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Point de presse de Mme Monique Jérôme-Forget, ministre des Finances

Version finale

Le mardi 27 janvier 2009, 18 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix-huit heures)

Mme Jérôme-Forget: Alors, bonjour, tout le monde. Alors, on a passé quelque temps justement à regarder ce que contenait ce budget. Je vais débuter en vous parlant du côté positif du budget du gouvernement fédéral. Vous savez, pour nous, vous vous rappelez de l'énoncé économique, c'était finalement nous assurer que nos entreprises étaient maintenues, que l'emploi était maintenu, au Québec, et qu'il y avait effectivement de la création d'emplois. Alors, ce sont, ce soir, des remarques préliminaires, mais je veux mettre l'emphase sur les volets de ce budget où il y a effectivement un appui à nos démarches que nous avons faites, tant moi que le premier ministre, lors de la conférence fédérale-provinciale des premiers ministres.
Alors, les priorités au niveau de l'emploi, il y a au niveau de l'assurance-emploi notamment, il y a également au niveau de la formation de la main-d'œuvre. Très brièvement, nous avons regardé ce que ça pouvait représenter pour le Québec, et, pour un an, il y avait pour 300 millions de dollars seulement sur ces deux volets-là, de l'argent qui va aller, dans le fond, pour des travailleurs, des gens qui risquent de perdre leur... qui ont perdu leur emploi, qui ont besoin de formation et qui finalement vont pouvoir récupérer plus facilement de la situation.
Dans un deuxième temps, il y a le secteur manufacturier. Vous savez, j'avais soulevé, lors de mon propre énoncé économique, le problème au niveau du secteur manufacturier. Nous avons ajouté 1 milliard de dollars au niveau d'Investissement Québec, 1 milliard de dollars au niveau de la SGF. Nous avions proposé justement à M. Flaherty d'augmenter les sommes à la BDC de même qu'à EDC. Il y a 5 milliards de dollars de plus pour ces deux organismes, ce qui est quand même des sommes importantes pour venir en aide au niveau des liquidités au niveau des entreprises. Ça, évidemment, c'est un bon point également. Il y a bien sûr, au niveau du secteur de la forêt, 170 millions de dollars sur trois ans. Peut-être, on peut se dire que c'est peu par rapport au défi de ce secteur, mais c'est quand même de l'argent additionnel. Au niveau de la rénovation des maisons, bien, vous voyez, ce programme-là vient compléter le nôtre, puisque, nous, c'était au-dessus de 7 500 $, 20 % de tout ce qui dépassait 7 500 $, sans limite; eux, entre 1 000 $ et 10 000 $, il y a un 15 %, ce qui peut représenter, si ma mémoire est bonne, à peu près 1 350 $ pour ce crédit d'impôt.
Au niveau des infrastructures, nous avions demandé au gouvernement fédéral justement d'augmenter ses sommes, d'appareiller ses sommes à ce que nous faisons au Québec et surtout également d'augmenter... d'améliorer le processus et de couper dans toutes les technicalités qui étaient imposées par Ottawa. Ça, j'ai eu une rencontre avec M. Baird, il était très ouvert, il m'avait déjà annoncé justement ce que contiendrait le budget au niveau des infrastructures et il m'a donné l'assurance qu'il montrerait non seulement beaucoup de souplesse mais déjà, vis-à-vis des projets très spécifiques, on a pu passer chacun des projets, et donc il y avait des choses très positives à cet égard.
Maintenant, j'arrive au plat, je dirais, principal peut-être mais au niveau... le côté négatif. Bien, vous comprendrez que le gouvernement fédéral maintient son volet au niveau de la péréquation. Pour nous, je veux corriger des chiffres qui sont véhiculés parce que, moi, je me base sur des vrais chiffres, les chiffres de mon budget de mars dernier. Pour 2009-2010, je le répète, basé sur les chiffres du budget de mars dernier, donc, pour 2009-2010, c'est un écart de 75 millions de dollars. Le plus troublant, c'est l'année suivante, c'est un écart de 695 millions de dollars pour 2010-2011. C'est donc des sommes importantes, et c'est un volet qui nous préoccupe, mais c'est surtout que nous estimons que, ce gouvernement qui s'est plaint à maintes reprises de ce que son prédécesseur avait fait en changeant de façon unilatérale la formule de péréquation, je pense que, là, on a un geste qui est, je dirais, très autoritaire, et de changer la formule comme ça sans, dans le fond, presque nous prévenir, je pense que c'est une démarche inacceptable. Même le rapport Hawken en parle à plusieurs reprises dans son rapport que la péréquation, si elle est pour être modifiée, devrait être justement négociée et il devrait y avoir une approche beaucoup plus de collaboration.

