, puis, quand ça arrive, on l'analyse tout simplement.

M. Robillard (Alexandre) : O.K. Maintenant, est-ce que vous êtes d'avis que, comme l'envisage le Parti québécois, qu'il faut resserrer les dispositions anti briseurs de grève dans les lois du travail?

Mme Vien : Bien, c'est un dossier effectivement sur lequel on… En fait, c'est un dossier qu'on a regardé quand nous sommes arrivés au ministère du Travail. C'est un dossier qui fait partie d'autres affaires qui sont sur ma table à dessin. Alors, au moment venu, si nous décidons d'aller ou de poser un geste dans ce dossier-là, nous vous le ferons savoir. Mais, au moment où je vous parle, je n'ai pas ce dossier-là sur ma table au moment où je vous parle.

M. Robillard (Alexandre) : Est-ce que vous trouvez que c'est suffisant actuellement ce qui est dans…

Mme Vien : Ah! moi, je ne commente pas ça ce matin. On parle du salaire minimum aujourd'hui. Merci.

M. Dion (Mathieu) : Mathieu Dion, Radio-Canada. Vous avez des projections d'ici 2020. Si je comprends, ce sont des projections. Quelles sont les garanties réelles qu'on va vraiment atteindre ce chiffre-là d'ici 2020, le 12,45 $ l'heure?

Mme Vien : C'est une intention qu'on vous présente aujourd'hui, une intention d'arriver, en 2020, à 50 % comme ratio du salaire minimum sur le salaire horaire moyen. Or donc, selon les informations que nous avons, les prévisions du ministère des Finances, des statistiques de Statistique Canada, de l'Institut de la statistique du Québec, des études — il y en a beaucoup, on a des professionnels au ministère qui font des projections — alors il n'y a pas une garantie totale, béton, que nous allons arriver, en 2020, à ce 50 % et aux augmentations dont je vous parle ce matin, puisque, comme je vous le répète, nous allons refaire l'exercice année après année.

Nous allons fixer le salaire minimum annuellement par le Conseil des ministres, et, si la situation économique continue à bien se comporter, d'en avoir les bons fruits comme nous en avons aujourd'hui, nous sommes assez convaincus d'arriver à destination, tel que je vous le présente ce matin, en 2020, mais la garantie totale n'existe pas.

M. Dion (Mathieu) : Faire de telles projections, c'est assez inhabituel, si j'ai bien compris.

Mme Vien : C'est la première fois.

M. Dion (Mathieu) : N'êtes-vous pas en même temps en train de vous lier les mains, même si vous dites que ce sont des projections?

Mme Vien : Pas du tout, pas du tout. Non, non, pas du tout. Il n'y a pas personne au Québec... Tout le monde va comprendre le gros bon sens que si, effectivement, on tombe dans une situation économique qui est intenable, une crise financière, une crise économique, si, d'aventure, on se trouvait dans une situation qui est autrement que celle qu'on connaît aujourd'hui, tout le monde va bien comprendre qu'on va devoir revoir notre plan de match.

Je pense que la seule chose qui pourrait arriver, c'est que le plan de match soit retardé, mais très sincèrement, au moment où je vous parle, mes collègues et moi, on est assez convaincus qu'en 2020 on devrait y arriver. Mais il y a toujours des impondérables quand on est en économie, hein? Alors, ça, il faut en tenir compte puis il faut être assez franc pour le dire aussi.

M. Gagnon (Marc-André) : Bonjour. Marc-André Gagnon du Journal de Québec.

Les salaires à pourboire vont augmenter seulement que de 0,25 $, là. Or, les gens ne recevront pas nécessairement plus de pourboire qu'ils en reçoivent déjà. Alors, comment expliquer que la hausse du salaire minimum, dans leur cas, se situe à la moitié de ce qu'on donne aux autres?

