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Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition

Version finale

Le lundi 30 janvier 2017, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures deux minutes)

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Je suis accompagné des députés de la CAQ de la région de Québec. Tout le monde et surtout les gens de la grande région de Québec sont en deuil aujourd'hui. Comme père de famille, comme chef de parti, comme Québécois et comme être humain, j'éprouve une profonde tristesse pour toutes les familles touchées par l'horrible attentat d'hier à Québec. J'éprouve une profonde tristesse pour la grande famille élargie des Québécois de confession musulmane. Des pères, des mères, des enfants sont sous le choc aujourd'hui, s'apprêtent à vivre un deuil douloureux.

Je veux que vous sachiez qu'on est de tout coeur avec vous. Tout le Québec partage votre deuil. Il faudra, bien sûr, faire la lumière sur ce qui s'est passé, sur ce qui a déclenché une pareille folie, mais une chose est certaine, la violence, cette violence meurtrière, est absolument injustifiable. Ce qui est important aujourd'hui, c'est la solidarité et l'unité de tous les Québécois, la solidarité avec les familles touchées et l'unité des Québécois contre toute violence, contre la terreur et contre la bêtise meurtrière.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre les questions, à commencer par Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : M. Legault, MM. les députés. M. Legault, concernant l'islam, le discours, est-ce que ça va vous amener à changer votre discours, hein, avec ce qui vient de se passer, là, tout près de nous?

M. Legault : Non. Écoutez, d'abord, il faut se garder de sauter trop rapidement aux conclusions. Il faut continuer de débattre des meilleures façons de lutter contre l'extrémisme, et le terrorisme, ça cherche à faire taire des gens, à avoir une seule opinion. Donc, le terrorisme, c'est le contraire de la démocratie, et arrêter de débattre démocratiquement, ce serait donner raison aux terroristes.

Mais aujourd'hui, ce n'est pas le temps de parler des meilleurs moyens de lutter contre l'extrémisme. Ça sera le temps de revenir à ces débats dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, mais aujourd'hui, la meilleure façon de répondre à la violence, c'est d'être tous unis contre cette violence barbare, puis la seule chose à laquelle on doit penser aujourd'hui, c'est l'immense tristesse pour les familles touchées et avoir une grande solidarité envers la communauté musulmane.

M. Laforest (Alain) : La communauté musulmane a dit aujourd'hui que les partis politiques avaient une certaine part de responsabilité dans ce qui se passe actuellement à l'effet qu'ils soient ostracisés. Donc, je comprends que vous voulez poursuivre le débat, mais actuellement, là, il faut tempérer un peu le discours. C'est ce que je comprends?

M. Legault : Bien, je pense qu'aujourd'hui, hein, on doit penser aux familles, mais, si on arrêtait de débattre des meilleurs moyens de lutter contre l'extrémisme, ça serait de donner raison aux terroristes. Et l'acte qu'on a vu hier soir, c'est un acte de terrorisme. Donc, il ne faut pas leur donner raison. Il faut défendre la démocratie et il faut être prudent avant d'arriver aux conclusions des motifs qui ont amené ce geste hier soir.

La Modératrice : Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Sans tirer de conclusion, il n'y a pas quelque chose dans le ton qui doit peut-être changer au Québec à l'égard, justement, de l'intolérance? Vous avez déjà été accusé de souffler sur les braises de l'intolérance. Vous vous êtes défendu, mais il y a peut-être... Aujourd'hui, vous ne dites pas : Peut-être qu'il faudrait faire quelque chose de différent?

M. Legault : Bien, il y a plusieurs façons de lutter contre l'extrémisme. On est tous... les 125 députés à l'Assemblée nationale sont pour l'immigration, pour une bonne intégration des immigrants. Ils sont tous contre la violence, mais ils peuvent avoir chacun leurs moyens de lutter contre l'extrémisme, et il ne faut pas arrêter de débattre, hein? Ce que cherchent les terroristes, c'est d'avoir une seule opinion, tout le monde pense pareil, qu'il y ait des bons puis des méchants. Ce n'est pas ça qu'on a besoin au Québec. On a besoin d'être ensemble, puis, en particulier aujourd'hui, il faut être ensemble.

Mais, dans l'avenir, il ne faudra pas arrêter de débattre et céder. Il y a plusieurs façons de lutter contre l'extrémisme. On en a exprimé, nos adversaires en ont exprimé, on va continuer de le faire. Mais aujourd'hui, vous ne réussirez pas à me faire parler de ça, là. Ce n'est pas la journée. La journée aujourd'hui, c'est pour supporter les familles touchées, là, qui vont vivre un deuil très dur, là.

M. Dion (Mathieu) : Avez-vous parlé à M. Couillard?

M. Legault : J'ai parlé avec M. Couillard. Je l'ai assuré de mon appui, je l'ai assuré qu'on travaillerait ensemble à dire notre appui à la communauté musulmane de Québec. J'ai parlé à Régis Labeaume. Je lui ai dit que je serais présent, ce soir, à la marche et que, oui, on viendrait ensemble dire notre appui à la communauté musulmane de Québec.

