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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, Mme Agnès Maltais, porte-parole de l’opposition officielle en matière de laïcité, et M. Pascal Bérubé, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique

Version finale

Le mercredi 22 février 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trois minutes)

M. Lisée : La semaine dernière, le premier ministre, vous vous en souvenez, a déclaré que tous ceux qui étaient en accord avec la proposition de Bouchard-Taylor, c'est-à-dire d'interdire les signes religieux pour les juges, les gardiens de prison et les policiers, étaient aux prises avec une dérive néfaste et qu'ils banalisaient le discours xénophobe. Et ensuite il a dit : Je suis sûr que la majorité des Québécois sont d'accord avec moi. Ça nous a beaucoup surpris, au Parti québécois, parce que ce n'est pas ce qu'on entend sur le terrain, alors on s'est dit : Bien, on va aller vérifier.

Et donc, au cours des derniers jours, on a sondé 750 Québécois, avec la firme Repère Communication, pour demander : Bien, est-ce que le premier ministre a raison de penser que vous êtes tous en accord avec lui et pas en accord avec la proposition de Bouchard-Taylor? Et on se rend compte que le niveau de déconnexion du premier ministre est quand même considérable. Près des deux tiers des Québécois sont d'accord avec la proposition sur les signes religieux pour les personnes en autorité et de coercition. Mais ce qui est encore plus intéressant, c'est que la majorité des électeurs libéraux, la base politique du premier ministre, de ses ministres, de ses députés, à la majorité disent : Nous, on pense que la recommandation de Bouchard-Taylor, c'est une bonne recommandation.

Et donc on est en situation... Et j'ai demandé au premier ministre la semaine dernière, je dis : Est-ce que vous avez réalisé la portée de vos paroles, le manque de respect dont vous avez fait preuve envers tous ceux qui sont en désaccord avec vous? Et là je lui ai dit : Bien, savez-vous que vous avez manqué de respect envers 51,6 % des électeurs libéraux? Est-ce que 51 % des électeurs libéraux sont aux prises avec une dérive néfaste? Est-ce qu'ils banalisent le discours de la xénophobie? Et est-ce que le premier ministre va continuer à leur manquer de respect? Alors, c'est une des questions qui se posent aujourd'hui. Maintenant qu'il est mieux informé de la réalité de l'opinion publique et de sa base politique, va-t-il faire preuve d'un peu d'humilité et de respect pour ceux qui sont en désaccord avec lui?

Ce qui est intéressant dans le sondage aussi, c'est comment l'ensemble des soutiens des partis politiques font partie de cette majorité. Donc, pour le PLQ, on l'a dit; au Parti québécois, 70 %; à la CAQ, 75 %; à Québec solidaire, 74 %, 74 % des électeurs de Québec solidaire qui sont d'accord avec ça, donc ne pensent pas que c'est un dossier sans importance, au contraire ils ont une position extrêmement tranchée. Et il y a des mythes qui sont un peu propagés par les opposants sur les différences régionales ou sur les âges, et le sondage fait éclater ces mythes. Je vais demander à Agnès de vous en parler. Agnès.

Mme Maltais : Merci. Alors, semble-t-il que, dans ce dossier, il n'y a qu'un seul Québec. Si vous regardez les régions du Québec, Montréal, Québec et autres régions, ça se situe autour de 63 %, 61 %, 64 %. C'est statistiquement à peu près la même chose, le même état de figure partout sur le territoire québécois, la même compréhension de l'enjeu, la même opinion.

Sur la langue, les francophones sont aux deux tiers, 68 %, bien sûr, mais les allophones, ceux qu'on appelle les communautés culturelles, c'est une majorité, 50,3 %. Donc, il s'agit là d'un véritable débat mais qui rallie une grande partie, même une majorité des allophones, donc des communautés culturelles.

Quant aux jeunes, aux jeunes, c'est assez impressionnant. Les plus jeunes se rallient en majorité solide autour de cette idée. De 18 à 24 ans, 25 à 34 ans et en montant, comme ça, ça va en montant, mais les plus jeunes sont avec la proposition Bouchard-Taylor.