Mme Vien : On revient à une situation qui a toujours existé au Québec, de 1972 à je ne me souviens plus quelle année, là, je pense que c'est à la fin des années 90, M. Gagnon, on pourrait vous le vérifier, là, où il y avait un écart de 20 % entre le salaire du taux général du salaire minimum et le salaire minimum à pourboire, de sorte que ça laissait une marge de manoeuvre aux propriétaires de restaurants de ramener une certaine équité à l'intérieur de leurs commerces, de leurs restaurants.

C'est une demande qui nous est faite par l'Association des restaurateurs du Québec de revenir à cet écart. Ce qu'ils nous demandent, c'est, sur quatre ans, est-ce que c'est possible de revenir à cet écart de 20 %, et ce à quoi nous avons dit oui, tout simplement.

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que c'est plus difficile dans le milieu de la restauration que...

Mme Vien : Bien, on dit que les serveurs à pourboire gagnent deux à trois fois le salaire le salaire minimum, puis c'est considéré comme du salaire au Québec. Alors, évidemment, les entrepreneurs, les propriétaires de restaurants doivent payer les charges sociales qui y sont attachées. Alors, il y a une espèce de situation qu'on retrouve chez les restaurateurs qu'on ne retrouve pas nulle part ailleurs dans les autres commerces.

M. Gagnon (Marc-André) : Si je peux me permettre, vous avez une collègue qui annonce son départ ce matin, Françoise David. Je pense notamment à vous, M. Blais, qui avez collaboré, travaillé de près avec Mme David en commission parlementaire sur différents projets de loi.

M. Blais : Alors, je ne sais pas si c'est annoncé, mais je pense que ça va être annoncé bientôt.

M. Gagnon (Marc-André) : C'est confirmé en tout cas, oui.

M. Blais : Alors, d'abord, c'est une grande dame de la politique. On a travaillé pas mal ensemble sur le projet de loi n° 70. On a souligné souvent les désaccords que nous avons eus ensemble, mais, vous savez, on a eu aussi d'excellentes discussions qui nous ont permis d'améliorer le projet de loi sur plusieurs facettes. On s'est entendus aussi sur plusieurs facettes avec elle. Donc, bien sûr, je tiens à lui rendre hommage comme il faut rendre hommage à tous les hommes et les femmes, là, qui se livrent au combat politique comme elle l'a fait.

M. Leitão : Si je peux aussi commenter là-dessus, en effet, j'ai connu Mme David en 2014 et, en effet, je veux aussi saluer sa contribution à la politique québécoise et surtout le style qu'elle a amené à l'Assemblée nationale, toujours très posée, toujours très respectueuse. Et ce style-là va nous manquer un petit peu, mais je lui souhaite la meilleure des chances dans ses nouvelles activités.

Mme Vien : Salut, Françoise. Merci pour la belle contribution. Elle nous manquera, bien sûr, hein? Elle amenait un point de vue qui n'était pas toujours le mien ou celui de mes collègues, mais, comme le disait Carlos, la façon qu'elle amenait les choses, la façon de dire les choses, c'était une femme remarquable. On l'a bien aimée à l'Assemblée nationale, alors bonne chance pour la suite des choses. Merci. Merci beaucoup. Ah! pardon, excusez-moi.

M. Chouinard (Tommy) : ...dernière intervention en français. Tommy Chouinard, LaPresse.

Vous savez, en fin de semaine dernière, le Parti québécois a présenté sa proposition de nouveau programme politique. Il s'engage à faire porter le salaire minimum à 15 $ l'heure d'ici 2022, donc au terme d'un éventuel mandat. Est-ce que c'est un scénario dangereux?

Mme Vien : Bien, je ne sais pas sur quoi ils se basent pour 15 $, 2022. Je ne sais pas c'est quoi leur analyse. Je vais leur laisser ça à eux. Moi, mon analyse ce matin, c'est qu'on ne va pas à 15 $ maintenant, on ne va pas à 15 $ la semaine prochaine. On va être à 15 $ quand le salaire moyen au Québec sera à 30 $.

M. Chouinard (Tommy) : ...M. Leitão, sur la même question.

Mme Vien : Non, je ne commenterai pas les réflexions du Parti québécois.

