Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Éric Caire, leader parlementaire adjoint du deuxième groupe d'opposition

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Éric Caire, leader parlementaire adjoint du deuxième groupe d'opposition

Version finale

Le vendredi 31 mars 2017, 10 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures trente et une minutes)

M. Caire : Alors, bonjour. Je voulais aujourd'hui réagir, là, aux nouvelles révélations qui ont été faites concernant des liens qui sont, de toute évidence, beaucoup plus forts entre Philippe Couillard et Marc-Yvan Côté, le courriel ou échange de courriels dont on prend connaissance aujourd'hui, de M. Couillard qui, le 29 mars, prend la peine d'écrire à son ami Marc-Yvan Côté pour, et je cite : «Merci de m'avoir remplacé au pied levé. J'espère que cela s'est bien passé.» Il faut comprendre qu'on est dans un contexte où M. Couillard doit être président d'honneur d'une activité de financement pour la corporation de pêche, son état de santé ne lui permet pas d'être présent, et c'est Marc-Yvan Côté, hein... Sur l'ensemble des personnes disponibles et intéressées à la pêche dans Charlevoix et au Québec, la personne qui est désignée pour remplacer Philippe Couillard, c'est Marc-Yvan Côté.

Et là M. Couillard, qui nous a dit hier que, à mots couverts, Marc-Yvan Côté était persona non grata dans son organisation, M. Couillard, lui, prend la peine de lui écrire un courriel pour le remercier et prendre des nouvelles de l'activité. Il reçoit la réponse de M. Côté qui dit que ça s'est bien passé, on a ramassé 32 000 $, et qui lui dit qu'il va donner un coup de pouce à la corporation. Donc, ce projet-là, de toute évidence, unit Philippe Couillard, qui est lui aussi un passionné de pêche et très intéressé par la corporation et son développement, unit Marc-Yvan Côté et Philippe Couillard assez clairement.

Donc, on est assez loin de la version du premier ministre, qui hier disait : Je l'ai peut-être croisé dans un événement de pêche en 2009. Je pense qu'on a une petite réécriture des faits, et, vous savez, quand on se sent obligé de réécrire l'histoire, c'est parce que le scénario initial ne nous plaît pas.

Ce qui nous ramène aux courriels d'hier, qui prennent, je pense, un autre sens à la lumière de ça, notamment ce courriel de Yves Goudreau, vice-président chez Premier Tech qui dit que Claire a eu un appel. Elle va garantir les 24 délégués du comté — on parle de Charlevoix — pour lui, pour lui étant Philippe Couillard. «As-tu des noms pour les délégués?» On demande à Marc-Yvan Côté de trouver des personnes qui vont faire partie de ces délégués qui vont assurer l'élection de Philippe Couillard. Trois jours avant que Philippe Couillard annonce sa candidature officiellement, Yves Goudreau et Marc-Yvan Côté sont à la recherche de délégués pour assurer son élection.

Moi, si je cherche des délégués, si je cherche des électeurs pour un candidat au leadership, c'est parce que je sais qu'il va se présenter. Donc, trois jours avant que Philippe Couillard annonce son élection, Yves Goudreau et Marc-Yvan Côté sont dans le secret des dieux. Ce n'est pas exactement ma définition d'une personne qu'on ne veut pas dans l'organisation.

Je vous rappelle, et hier on a minimisé ça beaucoup, toujours à la lumière de ce qu'on entend, Lise Grondin... Moi, je siège à l'Assemblée nationale depuis maintenant 10 ans, j'ai connu Michel Bissonnet, j'ai connu Lise Grondin comme sa directrice de cabinet et je peux vous dire que ce n'est pas le genre de poste qu'on va donner à un obscur bénévole, quelqu'un qui nous a donné quelques heures, quelques téléphones dans une campagne électorale. C'est une personne dont on sait que la loyauté, elle est indéfectible, c'est la personne qui connaît tout le monde et que tout le monde connaît. Lise Grondin, si moi, je suis candidat au leadership et qu'elle m'appuie, c'est le genre de trophée de chasse dont je veux que tout le monde sache qu'elle est dans ma campagne électorale, parce que je sais l'influence que ce type de personne là a sur les militants. Et je vous rappelle que Mme Grondin a salué l'implication obscure, obscure, de Marc-Yvan Côté dans la campagne de Philippe Couillard. Est-ce que j'ai besoin de vous rappeler Josée Lévesque? Je pense que non.

