Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, et M. Nicolas Marceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, et M. Nicolas Marceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Version finale

Le mercredi 29 mars 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

M. Lisée : En désignant le budget d'hier «le budget de l'espoir retrouvé», le gouvernement Couillard admet que les trois budgets précédents, c'étaient des budgets du désespoir. Et ceux qui ont perdu leur orthophoniste, ceux qui ont dû coucher dans leur chaise roulante parce qu'il y avait une réduction de leurs soins à domicile, ceux qui ont attendu un an, deux ans et même trois ans, dans un cas, pour que leur enfant autiste ait un diagnostic savent que le budget du désespoir, les trois budgets du désespoir vont avoir des traces pendant toute leur vie parce que, surtout pour les enfants, les années perdues en bas âge sont des années très difficilement rattrapables pour la suite.

Alors, on a regardé, avec Nicolas et avec toute l'équipe, en quoi ce budget-ci pouvait être celui de l'espoir retrouvé, et on aurait aimé ça, on aurait aimé ça que ce soit vrai. Mais, quand on regarde, on se rend compte que, pour chaque 4 $ enlevé en éducation par les libéraux, ils en remettent 1 $, 1 $ sur 4 $. Sur chaque dollar enlevé en santé par les libéraux... sur chaque 3 $ enlevé, ils en remettent 1 $, 1 $ sur 4 $ en éducation, 1 $ sur 3 $ en santé. Et puis évidemment, pour les 1 100 $ enlevés aux familles québécoises en augmentation de tarifs et taxes, ils remettent 55 $. Ils ont enlevé 1 100 $, ils en remettent 55 $. Alors, c'est vraiment le budget de l'espoir déçu.

Ce qui nous frappe aussi, c'est que, quand on regarde ceux qui gagnent, bien, les plus grands gagnants, ce sont les médecins et les médecins spécialistes. Eux, ils ont une garantie d'augmentation de rémunération de 6 % cette année. Ça, c'est le plancher. Et le gouvernement va leur demander de ne pas avoir 12 % parce que, compte tenu des engagements précédents des médecins qui nous gouvernent, ils étaient censés avoir 12 %, les médecins, et le gouvernement a dit : Bien, ça serait bien que vous ayez seulement 6 % d'augmentation de rémunération cette année, s'il vous plaît. Et, s'il n'arrive pas à les convaincre d'avoir seulement 6 %, bien, il va y avoir moins d'investissements pour les patients. C'est écrit comme ça dans le budget. C'est écrit que notre objectif de monter à 4 % l'augmentation du budget de la santé,  qui est seulement absorber les coûts de système, là — il n'y a pas de développement nulle part, à 4 %, on ne fait que maintenir le panier tel qu'il a été coupé ces dernières années — bien, ils ne pourront pas faire 4 % si les médecins n'acceptent pas de renoncer à 12 % d'augmentation et de n'en avoir que 6 %. Alors, on voit que les priorités sont encore là où les médecins qui nous gouvernent les ont mises.

Nous, on disait que l'augmentation de rémunération des médecins cette année devrait être de 0 %, de 0 %, et que la somme ainsi dégagée devrait être remise aux familles pour qu'on leur remette la totalité de ce qu'on leur a enlevé, c'est-à-dire 1 100 $. Puis maintenant qu'on voit le budget de M. Couillard, M. Leitão, on trouve que le nôtre était pas mal mieux parce qu'on aurait remis la totalité du surplus dans les services. Donc, on aurait réparé davantage les dégâts et on aurait remis de l'argent dans les poches des familles avec, entre autres, un rétablissement du tarif unique pour les garderies, 7,30 $ pour tout le monde, éviter 150 $ par famille de frais de matériel scolaire en septembre et donner aux familles les plus nécessiteuses — 2,7 millions de ménages — un 100 $ supplémentaire pour absorber la hausse du panier d'alimentation.

