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Point de presse de M. Éric Caire, porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour le Conseil du trésor et en matière d'efficacité de l'administration publique, et Mme Nathalie Roy, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’intégrité

Version finale

Le mardi 16 mai 2017, 10 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures cinquante-deux minutes)

Mme Roy : Bonjour, tout le monde. Merci d'être là. Écoutez, tous les Québécois ont vu, au cours des dernières semaines, encore davantage la publicité du gouvernement libéral à la télévision, entre autres, sur Internet. On en a vu beaucoup, hein, des publicités qui ont une forte tonalité partisane. On a pu les voir, entre autres, ces publicités, à l'émission La Voix ou durant les matchs de hockey. Les publicités commencent souvent avec le Ensemble, et le fameux Ensemble, vous vous en souvenez sûrement, c'est le slogan électoral du Parti libéral depuis 2014.

Alors, à partir de demandes d'accès à l'information et des données qui nous ont été transmises via l'étude des crédits, nous estimons que, depuis son élection, en avril 2014, le gouvernement Couillard a dépensé plus de 40 millions de dollars en publicité. Bon, 40 millions, et là je ne parle que des ministères, je ne parle pas des sociétés d'État. Vous savez, il est normal que les gouvernements fassent de la publicité à des fins d'information, à des fins d'intérêt public, de prévention. Ça, c'est normal. C'est le cas, par exemple, pour les fameuses publicités de la Société de l'assurance automobile du Québec, là, pour éviter les accidents, la conduite en état d'ébriété ou encore les textos au volant. Mais ce qui est inacceptable pour nous, c'est l'utilisation de fonds publics, votre argent, pour multiplier les publicités partisanes et mettre le gouvernement libéral en valeur. Les libéraux abusent de fonds publics, et on leur demande de cesser cette pratique.

Maintenant, je vais laisser la parole à mon collègue Éric Caire pour avoir plus de précisions sur ces publicités partisanes à l'intérieur de 40 millions.

M. Caire : Écoutez, comme l'a dit Nathalie, une publicité du gouvernement qui informe, on n'a aucun problème avec ça. Moi, je les décline de trois façons : les publicités qui informent; les publicités qui informent, auxquelles on intègre un élément partisan; et ce qu'on appellera carrément de la propagande.

Le gouvernement libéral, malheureusement, et on voit, là, il y a un mouvement qui s'accélère, a une tendance à tomber dans la propagande récemment. Je vous donne l'exemple, évidemment, de cette publicité sur le budget, hein, où on nous fait un paquet d'énoncés, là, pour dire : Mon Dieu, comment est-ce que le gouvernement est bon pour nous. Souvenez-vous — je vais trahir mon âge — souvenez-vous de cette série sur Maurice Duplessis où il y avait cette discussion entre un conseiller politique et Duplessis où on disait : Duplessis donne à sa province, Duplessis donne à sa province. Bien, je retrouve ce vieux réflexe, dans ces publicités-là, où on dit : Ah! le gouvernement est bon pour nous en santé, le gouvernement est bon pour nous en éducation. Ça, c'est de la propagande.

Malheureusement, ce qu'on constate, c'est que, pour la seule année 2017, on parle de presque 3,5 millions dépensés en publicité propagandiste, et, comme je vous dis, il y a une tendance, là, qui s'accélère. Je vous donne un exemple. La campagne de financement sur le budget 2014, on parle de 200 000 $; 2015, là, on parle de 217 000 $; le plan de mars 2017, on est rendu, et ce n'est pas terminé, on est rendu à près de 1,7 million de dollars. Alors, visiblement, là, il y a une tendance. Plus on s'approche de l'élection, il y a une tendance à mélanger information et propagande du gouvernement libéral. On demande, on exige du gouvernement que cette situation-là cesse immédiatement. Les deniers publics qui sont utilisés pour informer la population, c'est une chose; des deniers publics qui sont utilisés pour faire la promotion du Parti libéral, c'en est une autre, et c'est inacceptable.

M. Bellerose (Patrick) : Vous parlez de 40 millions, mais, pour le budget, c'est moins de 5 millions. Donc, où est-ce que vous trouvez un autre 35 millions de publicité que vous trouvez partisane et douteuse?

M. Caire : Si vous faites... bien, on va vous donner d'ailleurs, là... il va y avoir la compilation, on l'a faite, on va vous la remettre. C'est la compilation de l'ensemble des publicités, des budgets de publicité qui ont été accordés par le gouvernement du Québec depuis 2014.

