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Point de presse de M. Sylvain Gaudreault, porte-parole de l’opposition officielle responsable de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean

Version finale

Le mardi 21 mars 2017, 15 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Quinze heures trente minutes)

M. Gaudreault : Oui. Alors, bonjour à tous et à toutes. Merci d'être ici. Écoutez, moi, je suis extrêmement heureux d'accueillir aujourd'hui tous ces gens du Saguenay — il y a Mireille Jean, évidemment, députée de Chicoutimi, qui était avec moi, mais là elle a dû s'absenter rapidement pour une commission parlementaire — simplement pour porter la voix de citoyens qui se battent, au fond, pour leur dignité, pour l'accessibilité, pour la mobilité, donc le transport adapté pour les personnes qui sont ici, en faisant ressortir la réalité de grands territoires comme la ville de Saguenay, plus de 1 200 kilomètres carrés, augmentation de l'achalandage du transport adapté depuis quelques années, mais, parallèlement à ça, diminution du budget. Donc, augmentation de l'achalandage, diminution du budget, ça fait en sorte qu'il y a des personnes qui sont ici puis qui pourraient témoigner qu'elles attendent des heures et des heures avant de pouvoir avoir accès, obtenir même un transport qui va les conduire à des activités de loisirs, aller rencontrer des amis, aller au travail, aller obtenir également des soins de santé.

Donc, on a dénoncé ça aujourd'hui puis on trouvait ça absolument important de le faire aujourd'hui parce qu'on est à une semaine du budget. Donc, il reste une semaine au gouvernement pour répondre positivement à cette demande des personnes qui est vraie pour Saguenay à cause de la grande réalité du territoire, mais qui est vraie pour l'ensemble du Québec également. On a obtenu une rencontre avec le ministre Laurent Lessard, le ministre des Transports. Il a manifesté de l'écoute, nous devons le dire, mais maintenant il faut qu'il livre la marchandise. Alors là, il n'arrête pas de nous dire : Il faut que je fasse des demandes au ministre des Finances, je suis en demande aussi auprès des ministres des Finances. On ne veut pas des demandes, on veut des résultats.

Alors, il reste une semaine. Il faut que M. Lessard entende bien la parole des gens qui sont ici, et fasse pression, et obtienne, de la part du ministre Leitão, dans son prochain budget, une augmentation du financement pour le transport adapté. Juste en termes de... pour Saguenay, on parle d'un manque à gagner de 300 000 $, ce qui ne couvre pas, évidemment, les coûts, là, pour le transport adapté. Je laisserais la parole à Manon Blackburn pour quelques précisions.

Mme Blackburn (Manon) : Alors, bonjour, tout le monde. Ça fait que, dans le fond, nous, on a commencé ce dossier-là il y a à peu près... peut-être depuis le mois de novembre, quand on a eu notre société de transport adapté qui nous a dit qu'à partir... qu'il voulait mettre en place des mesures que, nous, on trouvait discriminatoires, c'est-à-dire qu'il voulait faire un calendrier de transport qui laissait la place aux gens, pour les activités de groupes, de pouvoir se déplacer une fois sur deux, donc une fois aux deux semaines.

Ça fait que donc, nous, on s'est dit... Bien, écoutez, on s'est mis en action. Notre dernière action, c'était aujourd'hui, de venir interpeller M. Lessard afin qu'il puisse mettre de l'argent supplémentaire dans le transport adapté, considérant, comme on vous l'a dit tantôt, le Saguenay, c'est quand même le plus gros territoire au Québec. Et on a aussi, pas loin de chez nous aussi, toujours à Saguenay, une corporation de transport adapté, Saguenay-Nord, qu'eux aussi sont confinés, dans le fond, à demeurer chez eux les fins de semaine, tout ça.

Donc, je vais laisser aussi la place à Francine, de pouvoir continuer.