S'il est vrai que, parce que l'Ontario aujourd'hui reçoit de la péréquation, que les hausses seraient aussi importantes, je pense que le Québec est capable de comprendre. Mais jusqu'à maintenant nous n'avons aucune démonstration, aucun chiffre pour justement justifier la démarche qui est prise actuellement.
Maintenant, il y a un dossier que nous avons soulevé à cet égard au niveau de la péréquation, c'est Hydro-Québec, à savoir le transport et la distribution chez Hydro-Québec. Puisqu'on a donné ce traitement à Hydro One, en Ontario, nous, on estime qu'on devrait avoir le même traitement. Les chiffres que nous avons avancés, on nous dit maintenant que les chiffres sont les bons. Par conséquent, c'est un dossier que nous allons suivre avec un oeil de lynx et beaucoup de détermination pour recevoir le même traitement, puisque cela représente 250 millions de plus pour le Québec.
Il y a également le volet au niveau du Transfert social canadien, où, là encore, il y a une perte de 83 millions de dollars pour le Québec, et donc, ça, c'est une somme importante. C'est un dossier également... on n'a pas réussi à comprendre la justification dans les documents actuels. Je dois vous dire que c'est une réaction préliminaire que je fais. Vous comprendrez que, dans le peu de temps que j'ai eu, je n'ai pas été capable vraiment de comprendre toutes les nuances de ce volet-là, mais ça nous apparaît une démarche inacceptable.
L'autre côté inacceptable évidemment, c'est la Commission des valeurs mobilières unique. Je pense que vous connaissez notre discours à ce sujet-là. Je pense qu'on a fait notre lit ça fait déjà un certain temps. On l'a répété sur toutes les tribunes, je l'ai dit à plusieurs reprises à Toronto, il n'y a aucune justification d'arriver avec ça aujourd'hui. Encore, en 2009, le Canada reçoit une évaluation supérieure aux États-Unis et à l'Angleterre par rapport justement à la protection des épargnants. C'était le cas évidemment de l'OCDE et de la Banque mondiale qui avait justement dit également que le Canada se situait bien au-dessus de l'Angleterre et des États-Unis. Sur 130 pays, le Canada se situe en quatrième ou cinquième place et, pour l'OCDE, sur 29 pays, le Canada occupait une deuxième place. Alors, pourquoi arriver avec ce changement maintenant? Nous allons bien sûr réagir, comme nous l'avons fait jusqu'à maintenant, et bien sûr que nous allons nous opposer à cette façon de faire du gouvernement fédéral. La façon de procéder, bien sûr, je l'ai déjà mentionné, nous irons devant les tribunaux advenant le cas où il y a un dépôt de projet de loi et bien sûr nous aborderons les trois formations de l'opposition pour leur faire valoir notre point de vue.
Alors, voilà en résumé ce que contient ce budget, les réactions préliminaires. Vous comprendrez qu'on va passer encore quelque temps à examiner le détail de tout ce qui est proposé aujourd'hui.

M. Plouffe (Robert): Mme Jérôme-Forget, on a l'impression que M. Harper envoie un peu promener le Québec aujourd'hui, envoie... Est-ce que c'est votre perception également? Êtes-vous déçue de ce que vous voyez? Écoutez, ce n'est pas positif, là. Péréquation, près de 1 milliard que vous allez perdre, Mme Jérôme-Forget. Est-ce que ça veut dire que ça va replonger le Québec dans le déficit...

