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Point de presse de Mme Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, M. Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, ministre responsable de la région de l'Abitibi-Témiscamingue et minisre responsable de la région du Nord-du-Québec, et Mme Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie et ministre responsable de la région des Laurentides

Version finale

Le mardi 25 avril 2017, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures douze minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Je salue les collègues qui sont avec moi, alors M. Blanchette et Mme St-Pierre. Également avec nous, M. Raymond Chrétien, qui est négociateur en chef pour le Québec dans le dossier du bois d'oeuvre; nous avons M. André Tremblay, du Conseil de l'industrie forestière; M. Gilles Potvin, qui devait être avec nous, mais qui va être représenté, de toute façon, par l'Union des municipalités du Québec; M. Richard Lehoux, Fédération québécoise des municipalités; et M. Renaud Gagné de chez Unifor.

Alors, la décision du Département de commerce des États-Unis d'imposer des droits compensateurs sur le bois d'oeuvre canadien qui est exporté aux États-Unis est à la fois une décision qui est injustifiable, une décision qui est hautement, parfaitement déraisonnable.

Aujourd'hui, j'aimerais m'adresser aux 60 000 employés, 60 000 personnes qui détiennent des emplois dans le secteur de la foresterie et de leur dire que, depuis le départ, le gouvernement du Québec a été aux côtés des travailleurs, aux côtés de ces familles qui sont touchées par la décision qui est imposée de la part du gouvernement américain et leur dire que, dès le départ, on avait dit que nous serions présents et que nous serions présents dès le jour 1.

Aujourd'hui, c'est le jour 1 de l'imposition de ces droits compensateurs, et donc nous annonçons que nous allons avoir un programme accessible pour soutenir les quelque 178 entreprises québécoises qui sont touchées par la décision du gouvernement américain, un appui financier sous forme de prêt et de garantie de prêt sur une base commerciale qui va donner de l'oxygène à nos industries, à nos entreprises et qui va pouvoir vraiment les aider dans un contexte de manque de liquidités dans les prochains mois.

Chaque entreprise qui est visée par les droits compensateurs a été personnellement informée du programme qui a été mis en place la semaine dernière. Et d'ailleurs, déjà, depuis hier, nous avons reçu une trentaine d'appels de ces entreprises qui veulent connaître, en savoir davantage sur le programme. Le programme va donc être administré par mon ministère de même que par Investissement Québec conjointement. Les termes et les conditions des prêts et des garanties de prêt vont être déterminés selon les normes du marché en vigueur et afin de respecter tous les engagements pris en vertu des accords de commerce internationaux.

Alors, nous sommes déjà extrêmement actifs sur le dossier du bois d'oeuvre. Nous sommes également actifs dans les relations que nous entretenons avec le gouvernement fédéral, les autres provinces canadiennes et nous allons poursuivre les négociations dans ce dossier-là.

Le Québec appuie la poursuite des négociations et des discussions afin de trouver une solution avec les États-Unis. Je tiens à rappeler cependant que depuis 1982, jamais le Québec n'a perdu de litige devant les tribunaux. Nous nous trouvons donc aujourd'hui dans une situation où le message que nous envoyons est très clair. Nous avons dit, jour 1, que nous serions présents à l'ensemble de l'industrie. Nous y voilà, jour 1, et nous voulons rassurer les 60 000 employés, les 60 000 travailleurs et toute l'industrie que nous allons être à leurs côtés jusqu'à la fin dans cette démarche avec les États-Unis.

Merci. Je cède la parole à mon collaborateur Luc Blanchette.

M. Blanchette : Merci, Dominique. Cher Christine, Raymond Chrétien, chers partenaires que je souligne, dans le fond, leur apport depuis déjà tout l'automne. C'est vraiment essentiel. Les droits compensatoires qui vont s'adresser… de l'ordre de 19,88 % à l'ensemble des PME dans l'industrie forestière québécoise, c'est majeur, ce n'est pas banal, et une exception pour 12,82 % pour Produits forestiers Résolu étant donné la méthode d'enquête que les Américains ont retenue. Il y aura une rétroactivité qui se fera pour les droits compensatoires de ces entreprises-là, puis c'est une rétroactivité sur trois mois, donc c'est vraiment beaucoup de liquidités qui seront interpellées là-dedans.

Les partenaires qui sont ici derrière moi, le secteur municipal, syndical, milieu d'affaires et le gouvernement, on travaille ensemble. Bien sûr, cette décision qu'on reçoit aujourd'hui, elle est décevante, inacceptable, déraisonnable et, prêtez-moi l'anglicisme, questionnable. Nous allons défendre ensemble notre régime forestier, notre façon de fixer les prix librement sur le marché. C'est essentiel. De ces entreprises-là qui sont impactées, beaucoup le seront de façon indirecte, mais on pense qu'en assumant l'accompagnement des entreprises impactées qu'on va pouvoir maintenir les camionneurs, l'industrie en exploitation forestière en forêt, etc., tous les équipementiers qui gravitent autour. C'est essentiel.

