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Point de presse de Mme Diane Lamarre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et d’accessibilité aux soins, M. Amir Khadir, député de Mercier, et M. Harold LeBel, porte-parole de l’opposition officielle responsable de la région du Bas-Saint-Laurent

Version finale

Le mercredi 10 mai 2017, 9 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente minutes)

La Modératrice : Parfait. On va maintenant commencer. Alors, Mme Diane Lamarre, porte-parole du Parti québécois en matière de santé et d'accessibilité aux soins va faire une déclaration. Ensuite, la Dre Marie-Ève Fromentin va faire une déclaration, M. Georges Mailloux va faire un témoignage, Mme Geneviève Caron, également. Ensuite, M. Harold Lebel, député de Rimouski va faire une déclaration et M. Amir Khadir, co-porte-parole de Québec solidaire, va parler. Merci. Mme Lamarre, la parole est à vous.

Mme Lamarre : Merci. Ce matin, nous sommes ici pour dénoncer la situation qui touche les gens du Kamouraska, La Pocatière. Ces gens se mobilisent. On a autour de nous des citoyens, des gens qui ont marché en fin de semaine, plus de 5 000 personnes dans une région qui en compte 4 500. Alors, ça veut dire qu'il y a une mobilisation énorme. Il y a des médecins qui sont là également. La semaine dernière, j'ai dénoncé une prévision, c'est-à-dire qu'on sait déjà qu'il va manquer, 12 semaines de temps, un anesthésiste dans la région du Kamouraska. Comment peut-on, trois mois à l'avance, quand on sait qu'on va avoir une rupture de services, une découverture, ne pas être capable de trouver des solutions?

Mais je vous dirais que cet élément d'anesthésiste, c'est la goutte qui fait déborder le vase, parce que ce qu'on comprend, c'est qu'il y a eu une cascade de diminutions de services causée par les fameux projets de loi n° 10 et n° 20, dont le ministre se vante toujours. On les voit, les conséquences sur le terrain. Il y a des coupes de postes, de travailleurs sociaux, de psychologues. Il y a des lits aux soins intensifs qui sont coupés. Il y a des services à domicile qui sont diminués, et tout ça, c'est une accumulation de détérioration d'accès.

La mission, la première mission que le ministre de la Santé avait en 2014, c'était d'améliorer l'accès aux citoyens du Québec. C'était ça, notre enjeu, et ce qu'on constate, c'est que, mesure après mesure, il diminue l'accès au péril de la sécurité des gens, de l'accès à des services essentiels. On parle d'accouchements dans la région qui ne peuvent plus être garantis, parce que, si les femmes ont besoin d'une césarienne, elles doivent se déplacer vers Rivière-du-Loup. Alors, ça, ça crée énormément d'insécurité et ça ne répond pas à des besoins qui sont fondamentaux pour la population.

Et je remercie, je félicite les gens et les médecins qui se mobilisent aujourd'hui avec nous. On a besoin de ça. On a de jeunes citoyens et des moins jeunes qui en ont bien besoin et qui témoignent vivement.

Alors, vraiment, M. le ministre, faites-nous un plan global, faites-nous quelque chose qui va confirmer que les gens ne seront plus dans des situations comme ça et arrêtez de faire cette cascade de coupes qui amène une détérioration de l'accès. Ce n'est pas ça, votre mandat. Votre mandat, c'est d'améliorer l'accès et de le garantir dans toutes les régions du Québec et dans les milieux urbains. Merci beaucoup.

La Modératrice : Merci. Dre Fromentin.

Mme Fromentin (Marie-Ève) : Bonjour. Je m'appelle Marie-Ève Fromentin. Je suis médecin de famille, mais, d'abord et avant, tout citoyenne du Kamouraska et maman de trois enfants.