Mme Jérôme-Forget: Bien, écoutez, j'aimerais corriger. J'entends souvent ce milliard de dollars. D'accord? Vous savez, ce milliard, moi, je le réfute, je le réfute encore. Puis je ne le réfute pas de façon artificielle, je le réfute sur des chiffres basés du ministère des Finances. Le ministère des Finances dit qu'en 2009-2010 c'est un écart de 75 millions; l'autre année après, et vous avez raison, c'est 695 millions de dollars, mais ça, c'est en 2010-2011. D'accord? Alors, moi, je me base, pour... Je pense qu'il faut qu'on assoie tout ça sur des vrais chiffres, là, pas sur des hypothèses. Les vrais chiffres, là, sont du ministère des Finances.

M. Plouffe (Robert): Je ne suis pas sûr que ça n'a pas été confirmé aujourd'hui, Mme Jérôme-Forget, 2010...

M. Boivin (Simon): Les chiffres d'Ottawa, c'est ça?

M. Plouffe (Robert): Oui. 2009-2010, 1 milliard.

M. Boivin (Simon): Les chiffres du ministère des Finances à Ottawa disent que vous auriez eu 9,35 milliards...

Mme Jérôme-Forget: Bien, c'est basé sur le chiffre... l'hypothèse... C'est basé sur l'hypothèse, suivante. De ce que dit M. Flaherty, au lieu de 14 milliards, ce seraient 16 milliards et 20 milliards de dollars. Moi, j'estime que ces prémisses-là sont fausses parce que le prix du pétrole était 150 $ le baril, il est aujourd'hui à 44 $. Vous comprendrez, là, que les estimés qui avaient étés faits par le ministère des Finances à Ottawa en novembre ne tiennent plus la route. La situation n'était pas du tout ce qu'elle est aujourd'hui.

M. Plouffe (Robert): Mais la réalité, c'est que vous allez être privée d'une somme colossale. Est-ce que ça replonge le Québec en déficit? Vous ne pouvez pas vous réjouir de ça aujourd'hui, Mme Jérôme-Forget.

Mme Jérôme-Forget: Non. Écoutez, je le dis, je l'ai dit, je ne suis pas heureuse de ce volet au niveau de la péréquation, je ne suis pas heureuse au niveau du Transfert social canadien, je ne suis pas heureuse au niveau de la Commission des valeurs mobilières, et bien sûr que vous ne pouvez pas me faire dire que je suis heureuse de ça, je l'ai mentionné. J'apportais juste un correctif aux chiffres parce qu'on véhicule souvent ce chiffre de 1 milliard de dollars. Je me base sur des chiffres du ministère des Finances, ce que j'appelle, quant à moi, des vrais chiffres.

M. Plouffe (Robert): Je veux juste savoir si ça va replonger le Québec en déficit, Mme Jérôme-Forget.

Mme Jérôme-Forget: Écoutez, je vais mettre tous mes chiffres à jour. Vous comprendrez que les révisions de croissance économique, au fédéral, pour l'année 2009-2010, sont passées, si ma mémoire est bonne, à 0,6 %, à moins 1,2 %. Donc, il y a eu, dans quelques mois, un changement, au niveau de la croissance économique à Ottawa, de 1,8 %. Donc, c'est clair que le Québec, où j'avais prévu, en 2009-2010, rappelez-vous, en mars 2 % de croissance, en novembre 0,6 % de croissance, il est clair que je vais devoir mettre ces chiffres à jour, puisque, si le Canada se trouve dans un état négatif de 1,2 %, il est clair que le Québec va être grandement affecté. Mais je vais mettre ces chiffres à jour là très prochainement justement pour le budget que je vais déposer probablement en mars.

