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Point de presse de Mme Carole Poirier, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et de communautés culturelles

Version finale

Le mercredi 17 mai 2017, 9 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-cinq minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour à toutes et à tous. Mme Carole Poirier, porte-parole du Parti québécois en matière d'immigration et de communautés culturelles, va faire une déclaration. Ensuite, Mme Dalia Tourki va nous parler de son histoire. Ensuite, Mme Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT, va conclure. Mme Poirier, la parole est à vous.

Mme Poirier : Merci. Alors, en cette Journée nationale de la lutte à l'homophobie et la transphobie, je suis heureuse d'être accompagnée des membres du Conseil québécois LGBT et d'une dame qui a vécu et qui vit aujourd'hui encore les problèmes d'être une personne trans mais d'être une personne immigrante.

Alors, aujourd'hui, on est à la troisième étape d'une longue saga pour les personnes trans. On se rappellera, en 2013, Bertrand St-Arnaud, ministre de la Justice, dépose une modification au Code civil pour faire en sorte que dorénavant les personnes trans pourront demander un changement de nom sans nécessairement avoir besoin de recourir à la chirurgie. En 2015, la ministre Stéphanie Vallée viendra déposer le règlement nécessaire à ce changement de nom. Ce règlement sera adopté et viendra vraiment changer les façons de faire au Québec. En 2016, on a même modifié encore une fois la loi pour faire en sorte que les mineurs de 14 ans et plus puissent dorénavant aussi être... qu'ils peuvent avoir aussi droit au changement de nom.

Alors, aujourd'hui, c'est la troisième étape, et je suis heureuse, dans quelques minutes, de déposer un projet de loi qui va venir compléter la boucle, parce qu'on le sait, aucune province, sauf le Québec, n'exige la citoyenneté canadienne pour faire un changement de nom et pour justement refléter l'identité sexuelle des personnes. Certaines provinces exigent un délai entre zéro à 12 mois de résidence dans la province. L'Alberta, c'est zéro, et d'autres provinces, ça va de trois à 12 mois.

Alors, aujourd'hui, la proposition qu'on vient faire, au Parti québécois, c'est de corriger le fait que le Québec est la seule province à exiger la citoyenneté et on vient abolir les obstacles qui amènent les complications pour les personnes trans. Alors, on est reconnus, le Québec, mondialement comme un des États les plus progressistes en matière de droits LGBT. Eh bien, ce projet de loi va s'inscrire dans cette avancée et faire du Québec encore un endroit pour l'accueil de toutes les personnes trans.

Alors, il me fait plaisir de passer la parole à Dalia.

La Modératrice : Merci. Mme Tourki.

Mme Tourki (Dalia) : Donc, beaucoup tout le monde. Moi, j'ai quitté mon pays d'origine, comme beaucoup de personnes trans migrantes, afin de fuir la violence et la discrimination. En huit ans, on compte plus de 2 000 personnes trans qui ont été meurtries à travers le monde. Parmi beaucoup de personnes trans à travers le monde, on a celles et ceux qui réussissent à émigrer ici. On a beaucoup d'espoir quand on émigre ici, on veut justement fuir cette violence que nous avons dans nos pays d'origine, puis, en venant ici, nous voulons vivre dans la reconnaissance de nos identités. Puis quand on vient ici, il y a une différence, il a une contradiction entre l'espoir que nous avons de vivre nos identités puis dans la reconnaissance de nos identités puis la réalité. Le Québec nous nie nos identités, puis ça, c'est très triste venant d'une province qui se revendique comme étant un havre de paix pour les personnes trans migrantes.

Il est important qu'on prenne connaissance de ces discriminations-là, qu'il est quand même injuste d'autoriser les personnes trans québécoises et canadiennes à changer leurs documents et non pas les personnes trans migrantes. Les personnes trans migrantes, ce sont une population, une communauté très, très marginalisée, qui vit dans la pauvreté, qui vit de l'exclusion, du rejet social. Le fait que nous n'avons pas nos documents d'identité qui correspondent à nos apparences physiques, à notre présentation physique et à nos identités ne facilite pas l'intégration, ne facilite pas l'accès au travail, à l'emploi, ne facilite pas cette vie-là ici, au Québec, telle que nous l'avons imaginée et tel que le Québec nous a dit que vous allez l'avoir en venant ici.