L'autre chose qui est extraordinaire dans ce budget, ce faux-semblant du gouvernement, qui essaie de créer l'impression que, grâce à eux, ça va donc bien, l'économie. Bien, ça va donc bien dans le discours, mais ça ne va pas bien dans les chiffres eux-mêmes. Quand on lit les chiffres eux-mêmes, on se demande comment ils peuvent tirer de leurs propres chiffres la conclusion que ça va bien. Et je vais demander à Nicolas de vous en faire l'illustration.

M. Marceau : Oui, merci, Jean-François. Alors, en matière économique, là, je veux simplement rappeler que le budget d'hier comprend des chiffres qui permettent de confirmer que la promesse des 250 000 emplois ne sera pas tenue. On va être 100 000 en dessous, là. On ne va pas être à 250 000, mais bel et bien à un peu moins que 150 000, une moyenne de 28 000 emplois par année. Donc, échec confirmé, pas d'après Nicolas Marceau, pas d'après Jean-François Lisée, d'après les chiffres qu'on retrouve dans les documents budgétaires, hein? En bas de 150 000 sur cinq ans, c'est le résultat.

Par ailleurs, je redis toute l'importance de l'investissement des entreprises, qui a diminué depuis trois ans — 2014, ça a diminué, 2015, ça a diminué, 2016, ça a diminué — et évidemment ça finit par avoir un impact sur la croissance économique parce que ce sont les machines, les équipements dont se dotent les entreprises qui permettent d'alimenter la croissance économique du futur. Or, effectivement, la croissance économique du futur n'y est pas. On constate, dans les chiffres, encore une fois, pas de Nicolas Marceau ni de Jean-François Lisée, dans les chiffres du gouvernement, dans les documents budgétaires, que la croissance économique du Québec va être inférieure à celle de l'Ontario, du Canada et des États-Unis. Et, comme je le disais hier, il n'y aura pas de réconfort du côté des exportations pour accélérer notre croissance économique. On sait que, dans un contexte favorable, nos exportations ont stagné l'an dernier, elles ont reculé vers les États-Unis. Et là, bien, vous le savez, il y a M. Trump, il y a l'absence de plan pour le secteur de la forêt. Alors, c'est très inquiétant, ce qu'on a dans la réalité. Et, comme le disait Jean-François, entre le discours et la réalité, il y a un très grand écart. Merci.

Le Modérateur : Merci beaucoup. On va y aller avec le micro de droite. Merci d'avoir une question, une sous-question. M. Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Donc, si je comprends bien — bonjour, messieurs — le 2 milliards qui a été mis au Fonds des générations hier — parce qu'au total des dépenses, c'est 926 millions, on parle de l'année en cours — vous l'auriez carrément utilisé, là, pour augmenter, entre autres, les services en éducation?

M. Lisée : Non. Alors, nous, on est favorables au dépôt annuel d'une somme dans le Fonds des générations. Nous pensons que ce fonds doit être mieux investi dans la croissance économique du Québec, qui est anémique sous les libéraux, mais on pense que ça doit rester au fonds. On parle de la totalité du reste du surplus qui aurait dû être mis dans les services et pas en une baisse d'impôt ridicule. Il y a quand même 300 millions qui sont gaspillés dans une baisse d'impôt ridicule, alors que, si on avait pris l'argent de l'augmentation des médecins, on aurait pu remettre pas 55 $ aux personnes, mais 1 100 $ par famille.

M. Laforest (Alain) : Il y a une entente avec les médecins, M. Lisée. Il y a une entente qui est signée avec les médecins, là. Vous, si vous signez l'entente avec votre employeur, puis l'année d'après l'employeur dit : Non, moi, je ne respecte plus l'entente, c'est briser l'entente. Vous voulez briser l'entente?

M. Lisée : Il faut la rouvrir, ce que M. Barrette a déjà fait une première fois en début de mandat. Donc, il a rouvert l'entente pour étaler... Il ne fallait pas étaler, il fallait abolir. Il l'a étalée en donnant un bonbon supplémentaire. Là, en ce moment, il veut la rouvrir encore. Donc, la question de savoir s'il faut rouvrir l'entente, tout le monde est d'accord. Une fois qu'on l'a rouverte, est-ce qu'on veut l'équité, c'est-à-dire que les médecins sont suffisamment rémunérés, ou est-ce qu'on veut continuer à creuser l'écart entre les médecins, surtout les médecins spécialistes, et le reste de la population?