M. Dutrisac (Robert): Le budget fédéral lui-même, là, est-ce qu'il pousse, en 2009-2010, le Québec en déficit?

Mme Jérôme-Forget: Est-ce que le budget lui-même... Le budget vient apporter des sommes d'argent additionnelles. D'accord? Il y a des dépenses pour 40 milliards de dollars, 39 milliards de dollars. Donc, il y a des sommes d'argent qui viennent au Québec. Vous me posez la question: Est-ce qu'on est gagnant par rapport à ce qu'on perd au niveau de la péréquation? Je pense que ce sont des analyses qu'on va devoir faire dans les heures qui suivent, là. Mais c'est clair que le Québec gagne dans des volets. Au niveau des investissements dans les entreprises, au niveau de la rénovation pour les citoyens, il y a beaucoup de... il y a des gestes qui sont posés. Mais c'est clair, en 2010-2011, il y a une perte, quant à moi, par rapport à mes chiffres, de 695 millions de dollars.

M. Dutrisac (Robert): Mais est-ce que c'est un bon budget? Est-ce que c'est un bon budget, foncièrement?

Mme Jérôme-Forget: Bien, écoutez - est-ce que c'est un bon budget? - c'est un budget, je dirais, où il y a des bons volets. Il y a des volets qui sont extrêmement négatifs pour le Québec et avec lesquels je ne suis pas en accord, et M. Charest ne sera pas plus en accord. Le gouvernement n'est pas en accord.

M. Plouffe (Robert): Même vos fonctionnaires confirment le milliard de dollars, Mme Jérôme-Forget.

Mme Jérôme-Forget: Bien, par rapport...

M. Plouffe (Robert): ...au budget, qui ont été dans le...

Mme Jérôme-Forget: Non, non, mais d'accord, mais mes fonctionnaires ont basé... regardent ce que le ministère des Finances leur a donné. D'accord? Le ministère, j'étais encore avec le sous-ministre, nos chiffres... j'étais avec des gens qui sont à Ottawa actuellement, nos chiffres, c'est ce qu'on avait annoncé en mars dans le budget.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Mais alors, comment est-ce que vous allez régler l'écart? Parce que, si Ottawa estime 1 milliard et vous 70...

Mme Jérôme-Forget: Ce qui est important, là, c'est que je fasse mon propre budget avec ma croissance économique que je vais prévoir et contrôler les dépenses assez mais pas trop parce que, là, on ne veut pas couper dans les dépenses de façon sauvage en santé et en éducation, je le répète souvent. On ne fera pas ça. Mais c'est clair qu'on va devoir regarder la situation avec les yeux bien en face.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Ce que je comprends, Mme Jérôme-Forget, là, c'est que non seulement vous contestez la baisse des revenus en péréquation, mais vous n'êtes pas d'accord non plus avec la façon dont Ottawa calcule ces montants-là.

Mme Jérôme-Forget: Ce que je dis essentiellement, je dis... je relate les chiffres que j'ai mis en mars au niveau de la péréquation. D'accord? Le ministre fédéral a annoncé, en novembre, justement, des chiffres, il a commencé à avancer des chiffres. Le 27 novembre, il a dit que la péréquation augmenterait de 14 à 16 milliards, basé sur cet écart de 2 milliards qu'il a invoqué sans nous donner d'explication. On estime aujourd'hui 1 milliard de dollars. Je mets en doute cette prémisse-là, et, si elle existe, qu'il nous donne la justification.

M. Boivin (Simon): Est-ce que vous pensez qu'à travers ce budget-là votre gouvernement ou le Québec est pénalisé pour les déclarations qui avaient été faites par des membres de votre gouvernement lors de la campagne fédérale, la campagne électorale ?

