Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition

Version finale

Le mercredi 22 février 2017, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures sept minutes)

M. Legault : Oui. Bonjour, tout le monde. Je viens d'apprendre que les députés libéraux ont voté contre notre motion pour faire comparaître Pietro Perrino en commission parlementaire. Donc, encore une fois, les libéraux essaient de cacher des choses. Qu'ont-ils à cacher? Pourquoi ne pas entendre Pietro Perrino? Ce n'est quand même pas rien. Philippe Couillard a nommé Pietro Perrino au poste de numéro deux de la fonction publique, 179 000 $ par année à vie, et il y a des allégations graves contre lui qui s'additionnent. Donc, M. Couillard, comme premier ministre, a une responsabilité, pas seulement une responsabilité d'intégrité, mais aussi d'apparence d'intégrité. Mais il semble que M. Couillard, pour lui, ce qui est le plus important, c'est d'abord la famille libérale.

Excusez-moi des mots que je vais utiliser, là, mais moi, je vois que les Québécois sont écoeurés des nominations libérales à des postes élevés dans la fonction publique. Et on dirait que M. Couillard ne semble pas comprendre que ça vient miner la confiance de la population à l'égard de toutes nos institutions. Et je crois que, lorsque Philippe Couillard nomme, comme numéro deux, Pietro Perrino, contre qui pèse des allégations graves, qui a un C.V. qui se résume à avoir travaillé à peu près toute sa vie pour le Parti libéral puis qui refuse qu'on l'entende en commission parlementaire, bien, Philippe Couillard, il se comporte comme le chef du Parti libéral, pas comme le premier ministre du Québec. Puis ce qu'on a besoin au Québec, c'est d'un premier ministre, ce n'est pas d'un chef libéral.

La Modératrice : Merci.

M. Legault : Peut-être, avant de prendre les questions, je veux en profiter aussi pour peut-être souligner le départ de Caroline St-Hilaire, mairesse de Longueuil, donc une des grandes villes au Québec. Caroline a fait un excellent travail à Longueuil après avoir été députée du Bloc à Ottawa. Donc, je pense qu'on doit tous lui dire merci pour ce qu'elle a fait à Longueuil. Elle a été très impliquée aussi dans plusieurs instances des municipalités. Donc, je veux lui rendre hommage.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va passer à la période de questions. Simon Boivin, Le Soleil.

M. Boivin (Simon) : Bonjour.

M. Legault : Bonjour.

M. Boivin (Simon) : Dans cette affaire avec M. Coretti, ce qui est en cause aussi, est-ce que ce n'est pas l'indépendance des procureurs de la couronne lorsqu'arrivent des questions politiquement sensibles? M. Coretti semble dire qu'à partir du moment où il a signifié son intention de faire témoigner des gens comme Jean Charest, par exemple, les procédures se sont mises à s'étendre. Est-ce que ce qui est en cause ici, c'est l'indépendance, aussi, des procureurs de la couronne, selon vous?

M. Legault : Bien, vous avez vu, les questions que j'ai essayé de poser puis que Simon a posées ce matin, ce qu'on voulait surtout savoir, c'est est-ce que M. Couillard puis le gouvernement libéral étaient au courant, hein? Je voudrais d'abord savoir, là, s'ils étaient au courant de ces informations-là, entre autres, que M. Coretti souhaitait entendre des libéraux, incluant Jean Charest, incluant Pietro Perrino. Puis il n'y a pas eu de réponse, hein? Vous avez remarqué, là, M. Couillard, entre autres, là, n'a pas répondu à la question sur qu'est-ce qu'il savait, qu'est-ce qu'il ne savait pas. Donc, ce qu'on voudrait d'abord savoir, c'est qu'est-ce que le gouvernement connaissait de cette histoire.

M. Boivin (Simon) : Mais est-ce que, justement, l'article de ce matin ne soulève pas des craintes sur ce que font les procureurs de la couronne lorsqu'il y a des dossiers à forte teneur politique, là?

M. Legault : Oui. Bien, moi, j'aimerais avoir... C'est pour ça qu'on aimerait avoir Pietro Perrino en commission parlementaire, pour savoir... est-ce qu'il a avisé Philippe Couillard? Est-ce qu'il a dit, si jamais Luigi Coretti se rend en procès, qu'il va me demander d'aller témoigner? Est-ce qu'il l'a dit à Philippe Couillard? Est-ce qu'il l'a dit à l'entourage de Philippe Couillard? Je pense qu'on aurait au moins le droit d'avoir des réponses à ces questions-là.