M. Chouinard (Tommy) : Vous êtes bien au fait des perspectives économiques, M. Leitão. Est-ce que c'est une option, un scénario dangereux?

M. Leitão : Je suggère au Parti québécois de lire les rapports, les études faites à cet égard-là par Pierre Fortin. C'est la seule chose que je leur suggère de faire.

M. Blais : Moi, je serais aussi prudent à la place du Parti québécois. Je vous rappelle qu'en 18 mois, lors de leur dernier passage au pouvoir, je crois qu'il s'était perdu autour de 20 000 emplois. Il me semble que c'est le genre de mesures pour continuer dans cette voie.

M. Chouinard (Tommy) : Une précision dans le dossier des juristes de l'État. Mme Vien, je veux savoir, vous avez dit que les requêtes sont sous analyse. Est-ce que ça veut dire, ça, une enquête en bonne et due forme, ça?

Mme Vien : Non, non, non. Bien, en fait, il faut... Bien, c'est une vérification. Est-ce que les prétentions des juristes sont ce qu'ils pensent que c'est? Alors, il faut vérifier tout ça.

Je ne sais pas s'il y a entrée au bureau au moment où on se parle, mais, en tout cas, ça sera, à ce moment-là, sous analyse. C'est au ministère du Travail de vérifier si effectivement une personne qui est considérée comme un scab par un groupe c'en est un. Alors, c'est ce qu'on va... briseur de grève, excusez-moi. C'est ce qu'on va vérifier. Pardon, excusez-moi.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. Maya Johnson, CTV News.

Mme Vien : Mon anglais est très quelconque, madame.

Mme Johnson (Maya) : Est-ce que vous êtes à l'aise en anglais ou est-ce que...

Mme Vien : Pas vraiment.

M. Leitão : It's OK. Go ahead.

Mme Vien : Toute seule, je suis à l'aise.

M. Leitão : Go ahead.

Mme Johnson (Maya) : OK. So I will direct my questions then to you, Mr. Leitão. You said in the past that the $15 an hour was an arbitrary figure, and, Mme Vien, you just said that it would have been catastrophic if you had gone up in one shot by 40%. Why do you say that?

M. Leitão : Well, we always said… I always said, and we always said in the Government that $15 an hour is an arbitrary figure, that the link has to be made between minimum wage and the average wage. And what we are saying today is that, over a four-year period, we intend to go towards 50%. We are now around 47%. Our minimum wage is about 47% of the average wage, and, over the next four years, we intend to go towards 50% and reach 50% in 2020.

That's our objective, and I think that's what needs to be done. Anything beyond 50% is dangerous, to take the words of one of your colleagues, for the financial health of small businesses in Québec. So we intend to stay at about 50%.

Mme Johnson (Maya) : Can you explain what measures will be put in place to ensure that small and medium-size businesses are able to adjust to these changes?

M. Leitão : OK. Before we made this announcement, we consulted both, you know, the labor unions, the business groups, etc., and we came to the conclusion that our path, $0,50 now, $0,50 new year, $0,35, $0,35, that path is sustainable and is within the capacity of businesses to take that stance.

At the same time, we will also continue to provide fiscal relief to small businesses. We are going to do that in any case. We've started doing that in June 2014, in our first budget, especially putting an emphasis on lowering payroll taxes, and we want to continue to go in that same direction in the next couple of years.

Mme Johnson (Maya) : If I may, just one final question. Of course, Françoise David was lobbying very hard for $15 an hour; now, we know that she will be leaving politics. What do you have to say about her contribution to politics in Québec?

M. Leitão : Well, her contribution to politics, I think, is very impressive. As I said before, and my colleagues, both of them reiterate that, we will miss Mme David at the National Assembly for her style of conducting politics, her tone always very respectful of everybody, without, you know, without giving up on her convictions. She was a person of convictions, but she was able to express her opinions and her views in a way that facilitated dialog, and I will personally miss that aspect.