Mme Jérôme-Forget: Bien, écoutez, vous savez, est-ce qu'on est pénalisé à cause des propos qu'on a tenus? Les propos qu'on a tenus, c'était pour venir supporter les artistes. Je pense qu'on a maintenu ce cap-là. On a haussé justement, nous, les crédits d'impôt à ce secteur au niveau du cinéma, on a exactement également donné une subvention importante à ce secteur. Alors, je pense qu'on maintient le cap. Également, mon collègue Raymond Bachand a défendu bec et ongles justement la position de venir en aide au niveau des régions, au niveau des sommes qui étaient données à des organismes au niveau régional, et je pense qu'aujourd'hui... vous savez, quand on est en politique, on a des convictions, on défend ses convictions.

M. Plouffe (Robert): Est-ce que M. Ignatieff doit défaire ce budget, Mme Jérôme-Forget?

Mme Jérôme-Forget: Bien, vous savez, je pense que M. Ignatieff va devoir prendre ses propres décisions, comme toutes les formations politiques qui sont à Ottawa. Moi, je prends mes décisions par rapport à ma formation politique. Je pense qu'il est capable de décider avec son caucus la décision à prendre.

M. Plouffe (Robert): Je veux savoir si c'est bon pour les Québécois, Mme Jérôme-Forget. Je veux savoir si c'est bon pour les Québécois. Est-ce que M. Ignatieff doit défaire ce budget-là parce que c'est bon ou mauvais...

Mme Jérôme-Forget: Je vous ai répondu que M. Ignatieff va prendre ses décisions.

M. Plouffe (Robert): Oui, mais je veux savoir si, pour les Québécois, aujourd'hui, Mme Jérôme-Forget, est-ce que c'est...

Mme Jérôme-Forget: Il y a des volets qui sont bons pour les Québécois, puis il y a des volets... Bien, au niveau des infrastructures, au niveau de la DBC, au niveau des liquidités et des entreprises, il y a des volets qui sont bons.

M. Plouffe (Robert): Il paraît que, pour les infrastructures, on pourrait passer par-dessus les provinces et aller directement aux municipalités.

Mme Jérôme-Forget: Bien, écoutez, le problème que j'ai entendu, là, c'est que les municipalités estiment qu'ils n'auront pas l'argent à contribuer justement à la hauteur de ce que souhaite le gouvernement fédéral.

M. Plouffe (Robert): Donc, il n'y a rien de positif dans ce budget-là, Mme Jérôme-Forget.

Mme Jérôme-Forget: Bien, écoutez, c'est votre opinion. Moi, je vous ai mentionné les côtés positifs, puis je vous ai mentionné le côté négatif, et je maintiens le cap dans mon discours à l'effet qu'il y a des choses positives au niveau de l'emploi, au niveau de la création d'emplois, il y a un 300 millions pour la formation de la main-d'oeuvre et ce secteur-là. Donc, il y a des choses quand même positives. Il est clair, au niveau de la péréquation, du Transfert social, de la Commission des valeurs mobilières qu'on n'est pas contents.

M. Boivin (Simon): Auriez-vous aimé que le gouvernement fédéral aille plus loin dans le projet de train rapide?

Mme Jérôme-Forget: Bien, à ce sujet-là, je laisserai mon collègue réagir à ce sujet-là.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Bien, comment vous allez convaincre Ottawa de vous donner le milliard qu'eux estiment bon de réduire?

Mme Jérôme-Forget: Bien, vous savez, dans la vie, la vie est ainsi faite, parfois on gagne des volets, parfois on perd certains volets. Moi, vous savez, ce qui est important, c'est de maintenir le cap de ce qu'on revendique et de nous assurer que le fédéral va comprendre, et que certains partis du fédéral vont comprendre, et qu'on va exprimer notre désaccord.

M. Dutrisac (Robert): Est-ce que le budget va améliorer les relations entre le gouvernement Charest et le gouvernement Harper?