Le gouvernement Couillard décide qu'ils veulent continuer à enrichir les médecins d'au moins 6 % cette année. Nous, on pense qu'ils en ont suffisamment et que 0 % est le seul bon chiffre.

Le Modérateur : Merci. M. Vigneault, Radio-Canada.

M. Vigneault (Nicolas) : Ce 0 % là, vous, de votre côté, est-ce que y allez d'une baisse d'impôt ou d'amélioration des services?

M. Lisée : Avec le 0 % des médecins, on a 625 millions de dollars qu'on remettrait aux familles, et c'est ça qui permettrait de donner, en moyenne, à chaque famille 1 100 $, en rétablissant le service de garde à 7,30 $ pour tous, en donnant 150 $ de matériel scolaire pour chaque élève en septembre et en donnant aux familles les plus défavorisées — ce qui est quand même 2,7 millions de ménages — 100 $ de plus au moins pour amortir la hausse du panier d'alimentation. Juste avec le 0 % des médecins, on peut faire tout ça. Imaginez la somme en cause.

M. Vigneault (Nicolas) : Dr Barrette, ou le ministre de la Santé, a dit qu'il n'a pas coupé dans les services, il dit avoir coupé l'administration, c'est-à-dire notamment les agences de santé, et tout ça. Qu'est-ce que vous répondez à ça?

M. Lisée : Bien, je réponds qu'il a refusé la demande de la présidente de la Fédération des infirmières de venir passer une soirée dans un CHSLD pour voir combien de patients chaque infirmière doit maintenant gérer pendant le quart de soir ou le quart de nuit. La seule personne... enfin, les seules personnes qui croient à la propagande libérale sur l'absence de coupures dans les services sont les ministres libéraux. La question, c'est : Est-ce qu'ils font semblant de croire ou est-ce qu'ils le croient vraiment?

La Protectrice du citoyen, ce n'est pas des moyennes qu'elle fait, c'est de gens, des individus, des hommes et des femmes qui ont souffert à cause des coupures libérales, et la liste est là, elle est indiscutable.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Micro de droite, M. Lecavalier.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour, M. Lisée. Quand vous dites que ce serait 0 % pour les médecins, est-ce que c'est simplement pour la hausse du coût des actes ou il y aurait un gel de la masse salariale des médecins? Parce que c'est deux choses différentes.

M. Lisée : Il y a un gel de la masse. Nous pensons que la masse salariale des médecins est suffisamment grande pour que l'augmentation des coûts, la différence entre le nombre d'actes selon les autres variables puisse être assumée dans cette masse. On peut gérer à l'intérieur de cette masse pour faire en sorte que les besoins soient assumés. Il y a dans cette masse des médecins qui sont correctement payés et des médecins spécialistes qui sont outrageusement payés. Alors, il y a des réaménagements à faire, mais il n'y a aucune raison que cette masse globale augmente dans les années qui viennent.

M. Lecavalier (Charles) : Même s'il y a des médecins qui peuvent pratiquer plus d'actes? S'il y a plus d'actes qui sont donnés, est-ce qu'il faudrait donc réduire l'argent qu'on verse pour chacun des actes?

M. Lisée : Bon, d'abord, il faut revoir complètement le système de paiement à l'acte. On propose un système mixte. On est un des seuls endroits, en ce moment, qui a ce système de paiement à l'acte, qui a un effet extrêmement pervers. Donc, oui, de revoir le système de paiement à l'acte devrait dégager des marges.

Deuxièmement, on propose un big bang dans les actes cliniques : beaucoup plus d'actes cliniques par les infirmières, beaucoup plus par les pharmaciens, beaucoup plus par d'autres professionnels de la santé, ce qui va réduire la facture globale, c'est certain.

Le Modérateur : Merci. Dernière, M. Lecavalier.

M. Lecavalier (Charles) : ...une sous-question, oui. Il semble aussi que la péréquation a augmenté. Je ne suis pas un spécialiste, mais ça serait à cause de la capacité fiscale du Québec, qui se serait détériorée par rapport à l'Ontario, mais il y a une hausse de la péréquation dans le budget.