Ce qui nous amène au 21 février 2012, un 5 à 7 qui est organisé dans Charlevoix, dans Charlevoix, où seules 20 personnes seront invitées — on parle d'une invitation extrêmement restreinte — où est présent Philippe Couillard parce qu'on le voit sur cette photo avec M. Goudreau; M. Goudreau, Philippe Couillard. M. Goudreau organise le 5 à 7 en question et M. Goudreau invite personnellement qui? Marc-Yvan Côté. Marc-Yvan Côté fait partie des personnes qui ont été invitées à ce très sélect cocktail où Philippe Couillard était présent. Est-ce qu'il s'est présenté au dit 5 à 7? Je n'en ai pas la preuve formelle, mais admettez que la question se pose, parce que, si la réponse est oui, ça signifie une chose : le premier ministre du Québec hier a menti aux Québécois en disant que le seul contact qu'il avait eu avec Marc-Yvan Côté, c'était à cette obscure activité de pêche et un peu plus tard, pour lui demander de ne pas s'impliquer dans sa campagne.

À cet effet-là, vous comprendrez que nous avons plusieurs courriels qui nous donnent à penser que Marc-Yvan Côté s'est impliqué et a été impliqué par différentes instances du Parti libéral dans la campagne au leadership. Je vous rappelle — je vais lui faire un petit peu de promotion — je vous rappelle ce livre d'Alec Castonguay, où on peut lire, à la page 21... je vous le rappelle, début novembre, on est en pleine course au leadership : L'organisation est en place.

Stéphane Billette, qui est organisateur pour le leadership de Philippe Couillard, convoque discrètement une réunion spéciale avec des vieux de la vieille. Une rencontre de sages, corrige-t-il en riant. Dans ce temps-là, il avait envie de rire; hier, il avait un petit peu moins envie de rire quand je lui en ai reparlé. Autour de la table s'agglutinent d'anciens organisateurs qui ont vécu la course avec délégués de 1970 et de 1983 — 1983, Marc-Yvan Côté, Robert Bourassa, je dis ça de même — au PLQ et d'autres celle de 2006 chez les libéraux fédéraux. Les vétérans Raymond Garneau, Ronald Poupart et Serge Rémillard y sont; d'autres apparatchiks — apparatchik, moi, je pense que Marc-Yvan Côté pourrait porter ce titre-là — d'autres apparatchiks aussi, dont Stéphane Billette préfère taire les noms. Pourquoi Stéphane Billette préfère taire leurs noms? C'est une question qu'on voudrait poser à M. Billette en commission parlementaire.

Alors, vous comprendrez que des éléments qui nous donnent à penser que Marc-Yvan Côté a été très impliqué, contrairement à ce qui nous a été dit, on en a plusieurs. Mais la directive de Philippe Couillard, cette fameuse directive, là, laquelle Philippe Couillard dit qu'elle a été donnée à l'ensemble de son organisation et dont on ne trouve aucune trace... parce que, quand il remercie son ami Marc-Yvan Côté, ça, on a des courriels, mais on n'a pas de courriel de sa directive à ses organisateurs qui disent : Je ne veux pas que Marc-Yvan Côté s'implique.

Alors, est-ce qu'il faut penser que la directive est restée dans la chaloupe? Peut-être. Mais moi, je voudrais qu'on pose la question à Philippe Couillard qui, malheureusement, malheureusement... et là j'interpelle les députés libéraux, ceux qui sont honnêtes, ceux qui veulent que la vérité se sache : Ne laissez pas Philippe Couillard se servir de sa majorité, se servir de vous en Chambre pour mettre le couvert sur la marmite parce que toute cette histoire-là est extrêmement inquiétante. Elle est extrêmement inquiétante et elle laisse planer un nuage très, très noir au-dessus de la tête du premier ministre du Québec, qui est une institution qu'on se doit d'honorer et de respecter. Et actuellement, je pense que Philippe Couillard déshonore la fonction de premier ministre, l'institution de premier ministre.