Le travail que notre gouvernement du Québec a fait, c'est pour protéger les 60 000 emplois, parce que tout est intrinsèquement lié, donc les 60 000 travailleurs, travailleuses qui représentent 60 000 familles dans 220 municipalités qui sont touchées parce qu'ils ont la présence de l'industrie forestière. Nous continuerons de faire avancer ce dossier et essentiellement la défense de notre régime forestier qui est solide avec un système de fixation des prix sur le marché pour évaluer les prix de la fibre sur le bois.

Aucune raison pour avoir des pénalités aujourd'hui. Nous le dénonçons. Nous comptons donc gagner cette bataille autant auprès de l'ALENA qu'auprès de l'Organisation mondiale du commerce. Il y aura des négociations que mes collègues Christine St-Pierre et Dominique Anglade vont poursuivre sur le plan des relations avec les Américains. Le jour J, nous y sommes rendus. Nous avons dit que nous étions pour être du côté des travailleurs, des travailleuses. C'est ce que nous faisons aujourd'hui. Et je remercie vraiment tous les partenaires. C'était important, parce qu'on a vraiment l'impression d'être ensemble et mobilisés pour cette oeuvre très noble qui est la protection de nos emplois dans l'industrie forestière. En terminant, je passe maintenant la parole à ma collègue, la ministre Christine St-Pierre.

Mme St-Pierre : Merci. Merci, cher collègue. Le gouvernement du Québec demeure convaincu qu'une solution négociée à ce conflit peut être trouvée, et nous appuyons la poursuite des discussions avec les États-Unis. Globalement, nous continuons de défendre l'accès à un marché ouvert pour les exportateurs québécois qui oeuvrent dans un régime forestier compétitif et réformé. Néanmoins, dans l'intervalle, nous défendrons, devant les instances américaines et internationales, l'industrie forestière québécoise ainsi que les communautés locales touchées par ce conflit.

Le Québec possède globalement une très bonne relation commerciale avec les États-Unis, qui sont, comme vous le savez, notre principal partenaire commercial et reçoivent 71 % de nos exportations. D'ailleurs, lors de l'annonce de la nouvelle politique internationale du Québec, j'ai à nouveau souligné toute l'importance que nous accordons à notre relation avec notre voisin du sud. À cet effet, nous avons décidé d'accroître notre présence aux États-Unis, et des postes d'attaché économique seront ajoutés à nos représentations sur le territoire, ce qui témoigne clairement de notre volonté d'approfondir notre relation avec un partenaire historique.

Néanmoins, il faut aussi discuter clairement des enjeux quand il y a des sujets qui dérangent. C'est pour cette raison que nous avons en moyenne un ministre en déplacement aux deux semaines sur le territoire voisin. Dans le dossier du bois d'oeuvre, le gouvernement du Québec n'a pas hésité à exprimer son mécontentement, et on continue de le faire, et nous continuerons de le faire. Dans les derniers mois, nous sommes intervenus à de multiples reprises auprès de nos interlocuteurs fédéraux américains pour faire valoir les spécificités du régime forestier québécois et pour exprimer notre insatisfaction quant au différend en cours. Nous l'avons fait auprès des consulats généraux des États-Unis à Québec et à Montréal ainsi qu'auprès de la chargée d'affaires de l'ambassade américaine à Ottawa. En parallèle, nous sommes en contact régulier avec l'ambassadeur du Canada à Washington, avec qui j'avais partagé les positions du gouvernement du Québec dans ce dossier lors des activités entourant l'assermentation du nouveau président américain le 20 janvier dernier. Rappelons aussi que notre négociateur, M. Raymond Chrétien, qui est avec nous aujourd'hui, a lui-même effectué une tournée au mois de décembre dernier là-bas, sur le territoire américain, pour convaincre nos partenaires.

Le réseau des représentations du Québec aux États-Unis continuera d'être mobilisé à l'égard de cet important dossier. Nous tiendrons d'ailleurs demain une visioconférence avec tous les chefs de poste afin d'affiner notre stratégie d'intervention à la lumière de l'étape cruciale qui vient de se produire. Merci beaucoup.

La Modératrice : Alors, merci beaucoup, Mme St-Pierre. Donc, j'invite M. Raymond Chrétien, qui est le négociateur en chef dans le dossier du bois d'oeuvre.

M. Chrétien (Raymond) : Merci beaucoup. Quelques mots peut-être en commençant pour rappeler que j'ai passé sept ans de ma vie à Washington, et, si j'ai appris une leçon de ce séjour là-bas, c'est que les Américains sont toujours très durs en affaires et ne nous font jamais de cadeaux. Alors, ils l'ont démontré de nouveau cette fois-ci en nous imposant des droits qui sont absolument inacceptables.

L'avenir est le suivant. Nous connaîtrons, d'ici le mois de juin, la deuxième partie de cette action inamicale américaine, c'est-à-dire l'imposition des droits antidumping — on ne sait pas à quel niveau ils seront — et nous connaîtrons vers la fin de l'année, fin novembre, la détermination finale de ces deux droits.

Dans l'intervalle, est-ce qu'il y a possibilité d'une négociation? Peut-être. Je pense que l'administration américaine cherche des succès ces jours-ci et je pense que, pour elle, un succès, une bonne entente entre le Canada et les États-Unis sur le bois d'oeuvre, serait très, très profitable. Maintenant, est-ce qu'il sera possible d'en arriver à une telle entente? Il faudra voir. Il reste que lorsque nous atteignons le stade de la négociation, le Canada a fait ses preuves, les négociateurs canadiens sont absolument de tout premier calibre, et j'ai bon espoir qu'on pourrait peut-être en arriver à une entente, éventuellement.