M. Lisée : Et, même chose, Québec, les régions, Montréal, ce sont des majorités fortes partout. Donc, le consensus, il est massif. Il est massif à travers les partis, c'est massif à travers les âges, les régions, les groupes de revenu familial. Alors, ça, c'est important. Alors, là-dessus, c'est ce qu'on voulait vous communiquer aujourd'hui. Maintenant, les libéraux sont mieux informés. J'espère qu'ils vont se gouverner en conséquence.

Le Modérateur : Merci beaucoup, Mme Maltais, M. Lisée. On va y aller aux questions. Merci d'avoir une question, une sous-question. On commence avec le micro de droite. M. Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Merci. M. Lisée, qu'est-ce que vous pensez du reportage de l'émission J.E. hier et du fait que la police de Montréal ait demandé à la Sûreté du Québec d'enquêter sur les allégations? Est-ce que c'est suffisant pour vous?

M. Lisée : Bon, d'abord, le reportage est très troublant, et ça ajoute à un certain nombre de faits troublants qu'on a appris au cours des dernières années. Et il est clair que, là, si on veut utiliser le mot «systémique», je pense qu'il y a un problème systémique dans l'organisation interne du SPVM qui mérite un examen indépendant. Et ce qui s'est produit hier, et mon collègue Pascal Bérubé, responsable de la sécurité publique pour le Parti québécois, a été très clair, on ne peut pas avoir un système où un chef de police appelle un autre chef de police puis lui dit : Peux-tu venir enquêter?, et que le ministre de la Sécurité publique est comme un spectateur, à l'extérieur de cette dynamique.

Nous, au Parti québécois, lorsqu'on était au pouvoir, on a créé le Bureau des enquêtes indépendantes, qui a le pouvoir, si le ministre le lui demande, d'enquêter sur tous les sujets qui l'intéressent. La Loi sur la police l'article 289.6 : «Le bureau a pour mission de mener toute enquête dont il est chargé par le ministre...» Et nous, on veut s'éloigner le plus possible des situations où les policiers enquêtent sur les policiers. On ne remet pas en cause leur compétence ou leur capacité de le faire, mais ça paraît mal. Les Québécois voient toutes ces affaires à l'intérieur de la SQ, à l'intérieur du SVPM, ils se disent : Quoi, c'est des policiers qui vont enquêter sur des policiers? Non, en justice, il est important que justice soit rendue et qu'apparence de justice soit rendue. Et là on a trop de cas pour faire en sorte de ne pas utiliser l'outil que le gouvernement du Parti québécois a créé, le Bureau des enquêtes indépendantes. Et le ministre Martin Coiteux, ça aurait dû être la première chose qu'il aurait fait, de dire : Bien, écoutez, là, arrêtez de vous parler, là, je ne vous ai pas donné ce mandat-là, et ça va être gens indépendants, dont des civils, qui vont faire cette enquête-là.

M. Laforest (Alain) : Ce qu'on laisse entendre, c'est que le Bureau des enquêtes indépendantes enquête sur des bavures policières commises à l'endroit d'individus et non pas d'enquêtes sur des polices concernant des bavures policières. Je ne sais pas si... M. Bérubé, je pense, vous étiez là à l'époque.

M. Bérubé : Bien, d'abord, la Loi sur la police est assez claire, mais il y a plusieurs options qui s'offrent au ministre. D'abord, d'intervenir dans le dossier. Là, de laisser aller les deux chefs de police, la police qui enquête sur la police, ce n'est pas souhaitable. Ça pourrait être un tiers indépendant. C'était le cas dans les évasions d'Orsainville, notamment.

Alors, chose certaine, le SPVM, ce n'est pas déconnecté du Québec et aussi du gouvernement du Québec parce que c'est le Conseil des ministres qui entérine la nomination du directeur, en l'occurrence M. Pichet. Ce qu'on souhaite, c'est aller au fond des choses. C'est quand même assez grave, c'est des allégations de commission d'actes criminels, de fabrication de preuves qui vont détruire des réputations et des individus. On a trois personnes, trois ex-policiers qui, à visage découvert, hier, ont été très clairs sur ce qu'ils ont vécu. Ils ont des choses à dire.