M. Boivin (Mathieu) : M. Caire, on comprend, puis ça tend à le démontrer, effectivement, que ces courriels-là montrent qu'il y a une proximité plus grande que M. Couillard le voudrait avec M. Côté, qui est radioactif, comme on le sait. Mais juste pour être bien certain, là, le problème qui est attribué à Marc-Yvan Côté, c'est le fait qu'il va souvent essayer d'obtenir des faveurs contre des faveurs. Dans le cas qui nous occupe, la campagne au leadership de M. Couillard, il est probable qu'il ait donné un bon coup de main dans l'Est du Québec, livré les «slate» de délégués, mais on n'a pas l'ombre du début de la preuve qu'il y ait eu un «payback» là-dedans, là.

M. Caire : Ah oui?

M. Boivin (Mathieu) : Allez-y. Je veux vous entendre là-dessus.

M. Caire : Bien, écoutez, si on obtenait la commission parlementaire, vous admettrez avec moi qu'il y a une personne qu'on convoque aussi, qui s'appelle Sam Hamad, le député de Louis-Hébert. Vous connaissez toute l'histoire avec Premier Tech et vous connaissez toute l'histoire des subventions.

Alors, moi, j'aimerais savoir… puis je ne l'affirme pas parce que je n'ai pas la preuve, mais vous comprendrez que, quand il y a une présomption, normalement, on fait une enquête, et l'enquête nous permet d'aller chercher la preuve que c'est arrivé ou non. Et là, compte tenu du rapport du Commissaire au lobbyisme, compte tenu du rapport du Commissaire à l'éthique et même compte tenu du rapport de la Vérificatrice générale… souvenez-vous, la Vérificatrice générale écrit noir sur blanc : Il y a 1 million dans cette subvention-là que je suis incapable d'expliquer.

Donc, Marc-Yvan Côté, vice-président Premier Tech; Yves Goudreau, vice-président Premier Tech; Sam Hamad, qui est le président de la campagne au leadership de Philippe Couillard, qui a été très longtemps un ministre influent avant les événements qu'on connaît, est-ce qu'il y a un lien à faire entre les deux?

M. Bellerose (Patrick) : Êtes-vous déçu qu'on n'ait pas entendu M. Hamad hier s'expliquer?

M. Caire : Moi, je suis déçu fondamentalement des réponses profondément stupides qu'on nous a servies hier. Quand Pierre Moreau se lève pour nous dire : Si vous voulez avoir des réponses de Lise Grondin puis de Josée Lévesque, appelez-les à leur résidence, c'est imbécile comme réponse. Et Pierre Moreau, trompez-vous pas, Pierre Moreau est un homme extrêmement intelligent. Quand un homme extrêmement intelligent vous dit des choses extrêmement stupides, c'est parce que la vérité lui fait peur. Donc, j'aimerais réentendre tous ces gens-là, notamment Sam Hamad, mais Sam, par les temps qui courent, il a moins tendance à répondre aux questions un peu.

Mme Prince (Véronique) : Je vais me faire aussi peut-être l'avocate du diable. M. Couillard essaie de nous dire que, dans le fond, si Marc-Yvan Côté s'est retrouvé dans son entourage, c'était sans son approbation ou sans sa connaissance. Est-ce que ça se pourrait qu'effectivement Marc-Yvan Côté est soit une tache qui est toujours dans les parages, ou alors l'entourage de M. Couillard, au moment de sa chefferie, en disait le moins possible au chef pour le protéger?

M. Caire : À Marc-Yvan Côté, de Philippe Couillard : «Merci de m'avoir remplacé au pied levé. J'espère que cela s'est bien passé.» Ce n'est pas le message de quelqu'un qui... puis trompez-vous pas, là, quand Philippe Couillard écrit ça, Marc-Yvan Côté a été banni du Parti libéral. Le juge Gomery l'a nommément blâmé dans son rapport. Le juge Gomery a dit de lui qu'il déshonorait l'organisation qu'il était censé servir. Jean Lapierre et Paul Martin l'ont banni à vie du Parti libéral du Canada. On sait très exactement qui est Marc-Yvan Côté au moment où Philippe Couillard écrit ce courriel-là et les raisons pour lesquelles Marc-Yvan Côté a fait l'objet de toute cette attention-là de la part du juge Gomery, soit d'avoir accepté de l'argent liquide, puis d'avoir enfreint la Loi électorale, puis d'avoir participé à toutes sortes de choses qui étaient, plus ou moins, douteuses.