M. Trump est un «deal maker», M. Ross est un «deal maker», alors il y a une possibilité de faire un deal, à mon avis, à un moment donné, au cours des prochains mois, peut-être d'ici la fin de l'année. Mais, encore une fois, je ne suis pas dans le secret des dieux, personne ne sait exactement ce qui va se passer, mais il faut espérer que ça sert ainsi. Merci.

La Modératrice : Merci beaucoup, M. Chrétien. Donc, maintenant, j'invite M. André Tremblay, qui est le P.D.G. du Conseil de l'industrie forestière du Québec. M. Tremblay.

M. Tremblay (André) : Mmes, MM. les ministres, M. Chrétien, chers partenaires qui supportez le secteur forestier depuis plusieurs mois, depuis plusieurs années, le conseil travaille avec le gouvernement du Québec étroitement pour l'adoption de mesures concernant l'innovation et la transformation de notre industrie afin qu'elle puisse demeurer un moteur de l'économie du Québec et de ses régions. Ces mesures ont été multiples. Elles comprennent notamment la mise en place d'une cellule d'intervention forestière, l'adoption de mesures budgétaires au dernier budget, le forum stratégique, le Forum innovation bois, mais malheureusement est arrivée la décision qu'on a connue hier.

Le taux de taxe annoncé, comme on l'a dit tout à l'heure, par le Département du commerce, est à nouveau déraisonnable, est injustifié, particulièrement pour le Québec qui, rappelons-le, a adopté un nouveau régime forestier en avril 2013, régime basé sur ce que les Américains nous demandaient de mettre en place et qui normalement devrait satisfaire leurs exigences. Donc, les taux d'hier sont clairement une démonstration que les États-Unis ne veulent pas considérer cette réalité du régime forestier. Le Québec devra donc faire valoir sa position dans le cadre du processus judiciaire, qui, rappelons-le, nous a toujours été favorable. Cette démarche risque de s'échelonner sur plusieurs années, plusieurs mois. Dans ce contexte, l'industrie aura besoin du soutien de nos gouvernements.

C'est pourquoi les mesures adoptées... annoncées, pardon, par le premier ministre Couillard et son gouvernement arrivent à point. Nous saluons d'ailleurs le leadership de M. Couillard, des ministres Blanchette, Anglade et Mme St-Pierre, qui ont appuyé notre dossier depuis le début. Dès le printemps dernier, M. Couillard a maintes fois déclaré qu'il serait présent aux côtés de l'industrie aux premiers jours des hostilités. Bien, nous y sommes, et le gouvernement a tenu parole.

Maintenant que les taux sont annoncés par le Département du commerce, nous souhaitons également le soutien du gouvernement fédéral, et ce, en toute conformité avec les ententes en matière de commerce international. Cette aide est autant plus urgente que la rétroactivité de la taxe touche principalement les producteurs du Québec. Ceux-ci devront, dans les prochains jours, débourser une somme variant entre 50 et 60 millions de dollars. Ils seront incapables de le faire sans un soutien gouvernemental. C'est donc à très court terme que la décision d'hier peut avoir des conséquences sur les entreprises et les travailleurs.

En terminant, malgré les difficultés que cela représente, un processus judiciaire est toujours une aventure compliquée, nous croyons qu'avec le support de nos gouvernements, l'industrie sera en mesure d'obtenir gain de cause dans ce dossier qui hante les relations commerciales Canada et américaines depuis au moins 30 ans. Merci.

La Modératrice : Merci, M. Tremblay. Donc, maintenant, j'invite M. Rénald Bernier, qui est maire de Saint-Pascal-de Kamouraska et qui est membre de l'Union des municipalités du Québec. M. Bernier.

M. Bernier (Rénald) : Mmes les ministres, M. le ministre, messieurs dames, bonjour. Moi, je représente 220 municipalités. Vous savez, c'est des municipalités où est-ce que les gens travaillent, vivent de la forêt, puis ça, c'est important. Ça fait quand même quelques semaines, même quelques mois, même on peut parler d'un an où est-ce que ces gens-là, je pense qu'ils passent des mauvaises nuits, dorment mal. Je veux dire, le dernier week-end, là, on savait qu'il y aurait un taux compensatoire. La seule chose qu'on ne savait pas, ce serait à quel niveau. Maintenant, on le sait.

Aujourd'hui, je peux dire que peut-être que je vais mieux dormir cette nuit, parce qu'avec les annonces que le gouvernement du Québec a faites, je pense que c'est très encourageant pour nous, mais il manque un joueur dans... il manque un joueur, c'est le gouvernement fédéral, qui présentement fait encore montre d'attentivisme, et puis ça, je pense qu'on se doit de le dire et puis on attend beaucoup que... du gouvernement fédéral s'implique aussi dans le dossier, d'une façon plus autoritaire, que je pourrais dire, parce que c'est quand même très important. Vous savez, c'est quand même... j'ai dit tout à l'heure 220 municipalités, 60 000 emplois. C'est des gens qui vivent de la forêt, c'est des familles. Donc, ça, c'est important.

