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Point de presse de M. Harold LeBel, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’emploi, de solidarité sociale et de lutte contre la pauvreté, et Mme Carole Poirier, députée de Hochelaga-Maisonneuve

Version finale

Le jeudi 16 février 2017, 14 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quatorze heures trois minutes)

M. LeBel : Bonjour, tout le monde. Deux points. On va parler du Rendez-vous national sur la main-d'oeuvre, mais vous allez me permettre de dire un petit mot sur ce qui circule un peu dans les médias sur un recul du gouvernement par rapport à l'abolition du crédit d'impôt pour les personnes de 65 ans et plus.

Ce qu'on voit, ce n'est pas un recul. Le gouvernement ne revient pas… Depuis une semaine, il refuse… Au début, là, quand on posait des questions sur ce dossier-là, sur l'abolition du crédit d'impôt, le gouvernement — puis je vais citer le ministre des Finances — disait que c'est un sujet qu'il y a dans les nouvelles depuis certains jours, et malheureusement c'est basé sur des calculs qui sont faux — des calculs qui sont faux — il n'y a personne qui va perdre 500 $. Il y a 500 000 aînés qui vont perdre le 500 $. Au début de la semaine, le gouvernement niait. Jour après jour, on a posé des questions. Les groupes sont intervenus, des centaines puis des centaines d'appels d'aînés qui étaient outrés. Aujourd'hui, le ministre essaie de faire passer ça pour un recul, mais nous dit : Non, on continue à abolir le crédit d'impôt, mais on va essayer d'amener des mesures de compensation, sans nommer ces mesures de compensation.

Personne n'est dupe. Il n'y a pas de recul là-dedans. On continue notre bataille. Les groupes avec qui j'ai parlé tout récemment, ils sont encore sur le qui-vive. On veut absolument qu'il revienne au crédit d'impôt, on veut qu'il recule pour de vrai, et qu'il comprenne le bon sens, et qu'il revienne sur sa décision, et qu'il maintienne les crédits d'impôt. Actuellement, ce n'est pas ce qu'on est en train de vivre.

Maintenant, dans quelques heures, je vais participer au Rendez-vous national sur la main-d'oeuvre. Beaucoup de questions qu'on a à poser, beaucoup de dossiers qu'on va vérifier, où on va s'impliquer, dont un qui est important, et je vais laisser ma collègue vous en parler, c'est la formation à l'emploi des immigrants, des nouveaux arrivants.

Mme Poirier : Alors, merci, Harold. Au rendez-vous national de l'emploi, il y a un objectif important, bien, c'est l'intégration des nouveaux arrivants. Même aujourd'hui, la chambre de commerce a dit que la priorité qui devrait être mise au niveau du gouvernement, c'est l'intégration des nouveaux arrivants. Et on a fait une proposition dans les 20 propositions pour l'action au niveau de l'emploi, c'est de bonifier le programme PRIIME, qui est un programme de stage en milieu de travail qui existe depuis 2005. Il y a environ 1 000 personnes qui participent à ce programme-là par année. Et la bonne nouvelle : 85 % de ces personnes sont retenues à l'emploi. Alors, vous voyez le résultat? Lorsqu'on donne une chance, lorsqu'on donne un stage à une personne dans son milieu de travail, dans sa formation, dans ses compétences, eh bien, à 85 %, l'employeur va garder la personne dans cet emploi-là.

Alors, nous, ce qu'on demande, et ce que j'ai demandé ce matin au ministre de l'Emploi, c'est de bonifier le programme. On est capables d'en prendre le double. Il faut que le ministre donne des ressources à son ministère pour qu'on puisse référer des personnes à des entreprises et qu'on puisse donner la subvention pour que ces personnes-là aient droit aux stages en emploi qui donnent des vrais résultats.

M. LeBel : Pour conclure, peut-être, nous, depuis deux ans, on revendiquait qu'on tienne, au Québec, un vrai sommet sur l'économie avec tous les partenaires et on parle de l'ensemble des enjeux du développement économique. Le gouvernement a préféré rapetisser tout ça un peu, aller sur la formation de la main-d'oeuvre. C'est correct, on va y participer, mais il y a des enjeux. Là, aujourd'hui, on va parler de développement économique, formation de la main-d'oeuvre. Mais, en région, chez nous, si on forme la main-d'oeuvre pour qu'elle ne travaille que dans les grands centres, ce n'est pas bon. Il faut parler aussi de développement économique des régions. Il faut former la main-d'oeuvre, il faut former les gens de chez nous pour qu'ils puissent travailler chez nous, entre autres, dans les communautés rurales. Et ça, c'est des débats que je ne suis pas certain qu'on va faire pendant ce rendez-vous et comment le faire.