Il m'apparaît que c'est un peu court que le patron du SPVM appelle celui de la Sûreté du Québec une fois l'émission terminée en disant : Voulez-vous venir enquêter chez nous? Et la réponse, c'est oui. Moi, je n'ai pas vu de mandat, il n'y a pas de durée. Ça va impliquer quoi, quelles ressources? Et le ministre semble satisfait. Dès hier soir, je lui ai évoqué que le Bureau des enquêtes indépendantes pourrait jouer un rôle. La Loi sur la police est claire sur les mandats qui peuvent lui être confiés. Avec de la volonté politique, on peut faire beaucoup de choses.

Et je veux terminer en disant que, lorsqu'on va avoir pleine confiance dans nos institutions lorsqu'il y a allégations, on pose des gestes. Je vous annonce qu'aujourd'hui, après la période des questions, il y aura une séance de la Commission des institutions, et on aura à décider si le Commissaire à l'UPAC va venir à l'Assemblée nationale répondre à des questions et à des allégations importantes aussi qui avaient été faites à l'émission Les francs-tireurs avec Benoît Dutrizac, ça implique Lino Zambito, Ken Pereira et Annie Trudel. Alors, ce matin, on va voter là-dessus.

Est-ce que les députés du Parti libéral vont accepter notre proposition d'accueillir M. Lafrenière pour répondre à des allégations qui minent la confiance du public à l'égard de cette institution ou est-ce que le ministre a seulement une volonté de dire : Bien là, dans le cas du SPVM, on va aller au fond des choses, mais pas dans le cas d'allégations qui ont été faites sur les liens potentiels entre le pouvoir politique et une institution qui s'appelle l'UPAC ou la Sûreté du Québec?

M. Laforest (Alain) : Est-ce que vous avez encore pleine confiance en M. Pichet, M. Lisée?

M. Lisée : Écoutez, lors de la discussion autour des écoutes de journalistes, on avait demandé son retrait. Le ministre de la Sécurité publique, qui a la capacité de le faire parce que c'est le gouvernement qui, sur recommandation, nomme ou peut suspendre et dénommer... On avait demandé qu'il soit suspendu le temps de l'enquête. Écoutez, dans ce cas-ci, on a encore une preuve du fait qu'il n'est pas la meilleure personne dans la situation.

Mais clairement le geste que l'on demande aujourd'hui au gouvernement, c'est d'arrêter de bouder le Bureau des enquêtes indépendantes. On dirait que les libéraux ne veulent pas l'utiliser. Ils ont plein pouvoir pour le faire, ils peuvent donner... Cet article-là a été écrit par le gouvernement du Parti québécois justement pour des cas comme celui-là. On pensait à l'affaire Davidson, justement, qui est un peu similaire à celle qui est là aujourd'hui.

Alors, pourquoi est-ce que les libéraux veulent, insistent pour que des policiers enquêtent sur des polices? Je ne sais pas. Il y a un instrument nouveau, indépendant, qu'on l'utilise.

Le Modérateur : Merci. On y va avec M. Lachance, Journal de Québec.

M. Lachance (Nicolas) : Une réaction aux allégations de Luigi Coretti concernant Pietro Perrino?

M. Lisée : Bien, nous, on est contents que M. Perrino soit assigné à comparaître. On va être très attentifs à l'interrogatoire et au contre-interrogatoire. Et, s'il y a des éléments qui ont contrevenu à la loi dans son comportement, bien, qu'il en paie les conséquences, mais nous ne serons pas juge et partie dans ce cas-là. Mais nous savons qu'il y a des questions qui sont sans réponse. On espère avoir des réponses.

M. Lachance (Nicolas) : Quel genre de questions vous aimeriez lui poser?

M. Lisée : On va laisser les avocats des deux parties faire leur travail.

Le Modérateur : Merci. M. Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Sur le sondage, pouvez-vous nous expliquer un peu la méthodologie? Est-ce que c'est comme par Internet? Oui, il y a 750 répondants, mais jusqu'à quel point vous êtes sûrs de la fiabilité de ce sondage-là?