M. Bellerose (Patrick) : Oui, mais toute publicité pour un ministère, pour vous, est partisane et douteuse?

M. Caire : Non, ce n'est pas ce qu'on a dit. Alors, je réitère, il y a de la publicité qui informe, par exemple les campagnes de la SAAQ. Ça, c'est correct, on donne de l'information. Il y a des publicités qui informent, auxquelles on intègre un élément partisan, notamment sur l'intimidation. Ça informe, ça change les comportements, c'est des publicités qui sont nécessaires. Bien sûr, on va mettre le petit logo, bon, et le slogan du Parti libéral, mais bon... Mais il y a les publicités qui sont carrément de la propagande. Je prends l'exemple... Écoutez, j'en ai quelques-uns ici, je peux...

M. Salvet (Jean-Marc) : Pardon. Avez-vous pu faire la part des choses sur le 40 millions?

M. Caire : Oui, oui, tout à fait.

M. Salvet (Jean-Marc) : Combien, dites-vous, la somme totale de publicité partisane sur le 40 millions?

M. Caire : Absolument. Alors, sur le 40 millions, pour nous — excusez, là, même mes lunettes me trahissent, là — c'est 7,8 millions qui sont de la publicité partisane. On a fait une compilation que nous vous remettrons. Ça, c'est 7,8 millions, c'est depuis 2014. Mais, pour la seule année 2017, de ce 7,8 millions là, il y en a 3,5 dépensés pour la seule année 2017.

Donc, quand on vous dit que ça s'accélère, donc vous comprendrez, 2014, 2015, 2016, je vais donner les chiffres grossiers, là, c'est 3,5 millions et, pour cette seule année, c'est 3,5 millions. Donc, il y a un mouvement d'accélération, là, qui est assez, assez remarquable.

M. Laforest (Alain) : Concernant M. Lelièvre...

Une voix : ...

M. Laforest (Alain) : Oui, tu vas finir là-dessus. Je vais revenir après. O.K.

M. Boivin (Simon) : Avez-vous été en mesure de comparer avec les années péquistes? Par exemple, vous comparez ça à quoi, là, pour dire que c'est tant?

M. Caire : Non. Bien, on compare ça aux années libérales elles-mêmes.  Comme je vous disais, si vous regardez la campagne de publicité du budget de 2014, on parle de 200 000 $ en gros.

M. Boivin (Simon) : Oui, mais pour savoir si c'est beaucoup par rapport à ce que les autres faisaient avant, vous comparez à quoi?

M. Caire : Bien, comme je vous dis, M. Boivin, campagne de publicité pour le budget de 2014, 200 000 $; campagne de publicité pour le budget de 2017, presque 1,7 million de dollars.

Donc, si je compare le Parti libéral envers lui-même, là, on vient de multiplier de façon exponentielle. Écoutez, on a presque multiplié... on a même multiplié par six le budget, et ce n'est pas terminé. Ce que je dois préciser aussi, c'est 2014, 200 000 $ total; 2017, à ce jour, 1 662 000 $ à ce jour, mais la publicité continue à rouler puis on continue la dépense. Donc, on va presque multiplier par huit ou même neuf, là, dépendamment de jusqu'où on se rend, le budget, là. Alors, c'est clair que le Parti libéral, par rapport au Parti libéral, il y a une accélération exponentielle.

M. Bellerose (Patrick) : Alors, pour vous, ce sont des publicités préélectorales, dans le fond. Plus on s'approche de l'élection, plus on investit de l'argent pour faire connaître les orientations du gouvernement.

M. Caire : Plus on verse... bien, faire connaître les orientations du gouvernement, là-dessus, je vais mettre un bémol, parce que, si c'est vraiment le cas, si on informe, on n'est pas contre ça, là. On ne dit pas que le gouvernement ne doit pas informer la population, mais là c'est de la propagande. Moi, je vous invite, là, puis tous les Québécois l'ont vue, à regarder la publicité sur le budget, là. Il n'y a rien comme information là-dedans, là. Il n'y a rien. C'est de la pure propagande.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que ce sont des publicités préélectorales, si on veut?

M. Caire : Absolument, absolument.

M. Laforest (Alain) : Sur M. Lelièvre... As-tu une autre question?

M. Caire : C'est-u encore...

Mme Lévesque (Catherine) : J'ai juste une dernière question sur le sujet. Les publicités sur la diversité, par exemple, là, je pense entre autres à Alexandra Diaz, là, qui parle du Québec inclusif et tout ça, vous, est-ce que vous considérez que c'est des publicités partisanes?