En fait, le juge Gomery dit «des actions malhonnêtes». Je veux reprendre ses mots, comme ça on ne me taxera pas d'inventer. Alors, on dit de Marc-Yvan Côté qu'il a fait des choses malhonnêtes et qu'il a déshonoré son parti. C'est cet individu-là qui est choisi pour remplacer Philippe Couillard et c'est à cet individu-là que Philippe Couillard adresse tous ses remerciements et s'informe du bon fonctionnement de la soirée et suivant donc l'ensemble des autres courriels.

Alors, moi, la directive de Philippe Couillard qui dit que je ne veux pas de Marc-Yvan Côté, je n'en ai aucune trace, aucune. Comme j'ai dit tantôt, elle est restée dans la chaloupe. Mais des courriels qui me donnent à penser que Marc-Yvan Côté et Philippe Couillard s'entendaient beaucoup mieux que ce que le premier ministre veut bien nous dire, j'en ai; des preuves écrites, j'en ai; des actions concrètes, j'en ai.

Mme Prince (Véronique) : Mais est-ce qu'il y a une preuve de financement illicite, par exemple?

M. Caire : Bien, écoutez, d'abord, il faut bien comprendre que, nous, ce qu'on dit, c'est que le premier ministre a menti sur sa relation avec Marc-Yvan Côté. O.K.? Donc, est-ce que le DGEQ devrait faire des vérifications? Est-ce que M. Goudreau avait un certificat de solliciteur? Est-ce que M. Côté a fait de la sollicitation de membres et/ou d'argent pour le premier ministre? Le DGEQ s'occupera de ça, puis j'ai confiance en lui. J'ai confiance en lui.

Mme Prince (Véronique) : Avez-vous demandé au DGEQ d'aller examiner le financement auquel... dans l'Est du Québec, par exemple?

M. Caire : Écoutez, je ne dirai jamais au DGEQ comment faire son travail. Ceci étant dit, moi, je verrais ça d'un bon oeil. Je verrais ça d'un bon oeil parce que moi, j'aimerais ça, le savoir. Le cocktail du 21 février, Marc-Yvan Côté était-u là? C'est important, là. C'est capital dans l'histoire.

Donc, toute cette histoire-là, c'est fondamentalement pour savoir : Est-ce que Marc-Yvan Côté s'est impliqué dans la campagne du premier ministre? Est-ce que les certificats de solliciteur qui ont été saisis chez Marc-Yvan Côté au moment où il a été arrêté par l'UPAC, est-ce que ces certificats-là… est-ce qu'il y en avait d'autres? Est-ce qu'il s'en est servi? Est-ce qu'on lui a remis un certificat de solliciteur? C'est toutes ces questions-là qu'on se pose sur Marc-Yvan Côté. Est-ce qu'il y a encore des C«ôté-dollars» dans les coffres du Parti libéral? Est-ce qu'il y a des «Côté-dollars» dans la caisse au leadership du premier ministre? Il y a beaucoup de questions, peu de réponses.

Puis moi, ce que je vois puis ce qui m'agace profondément, c'est quand je vois le premier ministre et son entourage, dont la réaction, c'est de dire : Il n'y a aucune raison de faire des enquêtes; si vous voulez faire des enquêtes, appelez les personnes à leur résidence, ce qui est profondément stupide. Je veux dire, vous avez assez de bagage pour comprendre que, comme réponse, là, c'est difficile de faire plus insignifiant, là.

Mais il n'y a pas de raison de faire une commission parlementaire parce que, de toute façon, une commission parlementaire, le premier ministre l'a dit, c'est juste un forum partisan. Mais, quand il était temps de convoquer Daniel Breton puis de savoir s'il y avait eu de l'ingérence dans la CPTAQ, là, la commission parlementaire, ce n'était plus un forum partisan, là. Là, c'était l'instance pour faire ce travail-là. Alors, c'est ce deux poids, deux mesures, c'est cette habitude chronique à essayer de minimiser les événements, à essayer de réécrire l'histoire… Parce que l'histoire originale, qu'on ne connaît pas, semble ne pas faire l'affaire du premier ministre et de sa formation politique.