M. Lisée : Alors, Repère Communication est une maison de sondage reconnue de la région de Québec qui fait des sondages depuis des années. 750 répondants, marge d'erreur de 2 % à 3 %, 19 fois sur 20.

M. Dion (Mathieu) : O.K. Juste pour revenir, est-ce qu'il doit démissionner, M. Pichet?

M. Lisée : Nous, on a demandé sa suspension pendant l'enquête précédente. On maintient cette demande.

M. Dion (Mathieu) : Vous n'allez pas plus loin que ça?

M. Lisée : Non. Non, parce qu'encore une fois on ne veut pas être juge et partie. Mais c'est clair que, pendant qu'il y a une enquête qui pose des questions sur sa gestion des choses, il ne devrait pas être aux commandes pendant l'enquête. Ensuite, si l'enquête démontre qu'il a très bien géré les choses, bien, très bien, il est réintroduit.

M. Dion (Mathieu) : Mais est-ce qu'il est encore l'homme de la situation, selon vous, présentement, là? Est-ce que c'est encore l'homme de la situation?

M. Lisée : Pas pendant l'enquête.

Le Modérateur : Merci. M. Boivin, Cogeco.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, qu'est-ce qu'on craint, exactement, qui est en train de se passer au SPVM? Quelles sont les allégations? Résumez-nous pour qu'on comprenne bien quel est le problème auquel on peut potentiellement faire face au SPVM.

M. Lisée : Bien, il y a un certain nombre d'allégations. Et, encore une fois, les journalistes ont fait leur travail admirablement. Il y a des témoins qui ont dit des choses qui semblent vraisemblables. Elles peuvent être contredites dans le courant de l'enquête, mais certainement arrivent à répétition des allégations troublantes sur le comportement du SPVM, de ses cadres et de guerres intestines qui minent la confiance du public dans le SPVM. Et on doit avoir des situations où les corps policiers, les procureurs et les tribunaux ont la confiance du public parce que tout repose là-dessus, notre État de droit repose là-dessus. Alors, quels sont les mesures, les remèdes pour rétablir la confiance du public? Ce n'est pas de faire en sorte que la police enquête sur la police.

M. Boivin (Mathieu) : Mme Maltais, je vais m'adresser à vous. Il y a une poursuite en diffamation qui a été intentée par des ex-employés du PQ. On apprend que votre parti et vous sollicitez le défraiement de vos frais de défense par l'Assemblée nationale. Des gens disent que ce n'est pas au trésor public à payer pour une bourde de votre part. Réagissez, s'il vous plaît.

Mme Maltais : La CAQ dit cela. Comme Fatima Houda-Pepin, actuellement, est défendue par l'Assemblée nationale alors qu'elle avait eu des commentaires dans une campagne électorale, je serai défendue par l'Assemblée nationale. Cela a été validé par le jurisconsulte. Pour les détails, ça me fera plaisir de vous donner des détails si vous le voulez, j'aurai d'autres informations pour vous.

Le Modérateur : Merci. M. Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, M. Bérubé et M. Lisée, sur la question du commissaire à l'UPAC, vous avez mentionné aujourd'hui que la Commission des institutions va se pencher sur la possibilité qu'il soit entendu en commission parlementaire.

M. Bérubé : Absolument.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais est-ce que je comprends qu'il ne mérite pas votre confiance à l'heure actuelle?