Des entreprises, l'industrie forestière, c'est aussi l'entreprise manufacturière, mais c'est aussi les entreprises sylvicoles, c'est des entreprises de camionnage. Tout ça, c'est des emplois directs et indirects, c'est beaucoup de gens qui vivent de la forêt, et puis il y a un effet domino. S'il y a moins de bois d'oeuvre qui passe la frontière, bien, ça a un effet domino sur ces industries-là, parce que, pour couper du bois d'oeuvre, pour rentrer en forêt, bien, on ne va pas chercher seulement que les épinettes. Il faut aussi aller chercher le bouleau ou le tremble au travers. Donc, c'est aussi l'industrie du feuillu qui va en être impactée.

Donc, c'est important puis c'est pour ça que je remercie, là, le gouvernement du Québec, là, de s'impliquer, et puis je demande au fédéral de faire la même chose, parce que le Canada, la base... la base, si on remonte un petit peu dans l'histoire, finalement, ce pays-là a été bâti à partir des forêts puis c'est encore vrai aujourd'hui. C'est très important et puis c'est pour ça que j'interpelle le gouvernement fédéral, et puis je remercie le gouvernement du Québec avec toute la table des partenaires. Merci beaucoup.

La Modératrice : Merci beaucoup, M. Bernier. Donc, maintenant, j'invite Richard Lehoux, qui est le président de la Fédération québécoise des municipalités, à prendre la parole.

M. Lehoux (Richard) : Bonjour, Mmes les ministres, M. le ministre, M. Chrétien, chers partenaires de toutes les communautés forestières au Québec. Nous apprenions hier soir la décision du gouvernement américain de revenir sur ses vieilles habitudes en imposant un droit compensateur pouvant aller jusqu'à 25 % sur le bois d'œuvre canadien. Cette décision, elle est déplorable, tout comme les conséquences qu'elle aura sur les communautés forestières du Québec. Ce sont 225 municipalités et plusieurs dizaines de milliers de citoyens de nos régions qui vivent de la forêt. Alors, nous saluons aujourd'hui les gestes posés par le gouvernement du Québec en élargissant le programme Essor annoncé et qui permettra aux communautés forestières de se sentir un peu moins seules face à la menace américaine.

En ces moments d'incertitude, nous devons serrer les coudes et travailler ensemble. Et je salue aussi, aujourd'hui, l'ensemble des partenaires réunis ici. À cet effet, nous réitérons aujourd'hui notre appel au gouvernement du Canada. M. Trudeau, vous devez prendre vos responsabilités et appuyer les citoyens de nos régions qui auront à traverser une crise majeure. Les communautés sont inquiètes mais continueront d'être mobilisées. Nous ferons résonner la voix des communautés forestières, autant à Ottawa qu'à Washington, jusqu'à un règlement satisfaisant de ce conflit. Merci.

La Modératrice : Alors, merci, M. Lehoux. Donc, comme dernier invité aujourd'hui, j'invite M. Renaud Gagné, qui est le directeur québécois du syndicat Unifor.

M. Gagné (Renaud) : Bonjour. Merci, Mmes les ministres, M. le ministre, M. Chrétien.

D'abord, au nom des 60 000 travailleurs du Québec du secteur de la foresterie, je tiens à dénoncer ces taxes-là qui sont totalement injustes compte tenu du nouveau régime forestier. On a fait le tour du Québec, les gens sont très inquiets. La dernière crise a quand même… on a perdu 12 000 emplois de membres chez nous, au Québec. C'est 25 000 au Canada.

Donc, c'est bien certain que l'appui du fédéral, on en a besoin de plus en plus, parce que, sur la question des travailleurs, Mme la ministre Anglade nous a rassurés aujourd'hui qu'il y avait des négociations qui se poursuivent, mais on a vraiment besoin de programmes autant pour soutenir l'industrie comme il a été annoncé, puis je remercie le gouvernement du Québec d'avoir mis les programmes en place pour soutenir, mais les travailleurs, on le sait qu'ils risquent d'être touchés aussi, là. Et on ne souhaite pas que ça arrive, mais j'espère qu'il y aura des mesures qui seront mises en place pour leur venir en aide.

Puis au Canada, c'est 202 000 emplois, là, comme l'ont mentionné les membres de la coalition. Ce pays-là a été créé par les forestiers, par le travail ou le secteur de la forêt. Je pense que M. Justin Trudeau doit s'impliquer, doit mettre des solutions en place. Il faut sortir à la fin de ce dossier-là... J'espère que ça ne finira pas comme la dernière négo, où qu'on a laissé trop d'éléments sur la table. Je pense qu'on a droit à la pleine possibilité d'exporter puis ne pas être taxés, parce que ça ne mérite pas des taxes comme on a aujourd'hui puis ce qui risque de s'en venir au mois de juin. Merci.

La Modératrice : Alors, merci beaucoup. Nous allons maintenant passer à la période de questions, période de questions, évidemment, qui se déroulera sur le sujet du jour. Donc, Mathieu.

M. Dion (Mathieu) : Vous parliez de prêts, de garanties de prêt. Quelle est la valeur réelle que vous octroyez à ça? Est-ce qu'on a des montants en tête? Est-ce qu'il y a des montants qui sont prévus, des enveloppes?