La Modératrice : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Deux petites questions. Concernant le recul du gouvernement sur les crédits d'impôt, là, qu'est-ce que ça vous indique, ça? Est-ce que c'est le pouvoir gris qui vient de gagner quelque chose?

M. Legault : Bien, écoutez, on a talonné le gouvernement jour après jour, puis Philippe Couillard, après avoir défendu l'indéfendable, bien, a reculé. Je pense que ça vient juste confirmer que Philippe Couillard est très déconnecté de la population, des vraies préoccupations.

Maintenant, j'ai hâte de voir comment il va corriger son erreur parce qu'il y a des gens, actuellement, qui ont déjà fait leur rapport d'impôt pour 2016. Donc est-ce qu'il y aura des remboursements? Est-ce que ceux qui n'ont pas fait leur rapport d'impôt... est-ce qu'ils doivent payer le 500 $, puis ensuite ils se font rembourser ou est-ce qu'ils peuvent le déduire quand même s'ils ont 65 ans? On voit, là, c'est un gros fiasco, c'est une erreur du gouvernement, une erreur qu'il a fini par admettre après avoir essayé de prétendre le contraire pendant une semaine.

M. Laforest (Alain) : Question un peu plus sensible. Hier, vous avez présenté Sonia LeBel. Sonia LeBel, c'est une employée de l'Assemblée nationale ou c'est une future candidate?

M. Legault : C'est actuellement une employée de l'Assemblée nationale, elle va être directrice de cabinet adjointe, donc elle va m'aider sur plusieurs dossiers, mais, entre autres, là, tous les dossiers de lutte contre la corruption. Maintenant, ce n'est pas impossible, puis elle l'a dit, puis je le dis, qu'en 2018, là, on est à 19 mois de l'élection, qu'elle choisisse d'être candidate. Mais, pour l'instant, c'est une employée de la CAQ.

M. Laforest (Alain) : Donc, son statut faisait en sorte que vous pouviez déployer une conférence de presse pour présenter une employée.

M. Legault : Bien, écoutez, moi, je pense, là, que, oui, Sonia LeBel est connue. Oui, que Sonia LeBel choisisse la CAQ pour continuer sa lutte contre la corruption, je pense que c'est digne de mention, puis ça méritait de le faire de façon ouverte.

M. Laforest (Alain) : Qui a payé pour ça?

M. Legault : C'est la CAQ.

M. Laforest (Alain) : Ça ne va pas sur le budget de l'Assemblée nationale?

M. Legault : Ah! bien, écoutez, comme je vous dis, le salaire, ça sera à l'Assemblée nationale, ce qui est normal puisqu'elle est directrice de cabinet adjointe. Mais ça a été fait dans les bureaux de la CAQ.

La Modératrice : Merci beaucoup. D'autres questions? Martin Croteau, LaPresse.

M. Croteau (Martin) : Bonjour à tous. Bonjour, M. Legault.

M. Legault : Bonjour.

M. Croteau (Martin) : Comment vous expliquez que le ministre Coiteux refuse de confier l'enquête sur le SPVM au BEI?

M. Legault : Bien, il faut poser la question à M. Coiteux, là, mais ça n'a pas de bon sens que la police enquête sur la police, hein, que les verts enquêtent sur les bleus, là. On a besoin, à un moment donné, d'avoir une enquête indépendante. Il y a un bureau qui est là pour ça. Bon, le ministre semble dire : Ça ne rentre pas tout à fait dans le mandat. Changeons-le, le mandat, là, mais ce qui est important, c'est de rassurer la population, c'est des allégations... ce sont des allégations qui sont très graves, très troublantes, là. Quand on dit qu'on a essayé de miner la crédibilité de policiers qui essayaient de dire des choses en montant de la fausse preuve, c'est très grave, puis je pense que ça mérite une enquête indépendante. Puis, écoutez, ça va peut-être prendre une semaine encore au gouvernement Couillard pour reculer, mais il doit reculer puis il doit donner l'enquête au BEI.

M. Croteau (Martin) : Est-ce qu'une enquête publique, comme le réclame M. Khadir, serait une bonne idée à vos yeux?

M. Legault : Bien, moi, je pense que les résultats de l'enquête doivent être rendus publics, puis ça doit se faire très rapidement parce que ce n'est pas la première fois qu'il y a des doutes sur les façons de faire à la SPVM. Rappelez-vous ce qu'il s'est passé avec les sources journalistiques. Je pense qu'il est temps, là, qu'une enquête soit faite et puis que ça soit rendu public rapidement.

