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Point de presse de M. Alexandre Cloutier, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, de recherche, de persévérance scolaire et d’alphabétisation, et M. Dave Turcotte, porte-parole de l’opposition officielle pour l’industrie pharmaceutique

Version finale

Le jeudi 16 février 2017, 9 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-deux minutes)

M. Cloutier : Alors, bonjour à vous tous et toutes. Alors, aujourd'hui, on est en soutien aux étudiants en pharmacie qui sont pris dans des négociations avec le gouvernement du Québec, où le gouvernement... en raison de ses inactions, des coupures qu'ils ont faites envers les pharmaciens les étudiants se retrouvent pris en otage, de sorte que plusieurs d'entre eux voient leur formation... la capacité d'avoir accès à la formation nécessaire par stage, elle est compromise en raison des négociations qui ont cours avec le gouvernement du Québec, mais surtout en raison des coupures du ministre de la Santé et du Dr Barrette. Maintenant, aujourd'hui, nous réclamons l'intervention de la ministre de l'Éducation supérieure.

Ce n'est pas vrai que ces jeunes qui sont inscrits en pharmacie au Québec, qui ont besoin de suivre une formation avec stages obligatoires vont voir leur formation remise à plus tard en raison de la mauvaise gestion du gouvernement du Québec. Ça crée des problèmes non seulement administratifs, mais évidemment ça crée un problème d'organisation de ces jeunes, un problème d'angoisse, évidemment, parce qu'ils n'ont aucune idée comment tout ça va se terminer. Alors, à un moment donné, il faut dire : Assez, c'est assez.

Au printemps dernier, les jeunes avaient souligné l'importance d'intervenir rapidement. Déjà, le gouvernement est informé depuis des mois. Or, la période de stage se poursuit à partir du mois de mars. On demande donc une intervention urgente et rapide de la ministre de l'Éducation. Et, à un moment donné, il faut juste prendre le taureau par les cornes et dire : Ça n'a juste pas de bon sens que ça soit les jeunes qui paient le prix en raison des coupures du ministre Barrette envers les pharmaciens. Sur ce, je cède la parole aux étudiants qui m'accompagnent et ensuite à mon collègue le député.

La Modératrice : M. Raphaël Gagnon-Paradis.

M. Gagnon-Paradis (Raphaël) : Alors, bonjour. À titre de président de l'Association générale des étudiants en pharmacie, je me présente devant vous aujourd'hui afin de préciser notre position en regard de la crise qui secoue présentement le parcours universitaire de nos membres. Avec 26 % des étudiants en pharmacie de ma faculté se cherchant toujours un milieu de stage d'ici avril et 52 % entre mai et juin, on ne s'imagine plus être capables de placer ces quelque 350 orphelins de superviseur, et ce, malgré les efforts titanesques déployés et une série de mesures compensatoires temporaires. Les cheminements au doctorat de premier cycle en pharmacie de mes 697 collègues de l'Université Laval ainsi que le mien sont menacés. On ne peut y échapper, 1 600 heures de stage sont nécessaires à l'obtention de notre diplôme, la qualité de notre formation en dépend. Nous voulons pouvoir acquérir les compétences pratiques nécessaires pour, ultimement, offrir des services cliniques de qualité à la population. On assiste impuissants à un effet domino dangereux qui ne pourra s'arrêter qu'au moment où le gouvernement et les acteurs impliqués s'assoiront ensemble pour négocier une sortie de cette crise qui secoue notre future profession depuis trop longtemps. Sachons interagir pour l'avenir. Merci.

La Modératrice : M. Nicolas St-Onge.

M. St-Onge (Nicolas) : La situation des stages à l'Université de Montréal est tout aussi critique que celle que vous a exposée mon collègue de l'Université Laval. En effet, en date du 9 février dernier, on parlait de plus de 30 étudiants qui se retrouvent sans milieu de stage pour l'an prochain... en fait, pour le mois prochain, dès le mois de mars. Ces finissants voient donc leur diplomation menacée dans l'immédiat. Mais ça, ce n'est que la pointe de l'iceberg. Ce qui nous inquiète particulièrement, c'est que nous avons, pour l'instant, moins de 30 % des milieux de stage nécessaires pour la cohorte finissante de 2018. Normalement, ces étudiants reçoivent leur assignation de stage au mois de mars — donc dans deux semaines, ça arrive à grands pas — mais nous n'avons pas assez de maîtres de stage pour assigner à une pharmacie, malgré les efforts incommensurables de la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal, des étudiants à leurs stages. Chaque jour, chaque semaine qui passe, nous nous rapprochons dangereusement d'un retard de plus de 400 pharmaciens sur le marché du travail. Nous demandons donc au gouvernement de s'asseoir et discuter de bonne foi avec les pharmaciens afin de régler ce conflit, qui risque de faire un effet de boule de neige. Merci.

La Modératrice : M. Nicolas Lavallée.

M. Lavallée (Nicolas) : Merci. Bien, bonjour à tous. On est réunis aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour sonner l'alarme. Le blocage entre les pharmaciens et le gouvernement menace actuellement l'accès aux étudiantes et aux étudiants en pharmacie des deux facultés de pharmacie à leurs stages. Par le fait même, c'est le cursus de 1 500 futurs pharmaciens qui est à risque. Comprenons-nous bien, les représentants étudiants sont réunis ici pour faire une demande bien simple, mais primordiale, on est ici pour demander aux parties de se rasseoir à la table de négociation immédiatement et de cesser de mettre en péril la diplomation des étudiants en pharmacie.