M. Bérubé : Non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça. D'abord, il faut savoir qu'on vous l'apprend pourquoi? Parce que ce n'est ni filmé ni enregistré puis les médias n'y ont pas accès, c'est en huis clos. Alors, si vous saviez les arguments qu'on nous sert du côté gouvernemental pour ne pas entendre le DPCP — parce qu'ils ont refusé il y a quelques semaines — et l'UPAC, où, de façon prévisible, là... Vous pouvez les questionner, entre autres le député de La Prairie, pourquoi lui, il ne voudra pas ça. Il y a eu une entrevue aux Francs-tireurs l'automne dernier : Annie Trudel, Ken Pereira, Lino Zambito, des allégations extrêmement précises à l'égard de discussions, d'échanges qui auraient eu lieu entre le bureau du premier ministre et l'Unité permanente anticorruption. Ça, c'est les allégations de ces trois personnes, dont une a été mandatée au ministère des Transports pour faire la lumière, nommée par le gouvernement. À partir de ces allégations sérieuses, on a demandé rapidement à la Commission des institutions un mandat pour entendre à l'Assemblée nationale, comme c'est déjà arrivé en 2015, le commissaire de l'Unité permanente anticorruption pour qu'il puisse répondre aux parlementaires et nous assurer qu'il a, lui, pour le protéger lui, la totale indépendance par rapport au gouvernement du Québec. On veut lui poser la question : Est-ce qu'il vous appelle? Est-ce qu'il essaie de vous influencer d'une quelconque façon? Dites-nous-le, s'il vous plaît, puis, si c'est le cas, on va prendre les mesures qui s'imposent. Alors, c'est ça qu'on veut lui poser.

Mais les députés libéraux, ils ne veulent pas qu'on pose ces questions-là. Puis je vous rappellerais une chose : plusieurs d'entre vous étaient à un conseil général du Parti libéral du Québec et vous avez été témoins que la présidente du caucus du Parti libéral a dit : C'est drôle, il y a des coïncidences; pendant le budget, à d'autres moments, on dirait que l'UPAC s'arrime sur l'agenda gouvernemental. Bien, c'est notamment pour des questionnements comme ceux de la présidente du caucus du Parti libéral que je pense qu'on doit poser les questions qui s'imposent au commissaire de l'Unité permanente anticorruption qui a été nommé, qui a notre confiance, comme cette institution, mais on veut s'assurer qu'il n'y a pas d'influence extérieure qui l'empêche de bien faire son travail parce qu'on a beaucoup d'attentes quant aux résultats de l'UPAC pour les prochains moins.

M. Bélair-Cirino (Marco) : M. Lisée, hier vous avez peut-être entendu la ministre responsable des Institutions démocratiques, Rita de Santis, lancer un appel à la population... bien, à tous ceux qui sont prêts à servir l'État, de poser leur candidature pour le poste de Commissaire à l'éthique et à la déontologie. Comment expliquer que ce poste-là n'est toujours pas comblé, qu'on n'a toujours pas trouvé de successeur à M. Saint-Laurent?

M. Lisée : Vous savez, dans ces cas-là, c'est le gouvernement qui propose. Alors, nous, on est un peu médusés par la difficulté qu'a le gouvernement à trouver quelqu'un qu'il considère éthique. Et la dernière personne qu'ils ont trouvée avait fait une contribution de 100 $ au Parti libéral en 2016. Nous, ça ne nous dérange pas, là, qu'en 1992 ou il y a 15 ans une petite contribution ait été faite, mais l'année dernière... et Mme de Santis s'est exprimée hier en disant qu'elle n'avait pas de difficulté à ce qu'un donateur récent à son propre parti soit proposé comme Commissaire à l'éthique. Ensuite, elle s'est excusée en disant que, dans le tourbillon, elle avait mal réagi.

Moi, je ne demande pas au premier ministre de retirer Rita de Santis de son poste de ministre des Institutions démocratiques parce qu'elle représente très bien l'absence de sens éthique de ce gouvernement. Elle donne dans la transparence, elle est candide, elle est le juste reflet du déficit éthique de ce gouvernement. Alors, je pense qu'elle devrait rester là jusqu'aux élections de 2018.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Bien, je comprends que sa présence est bénéfique pour votre formation politique, là, mais est-ce qu'elle est bénéfique pour le Québec, si vous dites qu'elle représente, elle incarne le manque d'intégrité, d'éthique du gouvernement?

Le Modérateur : On va y aller avec M. Robillard après.

M. Lisée : Bien, non, non, mais c'est une bonne question.

Le Modérateur : Oui, oui, mais après, après, après. Allez-y, M. Lisée.