Mme Anglade : Dans tous les montants qui ont été discutés jusqu'à présent, les risques qui sont associés à ça et de différentes évaluations, c'est autour de 300 millions d'impact. Donc, ce que je peux vous dire, c'est que le gouvernement du Québec va être présent à la hauteur qu'il le faut pour l'industrie, et ces montants sont prévus, effectivement.

M. Dion (Mathieu) : Et jusqu'à quel point ce sera facile pour les entreprises d'y avoir recours? Est-ce qu'il y aura 50 000 formulaires à remplir, comme ça s'est déjà vu par le passé, ou…

Mme Anglade : Alors, je suis très contente que vous posiez la question parce que, justement, on a décidé d'avoir une équipe tactique dédiée à l'enjeu du bois d'oeuvre. Alors, chaque entreprise a reçu le nom de la personne à contacter. Les 178 entreprises, donc, elles ont le nom d'une personne à contacter, et chaque entreprise, on va lui assigner une personne qui va pouvoir gérer le dossier. Il y a un processus rapide qui a été mis en place pour qu'elles aient des réponses facilement.

Et moi, je m'attends à avoir, surtout dans les prochaines semaines, une mise à jour quotidienne de comment ça se passe. Jusqu'à présent, nous avons reçu, comme je le disais tout à l'heure, une trentaine d'appels. Alors, on va suivre ça de manière très serrée, mais les réponses, ce ne sera pas 50 000 formulaires, non. Ce sera assez efficace, assez restreint et avec beaucoup de poigne pour nous assurer qu'il y ait des réponses rapides qui soient données aux entreprises.

M. Dion (Mathieu) : Dernière petite question. Est-ce que l'industrie forestière québécoise est à genoux devant l'administration américaine de Trump aujourd'hui?

Mme Anglade : Bien, je ne pense pas que l'industrie est à genoux devant l'administration américaine. Je pense que la réponse que vous avez… puis j'aimerais bien que M. Tremblay commente, mais la réponse que l'on envoie, c'est très clair. On va défendre le système, le régime forestier du Québec. Il n'y a personne qui est à genoux. Je pense que tout le monde se tient debout. C'est ce que vous voyez ici.

M. Tremblay (André) : Je pense que la présence ici de l'ensemble des partenaires, la coalition qui s'est formée, à l'instigation du ministre Blanchette et de Mme Anglade, est un phénomène historique au Québec. Tout ce qui bouge de socioéconomique — les travailleurs, des représentants des travailleurs, représentants des municipalités — est présent à la table des partenaires et se donne le mandat de défendre le dossier du bois d'oeuvre.

Donc, je pense qu'on assiste à un phénomène historique, justement, pour ne pas qu'on soit à genoux, pour qu'on puisse défendre notre régime et faire valoir qu'on a fait les changements qu'il fallait faire pour avoir un plein accès au marché américain. Donc, loin de là. Je pense qu'on est dans un mouvement de défense, là, qui est historique.

La Modératrice : Je passe au micro de gauche, Mme Richer.

Mme Richer (Jocelyne) : Bonjour, Mme Anglade. J'aimerais savoir comment vous expliquez le fait qu'étant donné que Québec et Ottawa aiment se présenter comme des partenaires dans la fédération, depuis le début, ce qu'on entend dans ce dossier-là, c'est un dialogue de sourds. Vous répétez ça mois après mois? Comment se fait-il que Québec et Ottawa ne peuvent pas en arriver à présenter un plan d'action conjoint, commun de soutien à l'industrie forestière aujourd'hui?

Mme Anglade : Bien, écoutez, deux choses. La première, c'est qu'en matière de négociation, vous savez qu'on est toujours en négociation avec le fédéral sur la question du bois d'oeuvre. On a travaillé conjointement avec le fédéral là-dessus. M. Chrétien a été à plusieurs reprises, non seulement aux États-Unis, à travailler avec nos homologues du gouvernement fédéral, mais également à Ottawa. Donc, on a vraiment travaillé sur le dossier du bois d'oeuvre en termes de résolution de conflits main dans la main pour pouvoir trouver une solution à laquelle on n'est pas encore parvenu à cause du gouvernement américain, mais à laquelle on aspire, par contre.

Dans le dossier des prêts, des garanties de prêt par rapport à l'industrie, ce que je vous dirais, c'est qu'on sent bien qu'il y a une volonté, de la part du gouvernement fédéral, d'intervenir. Maintenant, la question, ça va être comment et quand. Je sais que, cet après-midi, il y a un appel du premier ministre Trudeau avec l'ensemble des premiers ministres provinciaux sur cette question, et j'imagine qu'il va y avoir des éléments qui vont ressortir de ça.

M. Blanchette : Peut-être juste pour compléter, le nombre d'échanges, de rencontres, de téléphones, incluant la période de Pâques que tout le monde était en vacances, ont été très prolifiques en échanges. Maintenant, on n'est pas arrivés encore à déterminer des choses précises.