Mme Poirier : Mais tu sais, Harold, des programmes PRIIME en région, là, ça existe, on pourrait en donner aux entreprises en région qui accueillent des nouveaux arrivants qui sont formés, des ingénieurs, des gens qui ont des formations importantes universitaires, et ça permettrait à ces gens-là d'aller travailler en région.

M. LeBel : Effectivement, puis certains qui sont déjà en région, qui ont étudié en région, qui voudraient rester en région. L'Université du Québec à Rimouski, beaucoup de personnes, de nouveaux arrivants qui sont là, qui voudraient bien travailler en région. Ça fait que les jeunes qui vivent en région, qui sont venus en région, veulent rester en région. Les immigrants qui viennent s'installer trouvent ça beau et aimeraient ça rester en région. Il faut former cette main-d'oeuvre-là, mais encore faut-il développer l'économie puis créer des emplois.

Mme Poirier : Là-dessus, on est d'accord.

M. LeBel : Allons-y.

M. Bélair-Cirino (Marco) : De façon générale, est-ce que les stages devraient être rémunérés?

Mme Poirier : De façon générale? Bien, on voit qu'il y a un débat actuellement dans plusieurs cohortes de finissants universitaires. Il y a eu, tout récemment, tout ce qui était au niveau de la psychologie, là il y a les pharmaciens. Peut-être, je pense, qu'on est rendus à se dire que... et particulièrement au niveau de l'intégration en emploi pour les nouveaux arrivants, c'est une façon de vraiment intégrer les gens en milieu de travail, et ça responsabilise, des deux côtés, les personnes, autant l'employeur sur la qualification de la personne que la personne qui fait son stage.

Alors, je pense que c'est une bonne question, puis que peut-être que ce Rendez-vous national de la main-d'oeuvre pourrait nous permettre d'aller un peu plus loin là-dessus.

M. Bélair-Cirino (Marco) : M. LeBel... bien, en fait, Mme Poirier, M. LeBel, vous êtes représentants de circonscriptions complètement différentes, là, le profil socioéconomique, je pense, est différent. Bon, Mme Poirier, vous êtes à Montréal; M. LeBel, à Rimouski. Alors, qu'est-ce que vous attendez, particulièrement pour vos circonscriptions, de ce rendez-vous national là comme mesures concrètes, là?

Mme Poirier : Moi, je pense qu'on n'est pas si loin que ça, parce qu'en termes de profil sociodémographique on est pas mal près l'un de l'autre, sauf qu'un est à Montréal, l'autre est en région. Ça, c'est la seule différence, à mon avis. Mais, en ce qui me concerne, à Montréal, dans l'est de Montréal, ce qu'on a le plus besoin, c'est de s'assurer qu'il y ait des investissements au niveau de l'entreprise, parce qu'on a vu... Nous, depuis des années, on ne voit que des entreprises fermer. Alors, on a perdu beaucoup, beaucoup, beaucoup d'emplois, que ça soit Mabe, que ça soit Mondelez, dernièrement, beaucoup d'emplois ont été perdus dans l'est. Alors, il faut qu'il y ait des investissements en matière... pour attirer des entreprises dans l'est, et ça, ça fait partie aussi de ramener des gens à Montréal pour qu'ils continuent à travailler à Montréal. Ça, ça serait une façon de favoriser l'emploi à Montréal, et particulièrement dans l'est.

M. LeBel : Moi, de mon côté, il y a ça aussi, emmener des entreprises, mais aussi il y a des entreprises qui existent. On pense, en Gaspésie, toute l'industrie éolienne, ils sont à la recherche d'employés formés, ils sont à la recherche. Ça fait que l'adéquation entre les besoins des entreprises chez nous et la formation, ce n'est pas fait, et il faut travailler là-dessus, et ça, c'est une chose.

L'autre chose, c'est les personnes. On rencontre beaucoup de personnes, des jeunes, entre autres, des jeunes décrocheurs qu'on pourrait inscrire dans un processus de formation. Mais, au bout de l'affaire, il faut trouver des emplois, il faut qu'il y ait quelque chose. Et, présentement, en région, malgré... on parle du taux de chômage qui baisse un peu partout, mais c'est très centralisé. Entre autres, le milieu est en difficulté actuellement, il n'y a pas d'emplois dans le milieu rural. Il faut voir cette réalité-là aussi.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Il n'y a pas d'emplois actuellement? Parce que le gouvernement parle d'une pénurie...

Mme Poirier : De main-d'oeuvre?

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, notamment au cours des 10 prochaines années, en raison du départ à la retraite massif de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de Québécois. Qu'est-ce que ça représente pour vos régions, puis... Oui, essentiellement, qu'est-ce que ça représente pour vos régions? Parce que, Mme Poirier, vous dites qu'il faut attirer des entreprises, alors que le gouvernement dit : Bien, il va y avoir une pénurie, puis les entreprises vont manquer de main-d'oeuvre.