M. Marceau : J'aurais voulu vous dire que j'ai pris le temps de regarder. Je n'ai pas regardé. Habituellement, quand la péréquation augmente, effectivement, c'est que la capacité du Québec, relativement à celle des autres provinces, a diminué. Ou bien que les autres ont augmenté ou bien que la nôtre a diminué, mais je n'ai pas eu le temps d'aller regarder ça.

Le Modérateur : Merci. Dernière.

M. Lecavalier (Charles) : Est-ce que ce n'est pas indécent de diminuer les impôts grâce à une hausse de la péréquation?

M. Marceau : Regardez, l'ensemble de l'oeuvre était indécent hier, là. Quant à des facteurs spécifiques comme la péréquation, je pense que... je ne pense pas.

Le Modérateur : Merci. Mme Plante, LaPresse canadienne.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour, M. Lisée. Il y a quand même des groupes d'intérêts qui sont ravis du budget, puis il y a des baisses d'impôt. Est-ce que ça ne vous complique pas la tâche? Est-ce que ça ne va être pas plus difficile pour vous de séduire l'électorat si les libéraux continuent à faire des baisses d'impôt?

M. Lisée : Bien, je pense que tout le monde a compris que 55 $ par année de baisse d'impôt, là, pour le monde ordinaire, là, ce n'est pas la mer à boire, compte tenu des hausses de tarification qu'ils ont eues. Et toutes les familles de classe moyenne qui voient ces jours-ci, en faisant leur impôt, la ligne 434, qui leur coûte 1 000 $, 1 500 $, parfois 2 000 $ de frais de garde supplémentaires, elles ne doivent pas être impressionnées par le 55 $ de baisse d'impôt.

Mme Plante (Caroline) : C'est quand même la première baisse en 10 ans. C'est peut-être symbolique, mais c'est quelque chose, non?

M. Lisée : Écoutez, nous, on pense qu'on aurait pu réduire le fardeau des familles de 1 100 $ dès cette année, alors ça ne nous impressionne pas, 55 $.

Le Modérateur : Merci. Une petite dernière, M. Vigneault. Vous n'étiez pas là, tout à l'heure, vous?

M. Vigneault (Nicolas) : ...sujet, effectivement. Bien, j'étais là, mais j'ai décidé...

Des voix : ...

M. Lisée : Il a le droit, lui, de changer de...

M. Vigneault (Nicolas) : Exactement. Je voulais voir si vous étiez réveillés.

Une voix : ...ses fausses moustaches.

M. Vigneault (Nicolas) : Sur le pont de Québec, M. Legault qui dit qu'il n'écarte pas la démolition du pont de Québec, il y a quand même une motion aujourd'hui, et tout ça. Comment vous qualifiez ces propos-là? Est-ce que ça vous a surpris d'entendre M. Legault émettre cette hypothèse-là?

M. Lisée : Écoutez, par charité, je vais dire que j'ai été surpris. Parce que c'est vrai que François Legault manque souvent de jugement et utilise l'exagération dans énormément de ses déclarations politiques, mais là sa performance avant-hier, c'est la pire journée en carrière. Il en a fait deux, là. D'abord, parce qu'il y a un vendeur de peinture qui a dit : Si vous n'achetez pas ma peinture, le pont va s'écrouler, François Legault a cru ça, lui, il a cru ça. Heureusement qu'il n'est pas premier ministre.

Puis, dans la même journée où on a démontré que l'appui à Uber détruisait le gagne-pain de 20 000 personnes au Québec, il a dit : Vous savez, les chauffeurs de taxi, c'est la gaugauche. Les chauffeurs de taxi, qui sont, pour plusieurs, de petits entrepreneurs, qui ont acheté un permis 200 000 $ et qui sont en train de se faire détruire leur gagne-pain, pour François Legault, c'est la gaugauche. Alors, ce jour-là, je me suis dit : Bien là François, là, il déraille, là, tu sais; des fois il n'est pas bon, mais là il déraille.