Je salue le travail des partenaires qui, à plus d'une fois, ont fait les pressions. Le nombre de voyages des gens de l'industrie directement à Ottawa a été surprenant. Les syndicats, les municipalités, tout le monde a mis l'épaule à la roue, et la pression a été sur le fédéral. Je pense que ça a porté fruit. On verra, dans les prochains jours, la hauteur de leur participation du gouvernement fédéral. Toutefois, aujourd'hui, vous comprendrez que ce n'est pas moi à annoncer les annonces du fédéral, mais on espère très fort qu'il y aura une participation fédérale à cette crise-là en termes de soutien des travailleurs et des entreprises.

Mme Richer (Jocelyne) : Justement, quelle hauteur vous souhaitez que soit cette participation, ce soutien? Au Québec, on dit que ça pourrait aller jusqu'à 300 millions. Est-ce que vous espérez qu'Ottawa égale ce montant-là? Qu'est-ce que vous attendez précisément du gouvernement fédéral?

M. Blanchette : C'est définitivement prématuré, au moment qu'on se parle, de dire ça. Nous, tout ce qu'on espère, c'est qu'il y aura un engagement solide de la part du fédéral et pas juste des mesures à moyen et long terme. J'entends de l'exportation, de l'innovation, mais aussi des mesures à court terme pouvant pallier aux besoins émis par les entreprises, parce qu'encore une fois, je le redis, si on veut maintenir les emplois directs et maintenir tous les emplois en périphérie, donc les emplois indirects, ça nous prend de l'aide à court terme pour soutenir les entreprises, sinon les travailleurs.

La Modératrice : M. Lessard.

M. Lessard (Denis) : Oui. Hier, on faisait le tour des ministères, des cabinets, on appréhendait des taux entre 30 % puis certains même parlaient de 40 %. Est-ce que l'annonce d'aujourd'hui n'est pas moins dure à avaler que ce que vous appréhendiez il y a une semaine?

Mme Anglade : Bien, écoutez, elle est quand même... à 20 %, c'est quand même dur à avaler. Je pense que c'est un montant, encore une fois, qui est absolument déraisonnable.

M. Lessard (Denis) : Mais moins que vous aviez prévu.

Mme Anglade : Mais attention, le 23 juin, il va y avoir d'autres montants, hein, qui doivent être... des montants antidumping qui vont être conjugués à tout ça. Alors, il va falloir qu'on ait la photo complète.

Aujourd'hui, on a une première version des taux compensateurs. Rlle devrait être modifiée le 23 juin, et c'est à ce moment-là, comme le précisait M. Chrétien, qu'on va avoir une photo totale. Donc, je pense qu'à 20 % déjà, pour aujourd'hui, c'est assez élevé.

M. Lessard (Denis) : M. Chrétien disait tantôt qu'il avait bon espoir d'arriver à une entente négociée. En même temps, d'autres partenaires disent : On s'en va devant les instances internationales. Est-ce que ce n'est pas un peu incompatible? Est-ce qu'on négocie ou est-ce qu'on s'en va en cour?

Mme Anglade : Bien, on négocie présentement et on veut arriver à une entente négociée, mais il faut être réaliste. Et depuis le début, ce que l'on a dit, c'est qu'on voulait se préparer. Nous, on doit assumer qu'on a un scénario qui s'ouvre devant nous, qui va durer un certain temps, et c'est là-dessus, c'est sur ce scénario-là qu'on s'est vraiment penché.

Maintenant, ce que M. Chrétien dit, c'est qu'il espère, d'ici les prochains mois, qu'il y ait une négociation, c'est ce que l'on souhaite, mais, encore une fois, il faut parer au plus dangereux pour nous. Je ne sais pas si vous voulez compléter, M. Chrétien, un élément...

M. Chrétien (Raymond) : Ce sont deux voies parallèles. La voie du litige n'exclut pas de reprise des négociations à quelque moment que ce soit, si les deux parties le souhaitent.

Mais j'aimerais ajouter un petit mot sur ce qui se passe à Washington présentement. M. Trump a quatre grandes priorités, avait quatre grandes... la santé, ça n'a pas marché; la loi sur la réforme fiscale, ça n'aboutit pas, ça n'a même pas commencé, ça sera extrêmement long, compliqué.

L'ALENA est une de ses quatre grandes... la modernisation ou renégociation de l'ALENA est une grande priorité pour lui. Mais, à mon avis, on ne pourra rien faire du côté de l'ALENA, tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas réglé le problème du bois d'oeuvre. Le conflit du bois d'oeuvre a déjà commencé, il commence aujourd'hui à polluer lourdement l'atmosphère entre les deux pays. À mon avis, voilà peut-être une chance pour le bois d'oeuvre, en venir à une entente afin de faciliter le litige.

M. Lessard (Denis) : En tout respect, vous étiez de ceux qui disaient que, quand Trump parle de l'ALENA, il vise le Mexique et non le Canada, puis, regardez, on se retrouve dans le lait, puis dans le bois, puis...

Mme Anglade : Bien, là-dessus, c'est pour ça qu'il faut prévoir, M. Lessard, là-dessus. C'est pour ça qu'il faut avoir des scénarios. On doit être réaliste par rapport à ce qui va se passer dans les prochaines années, et c'est pour ça que tous les plans que l'on a mis en place au Québec sont des plans sur le long terme, avec une crise qui pourrait durer plus longtemps. Ce n'est pas ce qu'on espère, mais c'est ce qu'on doit planifier si on veut être un gouvernement responsable.