Si le blocage actuel persiste, la non-diplomation de finissants va réduire la qualité et la quantité des soins prodigués aux patients. En effet, dans l'état actuel du réseau, on n'a pas le luxe de se priver de nouveaux professionnels de la santé. Si le blocage actuel persiste, le retard dans le cursus de nombreux autres étudiants va entraîner des problèmes logistiques et financiers importants. En effet, les stages que les facultés tentent d'attribuer aujourd'hui aux finissants, ce sont des stages qui sont retirés des cohortes de troisième, deuxième et première années. À partir de l'automne, les besoins en stages de toutes les cohortes vont commencer à se superposer. Le gouvernement et les pharmaciens doivent prioriser ce dossier, mettre le bien-être des étudiants et des patients au centre de leurs préoccupations. Merci.

La Modératrice : M. Dave Turcotte.

M. Turcotte : Au fond, ce qu'on voit depuis l'arrivée du ministre Barrette, c'est des attaques de plein fouet à la profession des pharmaciens. On l'a vu avec le projet de loi n° 28, avec le projet de loi n° 81 et plus récemment avec le projet de loi n° 92, à chaque projet de loi, le ministre s'attaque toujours à la profession des pharmaciens, et là, par tout ça, là, le cumul de tout ça, le gouvernement s'attaque même par ricochet à l'avenir même de la profession.

Donc, ce que nous demandons aujourd'hui au ministre de la Santé, Dr Barrette, de s'asseoir et négocier de bonne foi avec les pharmaciens pour faire en sorte que les jeunes qui étudient en ce moment en pharmacie, mais les moins jeunes aussi dans certains cas, puissent avoir des milieux de stage appropriés, de qualité pour assurer leur formation pour qu'ils puissent effectivement offrir de bons soins lorsqu'ils seront des vrais pharmaciens.

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. M. Tommy Chouinard de LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Bonjour. J'aimerais savoir combien d'étudiants... parce que vous avez donné beaucoup de chiffres, là, mais combien d'étudiants précisément se retrouvent à court de stages qui devraient en avoir un normalement?

Une voix : Présentement?

M. Chouinard (Tommy) : Présentement, au total, au Québec, là.

M. St-Onge (Nicolas) : Bien, je peux répondre pour l'Université de Montréal. Nos derniers chiffres datent du 9 février, on avait 30 étudiants qui n'avaient pas de stage pour le mois de mars prochain, donc dans deux semaines.

Une voix : ...

M. St-Onge (Nicolas) : De finissants, oui, exact.

M. Chouinard (Tommy) : Donc, des finissants.

M. St-Onge (Nicolas) : En quatrième année ou le programme de qualification en pharmacie, qui sont supposés arriver sur le marché du travail, là, dès cet été.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Puis à l'Université Laval?

M. Gagnon-Paradis (Raphaël) : Nous, on parle de 350 étudiants, toutes années confondues, dont 19 finissants. Mais il faut comprendre qu'effectivement le nombre est moins important du côté des finissants parce qu'on enlève des stages à des étudiants d'années inférieures pour placer nos quatrièmes années pour essayer de les faire diplômer dès 2017. Mais clairement, pour la cohorte 2018, il y aura un impact parce qu'au total c'est 350 étudiants sur mes 698 qui manquent un module de stage faute de milieux.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Donc, c'est un bassin potentiel de 1 500 dont vous avez parlé qui, en raison de problèmes d'accès... on accumule le nombre de dossiers qui sont en attente.

J'aimerais savoir précisément, est-ce que c'est une coupe en particulier qui a été imposée aux pharmaciens propriétaires ou est-ce que... parce que, là, ils vous rémunéraient, au fond, les pharmaciens propriétaires, pas du tout ou ils étaient... Qu'est-ce qui fait que, là, ils disent : Bon, bien, moi, j'abandonne ça? C'est le moyen de pression ou...

M. Gagnon-Paradis (Raphaël) : C'est l'ensemble. Ce n'est pas nécessairement un moyen de pression, c'est plutôt la capacité organisationnelle des pharmacies de nous recevoir parce que les pharmaciens qui nous reçoivent le font bénévolement. Ils n'ont jamais été rémunérés pour le faire. Nous allons dans les pharmacies collectivement, les étudiants en pharmacie, donner 350 000 heures de bénévolat pour les stages. Dans le fond, c'était comme un échange de bons services : un pharmacien me supervise, et moi, bien, je lui offre des heures, là, dans la pharmacie pour poser des actes cliniques auprès de la population. Mais je dirais que c'est l'accumulation depuis 2014.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Mais on doit comprendre, puisqu'ils ne sont pas payés pour le faire et qu'ils ne vous paient pas non plus, qu'ils utilisent ça peut-être comme moyen de pression, là. Est-ce que c'est ça, la dynamique?

M. Turcotte : La raison, la vraie raison, c'est qu'en ce moment les pharmaciens sont obligés de couper dans le personnel de leurs pharmacies, coupent les heures même de certains pharmaciens salariés, là, les pharmaciens propriétaires, et eux-mêmes sont obligés de faire d'autres tâches plus administratives, etc. Donc, au fond, à la fin, là, bien, ils regardent ce qu'ils peuvent couper, puis là c'est le temps consacré, au fond, aux stages, là, pour l'enseignement. Donc, c'est ça qui est l'enjeu. Donc, tant et aussi longtemps que le ministre ne règle pas cette question-là avec les pharmaciens, bien, les jeunes, les étudiants ne pourront pas avoir de stages.

(Fin à 9 h 42)

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