Mme Gagnon (Francine) : Dans le fond, il ne me reste plus... Bonjour. Il ne me reste plus grand-chose à vous dire, sinon que, bon, on réitère notre demande d'un meilleur financement pour le transport adapté. On veut un transport adapté qui est adapté aux besoins réels des personnes. On veut aussi, pour notre région, qu'il y ait une reconnaissance de la grandeur de notre territoire, ce qui en fait une spécificité, mais notre combat est pour le transport adapté partout au Québec, en même temps. Donc, on attend les suites. On espère voir quelque chose dans le budget.

Comme Sylvain disait tout à l'heure, on a eu de l'écoute du ministre, on ne sait pas... On ne connaît pas la réponse, on va l'attendre. On va l'attendre impatiemment au budget d'avril, sinon, bien, on va continuer nos démarches. Merci.

La Modératrice : On va maintenant passer à la période de questions. Je vous demanderais de rester sur le sujet par respect pour les groupes. Une question et une sous-question. Merci.

Mme Sioui (Marie-Michèle) : Je commence par une précision, en fait... Est-ce que ça fonctionne?

M. Gaudreault : Oui, ça va très bien.

Mme Sioui (Marie-Michèle) : Le 300 000 $, c'est pour un an?

M. Gaudreault : Oui, c'est un manque à gagner annuel pour la ville de Saguenay.

Mme Sioui (Marie-Michèle) : À quoi ça peut servir concrètement? Qu'est-ce que ça peut amener? Est-ce que ça peut être un autobus chaque semaine au lieu d'aux deux semaines...

Mme Gagnon (Francine) : Bien, ça éviterait les coupures qui étaient annoncées.

Mme Blackburn (Manon) : Ça éviterait les coupures que la STS voulait mettre en place en novembre dernier, donc... puis, tu sais, on parle de 300 000 $. C'est sûr que, si on en avait davantage... parce que ça, c'est le minimum, parce qu'on a quand même d'autres problématiques de l'interarrondissement. Tu sais, on a des gens qui sont de La Baie, mais qui voudraient venir vers Jonquière puis qui ne peuvent pas le faire présentement parce qu'on a un manque d'argent. Donc, c'est la grandeur du territoire qui fait que... puis le 300 000 $, il est justifiable pour l'année qu'on a terminée au 31 décembre 2016, donc...

Puis c'est sûr, comme on parlait, il y a beaucoup de nouveaux achalandages. Notre clientèle, elle est vieillissante aussi, la population est vieillissante. Donc, peut-être que l'an prochain on va peut-être dire qu'on a un manque à gagner de 500 000 $.

M. Gaudreault : Parce que, peut-être juste pour vous préciser, là, par exemple, en à peu près cinq ou six ans, on a presque 1 000 utilisateurs de plus au Saguenay. Là, on était à autour de 1 500 à peu près en 2009, puis là on est à 2 500.

Mme Gagnon (Francine) : Depuis 2012, il n'y a pas de financement pour le nouvel achalandage.

M. Gaudreault : C'est ça.

Mme Gagnon (Francine) : Bien, c'est d'ailleurs sous toi qu'il y a eu le dernier...

M. Gaudreault : Oui. Alors, depuis l'arrivée du nouveau gouvernement, il n'y a pas eu d'augmentation du financement pour couvrir l'augmentation de l'achalandage, et la réalité fait en sorte, comme le disait Manon, qu'il y a plus d'utilisateurs. Comme je vous dis, au Saguenay, on n'est pas loin de 1 000 utilisateurs de plus depuis quelques années. Alors, c'est autant de personnes qui ont plus de difficultés à se déplacer pour aller obtenir des soins de santé, du travail, des loisirs, etc.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Qu'est-ce que vous comprenez de la réponse de M. Lessard en Chambre aujourd'hui? Il a peut-être laissé entendre qu'il y aurait quelque chose dans le budget mais comment vous l'interprétez, vous?

Mme Gagnon (Francine) : Bien, ce qu'il nous a expliqué, c'est que…

Une voix : Micro.

Mme Gagnon (Francine) : J'avais oublié que je répondais pour tout le monde en même temps. Dans le fond, ce qu'on a compris, c'est que, même s'il y avait quelque chose dans le budget, il ne pouvait pas nous le dire. Donc, on espère. On attend.