Mme Blais (Annabelle) : Je voudrais juste revenir sur la subvention de Premier Tech, là. Vous l'avez un peu abordé, mais qu'est-ce que vous insinuez exactement? C'est quoi, le lien… la subvention?

M. Caire : Mais je n'insinue rien, je reprends les différents rapports qui ont été écrits par la VG qui dit : Il y a 1 million qu'elle n'est pas capable d'expliquer dans cette subvention-là. Moi, je n'insinue rien, c'est écrit noir sur blanc dans son rapport. Je reprends le rapport du Commissaire à l'éthique qui dit : Je ne peux pas prouver que le déjeuner avec Marc-Yvan Côté a donné la subvention. Je n'ai pas cette preuve hors de tout doute raisonnable, mais, si Sam Hamad n'a pas violé la lettre du code d'éthique, il a clairement violé l'esprit du code d'éthique. C'est très fort, ça. C'est très fort, ce que le Commissaire à l'éthique a écrit. Et le commissaire au lobbying, évidemment, blâme, met un blâme parce que, de toute évidence, il y a eu du lobbying illégal qui a été fait.

Donc, c'est trois instances neutres qui en arrivent plus ou moins à la même conclusion. Ce n'est pas clair, ce qui s'est passé là. Et moi, je ne peux pas faire abstraction du rôle extrêmement important de Marc-Yvan Côté et d'Yves Goudreau, deux vice-présidents de Premier Tech, dans la campagne de Philippe Couillard. Je ne peux pas faire abstraction du fait que Sam Hamad, c'était le président de la campagne au leadership de Philippe Couillard, et jusqu'à tout récemment, c'était un de ses ministres seniors. Il était dans ce qu'on appelle, excusez l'anglicisme, là, le «inner circle».

Mme Blais (Annabelle) : Mais donc, ce qu'on sous-entend, là, c'est qu'Yves Goudreau, Marc-Yvan Côté, leur implication dans la course à la direction de Philippe Couillard, c'est un retour d'ascenseur?

M. Caire : Bien, comme disait M. Boivin, Marc-Yvan Côté n'avait pas l'habitude faire du bénévolat bénévole. Tu sais, d'habitude, il y avait... C'est un peu comme le bénévole Bartlett, mettons, il avait une conception très lucrative du bénévolat.

M. Vigneault (Nicolas) : À partir de ce moment-ci, qu'est-ce que vous comptez faire peut-être pour aller plus loin? Peut-être demander à d'autres instances de se prononcer?

M. Caire : Écoutez, compte tenu du contexte, vous comprendrez que je ne peux pas demander au Commissaire à l'éthique de faire enquête puisque, pendant la période concernée, Philippe Couillard n'était pas membre de l'Assemblée nationale. Même chose pour le commissaire au lobbying, je ne peux pas lui demander de se prononcer sur ces questions-là parce qu'on ne parle pas là d'un membre de l'Assemblée nationale.

Non, moi, je pense que l'instance... En fait, il y a deux instances. Comme disait Mme Prince tout à l'heure, peut-être que le DGEQ s'intéresse à cette situation-là. Je ne sais pas puis je vais le laisser faire son travail. Mais moi, je pense, et c'est la raison pour laquelle on a demandé une commission parlementaire, je pense que ces événements-là relèvent pleinement du contrôle parlementaire, relèvent pleinement de l'autorité d'une commission parlementaire. C'est le rôle d'une commission parlementaire de faire ce travail-là.

Maintenant, je continue à demander au premier ministre d'arrêter de se servir de sa majorité pour bloquer ces instances-là de faire leur travail. Sinon, bien, j'espère qu'il y aura des collègues libéraux qui auront assez à coeur la vérité puis de faire toute la lumière sur ces événements-là pour mettre de la pression puis s'assurer que cette commission parlementaire là aura lieu.