M. Lessard (Denis) : Dernière question. On disait : Bon, bien, Québec prépare un plan d'aide de 200 à 300 millions. Maintenant qu'on connaît les chiffres américains, est-ce qu'on est plus près de 200 ou de 300? Vous dites 300, maximum.

Mme Anglade : Oui, bien, écoutez... non, mais tout ça va dépendre des besoins spécifiques des entreprises. On va les étudier cas par cas. Les montants des estimés n'ont pas vraiment changé, là, on est toujours autour des 300 millions et, encore une fois, on va être à la hauteur de ce qui va être nécessaire pour l'industrie.

Journaliste : Mme Anglade rapidement, concernant Bombardier, est-ce que ce n'est pas imprudent que Bombardier ait payé les honoraires...

La Modératrice : Comme c'était juste… On va compléter parce qu'on est pressé pour la période de questions. C'était vraiment sujet du jour. Donc, est-ce que vous avez des questions sur le bois d'œuvre pour compléter cette conférence de presse là?

Journaliste : Si je peux dire… à combien on doit s'attendre, là, d'aide gouvernementale fédérale-provinciale pour que l'industrie du bois d'œuvre puisse survivre au Québec?

M. Blanchette : Écoutez, sur le plan de l'aide-soutien, à court terme, je pense, le 300 millions est effectivement des bonnes choses. Par ailleurs, ce n'est pas tout le programme gouvernemental qui va passer par là. À même les fonds qu'on fait, on en a pour 84 millions. J'inclus le budget de mars 2017 ainsi que le Forum Innovation Bois où on a mis une série de mesures pour soutenir les projets de développement, d'innovation, d'exportation, d'adaptation et de développement ou de transformation de toutes nos entreprises. Donc, ça, ça se poursuit.

À court terme, on a une trentaine de projets avec qui on est en échange. Ce n'est pas les mêmes 30 téléphones qu'on a reçu là, mais une trentaine de projets où on a des échanges pour pouvoir faire cette modernisation-là, cette diversification-là auprès de l'industrie forestière. Ça, on le le poursuit, ce programme-là. Donc, on a des sous pour le développement, mais des sous aussi pour le soutien.

Journaliste : L'enveloppe globale, on ne peut pas chiffrer pour l'instant, là.

M. Blanchette : Oui, en tout cas, du côté…

Mme Anglade : Le quand et le comment, le quand, la quantité, etc., on va laisser au fédéral le soin de répondre.

M. Blanchette : Et je dirais qu'en aucun temps, pour tout projet qui nous serait soumis pour lequel on n'aurait pas de programme, on va le regarder pour pouvoir le soutenir à même des fonds qu'on pourrait aller chercher, là. C'est important parce qu'on ne refusera jamais de diversification. On est enclenché là-dedans. On est vraiment à une croisée des chemins. Puis c'est l'objectif, c'est de développer en même temps qu'on soutient pour éviter la perte d'un trop grand nombre d'emplois, mais on veut créer de l'emploi aussi dans l'industrie forestière.

M. Lessard (Denis) : Ma question est peut-être un peu pointue, mais Résolu qui bénéficie d'un taux de 12 % sur l'ensemble des exportations québécoises, c'est important, marginal? Est-ce qu'on a un chiffre ou…

Mme Anglade : Vous voulez dire sur le… pourquoi est-ce qu'ils ont choisi particulièrement…

M. Lessard (Denis) : Non. Résolu, c'est parce qu'ils s'appuient moins sur les terres publiques, j'imagine.

Mme Anglade : En fait, non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça, la raison. Est-ce que tu veux l'expliquer? Ce n'est pas ça, la raison.

M. Blanchette : Essentiellement, à l'origine, les Américains n'ont pas retenu de faire une analyse enquête par province, ils l'ont faite par entreprise. Résolu, c'est effectivement le plus gros joueur en termes de nombres d'opération et nombre d'emplois couverts en Ontario et au Québec. Nous étions contents qu'il fasse partie des entreprises enquêtées.

La conclusion à laquelle ils sont arrivés, près de 13 %, fait en sorte que, sous base d'analyse, notre régime forestier a quand même été, comment je pourrais dire ça, éprouvé, meilleur, avec moins de subventions indirectement. C'est un peu l'interprétation qu'on en fait.

M. Lessard (Denis) : Mais Résolu, dans les exportations québécoises, c'est 10 % ou c'est 50 %?

M. Blanchette : C'est une bonne part. Il faudrait… Je n'ai pas les chiffres avec moi, mais c'est une bonne portion puisque c'est le plus important. 25 % de toutes les exportations du Québec?

Mme Tremblay (André) :  Exportations dans le bois d'œuvre.

M. Blanchette : Oui. Donc, c'est un joueur majeur. Et pas de rétroactivité pour toutes les entreprises enquêtées, autant celles de BC que Résolu. Donc, pas de rétroactivité, ce qui n'est pas le cas pour toutes les autres entreprises.

Mme MacKinnon (Catou) : C'est fini en français? Mrs. Anglade, how well this money helps the businesses?