Mme Blackburn (Manon) : Mais je pense qu'il a compris quand même la problématique de l'étendue de notre territoire aussi et des revendications qu'on a faites aussi, puis on va aussi acheminer des documents à M. Lessard aussi.

La Modératrice : Merci. Marco Bélair-Cirino du Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui. Vous avez mentionné que ça pose des problèmes, le manque de transport adapté, notamment pour aller à des consultations de médecin, mais, dans la vie de tous les jours — j'imagine que les personnes que vous représentez ne sont pas chez leur médecin chaque semaine, là — c'est quoi, les impacts sur leur vie quotidienne?

Mme Blackburn (Manon) : Bien, écoutez, si on regarde, dans le fond, O.K., l'utilisation du transport adapté, O.K., il va y avoir le médical, il va y avoir le travail, il va y avoir au niveau scolaire et il y a beaucoup une grosse partie qui va faire… on va l'appeler loisir, mais on n'aime pas nécessairement le terme «loisir», mais, pour certains, ça peut être du maintien des acquis, ça peut être tout ça.

Donc, les gens, dans le fond, on le sait qu'à partir de 21 ans et plus, souvent, il y a des gens qui ont très peu accès soit au marché du travail ou à l'école, donc ce sont des gens qui vont se retrouver dans les organismes communautaires pour aller faire des activités, que ce soit du maintien des acquis ou peu importe. Donc, ça, ça demande quand même, pour nous, de l'organisation et de dire qu'on va priver ces gens-là pour un motif de transport... parce que, tu sais, de plus en plus... quand on a commencé au transport adapté, il n'y avait pas de motif, O.K., c'est que tu prenais le transport adapté puis peu importe le motif.

Maintenant, ils sont rendus qu'ils sont en train de regarder : Ah! bien, si c'est du loisir, bien là, ça commence, tu sais, à tenter de dire : Bien, regarde, si c'est juste du loisir, ce n'est pas grave. La personne, même si elle va jouer aux quilles rien qu'une fois aux deux semaines, ça ne sera pas grave ou si elle sort rien qu'une fois par semaine, ça ne sera pas grave. Mais ce n'est pas ça qu'on veut, tu sais, parce que, pour nous, c'est discriminatoire. Chaque personne a le droit sortir le nombre de fois qu'elle veut par semaine puis aller aux endroits qu'elle veut, que ça soit faire son épicerie, que ça soit aller dans un spectacle, d'aller chez la famille ou quoi que ce soit. C'est des droits que les personnes ont. Donc, c'est un peu ça, notre réalité qu'on a vécue au cours des derniers mois.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que, parmi vos membres, il y en a qui se sentent mal à l'aise de faire appel au transport adapté pour justement faire des activités sociales? À tort, là, mais est-ce qu'il y en a qui…

Mme Blackburn (Manon) : Non. Bien, ça sera à eux autres, je pense, à répondre, mais je pense que tous en commun... je ne pense pas qu'ils soient… Vous avez-tu de la difficulté à téléphoner puis dire : Je veux sortir parce que je m'en vais à l'amicale? Est-ce que c'est un frein?

Des voix : Non.

M. Gaudreault : Mais c'est plus long.

Mme Blackburn (Manon) : Mais, des fois, ça peut être plus long.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Pouvez-vous expliquer la logistique pour vous d'être venus aujourd'hui à l'Assemblée nationale? Il n'y avait malheureusement pas suffisamment de place dans les tribunes pour accueillir tout le monde. L'Assemblée nationale, bon, c'est un lieu historique qui n'est pas, disons, adapté à 100 % aux déplacements des personnes handicapées ou à mobilité réduite. Pouvez-vous expliquer, c'est ça, les défis que votre activité posait aujourd'hui?

Mme Blackburn (Manon) : Bien, les défis, dans le fond, je pense que, tu sais, c'est sûr que c'est désolant de voir, même encore en 2017, qu'il y a des gens qui doivent dans un autre endroit qu'être à la place où ils auraient voulu être, mais ça, on le savait au départ. Mais, je veux dire, au moins, les gens... on a été quand même... tu sais, ils nous ont offert quand même une salle pour pouvoir suivre la période de questions.