Nous sommes ici pour représenter les 5 000 citoyens du Kamouraska qui ont marché dans les rues de La Pocatière dimanche dans une manifestation citoyenne. 5 000 personnes, pour vous mettre en perspective, c'est une personne sur quatre au Kamouraska. Nous sommes ici pour représenter aussi tous les autres citoyens qui n'ont pas pu marcher dimanche, mais qui nous font part régulièrement de leurs inquiétudes en ce qui concerne tout ce qui se passe en santé au Kamouraska. Nous sommes ici, à l'Assemblée nationale, pour dénoncer les nombreuses coupures en santé et services sociaux dans notre région. Nous sommes ici pour être entendus, pour que des solutions nous soient apportées par notre ministre de la Santé, M. Gaétan Barrette.

Les coupures que nous avons vécues sont... Actuellement, aucune garde en anesthésie n'est prévue pendant 12 semaines cet été, soit du 26 mai au 1er septembre 2017. Cette découverture s'ajoute à celles qui sont de plus en plus fréquentes en cours d'année à notre hôpital situé à La Pocatière. Cela compromet grandement le bon fonctionnement de notre bloc opératoire et de notre salle d'accouchement, ce qui incite les femmes enceintes à devoir aller accoucher ailleurs, créant beaucoup de stress. Nous avons été victimes d'une diminution majeure du nombre de lits aux soins intensifs, à l'unité de soins de courte durée, alors que les besoins sont grandissants.

Dès 2018, nous n'aurons plus droit aux visites à notre hôpital des médecins spécialistes qui venaient d'autres régions et qui nous desservaient depuis plusieurs années. On parle de pneumologues, cardiologues, urologues et orthopédistes. On vient nous imposer la fermeture de tous les lits de notre unité transitoire de réadaptation fonctionnelle, une ressource qui optimise les potentiels de retour à domicile des personnes âgées. Nous avons subi récemment la perte des ressources professionnelles en soins à domicile, alors qu'encore une fois les besoins augmentent.

Au CLSC, nous avons perdu une psychologue et une travailleuse sociale. Et depuis, les personnes en détresse qui ne peuvent pas aller au privé doivent parfois attendre plus de 400 jours pour obtenir de l'aide. Le personnel soignant, infirmières, préposés aux bénéficiaires, a été réduit sur tous les départements à un niveau minimal, en particulier la nuit. Les infirmières coordonnatrices ont été remplacées par un système de rappel du personnel soignant centralisé à Rimouski qui est inefficace. Cette situation rend périlleuses les pointes d'achalandage communes à notre centre.

Nous venons directement nous faire entendre ici, à l'Assemblée nationale, parce qu'avec la loi n° 10 les centres décisionnels ont migré dans les grandes villes et les structures administratives ont été modifiées. Il est devenu pratiquement impossible de partager, par les voies officielles, les faits inquiétants dont nous sommes témoins et qui s'accumulent de mois en mois. Les citoyens touchés personnellement par ces coupures de services se sont aussi déplacés ici, à l'Assemblée nationale, pour témoigner de l'impact que cela a sur leur vie.

La Modératrice : Merci. M. Mailloux.

M. Mailloux (Georges) : Bonjour. Mon nom est Georges Mailloux, 71 ans. J'ai souvent besoin de l'hôpital. Je suis cardiaque, j'ai le parkinson, je prends 31 pilules par jour. C'est ce qui me permet de fonctionner. J'ai fait un arrêt cardiaque il y a quatre ans, j'ai été 15 minutes arrêté. Ça fait que, grâce à l'hôpital à La Pocatière qui m'ont donné des très bons services, qui m'ont stabilisé pour pouvoir me transférer à l'Hôpital Laval, c'est pour ça qu'aujourd'hui je suis avec vous autres. Ça fait que, grâce à l'hôpital qui est tout près, chez nous, je suis encore là aujourd'hui.

À la suite de ça, j'ai eu des gros chocs post-traumatiques. J'ai eu besoin d'un psychologue. J'en aurais encore besoin, mais malheureusement il n'en reste qu'un et il est débordé, il ne peut pas suffire à la tâche. Ça fait que ça nous en prend, des spécialistes avec nous autres. Ça nous prend des cardiologues aussi. J'ai besoin de suivi. L'avenir m'inquiète beaucoup. Ce n'est pas...