Le Modérateur : On va y aller en anglais. Mme Fletcher.

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning. You said the big winners are doctors in this budget. Can you just elaborate a little bit on that point in English?

M. Lisée : Well, you know, we were brought here in December, during a night, to make sure that a law would cap at 2.5% the raise for lawyers that work for the State, but, in the budget, they say that the floor for the increase of remuneration of doctors is 6%, the floor, and it could be 12%. And in fact the rise in some… the whole proposal to bring back to 4% of growth of health spending is incumbent on the willingness of doctors not to have a 12% raise this year and just have 6%. So, if you are a doctor, now your dilemma is : Will I have a 6% raise or 12%? And the union of doctors, yesterday, said they absolutely wanted 12%.

So, that is the parallel universe in which this Government has put us, that the range for doctors is between 6% and 12% this year, but the range for ordinary Quebeckers is to get $55.

Mme Fletcher (Raquel) : If the Government doesn't do that, are you concerned about brain drain at all, of these doctors going elsewhere?

M. Lisée : The figures show that doctors in Québec now earn between 10% and 30% more than in Ontario, so I don't think they are leaving anytime soon. The problem that I feel is that, if the Government doesn't get to only 6% as they think, they will not meet their promise of having 4% increase in health spending, that means cuts. Already, at 4% health spending is just to cover the growing normal cost, there are no new services at 4%. But even this promise is incumbent upon the decision of the doctors not to get a 12% raise this year. So, imagine, if they went to 0%, which is our proposal, I mean, the mass, the doctors' mass should not be increased at all, and this would give us $600 million to give back to families, $1,000 per family. That's where the money is now. And just to contemplate a raise, any raise of doctors now is simply not to have priorities at the right place.

Le Modérateur : Merci. Mme Johnson.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. Yesterday, Mr. Leitão said that, and I am quoting directly here : If we had done nothing in 2014, we would have ended up with a $7 billion deficit.

M. Marceau : Ha! Ha! Ha!

Mme Johnson (Maya) : You're laughing, Mr. Marceau. Obviously, you dispute those figures.

M. Marceau : Sorry.

Mme Johnson (Maya) : Can you tell us why you feel that's not factual?

M. Lisée : Well, I will take it. Well, for the first time, someone who was writing the budget said : You know, we can't say that. Now everybody knows that it's false. This figure doesn't exist in any document not written by the Liberal Party, it's been debunked by economists all over, and so we'll say «potential», the exact wording is «a potential». Everybody knows that this is a farce created by the Liberal Government that has no bearing on reality. And they know that very well and they just repeat it for propaganda's sake. Now, the Auditor General didn't say that. Luc Godbout didn't say that. Economists, a group of economists actually wrote back the first time they said that to say it was bonkers. So, it's just, you know, Liberal propaganda.

Mme Johnson (Maya) : It's obviously the job of the Opposition to oppose. Is there anything good you can say about this budget?

M. Lisée : Yes, absolutely. I'm glad you asked the question. Finally, the Liberals undid the damage they did with the health tax. The health tax was introduced by Liberals under Charest, and yesterday they finished undoing this terrible damage. It took them some time. And, it was interesting to see, yesterday members of the Liberal caucus applauded the abolition of the Liberal health tax, and they were the same that applauded at the time when Raymond Bachand introduced it.

So, I applaud the fact that they changed their minds on this terrible fiscal measure.

Mme Johnson (Maya) : One final question. I saw this morning that you posted on Facebook «un hommage» to Jean Lapierre. Can you just share with us some reflections as we mark the one-year anniversary of his death?

M. Lisée : Well, you know, Jean Lapierre was part of our lives. You know, in the morning, in the afternoon and at night, especially if you were in politics, you know, he was an essential voice. You didn't always agree with him, but he was always relevant, interesting, made politics interesting for hundreds of thousands of people. He is missed. Those of us who knew him personally know how great it was to have a conversation with Jean Lapierre every time. You always learned something, laughed, laughed about someone, laughed about him. He had a great sense of humour, and he's sorely missed. Merci.

Le Modérateur :Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 22)

Participants


Document(s) associé(s)