M. Caire : Bien, moi, quelle information ça donne? Est-ce que ça dit, bon, au niveau de la francisation, comment on peut faire si on veut avoir des cours de français? Est-ce que ça dit, sur la reconnaissance des diplômes, comment on peut faire pour avoir... Est-ce que ça donne un point de chute où on pourrait avoir de l'information, où on pourrait être parrainé? Tu sais, c'est ça, informer la population, là, c'est de dire quels sont les services qui sont disponibles, et où est-ce qu'on peut les trouver, et comment on peut les trouver.

Mme Lévesque (Catherine) : Donc, promouvoir la diversité, c'est partisan. C'est ça?

M. Caire : Bien, vous avez un point de vue que je ne partage pas là-dessus. Donc, on ne promeut pas la diversité, à mon avis, on tente d'imposer un modèle de pensée avec cette publicité-là. C'est comme ça que, moi, je la reçois, mais ce n'est pas de la promotion de la diversité. Puis je suis en faveur de la promotion de la diversité. À titre de fils d'immigrant, là, je n'ai aucun problème avec ça, mais ce n'est pas ce que je vois dans cette publicité-là.

M. Laforest (Alain) : Le vieil adage, jamais deux sans trois.

M. Caire : On va finir par l'avoir.

M. Laforest (Alain) : Sur M. Lelièvre, qu'est-ce que vous considérez que le Parti québécois doit faire ou qu'est-ce que vous réclamez au Parti québécois?

M. Caire : Bien, d'abord, je vais vous dire, quand François Legault a été confronté à ces situations-là, à deux reprises, hein, souvenez-vous, Daniel Ratthé et, plus récemment, Claude Surprenant, je pense que le chef de la coalition... puis ça n'a pas été facile, ce n'est pas des moments qui sont plaisants, ce n'est pas des moments qui sont agréables, ce n'est pas des décisions faciles, mais je pense qu'il a eu un comportement qui est à la hauteur de ce qu'on s'attend de la part d'un chef de parti politique. Nous n'en attendons pas moins de la part de M. Lisée, et je pense que c'est, pour lui, aujourd'hui, un test de leadership.

M. Boivin (Mathieu) : Allez-y donc spécifiquement. Qu'est-ce que vous réclamez?

M. Caire : Rien. Je réclame qu'il se comporte comme un chef.

M. Boivin (Mathieu) : Ça veut dire exclure du caucus? Ça veut dire quoi exactement donc?

M. Caire : Bien, moi, ce que je veux voir, là, surtout, c'est comment il va se comporter, parce que là il y a une élection qui s'en vient, puis moi, je pense que l'éthique, l'intégrité vont faire partie de cette élection-là, et je pense que ça va être important... parce que c'est facile puis ce serait facile pour moi de vous dire : On doit exclure M. Lelièvre, on doit exclure M. Sklavounos, les autres des autres partis politiques, on doit les exclure. Mais le véritable test de leadership, c'est quand ça se passe dans ta famille à toi, comment tu te comportes.

Et moi, je dis, là, on a un laboratoire de leadership aujourd'hui. Quelle sorte de premier ministre pourrait être, si tant est que c'est le choix des Québécois, Jean-François Lisée en matière d'éthique? Est-ce qu'il est juste bon pour coacher, excusez l'anglicisme, Philippe Couillard et François Legault? Mais comment il se comporte quand c'est dans sa famille à lui? Alors, c'est ça qui est le point aujourd'hui. Donc, moi, aujourd'hui, je lui dis : On vous regarde aller, M. Lisée.

M. Boivin (Simon) : Dans le cas de Mme Trépanier, M. Lisée avait demandé une quête sur parjure, en fonction de ce qu'elle avait déclaré devant la commission Charbonneau. Est-ce qu'il devrait faire de même dans le cas de M. Lelièvre? Est-ce que, vous, vous demandez une enquête sur parjure?

M. Caire : Écoutez, je vais vous faire la même réponse. Moi, pour le moment, là, puis je vous dis bien pour le moment, on verra comment lui réagira puis on verra...

M. Laforest (Alain) : Mais à la lumière de ce qu'on voit, là, on aprend que monsieur... dans une déclaration assermentée, ce n'est pas une enquête de police. On s'entend.

M. Caire : Oui. Oui, c'est un affidavit. Tout à fait.

M. Laforest (Alain) : C'est une déclaration assermentée, un affidavit. La police n'a pas vérifié les faits. C'est un affidavit dans une déclaration assermentée. Il dit qu'il n'a pas obtenu de faveur en retour de contrats qui auraient été donnés à la ville de Gaspé. Est-ce que...