Mme Anglade : Because they will have… a lot of companies will be impacted because they won't have the cash necessary to operate their companies. So this is will allow them to have the cash flow that is required to maintain the businesses operations in the longer term. So that's really the objective of the program that we've put in place.

Mme MacKinnon (Catou) : Is it a new program?

Mme Anglade : It is a program that was modified to accommodate the the forest industry.

Mme MacKinnon (Catou) : And how much of this did you expect that actual figures and how much can we attribute to the Trump factor?

Mme Anglade : This is a very good question because, as you know, the situation that we have with the softwood lumber is not related specifically the new administration in the United States. We've been having this issue for over 30 years. So I can't say that it is specifically related to what's going on right now south of the border, although we do see something that is more aggressive, the fact that it's retroactive, the fact that we… They seem to be more aggressive than in the past, but we can't simply say that it's because of the new administration. We wouldn't be taking into account the whole history of the situation.

Mme MacKinnon (Catou) : We've been here before. What situation would you like to avoid this time?

Mme Anglade : Well, definitely we to make sure that the companies are not suffering from this situation. This is a better situation in the sense that the economy is going well. So we hope that the companies are going to be in a better position than they were during last crisis. And the fact that the program is known upfront, the fact that they can see, they have perspective as to what is going to be happening in the next few months, the fact that they can rely on a mobilized government, I think it's quite different from the last crisis. I don't know if you want to add any comment, but this is what I would say the main difference, it is predictability.

Mme MacKinnon (Catou) :  Les représentants des municipalités, juste me dire qu'est-ce que vous aimeriez qu'on évite cette fois-ci. On a déjà vécu ce scénario-là. Je vais vous demander d'aller au micro, s'il vous plaît, et de répondre en anglais en plus si vous parlez anglais.

M. Bernier (Rénald) : Non, non, non. Qu'est-ce qu'on veut éviter? Bien, vous savez, la dernière fois, ça a quand même... ça s'est étiré dans le temps parce que, quand on va devant les tribunaux, on est sûrs que le Canada devrait gagner encore. C'est bien sûr. Mais le temps que ça prend, le danger que ça a pour l'industrie... quand je dis «l'industrie», c'est tous les gens qui en vivent, ce n'est pas seulement les entrepreneurs, c'est les travailleurs, c'est les emplois indirects dans nos municipalités. Donc, le temps que ça prend, ça crée de la morosité puis ça, c'est très...

Vous savez, l'économique, hein, c'est quelque chose... c'est la confiance, la confiance des gens. Puis la confiance, bien, lorsqu'on vit des conflits comme ça, la confiance est entachée un petit peu. Donc, c'est ça qui est important. Il faut sortir de là le plus rapidement possible. Pas à n'importe quel prix, ça, je comprends, mais... C'est pour ça que l'aide gouvernementale va nous réussir, va réussir, va permettre que la transition se fasse, là, plus facilement. C'est de là l'importance.

Mme MacKinnon (Catou) : Je sais que les ministres doivent s'en aller, mais je ne sais pas si M. Chrétien reste. Est-ce que c'est correct?

La Modératrice : Do you have a question?

Mme MacKinnon (Catou) : Yes, I do. What's going to be your approach in negotiations?

M. Chrétien (Raymond) : First of all, when will there be negotiations? We have to wait and see a little bit the next couple of months, what will happen. Nothing is likely to happen before the fall at the earliest, but what is very… I'm going to watch very carefully the link between lumber and NAFTA. Clearly now, Ottawa is trying to figure out how to deal with those two very big issues, and this is what I'm going to be watching very, very closely, how will the lumber negotiations impact the future in NAFTA negotiations. Will they be incorporated into each other? Unlikely, but I'm going to watch this very carefully.

Mme MacKinnon (Catou) : And what is the lesson that we learned from the last time when you were in the same boat?

M. Chrétien (Raymond) : The last time… I mean, I was involved in the 1996 negotiation. What is very frustrating for the Canadian side always is to know that ultimately this is the problem of manage trade. And whatever we do ultimately, the Americans hold the bigger hand of the stick, and this is the very frustrating part of… not any negotiation with them, but certainly for the lumber negotiations.

Mme MacKinnon (Catou) : And how much will the fact that Donald Trump is the President affect these negotiations?

M. Chrétien (Raymond) : Mme Anglade has answered that question. I think there is definitely a hardening of the attitude of the Americans these days. The protectionist winds are blowing very hard in Washington. We are seeing it not only on the lumber files, but just listen to what is envisaged in the fiscal negotiations, plus the idea of a tax, of a border tax is mentioned. That would be another very, very hard blow to Canada, the hardening of the Americans and the encouragement to their negotiators to be even tougher than they have been in the past.

Mme MacKinnon (Catou) : Are you still optimistic to reach a deal by the end of the year?

M. Chrétien (Raymond) : No.

Mme MacKinnon (Catou) : Why?

M. Chrétien (Raymond) : First of all, nobody knows exactly when those negotiations will start and, if we take the route of the tribunals, then there's been a tendency in the past to follow it till the end and, in the past, it has taken three, four five years for that process to be over. And we don't know if ultimately Canada would want to wait till then, until we have a win on our side to really sit down with the Americans.

Mme MacKinnon (Catou) : Thank you.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 48)