Mme Jérôme-Forget: Vous savez, j'ai rencontré M. Baird la semaine dernière, et j'ai eu une relation extrêmement positive. Il était tout à fait d'accord avec les griefs que j'ai soulevés, avec la lenteur du gouvernement fédéral à réagir, à annoncer des choses et ensuite à livrer l'argent, il était d'accord. Tous les dossiers que j'ai soulevés, il était d'accord. Alors donc, la relation avec M. Baird a été excellente, et j'espère, en tous les cas, qu'elle va continuer de l'être prochainement.
Au niveau de l'Emploi et Solidarité sociale, vous savez que nous avions une entente qui avait été signée il y a déjà quelque temps... l'entente, pardon, n'a pas été signée en dépit du fait qu'il y a eu une annonce de 116 millions de dollars du gouvernement fédéral. Bien, l'argent n'est toujours pas là, puis ce n'est encore pas signé. Alors, il y a des lenteurs dans la machine bureaucratique qui fait que ça devient extrêmement difficile à l'occasion.

M. Plouffe (Robert): On a l'impression aujourd'hui que M. Harper a largué un peu le Québec, a tourné le dos au Québec. Vous n'avez pas cette impression-là Mme Jérôme-Forget?

Mme Jérôme-Forget: Bien, c'est bien dommage pour lui parce qu'il a des députés ici, au Québec, et, nous, on travaille avec le gouvernement fédéral. Et, s'il a largué le Québec, bien, écoutez, c'est bien dommage pour lui également parce qu'il sera dans une élection prochainement et, bien, vous comprendrez qu'il aura peut-être besoin des comtés qu'il a au Québec. Mais, moi, j'estime que, nous, on fait notre devoir, on répond à nos convictions, à ce que l'on défend, nos valeurs et on va maintenir le cap.

M. Lessard (Denis): Est-ce que vous avez parlé à M. Ignatieff aussi, dans les dernières heures?

Mme Jérôme-Forget: Bien, oui, on a parlé. M. Charest a parlé à M. Ignatieff. J'ai parlé à M. Ignatieff, oui.

M. Lessard (Denis): Ce n'est pas courant que le gouvernement parle au chef de l'opposition. Normalement, on se parle...

Mme Jérôme-Forget: Ah non? Bien, M. Charest a parlé constamment à tous les chefs d'État quand il était dans l'opposition.

M. Lessard (Denis): Mme Jérôme-Forget, que le gouvernement du Québec parle au chef de l'opposition, comment...

Mme Jérôme-Forget: On le fait, on le fait. On a des contacts comme tout le monde.

M. Lessard (Denis): Est-ce qu'il vous a dit qu'il allait voter...

Mme Jérôme-Forget: Non, il ne m'a rien dit. Non, non, il ne m'a rien dit.

M. Lessard (Denis): ...en faveur ou contre la question sur la Commission des valeurs mobilières?

Mme Jérôme-Forget: Non, il ne m'a pas dit. Il ne m'a pas dit. Je lui ai parlé, moi, de mes préoccupations.

La Modératrice: En anglais.

M. Grant (John): Québec, for a number of years, has said that the federal Government is helping its own financial situation at the expense of the provinces, especially Québec. Are they still doing it?

Mme Jérôme-Forget: Well, listen, they are spending close to $40 billion in expenses over the next two years, so this is a lot of money, and obviously some amount of that money is going to come to Québec. Am I happy about the equalization payments? No. I said that before, I'm not happy. We wrote a letter to Mr... I wrote it to Mr. Flaherty. And I'm not happy about that. I spoke to Mr. Flaherty this morning, I told him I was not happy about that. I told him about the single regulator, I told him I would be against; he knows. And that's the situation.
Are they trying to solve their problem over the provinces? Obviously, the fact that Ontario is going to become a recipient of equalization payments... I think the federal Government reacted then in November. My estimate is that not only did they overreact, but their hypothesis to the effect that the increase would be from $14 to $16 billion is well exaggerated because they did not substantiate how they reach this $16 billion, they never provided any numbers to justify that. And, based on our estimate at the Department of Finance, the equalization payments, we are loosing $75 million in the coming year and $695 million the following year.

M. Grant (John): Do you think that... Is it becoming obvious that the federal Conservatives believe that their next majority will come because of Ontario rather than Québec, where they hoped to make it last time?