We always had very fruitful prebudgets consultations and so we will miss, I will miss her, and I think, at the National Assembly, we will miss her style, and I just hope that we can continue in that same tradition. Thank you.

M. Hicks (Ryan) : Ryan Hicks, CBC News. What would have been dangerous about that path of $15 an hour if you had taken that path? What would have been dangerous?

M. Leitão : Well, again, there have been many, many studies that have been done on that subject, and, as I told one of your colleagues, I recommend that, you know, people, and political parties, and labor unions take a good look at the work done by Pierre Fortin, an economist that is not necessarily associated with the Government, the work that he has done on this topic for a number of years.

And an increase in the minimum wage that is too quick, too rapid, and that is disconnected from the average wage in the economy, will necessarily have a very damaging impact on businesses and on job creation. So we have to consider minimum wage within the capacity of businesses to pay and having a link, a direct link with the average wage in the economy. That's why the minimum wage in Québec is going to be different from the minimum wage in New York, or in Seattle, or in California, because in those areas, the average wage is much higher than what it is in Québec. So it has to be always relative to the capacity of the economy to pay those wages.

M. Hicks (Ryan) : And what factors did you take into account to come to these increases?

M. Leitão : Well, as I Mme Vien pointed out, her ministry, in association with our ministries, conducted a number of consultations and a number of analysis to make sure that, you know, what would be the ideal path to get to 50% of the average wage over how long a period within the capacity of businesses to take that hit, and we came to the conclusion that, over a four years period, it is sustainable to get to 50 % of the average wage.

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning. I've read some of those studies. In fact, I did a story a while ago, not about the minimum wage but what people often refer to as a living wage or a negative income tax program. Are you familiar with that kind of system, with…

M. Leitão : My colleague has done some work on that actually, for a number of years.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Would that be something that your Government would be interested in implementing in order to combat poverty?

M. Leitão : Perhaps I will let François explain that because he did mention that we are working, he's working on a new strategy to combat poverty. I would just add to that that the minimum wage is one element. What really is important is to look at the disposable income of workers. And, because of our rather generous social welfare safety net, the transfers that we have, the disposable income of Québec workers is actually higher, amongst the highest in North America. François, you could address the question of the…

M. Blais : Certainly, to fight poverty is very important to have wage, hein,  and to have jobs to fight poverty, but it's important and we know that, in Province of Québec, to have a good fiscal system to reduce weight, and we work on different possibilities, hein, about the annual guarantied income, and negative income tax is a possibility.

Actually, we have a kind of negative income tax. It's «crédit d'impôt pour solidarité». It is possible to improve «crédit d'impôt pour solidarité» or to go for other possibilities. This is why we are studying now.

Mme Fletcher (Raquel) : Can we expect a timeline on that?

M. Blais : No. It's too early.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Thank you.

Mme Plante (Caroline) : I have a final question. Caroline Plante from The Gazette. Going back to Mrs. David, do you worry at all that her departure will facilitate convergence between Québec solidaire and the PQ? Because the PQ's Sylvain Gaudreault just said that it will make it much easier.

M. Leitão : Well, that's a question I will leave that to the good care of the PQ. Let them fight it out. I have no interest in that. Well, we'll see, and then I guess there will be a very clear test to that in the upcoming by-elections. So we'll see. I have no comments on that.

Mme Plante (Caroline) : What's your analysis on what the impact of her departure could mean on the political scene?

M. Leitão : Well, I again have no comment on the political scene, but, as I said before, personally, and I think my colleagues also share that view, we will all miss Mme David and we will miss her style of doing politics, and I think it's incumbent upon all of us, of all MNAs, to try and maintain that style of being respectful, sticking to your guns, sticking to your opinions and your points of view, but we don't have to be disagreeable with each other, we can have a conversation amongst adults. And so I will certainly try to continue in that tradition.

Mme Plante (Caroline) : Do you anticipate movement or shifts or Québec solidaire going…

M. Leitão : Well, that's a good question for you to ask them. Thank you.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 9 h 43)