M. LeBel : Les régions sont différentes. Moi, je suis aussi responsable de Chaudière-Appalaches. Quand je vais en Beauce ou quand je vais dans Bellechasse ou la région de Lévis, là, là, on a un besoin de coller leur... ils ont besoin de travailleurs, ils ont besoin d'employés, puis eux autres, ils sont en besoin de main-d'oeuvre. Mais, plus on va vers l'est, plus on va dans les communautés éloignées des grands centres... À Rimouski, je ne vis pas trop, trop de problèmes, mais, si je m'en vais dans les municipalités éloignées des grands centres, là j'ai un problème, j'ai un problème économique, j'ai un problème de création d'emplois. Et ça, si je veux, entre autres, que les aînés puissent continuer à vivre dans ces villages-là, que je veux que les jeunes puissent avoir des emplois dans ces villages-là puis qu'on forme ces jeunes-là à coller à la réalité de leur communauté, bien là j'ai besoin de développement économique, j'ai besoin de projets, et ça, c'est une réalité. Mais le Québec est grand, et les régions sont différentes, c'est certain.

Mme Poirier : C'est sûr qu'à Montréal, je dirais, le premier vecteur dans lequel il faut vraiment investir, c'est la formation de la main-d'oeuvre. Nos emplois sont de plus en plus technologiques, et les entreprises sont passées aussi à ce secteur-là. Alors, l'adéquation entre la formation — et c'est un peu ce que tu disais — et la demande, elle n'est pas là présentement. Alors, ça nous prend plus d'employés formés, mieux formés et tout particulièrement au niveau des technologies.

M. Bélair-Cirino (Marco) : O.K. Comment on fait ça? Est-ce qu'on restreint l'accès aux programmes d'anthropologie, d'histoire, de sciences politiques pour privilégier... ouvrir grandes les portes des programmes de techniques en métallurgie puis...

Mme Poirier : Bien, premièrement, les programmes de techniques, on est beaucoup au cégep. On est beaucoup dans les cégeps pour les programmes technologiques. Et moi, je pense que c'est là-dedans qu'il faut investir le plus possible parce que ça permet justement à plus de jeunes d'avoir accès. Puis moi, je vais vous dire, je favoriserais beaucoup que ces programmes-là soient en région tout particulièrement pour, justement, emmener des jeunes en région. Et l'immigration qu'on a pour des jeunes qui veulent venir étudier au Québec, les inviter à aller vers les régions, à aller étudier en région ces technologies-là pour, justement, faire l'adéquation de la main-d'oeuvre en région et l'immigration en tant que telle, il y aurait là un vaisseau, là, un vecteur de développement important pour les régions, pour l'employabilité des personnes, mais aussi pour s'assurer... Quand on dit qu'on n'est pas capables d'avoir des gens pour travailler dans l'éolien, bien là on est dans les technologies, ça nous prend des technologues, là. Alors, on la fait où la formation? Est-ce qu'on la fait à Montréal? Je ne pense pas que c'est nécessaire. Mais la faire à Rimouski, ça, c'est nécessaire.

M. LeBel : Puis il faut aussi que nos institutions en région, comment je pourrais dire ça, s'ouvrent sur les... aient la marge de manoeuvre pour donner des formations collées aux réalités des régions. Et puis la réalité des régions, ce n'est pas que forêts et agriculture. Quand on a voulu fermer les conservatoires de musique il y a quelques... en région, il y a des emplois collés à la culture. Ma collègue Mme Maltais le disait ce matin, fermer le conservatoire de musique en région, c'est aussi un domaine économique qui emploie des gens qu'on allait fermer. Ça fait qu'il faut continuer, en région, à investir dans des domaines qui ne semblent pas coller à l'économie régionale, mais qui est collé à la qualité de vie en région. Et ça, c'est ce que nos cégeps demandent, entre autres, en région, les universités en région. Ils veulent plus de marge de manoeuvre pour pouvoir travailler sur plusieurs aspects dans nos réalités régionales puis coller leurs formations à nos besoins.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Pour faire face à la pénurie appréhendée, est-ce qu'il va falloir hausser les seuils d'immigration, selon vous?

Mme Poirier : Moi, je pense qu'il faudrait mieux faire notre immigration. Il y a encore trop de professionnels qui ne sont pas dans le bon métier. On a besoin de mieux qualifier les gens. Il faut qu'avant l'arrivée de la personne on soit assurés qu'elle va avoir un emploi dans le secteur pour lequel elle a des compétences et qu'elle a des diplômes. Ça, on ne le fait pas présentement. On qualifie le diplôme, les compétences pour avoir le CSQ, le certificat de sélection du Québec, mais un coup arrivé, c'est drôle, ces diplômes-là ne valent plus rien. Moi, je pense qu'il est là, le problème, et c'est là-dessus qu'il faut travailler. Ça fait partie de nos 20 propositions. Merci.

M. LeBel : Oui, merci.

(Fin à 14 h 15)

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