Mme Jérôme-Forget: Well, we can read that by some gestures they are doing, but they still have representatives here, in Québec, and I think it would be short-sighted for them to exclude Québec in their thinking. This country includes Québec, and I do believe that Canadians wouldn't be happy to see them ignore Québec in whatever measures they plan for Canada.

M. Séguin (Rhéal): ...this budget includes Québec? Has this budget ignored Québec?

Mme Jérôme-Forget: Well, this budget... Remember equalization paiements they had announced before. O.K.? In terms of this budget, there are measures their that include Québec, like training, for instance, and, I would say, adjustments. Just for Québec, this coming year, it's over $300 million more. So it's still a fair amount of money that'll go into the pockets of people who loose their jobs. So there is something for Quebeckers here.

M. Shum (David): How would your government make up for the equalization...

Mme Jérôme-Forget: Well, you'll see in the budget what I will have to do, and that will be coming soon in the next session.

M. Dougherty (Kevin): Mme Jérôme-Forget, the federal Minister is announcing a deficit of $34 billion this year and $30 billion next year. How can you balance your budget?

Mme Jérôme-Forget: Well, listen, for this year, I was surprised to see that the federal Government is having showing a deficit, for 2008 and 2009, of $1 billion, $1.1 billion, I think. I was surprised to read that. $34 billion next year and $30 billion the following year are certainly big numbers. I think it represents 2% of GDP. So it's still acceptable. In fact, they project deficits for the next four years. As far as we are concerned, as I said earlier, I had projected growth at 2% when I made the budget last year for the coming year. In November, I reduced it to 0,6%, and obviously I will have to reduce that, just as Ottawa has reduced the growth for the coming year. They had to readjust their numbers following what happened to what the Bank of Canada has told them.

M. Dougherty (Kevin): Are you going to do a deficit? You can't...

Mme Jérôme-Forget: Well, listen, obviously, growth, what happened in November when we announced, was well within what was announced by all, all specialists, including the Bank of Canada. What happened is that, on the 8th of January, everybody reassessed those numbers, and I will have to reassess those numbers myself obviously, and I will do that.

M. Grant (John): How do you feel about the apparent rejection by the federal Government of pay equity? You fought so hard for it here, and now they're saying: Well, who cares?

Mme Jérôme-Forget: Well, I do believe... Is that still included in the budget?

M. Grant (John): At least, that's what...

Mme Jérôme-Forget: O.K. Well, listen, I didn't read what they are talking about. Is it readjustment what they are doing? Obviously, I told you, one of my pride in being an elected official was to solve pay equity for so many women. So I'm very proud of that, and therefore I will have to look carefully what is included in the budget.

Mme McKinnon (Catou): It sounds like there's a fairly substantial difference between what Ottawa says are the numbers for equalization and what you're saying. What happens if you're wrong?

Mme Jérôme-Forget: Well, numbers can always be... You know, it depends how... We will have to assess. I said earlier, you may not know, we'll have to go through this exercise. But equalization is based... it's not an artificial number that comes out like that, it's based on revenues. What I'm saying is the revenues are going to go down because companies make less profits, because some people are going to be unemployed, because the barrel of oil is no longer $150, it's $44. So basically, this is why I believe the numbers shown by Mr. Flaherty are highly exaggerated. Thank you very much.

Mme McKinnon (Catou): ...changed your approach to dealing with the economic downturn then, here, in Québec...

Mme Jérôme-Forget: Well, we'll see, we'll see. Obviously, some measures will have to be taken. I took... Listen, both in November and January, our Government came up with $881 million more. We're not talking about the last budget. Since the last budget, $881 million more in the economy. So it's a lot of money. We've done a lot. Remember, everybody is talking about this Infrastructure Program of $11 billion? Well, I've got news for you, we have $41 billion. O.K.? In fact, if we include Hydro-Québec, it's $70 billion over the next five years. So, I think we took a lead there. We're happy because they're following on our step, and I'm a little proud of that.
Thank you very much.

 

(Fin à 18 h 27)

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