M. Vigneault (Nicolas) : Peut-être sur le salaire des médecins, puisqu'évidemment c'est le Conseil du trésor qui négocie avec eux, ce qu'on apprend, c'est qu'il y aura quand même une augmentation substantielle. Comment vous réagissez à ça?

M. Caire : Bien, écoutez, mon collègue François Paradis a demandé au caucus de faire une présentation puis de nous amener, là, l'ensemble des éléments du portrait. Donc, compte tenu que ça va faire l'objet d'une discussion future du caucus, je vais réserver mes commentaires. De toute façon, François...

M. Vigneault (Nicolas) : Mais, de façon générale...

M. Caire : Bien, j'aime mieux laisser François répondre. Par expérience, là, quand je n'ai pas l'ensemble des éléments d'un dossier, je pense qu'on est mieux de dire : Écoutez, on va différer la réponse. Il y aura une réponse, François Paradis vous la communiquera quand on aura eu ces discussions-là.

M. Boivin (Mathieu) : M. Caire, dans le dossier de Bombardier, la Caisse de dépôt est actionnaire de Bombardier. Elle va donc voter, se prononcer sur le régime de bonification, là, qui fait controverse depuis quelques jours. La caisse va rendre public son vote dans les jours qui vont suivre l'assemblée annuelle. Il est déjà arrivé, dans le passé, que la caisse fasse connaître avant, de façon exceptionnelle, mais c'est déjà arrivé, fasse connaître avant son vote sur un sujet de discussion. Souhaitez-vous qu'elle le fasse le plus tôt possible?

M. Caire : Écoutez, moi, je ne veux pas interférer dans les décisions de la caisse, là. Vous comprendrez, je pense, assez facilement ça. Par contre, il y en a une autre instance qui a mis beaucoup d'argent dans cette entreprise-là. Puis là on peut bien essayer de jouer sur le fait que la série C, c'est une filiale de Bombardier, ce n'est pas la maison mère. Écoutez, Bombardier, là, dans la tête du monde, c'est pas mal Bombardier, là, hein? M. et Mme Tout-le-monde, le contribuable, là, qui envoie sa déclaration d'impôt au ministère du Revenu, là, pas sûr que, quand il fait ça puis qu'il apprend que les dirigeants se sont votés, je pense, c'est quoi, 48 % d'augmentation... À deux personnes, ça totalise 12 millions. Ça en fait beaucoup de rapports d'impôt de contribuables québécois, ça, qui vont aller dans ces augmentations de salaire là.

Je pense que le premier ministre… Hier, en fait, le gouvernement libéral a été navrant en disant : Je peux comprendre que les Québécois ne sont pas contents. Non, les Québécois ne sont pas pas contents; les Québécois, ils sont en ta… C'est ça, la vérité, parce qu'ils trouvent ça dégueulasse, parce qu'eux ils vont avoir une augmentation, peut-être. Peut-être qu'ils vont avoir une augmentation, puis, s'ils en ont une, ça va suivre l'inflation, pas plus. Puis là ils voient des gens qui ont amené cette entreprise-là au bord de la faillite, qui ont amené cette entreprise-là à demander l'aide du gouvernement pour s'en sortir, se voter des augmentations de salaire indécentes. Indécentes. Puis tout ce qu'on a, c'est une ministre qui dit : Bien, je peux comprendre qu'ils ne soient pas contents. Non, non. Le premier ministre a été mou, le premier ministre ne s'est pas conduit à la hauteur de sa fonction, et je pense que c'est au premier ministre à mettre son poing sur la table puis à dire : Écoutez, là, on ne vous a pas donné cet argent-là pour que vous vous votiez des augmentations de salaire indécentes.

Le Modérateur : D'autres questions? En anglais peut-être.

M. Hicks (Ryan) : Well, this e-mail from…

M. Caire : The last one?

M. Hicks (Ryan) : Yes, from the Premier to Marc-Yvan Côté, thanking him for replacing him at this benefit, could it just be that he's just sending a thanks for replacing me and then that's it?

M. Caire : No, I don't think so. I think that shows up how close the Premier is from Marc-Yvan Côté and that shows up how far the Premier was yesterday from the reality. So what we want to know is if Marc-Yvan Côté was involved in his leadership ran. He lied. He lied, and, because of that e-mail, I think we must ask those people how much Marc-Yvan Côté was really involved in the leadership race of Phillippe Couillard.