Mais, écoutez, c'est des affaires qu'on vit encore, en 2017, un peu partout, pas juste ici, au Parlement, là. On est souvent confrontés, au niveau infrastructures, tout ça, que les personnes handicapées, bien, malheureusement, n'ont pas, des fois, le droit d'aller où ils veulent, tout ça, pas le choix d'aller où ils veulent. Donc, il faut toujours faire des vérifications souvent avant qu'on puisse sortir.

Là, heureusement, il semble y avoir des travaux qui se font à l'extérieur, donc on ose espérer que l'Assemblée nationale... parce que c'est un lieu public qui devrait être beaucoup plus accessible que ça présentement.

M. Gaudreault : Oui. Mais je voudrais ajouter, si tu permets, Manon, c'est pour ça, quand ils sont venus me voir au bureau de comté pour me parler de ça, moi, j'ai dit : Écoutez, on n'a pas à se préoccuper de la situation des personnes au niveau physique. Vous êtes des citoyens comme tout le monde, vous allez venir à l'Assemblée nationale comme tout le monde. Alors, c'est sûr qu'on fait face à une réalité qui fait en sorte qu'ils ont été... plusieurs d'entre eux ont été dans une salle à part avec la télé, mais ça fait prendre conscience que, sur 60 millions de travaux, j'espère que l'Assemblée nationale va aussi prévoir quelques millions pour adapter le salon bleu pour que toutes les personnes qui soient ici puissent assister à la période de questions. Ça, c'est la première chose.

Deuxième chose, c'est toutes des personnes qui viennent du Saguenay, alors c'est pour ça qu'on a choisi aujourd'hui parce que la période de questions commence à 14 heures, donc c'était plus facile de partir plus tôt du Saguenay, faire deux heures de route, venir ici, parce que la période de questions à 10 heures les autres jours, ça signifiait de partir très, très tôt du Saguenay pour venir ici. Donc, c'est tout ça, les composantes de la réalité.

Puis moi, je voudrais terminer, là, pour faire suite à la question des différentes activités, moi, je ramène toujours ça au niveau de la dignité dans le sens qu'on n'a pas à poser de question à savoir où la personne veut aller. Est-ce qu'elle veut aller au travail? Est-ce qu'elle veut aller aux loisirs? Est-ce qu'elle veut aller voir quelqu'un qu'elle aime? On n'a pas à poser ces questions-là, on a juste à offrir le service.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que les transporteurs posent ces questions-là parce que leurs gestionnaires leur demandent de poser ces questions-là?

M. Gaudreault : Bien, c'est un peu ce que disait Manon tout à l'heure... Oui, allez-y.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Il n'y a pas règle formelle qui...

Mme Gagnon (Francine) : Il y a des priorités pour le transport adapté. On ne peut pas refuser pour le travail, le scolaire et le médical. Pour le reste, tout irait bien s'il n'y avait pas un manque de budget, et c'est dans le reste, justement, que, quand il y a un manque de budget, c'est là qu'ils ont un petit peu de poigne pour couper, comme pour reprendre l'expression consacrée.

Puis nous, dans la région, ce qu'on proposait, à cause du 300 000 $ de manque à gagner, c'était que les activités de groupe, dorénavant, à partir de novembre 2016, se tiennent une semaine sur deux. Donc, là, ça apportait... c'était une perte pour les personnes, c'était une perte pour les organismes qui les organisaient... parce que là, souvent, les organismes, ils louent des lieux pour organiser ces activités-là. En tout cas, bref, ça compliquait la vie de tout le monde, en premier la vie des personnes. Donc, de là est venu, là, tout le mouvement, comme Manon vous l'a expliqué tout à l'heure.

Mais, au départ, non, la philosophie n'est pas de dire : Non, tu n'iras pas à telle place parce que ça, c'est du loisir. Ça, ça n'existe pas encore, Dieu, heureusement, mais, comme je viens de vous dire, le fait qu'il y a un manque de financement, c'est à peu près la seule porte de sortie qu'ils ont pour essayer de récupérer.

Des voix : Merci.

(Fin à 15 h 43)

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