En vieillissant, là, on est insécure, puis je ne suis pas le seul dans ce cas-là. Puis ce n'est pas en me faisant transférer à Rimouski... Je n'ai pas d'ami, je n'ai pas de parenté dans ce coin-là. Ça fait que me faire transférer à Rimouski, c'est l'insécurité pour moi. Ça fait qu'en vieillissant on a besoin de sécurité, on a besoin de se sentir protégé. Ça fait que je compte sur vous autres pour nous ramener la sécurité puis conserver nos soins à proximité. Merci.

La Modératrice : Merci. Mme Caron.

Mme Caron (Geneviève) : Aujourd'hui, moi et mon conjoint sommes ici. Nous avons pris congé avec l'accord de notre employeur pour venir vous parler. Les citoyens du Kamouraska sont énormément préoccupés, inquiets par la situation en ce moment.

Chaque citoyen a une histoire qui fait en sorte qu'il a été sauvé par nos services de santé de proximité. Moi personnellement, j'ai la maladie de Crohn. J'ai eu à subir deux opérations majeures au bloc opératoire de La Pocatière. Lors de ma dernière chirurgie, l'absence d'anesthésiste a retardé ma chirurgie. Impossible de me transférer à ce moment-là. Je peux témoigner que tous les membres du personnel de l'hôpital et du CLSC de notre région sont extrêmement compétents. Tous les citoyens du Kamouraska tiennent à conserver tous les services de santé près de leur maison, parce que, dans bien des situations, c'est une question de vie ou de mort. Merci.

La Modératrice : Merci. M. LeBel.

M. LeBel : C'est difficile d'intervenir après un témoignage du genre. Je suis député de Rimouski, je suis un député du Bas-Saint-Laurent. J'étais à la manifestation, je peux juste témoigner de... tu sais, des milliers de personnes dans les rues de La Pocatière, c'est vraiment une mobilisation citoyenne.

C'est des citoyens, au-delà des partis politiques. C'est des citoyens qui disent quoi? Ils disent : Nous, on veut garder nos services de santé à proximité. C'est des citoyens qui ont dit : Nous, on veut voir nos enfants grandir dans notre région, on veut voir nos aînés vieillir en santé dans nos communautés. C'est des citoyens qui disent : Dans nos communautés rurales, dans nos territoires d'appartenance, on est des citoyens québécois comme tous les autres puis on a le droit d'avoir d'avoir les services comme tous les autres au Québec, puis ce n'est pas vrai que le Dr Barrette va venir nous régler des affaires à court terme. On veut prendre nos décisions chez nous pour développer notre région puis pour entendre des enfants comme ça dans nos rues, dans nos écoles.

C'est ça, le message, puis le message qui a été fait ici par les gens de Kamouraska puis qui viennent ici, à Québec... parce que maintenant, avec la réforme Barrette, c'est Dieu le Père, qui est à Québec, qui décide tout. Nous autres, on voudrait que ça se décide dans nos régions, notre avenir. Dans le fond, leur message, c'est un message que des gens de l'Abitibi, des gens de l'Outaouais, c'est des gens de partout au Québec, des gens de la Gaspésie, des gens... c'est des messages que ces gens-là regardent... vous regardent et ils disent : Oui, on est avec vous autres puis on a le même message qu'on veut passer au gouvernement. Ça fait que moi, je suis très fier d'avoir été là à cette manifestation, une manifestation historique. Merci.

La Modératrice : Merci. Maintenant, M. Khadir.

M. Khadir : Merci. J'ai rencontré plusieurs des personnes ici présentes, la semaine dernière, jeudi, quand j'étais à La Pocatière. Dans la journée qui a suivi, j'ai posé la question à M. Barrette. En fait, je pense que c'était l'après-midi même, au retour. Alors là, j'ai dit à M. Barrette, là, au ministre : C'est le temps d'agir.

Il a voulu faire porter l'odieux de ce qui se passe sur les anesthésistes. Je lui rappelle qu'on lui avait dit, quand il a commencé ses réformes, il y a deux ans, que concentrer toutes les décisions dans les mains d'une seule personne, centraliser l'administration de notre vaste réseau de santé, c'était rempli de problèmes, ça ne répond à aucun critère de saine et de bonne gestion moderne. On lui avait dit, mais, bien sûr, M. Barrette est au-dessus de toute critique et de toute... Ma collègue ici du PQ, Diane Lamarre, en sait quelque chose, n'entend aucun conseil.