M. Dion (Mathieu) : Qu'est-ce qu'ils vous ont dit, quand vous leur avez parlé, M. Couillard et M. Labeaume?

M. Legault : Ah! écoutez, c'est juste de la tristesse, hein? Tout le monde est sous le choc, hein? On voit des événements un peu partout dans le monde, quand ça arrive chez nous, on est tous avec un certain désarroi, et c'est ce que j'ai senti chez M. Couillard et chez M. Labeaume.

La Modératrice : Jean-Marc Salvet, Le Soleil.

M. Salvet (Jean-Marc) : Bonjour, M. Legault. J'entends bien que vous dites qu'aujourd'hui il faut mettre l'accent sur la dénonciation de la violence barbare, mettre l'accent sur la solidarité et l'unité dont les Québécois doivent faire preuve. En même temps, rétrospectivement ou pas rétrospectivement, mais est-ce que vous estimez que parfois le débat identitaire a donné lieu à des tangentes malheureuses au Québec, ces derniers mois ou ces dernières années?

M. Legault : Écoutez, c'est un débat qui est nécessaire, hein? On ne peut pas vivre dans une société où il y a une seule bonne opinion, hein? Dans une société démocratique, on a le devoir d'avoir des débats. Donc, il ne faut pas donner raison au terrorisme. Il faut continuer ces débats-là, puis il faut être prudents aussi sur les motifs qui ont amené cette attaque sauvage hier soir, là. Donc, soyons prudents, puis aujourd'hui, c'est la journée des familles.

M. Salvet (Jean-Marc) : M. Khadir a évoqué les messages lancés par M. Trump sur l'immigration. Est-ce que...

M. Legault : Ce n'est pas le temps de parler de ça aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est la journée pour montrer notre solidarité et puis d'être tous unis, donc qu'il n'y ait pas des camps, là. Moi, je souhaiterais qu'aujourd'hui on pense aux familles.

La Modératrice : Robert Dutrisac, Le Devoir.

M. Dutrisac (Robert) : Bonjour, M. Legault. Bonjour, messieurs. L'imam Omar Koné, l'imam soufi de Montréal, ce matin, sur les ondes de LCN, a dit que certains partis politiques, pour ravir des votes, avaient attisé l'islamophobie. Est-ce que votre formation politique se sent visée par ces accusations-là?

M. Legault : Non. Je ne suis pas d'accord avec ça, et puis, comme je vous dis, on ne connaît même pas encore de façon certaine les motifs qui ont amené l'attentat d'hier soir, et il faut continuer de débattre. Il faut continuer de débattre. On ne peut pas tous, comme le souhaiteraient certains, hein, adhérer à une pensée unique. C'est ça, le terrorisme, hein?

Donc, moi, je vais continuer d'amener mes solutions. Ce ne sont pas les mêmes solutions que M. Couillard, mais je pense qu'on est tous d'accord qu'il faut être contre la violence, contre les extrémistes. Maintenant, les moyens pour y arriver, là, on aura l'occasion d'en débattre, de continuer d'en débattre, puis je pense que c'est une bonne chose qu'on en débatte, mais pas aujourd'hui.

M. Dutrisac (Robert) : Mais le fait de justement préconiser certains moyens qui visent une communauté, la communauté musulmane, plus qu'une autre, est-ce que ça ne fait pas en sorte que cette communauté-là est susceptible d'être attaquée, là, par certaines personnes et même dans les médias, là?

M. Legault : Non. Je pense que ce qu'on souhaite, c'est de protéger nos valeurs, notre vivre-ensemble, là. Mais, encore une fois, je ne veux pas débattre puis essayer de défendre nos positions aujourd'hui. On aura le temps puis l'occasion de le faire dans les prochaines semaines, les prochains mois. Il faut continuer de débattre, mais aujourd'hui, on doit être tous unis derrière les familles touchées.

La Modératrice : Merci. Charles Lecavalier, Le Journal de Québec.

M. Legault : Bonjour.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour, M. Legault. Dans les derniers mois, il y a eu des mosquées d'incendiées, la mosquée de Québec avait reçu une tête de porc. Hier, il y a une fusillade qui vise les musulmans. Est-ce que ce n'est pas la démonstration qu'il y a un courant d'islamophobie au Québec?

M. Legault : Écoutez, on n'a pas encore, de façon certaine, les motifs de l'attentat hier soir. Donc, soyons prudents avant de tirer des conclusions...

M. Lecavalier (Charles) : Il y a des gens qui étaient visés hier soir.

M. Legault : C'est clair que c'est un acte terroriste qui visait une certaine communauté, mais pourquoi? Soyons prudents avant de conclure trop rapidement.

M. Lecavalier (Charles) : Mais est-ce que vous croyez qu'il y a un courant d'islamophobie au Québec?

M. Legault : Un courant? Non. Qu'il y ait des actes, oui, mais pas un courant, une culture, comme certains l'ont dit.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Legault : Merci, tout le monde.

(Fin à 13 h 11)

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