M. Caire : Et les courriels qui ont été rendus publics tendent à démontrer le contraire. Tout à fait.

M. Laforest (Alain) : Ça vous dit quoi, ça?

M. Caire : Bien, ça me dit... Bien, écoutez, je reviens à ce que je disais. Ce serait facile pour moi de dire : Ah! excluez-le, demandez une enquête...

M. Laforest (Alain) : Ce n'est pas ça que je vous demande, là. Je vous demande par rapport à ce que vous avez vu entre les courriels et l'affidavit.

M. Caire : Ça me dit qu'il y a, comme dans le cas de Mme Trépanier, il y a une contradiction, et cette contradiction-là devrait évidemment aboutir à deux choses. D'une part, comment M. Lisée va réagir face à ça? Que, lui, va-t-il réclamer? Lui qui demandait des enquêtes dans le cas de Mme Trépanier, comment va-t-il se comporter avec un membre de sa famille politique et à quelle sorte de chef a-t-on affaire quand on parle de Jean-François Lisée? Quand Jean-François Lisée est confronté à des décisions difficiles, à quelle sorte de chef a-t-on affaire?

M. Laforest (Alain) : Hier, on vous voit apparaître dans une publicité qui est sur le Web, où vous dites qu'ensemble on fait reculer le Québec. Les libéraux ont réagi très rapidement en disant que votre slogan à vous, c'est Salir pour se faire élire.

M. Caire : Oui. Bien, je veux juste dire : Regardez la publicité attentivement, vous allez constater que les éléments qui sont produits sont des éléments factuels. Les courriels de Mme Trépanier, je ne les ai pas inventés. Ils sont factuels et ils sont assez clairs, je pense. Quand on a parlé éventuellement des documents de saisie qui impliquaient Marc-Yvan Côté, c'étaient des documents officiels. Quand on a parlé des certificats de solliciteur qui avaient été octroyés à Marc-Yvan Côté, c'étaient des documents officiels. Quand on parle d'une enquête dont fait l'objet l'ancien premier ministre M. Charest et Marc Bibeau, bien, ce sont des choses qui sont officielles. D'ailleurs, M. Lafrenière est venu le confirmer en commission parlementaire.

Donc, nous, on est factuels. Ces éléments-là sont factuels, et moi, ce que j'ai dit puis je l'ai dit à Pierre Moreau vendredi : la défense du Parti libéral, c'est de dire : Ça n'a pas existé. C'est la négation, c'est la politique de l'autruche et c'est évidemment de mettre le blâme sur l'adversaire, alors que nous, comme opposition, on pose des questions légitimes, basées sur des documents officiels, sur des éléments factuels pour lesquels ce gouvernement-là n'a pas de réponse.

M. Boivin (Mathieu) : M. Caire, est-ce que vous avez l'impression qu'en ce qui concerne M. Lelièvre, on est dans le même ordre de reproches que ceux qu'on peut faire au gouvernement libéral? Parce qu'à moins que je ne me trompe, il n'y a pas de financement politique illégal qui est allégué au moment où on se parle.

M. Caire : Oui. Bien, sur cette question-là, je vous donne raison. Ceci étant dit, je pense que ça nous amène sur le dossier de l'éthique en général et de la promiscuité entre des décideurs politiques et des entreprises privées. Et qu'on ait été D.G. d'une ville, qu'on ait été élu dans une ville, qu'on soit... avoir été élu à l'Assemblée nationale, je pense que c'est toute la question de l'éthique qui est abordée par cette... qui est touchée par cette situation-là. Et, oui, vous avez raison, ce n'est pas à titre de ministre que ça s'est produit. Il n'en demeure pas moins que les comportements ont existé. De la même façon que je dis au Parti libéral : Vous ne pouvez pas occulter les éléments de votre passé qui ne font pas votre affaire, bien, je vais dire la même chose au Parti québécois. Vous ne pouvez pas occulter les éléments de votre passé qui ne font pas votre affaire.

M. Bovet (Sébastien) : Est-ce que, clairement, c'est un manque d'éthique de M. Lelièvre?

M. Caire : Bien, clairement, écoutez... je questionne ça fortement. C'est clair que, quand on demande à quelqu'un avec qui on fait des affaires : Peux-tu me trouver des billets? On se met à risque. Peux-tu vendre mon bateau? On se met à risque. Il y a des éléments comme ça qui sont...

M. Bovet (Sébastien) : Mais à la lumière des éléments factuels, comme vous le dites, que vous avez sous la main, vous n'êtes pas capable de dire qu'il y a eu un manque d'éthique?