Mais là il va être obligé d'agir parce qu'il a, en commission parlementaire, pris l'engagement de régler ça. Et il n'y a pas juste le bloc opératoire, il y a la question de la rupture aussi des services de spécialistes, parce qu'une décision encore aussi incompétente que le reste, administrative, fait en sorte que quatre types de spécialistes ne pourront plus venir donner leurs services, dont la cardiologie, dont l'orthopédie, dont la pneumologie et l'urologie.

Puis il y a surtout tout le reste des coupures. Il y a tout le reste des coupures qui, malheureusement, à cause des politiques d'austérité, fait en sorte que des gestionnaires locaux... Moi, j'entends, là, des citoyens, les confidences. La direction de l'hôpital est prise entre l'arbre et l'écorce, entre les besoins des citoyens puis un ministre qui lui envoie des commandes, et qui lui dit d'obéir, et qui lui dit de couper, qui fait en sorte qu'on a moins de personnel en travail social, en psycho, en fait... et aussi les infirmières. Il y a des postes d'infirmières qui ont été coupés, il y a des unités entières de transition, par exemple, pour les personnes âgées, de réadaptation, qui ont été coupées.

Donc, M. Barrette, il faut agir. Le problème n'est pas juste à La Pocatière. Il faut, dès cette semaine, régler cette question de la rupture de services dans les blocs opératoires, avoir une réponse pour le reste des services qui ont été coupés et ensuite, à partir de là, vous ressaisir, parce que, si on continue comme ça, on le sait déjà, à Québec, il va y avoir des ruptures de services, et partout dans les régions, on a le même problème. Donc, c'est le temps d'agir. L'incompétence de la direction du système de santé au niveau gouvernemental doit cesser. Merci.

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. Je vous demanderais de poser des questions sur le sujet du jour, par respect pour les gens présents, s'il vous plaît. Micro de droite.

M. Paradis (Maxime) : Oui... Pardon. Maxime Paradis, Le Placoteux. Alors, ma question, peut-être M. Khadir pourra y répondre.

On parle beaucoup de la pénurie d'anesthésistes. La semaine dernière, une de mes collègues, Stéphanie Gendron, a fait une entrevue avec le président de l'Association des anesthésiologistes au Québec. On disait qu'une des solutions qui pourrait être proposée, ça serait de jumeler les petits centres avec de gros centres pour faire voyager, justement, les anesthésistes puis, bon, semblerait-il que c'est en discussion actuellement.

Pourquoi ça n'avance pas plus que ça? Est-ce que c'est une solution que, du côté de l'opposition, on a proposée aussi?

M. Khadir : Ça s'est toujours fait comme ça au Québec depuis, enfin, que moi, je suis médecin. Il y a toujours moyen, s'il y a une volonté, une souplesse, mais cette volonté et cette souplesse doit pouvoir s'exercer sur le plan local. Le ministre, ici, ne peut pas tout régler, et tout voir, et tout contrôler, et tout gérer, ici, à partir de l'Assemblée nationale, d'autant plus qu'il est empêtré dans toutes sortes d'autres problèmes dans le réseau.

Donc, c'est pour ça qu'actuellement, avec les pouvoirs qu'il s'est arrogés, c'est impossible de trouver ces ententes-là et surtout avec les cloisons bureaucratiques qu'il a installées. Donc, oui, ça peut être ça. Ça peut être aussi une entente prise avec l'Association des anesthésiologistes pour qu'à l'échelle du Québec les grands centres soient tenus d'assurer la couverture de tous ces centres qui sont en rupture de professionnels.

La Modératrice : Merci. Patrick Bergeron, Radio-Canada.

Mme Lamarre : Si je peux ajouter, je dirais que ça existait déjà et que, là, il y a des recommandations qui sont faites par le ministre à l'effet que ça ne doit plus se faire. Ça doit se gérer CISSS par CISSS ou CIUSSS par CIUSSS, et, dans les deux grands centres que sont Montréal et Québec, où il y a historiquement eu des périodes de congé, par exemple, où on permettait aux anesthésistes de Montréal de venir faire… de couvrir des couvertures dans les régions, bien là, on interdit aux spécialistes de le faire. Et ça, c'est vraiment une initiative de M. Barrette, et il doit l'expliquer, parce que ça ne se justifie pas, et on voit les conséquences que ça donne.