La Modératrice : Merci. Nicolas Lachance, Le Journal de Québec.

M. Lachance (Nicolas) : Sur le même sujet, M. Coiteux insiste pour dire que les enquêteurs de la SQ sont les mieux formés, puis c'est les meilleurs pour faire cette enquête-là. Selon vous, est-ce que les enquêteurs de la SQ ne sont pas les bonnes personnes pour le faire? Est-ce qu'ils sont assez qualifiés pour le faire?

M. Legault : Mais on pourrait lui retourner la question : Pourquoi créer un bureau des enquêtes indépendantes si on est capables d'utiliser les corps de police entre eux pour s'enquêter? La raison, là, c'est une question de crédibilité face à la population, crédibilité des forces policières. C'est très important, à mon avis, qu'on rassure la population puis, pour ça, ça prend une enquête indépendante parce que les gens ne voient pas la différence entre un policier de la ville de Montréal puis un policier de la Sûreté du Québec, là. Pour eux, ce sont tous des policiers. Donc, quand il y a des reproches graves qui sont faits contre des policiers, je pense qu'il devrait y avoir une enquête indépendante. C'est pour ça que ça a été formé, le BEI.

M. Lachance (Nicolas) : Quand M. Coiteux a dit que les employés du BEI ne sont pas formés pour ce genre d'enquête là, vous en pensez quoi?

M. Legault : Bien, moi, je pense que, si c'est vrai, là... parce que, quand on regarde le temps que ça a pris pour mettre en place puis le rendre fonctionnel, ce bureau-là... Moi, j'avais entendu dire qu'il y avait eu des heures, des semaines, des mois de formation de données. Je suis très surpris d'entendre que les gens du BEI ne sont pas qualifiés, ne sont pas formés. Ça n'a pas de bon sens, là, parce qu'évidemment il y aura d'autres enquêtes à faire. Puis on a besoin de gens compétents puis bien formés, et je pense que c'est une fausse excuse de la part de Martin Coiteux.

La Modératrice : Merci. Questions en anglais. Ryan Hicks, CBC.

M. Hicks (Ryan) : In this story about Mr. Coretti, Mr. Perrino, I mean, can you explain what the smoking gun is?

M. Legault : O.K. There are many allegations facing Mr. Perrino. First, we have to remember that, a few years ago, Mr. Perrino was managing a fund in Saguenay-Lac-Saint-Jean. He invested money, including public money, in a Montréal company called BCIA. They went bankrupt, so we all lost money because of that and we understood that, at the time, Tony Tomassi was using the credit card of BCAE, so he was accused and recognized guilty. And today, we see that Mr. Coretti, who was in charge of BCIA, he was refused for a permit and he asked Mr. Perrino to push directly with a minister to get this permit.

So, there are many, many reasons to say that Mr. Perrino, being number two of the government, because he's reporting to Mr. Iglesias… so, it's somebody important that we should hear and have the possibility to ask him questions in commission. But the liberal MNAs, they refused, just few minutes ago, to have Mr. Perrino. And also, I don't understand why this guy was given a so important job. When you look at his résumé, most of his career was working in a Liberal cabinet. So, I think that people, Quebeckers are fed up to see people getting good jobs only because they are Liberal supporters.

M. Hicks (Ryan) : On the allegations at the Montréal police, can you explain exactly why you want Independent Investigation Bureau to look into this? Why the SQ is incapable of, at least, going in this direction at first?

M. Legault :O.K. First, we have to understand that, again, the allegations are strong, and what was said at the J.E. program last night was that some people from the management of the Montréal police, they've tried to put in place a false proof against policemen. And I think that even the Mayor of Montréal, Mr. Coderre, said that he worries a lot about what happened.

So, I think, we've put in place the BEI, le Bureau des enquêtes indépendantes, for this kind of inquiry. So, I think, it should be an independent inquiry, we should not see, we must not see the police trying to justify another police group.

M. Hicks (Ryan) : Is this an issue of trust?

M. Legault : It's an issue of trust for Quebeckers. It's important that population of Québec, that they trust 100% our police groups. So, I think, it's important to give this inquiry to an independent body.

La Modératrice :Merci beaucoup.

M. Legault : Merci.

(Fin à 13 h 20)

Participants


Document(s) associé(s)