M. Caire : Bien, c'est parce que je voudrais que les autorités se prononcent, mais, si vous me demandez une opinion, bien, c'est une opinion, ce n'est pas le résultat d'une enquête. Ce n'est pas le résultat où on a laissé à la personne le soin de donner sa version des faits, où on est allé chercher l'opinion des témoins, où on a l'ensemble du contexte, mais, si vous me demandez, à la lueur de ce que je vois dans les courriels, l'affidavit, bien, oui, à première vue, je dirais, oui, à première vue, il y a eu un manque d'éthique.

Le Modérateur : D'autres questions? En anglais, peut-être?

Mme Fletcher (Raquel) : Yes. Where do you draw the line between what is information and what is propaganda?

Mme Roy : A government has the right to do publicity to inform the population. It's OK. It's normal. For example, the SAAQ, when they say : «Don't drink and drive» or «Don't text while you're driving», that's normal. But what is not normal, what is propaganda, is when the only object of your publicity is to say : Look how the government is good. Look what we've done for you. Look how we do that, and with the signature Together

Don't forget that the Together, it was their slogan during the election of 2014, and there's a line, there is a difference between real information, and using that money, that amount of money, which is, on the total… it's $40 million in publicity, but, on that $40 million, more than $7 million were used to do propaganda : Look how we are good, the Liberal Government, together. That's not a right way to use the people's money.

Mme Fletcher (Raquel) : And how did you calculate that $7 million? How did you arrive at that number?

Mme Roy : Yes. We have documents which show you… And those numbers, those are the publicity which are not giving any information, but which are saying to the population : Look how good we are. We did that, we did this, we believe in that. You can believe in whatever you are, tell it during the «campagne électorale», but right now, inform the population. Stop saying how good you are. And for us, that's a lot of money, more than $7 million during the last three years. That's huge.

What could that Government done with that $7 million? We need teachers, we need professionals in school with the youngsters, we need people in the hospitals. And what do we do with $7 million? We say : Look how great we are at the Government. That's propaganda, and, for us, it must stop. People are tired of that. That's not a good use of your money.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Do you know how much the latest commercial on the budget — he mentioned that specifically, the latest one — do you how much that one cost?

Mme Roy : The last one, it's…

M. Caire : Close to $1.7 million.

Mme Roy : Yes. It's fun because, in 2014‑2015, it was really less, like around $2,000, and this year only, and we are in May, close to $1.7 million, close to that. Why? Big question.

Mme Fletcher (Raquel) : What about the Liberals accusation that your ads are extremely partisan and mud-slinging? Do you think that that really installs any kind of faith in politicians?

Mme Roy : I invite them to listen to what we are saying, and what we are saying is true and is actually facts. And look in your newspapers and your reports. What's going on actually, right now? We have the ex-Prime Minister Jean Charest who is under investigation from the UPAC; we have Marc Bibeau, he is the good friend of Mr. Charest ,who is also under investigation; we have Violette Trépanier who is also under investigation, she was an ex-minister; we have Nathalie Normandeau, who has been arrested, is going to have to be prosecuted, who was the ex-vice-Prime Minister; we have Marc-Yvan Côté who was a minister.

That's all facts. And I think that people realize that that's facts, and we are tired to see that… because what the publicity is telling is that we are tired to see always the same Liberal family giving to each other presents, giving to each other contracts. Why is it always the same people? Why don't other «hommes d'affaires», businessmen or businesswomen, don't have those chances? Why is it always the same people? That's what we are asking. We are telling also : We are tired of «gaspillage». How do you say that in English?

M. Caire :Wasting money.

Mme Roy : We are tired of seeing the Government wasting money. There's a lot of waste, and that, we are tired of that like the people who are listening to us right now, and that's not… What we are telling is true, and, if they don't like it, that's their problem, because never you'll accuse us or never you'll make us shut up because we are telling the truth. And that's what they would like us to do, just shut up. They don't like when we talk about them.

Mme Johnson (Maya) : So is this a preview of what's to come in 2018 during an election campaign?

Mme Roy : No, it's… We have to inform the people, and that's a Web campaign, so you can go and see it, but that's not the national campaign on television. But we are talking directly to the people and we'll see more of those publicities with different subjects. Right now, it's the «intégrité», integrity, because it's a used subject. We've seen… just before the floods, we've seen a lot of information.

That's not over yet, and we don't have the answers from the Government. So it was a publicity on integrity, but we'll have others on health, on transportation, with other MNAs from the Coalition avenir Québec also, because we want to make them… we want the people to know them better, so we use the social media for that. That's clear? O.K. Merci.

(Fin à 11 h 14)

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