M. Hicks (Ryan) : I'm just being devil's advocate. Is it possible though that maybe the Premier didn't… Maybe he gave the order to people, for example, in his leadership campaign : Don't communicate with Marc-Yvan Côté, but maybe he just didn't know that there were these side discussions going on all around.

M. Caire :Well, you know, we have now a lot of proof that Marc-Yvan Côté was involved in the leadership ran but we have no proof of that order possibly given by the Premier when he was running for the leadership. So maybe that order stayed in the boat, I don't know, but the facts are Marc-Yvan Côté was probably involved deeply in the leadership ran. So that means those officers responsible for the organization of the Philippe Couillard leadership race didn't follow the order, at least, but I don't think so. I'm just… questioned that order, if that order had been given. I'm not sure about that.

Le Modérateur :Merci beaucoup. Maya Johnson.

Mme Johnson (Maya) : On another subject, the SPVM has come out this morning with a list of measures intended to clean up the police force, including hiring an outsider with a focus on ethics to try to change the culture. What's your response to that?

M. Caire :You know, I'm not an expert on police organization, but what I know is we require an independent inquiry, and that demand is… remains actual, and we need that independent inquiry… in that file to know exactly what happened and who was involved in those facts.

Mme Fletcher (Raquel) : And on that note, you're talking today about the credibility of the Government in transparency, but also Martin Coiteux came out on Sunday and said : You know, I agree with this report, it's a great report, and that it took him almost six days before that report became public. How do you feel about that process of saying before the report becomes public : Oh, yes, it's a great report?

M. Caire :You know, I will be prudent in my comment because, as you know, it's not my file. So I'm not totally aware about what happened in that file exactly, but, as I said, I think the independent inquiry is still actual, and we must know what exactly happened and we must know who is involved, because we talk about the leadership in higher level of the SPVM may be involved in those events. So that's the reason why we have to take it seriously and we demand an independent inquiry, and I think that's the only way to have the right answer about our questions.

Mme Johnson (Maya) : ...faith in the police chief Philippe Pichet to get the job done?

M. Caire : It's hard, it's tough to respond. I mean, at least, we must question his leadership. Clearly, we must question his leadership because there are two possibilities. The first one, he is involved in those events, which mean that he must resign. And the second, he didn't know nothing about that. So what could we think about a leader who is, you know, a cheerleader in such events? Merci.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que vous faites confiance au leadership de M. Pichet pour faire le ménage?

M. Caire : Comme j'ai dit, écoutez, je pense qu'il y a deux possibilités : soit M. Pichet est impliqué dans les événements, auquel cas je pense qu'il doit démissionner; soit M. Pichet n'a rien vu, et là on peut se questionner. Écoutez, là, est-ce qu'il était là juste pour faire de l'animation?, j'en doute, comme chef de police.

Maintenant, ça prend une enquête indépendante. C'est la seule façon d'avoir des réponses à nos questions. On ne peut pas demander... Tu sais, la police qui enquête sur la police, là...

M. Bellerose (Patrick) : Mais dans les deux cas, impliqué ou aveugle, donc ce n'est pas la personne pour faire le ménage au SPVM.

M. Caire : Bien, encore là, il faut voir ce qui s'est passé réellement. Je veux dire, moi, je donnerai toujours le bénéfice du doute parce que c'est quand même des gestes graves, là. Quand vous congédiez quelqu'un, c'est un geste grave. C'est la peine capitale. Vous ne prononcez pas la peine capitale à moins d'être sûr que c'est la seule sentence possible.

Mais je reviens à la demande initiale. Si on n'a pas une enquête indépendante, il y aura toujours un doute. Il subsistera toujours un doute. Donc, avec une enquête indépendante, on aura, je pense, les vraies réponses à nos questions et, à ce moment-là, on prendra la décision en connaissance de cause.

M. Bellerose (Patrick) : Par enquête indépendante, vous voulez dire enquête publique.

M. Caire : Oui, bien avec le Bureau des enquêtes indépendantes.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 11 heures)

Participants


Document(s) associé(s)