M. Lisée : Oui, oui, c'est une bonne question. Même si on n'est pas sur ledevoir.com en direct, je vais y répondre. Là, on est dans la dernière année de ce gouvernement. On n'attend plus rien de ce gouvernement, alors qu'il montre la vraie marchandise. Rita de Santis est le choix du premier ministre pour être sa vitrine éthique. Elle représente très bien le déficit éthique de ce gouvernement. Qu'elle continue à nous rappeler leurs manquements éthiques jusqu'au jour de l'élection.

Le Modérateur : Merci. M. Robillard.

M. Robillard (Alexandre) : Vous trouvez qu'elle représente bien le manque d'éthique du gouvernement, mais pour quelle raison, je veux dire, sa déclaration d'hier?

M. Lisée : Oui, sa déclaration d'hier lorsqu'elle a dit que le... Alors, que tous les partis politiques veulent améliorer le mode de scrutin pour le rendre plus proche de la volonté démocratique, ce qui était dans le programme du Parti libéral de M. Charest, elle a dit : Le système électoral nous sert bien. Et tout le monde a compris qu'il servait bien le Parti libéral du Québec. Donc, elle est candide. C'est normal qu'un donateur soit Commissaire à l'éthique…

M. Bérubé : 100 000 $, c'est des pinottes.

M. Lisée : ...100 000 $, c'est des pinottes pour le Parti libéral. Je veux dire, elle dit…

Mme Maltais : Les gens devraient être jetés, brûlés.

M. Lisée : Oui, bien, elle dit les choses telles que le gouvernement de M. Couillard les pense. Alors donc, c'est une fenêtre, Mme de Santis est une fenêtre sur le vrai code d'éthique des libéraux. Alors, on aime la transparence, on aime cette fenêtre.

M. Robillard (Alexandre) : Êtes-vous à l'aise avec la perspective que le port de signes religieux soit un enjeu de la prochaine campagne électorale?

M. Lisée : Écoutez, nous, le drame, c'est que, n'eût été de l'intransigeance et de l'irrespect de M. Couillard face à des opinions contraires, nous étions à quelques pouces de l'unanimité sur un socle commun sur les signes religieux. Et il a décidé de rompre, d'empêcher ce consensus. Il a décidé de tourner le dos à la majorité des Québécois et la majorité de ses propres électeurs. Alors, lorsque la campagne va arriver, ce sera un travail qui n'aura pas été accompli. Et donc il est certain que nous, on va se présenter en disant : Bien, nous, on va l'accomplir, ce travail-là. Et, dans les deux premières années d'un gouvernement du Parti québécois, on va à la fois et d'abord agir pour l'intégration à l'emploi, et faire reculer le racisme et la discrimination, et pour régler le problème des signes religieux et des règles du vivre ensemble. Nous, on va le régler. Ça fait 10 ans que ça traîne. Il faut passer à autre chose, et ce n'est pas apaisant pour personne de rester dans l'incertitude.

M. Robillard (Alexandre) : O.K. Donc, je comprends que, contrairement à 2014, où la charte n'avait pas occupé une grande place dans la campagne, dans votre prochaine campagne de 2018, ces questions-là vont occuper une portion congrue.

M. Lisée : Congrue?

M. Robillard (Alexandre) : Oui.

M. Lisée : Je ne sais pas quelle portion ça va occuper. C'est trop tôt pour le dire. On a des choses à dire en santé, en éducation, en économie, en région, en matière d'identité, et ça, ça va être un des éléments de notre programme. Qu'est-ce qui sera principal ou secondaire? C'est trop tôt pour le dire. On va voir comment les choses évoluent jusque-là, mais c'est certain que ça fait partie de notre programme. On va le présenter avec fierté puis on va dire : Nous, on va faire ça, là où M. Couillard a échoué.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

M. Robillard (Alexandre) : Peut-être juste une petite dernière précision, Mme Maltais. Est-ce que vous pouvez nous dire, à ce stade-ci, c'est quoi, le montant total des frais qui ont été engagés dans votre dossier qui vous oppose à la CAQ?

Mme Maltais : Engagés? 0 $.

M. Robillard (Alexandre) : Mais donc…

Le Modérateur : Merci.

Mme Maltais : Je serai à vous tantôt, si vous voulez.

Le Modérateur : On y va en anglais. Mme Johnson.