La Modératrice : Merci. Micro de gauche, Patrick Bergeron, Radio-Canada.

M. Bergeron (Patrick) : Mme Lamarre, la question est : Si on a tenté à de nombreuses reprises de faire entendre raison à M. Barrette, qu'est-ce que l'on peut faire maintenant et quel impact a ce mouvement de population? Parce qu'il y a eu la marche de 4 000 personnes, je sais que la ville de La Pocatière et la MRC se préparent une pétition, il y aura un mémoire qui sera déposé d'ici la fin des travaux, le 16 juin, si je ne me trompe pas, pour la fin des travaux. Est-ce que l'impact d'avoir le Kamouraska qui se lève, est-ce que ça peut faire bouger les choses?

Mme Lamarre : Tout à fait. Je pense que Kamouraska peut faire modèle par rapport à d'autres régions qui subissent les mêmes inconvénients, les mêmes dommages, les mêmes dangers, je vous dirais, parce qu'on parle ici, là, de protection du public qui est compromise.

Alors, oui, et on l'a vu. Vous savez, dans les frais accessoires, quand on s'est mobilisé, quand la population s'est mobilisée avec les grandes organisations, avec les médecins, avec le politique, on a vu le recul du ministre. Alors, ça fait plusieurs reculs qu'on lui fait faire. Et là je pense que, dans ce dossier-là, il y a une improvisation totale, mais, à travers cette improvisation-là, je vous dirais qu'il y a aussi une résultante qui était prévisible et que le ministre refuse de reconnaître.

Alors, moi, je crois beaucoup à cette mobilisation. Il y a des élections dans un an. Je pense qu'il faut clairement dire au ministre que les conséquences sont visibles. Les gens sont pénalisés actuellement. Et ça, ce n'est pas son mandat. Quand on est ministre de la Santé, notre premier mandat, c'est de protéger la population, et actuellement, la population est mise à mal. Elle est menacée dans des services essentiels.

La Modératrice : Merci. Dernière question, oui, pas de problème.

M. Bergeron (Patrick) : Mme Fromentin, si je ne me trompe pas? Parfait. Écoutez, je ne me souvenais plus, j'avais un doute pour votre nom de famille.

Concrètement, lorsqu'on parle au CISSS du Bas-Saint-Laurent, on nous dit : Bien, il y en a deux postes d'anesthésistes qui sont là, ils sont ouverts. Malheureusement, on ne réussit pas à attirer ces personnes-là parce que, bien souvent, les spécialistes veulent être dans de plus gros centres, être en équipe. Comment on fait pour les attirer à La Pocatière, selon vous? Qu'est-ce qu'on peut faire?

Mme Fromentin (Marie-Ève) : Bien, en fait, nous, ici, on est là pour témoigner de la situation qu'on vit. On s'attend à ce que notre ministre arrive avec des solutions.

M. Khadir : Mais je tiens à répéter qu'un ministre dont la priorité serait — par exemple, un ministre de Québec solidaire — le service à la population... Il faut contraindre les professionnels, et je mesure mes mots. On paie assez bien les spécialistes au Québec, n'est-ce pas? Il faut qu'en retour il y ait une exigence de services, et l'association des anesthésistes est responsable, le corps professionnel est responsable de couvrir les besoins de l'ensemble du Québec.

Alors, si les anesthésistes ne sont pas capables, à cause du gouvernement, de faire ça, bien, qu'ils nous le disent, que c'est à cause du ministre, puis là on va mettre de la pression sur le ministre. Si le ministre nous dit : C'est à cause des anesthésistes, qu'il nous le dise. Mais, en tout cas, les deux doivent s'entendre par des mesures administratives, par le partage des responsabilités, par jumelage entre grands centres et petits centres ou par couverture nationale. Il y a sûrement des moyens, ça se faisait avant.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 9 h 49)

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