Mme Johnson (Maya) : Good morning, Mr. Lisée. First of all, can you just tell us a little bit about this poll that you commissioned?

M. Lisée : Yes. Well, the Premier last week said that everyone who disagreed with him, were caught in a negative… «dérive néfaste», comment vous diriez ça, Maya?

Mme Johnson (Maya) : I'm not sure, to be honest. I don't know how to translate that.

M. Lisée :OK. So, the Premier, last week, said that everyone who disagreed with him, were kind of normalizing xenophobia, his words. And he said : I'm sure a majority of Quebeckers agree with me, meaning him. So, we said : Well, that's not what we see and what we hear. And so we asked, in a scientific poll, what were the positions on Bouchard-Taylor. So, we have 64% of all Quebeckers in favor, but the find is that a majority of PQ voters agree with the proposal that Mr. Couillard rejects in a very irrespectful way.

And when we look at the regions, it's a majority; in Montréal, in the regions, in Québec City, it's a majority of the youth 18 to 24, middle-aged, elder people, it's a majority of Francophones; within Anglophones, there are 40% in favor, 60% against; among non-Francophones, the half of non-Francophones approve of that. So, it's a very wide consensus within Québec society. And when Mr. Couillard disrespects this position, he disrespects a majority of Quebeckers, a slight majority of non-Francophones and a majority of his own voters. So, we are asking him to be more respectful of him own base.

Mme Johnson (Maya) : But didn't Charles Taylor's backtracking on his original positions bolster the Premier's assessment that there is no longer a consensus on the issue?

M. Lisée : That's why we asked the question after, after Charles Taylor, after the Premier said what he said. So, fully cognizant of Mr. Taylor's position, a majority of Liberal voters say, notwithstanding what Charles Taylor or Philippe Couillard say : We support these measures. And a majority of Quebeckers and half non-Francophones, 40% of Anglophones say, notwithstanding : we think this is a good position. Alright? Merci beaucoup. Ah?

Mme Johnson (Maya) : Mr. Lisée, actually, just one more question. Maybe it's…

Le Modérateur : Ensuite, on va aller à M. Authier, ensuite.

M. Lisée : Maya? Maya, donnez-lui une question.

Le Modérateur : Allez-y, Mme Johnson.

Mme Johnson (Maya) :OK. Thank you. I just wanted to ask a question about the police investigating the police. This is an issue that you flagged before, and I wonder if the Bureau d'enquêtes indépendantes should have a larger mandate that would allow them to investigate the Montréal police, for example, in this case, as opposed to the SQ?

M. Lisée : Well, the Parti québécois created the Bureau d'enquêtes indépendantes, and when we created it, we put a clause that enables the Minister to ask the bureau to make any inquiry it deems necessary. So, that applies to the situation now, and we think we should we move away from police investigating police. We should move away from police investigating police, and that's what the bureau is there for. It seems that the Liberals don't want to use it. And yesterday to have the chief of police of Montréal simply call the chief of police of the Sûreté and say : Hey! Why don't you come? That's not the way it should work, no, that's not independence. So, we're asking for the bureau to be used in this case and other cases because the faith of the public into police investigating police is very low, and that's not what we want.

Mme Johnson (Maya) : Merci.

M. Authier (Philip) : That was my question, but...

M. Lisée : But nice to see you!

M. Authier (Philip) : Whistleblowers are already a rare thing in society and it must create a climate, a difficult climate for people to come forward and reveal things, such allegations.

M. Lisée : Yes, I agree with you.

Mme Fletcher (Raquel) : Can you just comment more in English, you touched on it in French, but just the gravity of these allegations that we're hearing over the last day and a half, I guess?

M. Lisée : Well, you know, if we want to have… The basic issue is trust. We have to trust our police force, we have to trust our attorneys, we have to trust the tribunals. And these things should work properly, and they don't work properly now. And for the Montréal police, you know, every two months, there's something up, there's something fishy about what's going on within the police force, and certainly the way to re-establish trust is not to have police investigating police. Alright?

Le Modérateur : Merci beaucoup, tout le monde.

(Fin à 8 h 29)