Donc, nous appuyons ce projet. J'encourage énormément le... J'espère que ce projet-là va passer, puis c'est important de rectifier cette discrimination que vivent les personnes trans migrantes. Voilà.

Le Modérateur : Merci. Mme Boisvert.

Mme Boisvert (Marie-Pier) : Merci, Dalia, Mme Poirier. Au Conseil québécois LGBT, nous sommes conscientes et conscients depuis longtemps déjà de la discrimination imposée aux personnes trans qui habitent au Québec et qui ne sont pas citoyennes canadiennes. Des histoires comme celle de Dalia, on en a entendu des dizaines, voire des centaines, et on n'a pas fini d'en entendre. Pour des militantes et militants du comité trans du Conseil québécois LGBT, cet enjeu n'est pas partisan. Il n'est pas politique. Il est d'abord et avant tout humain. Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est parce que nous avons vu la volonté politique de Mme Poirier de demander des changements concrets dans la loi et qu'on veut réitérer publiquement que ces changements sont nécessaires et urgents, comme la Commission des institutions l'a dit ici même en 2015.

Il s'agit de situations très concrètes, comme l'a dit Dalia. C'est quand on signe un nouveau bail, quand on se cherche un emploi, quand on va être reçu à l'hôpital et même quand on veut assister à la période de questions à l'Assemblée nationale. Toutes ces situations requièrent qu'on sorte nos pièces d'identité et qu'actuellement, pour une personne trans migrante, attendre la citoyenneté, ça veut dire se faire discriminer encore sept ans, 10 ans de plus. C'est la seule province où c'est encore le cas.

Nous sommes heureux d'être soutenus par le Parti québécois dans cette revendication et nous nous savons soutenus par d'autres partis, mais nous avons besoin du soutien de tous les partis, et de toutes les députées, et tous les députés de l'Assemblée nationale pour faire progresser ce projet de loi.

Le gouvernement a eu l'occasion de faire cette modification pour que s'arrête la transphobie institutionnelle envers les personnes immigrantes en 2013 et à nouveau en 2016 et ne l'a pas saisie. Aujourd'hui, ne laissons pas passer cette occasion. Merci.

Le Modérateur : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. Est-ce qu'on a des questions? Raquel Fletcher de Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Bonjour. Est-ce que quelqu'un parle anglais entre vous? O.K. Vas-y. I just want to ask you why you are supporting this bill today.

Mme Boisvert (Marie-Pier) : Well, we've seen people, trans migrants, knock on our doors, call on our phones and we have seen what happens also in Montréal. There is a trans legal clinic that gets all these people asking all these legal questions pertaining to their documents, and what we've seen is the more this issue is public, the more people are coming out to say : I'm being discriminated also. I'm immigrant, and I'm trans, and I can't have my documents changed. It doesn't make any sense.

Why every other trans people in Québec can have their documents changed, even though there are some little things that could be tweaked, I think, but, on the subject of trans migrants, they are absolutely discriminated against… Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : So, this bill, would it… Maybe, Mme Poirier, you know better. Would this bill just amend the current bill or would it introduce a new legislation?

Mme Poirier : The bill will correct the situation to be sure that the trans migrant people will be able to have access to all the services of the Government and to be able to work with their real identity.

Mme Fletcher (Raquel) : And just one last question. Sorry, I don't know your name.

Mme Boisvert (Marie-Pier) : Marie-Pier Boisvert.

Mme Fletcher (Raquel) : Can you spell that, for the record?

Mme Boisvert (Marie-Pier) : Oh! yes. M-a-r-i-e P-i-e-r, and my last name is Boisvert, B-o-i-s-v-e-r-t.

Mme Fletcher (Raquel) : And your official title?

Mme Boisvert (Marie-Pier) : I'm the executive director at the Québec LGBT Council.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. There's also going to be a government plan announced this afternoon against homophobia and transphobia. Is this part of why you guys are announcing this today, this morning, to coincide with that action plan?

Mme Boisvert (Marie-Pier) : Actually, I think the reason why the two are coinciding is because of the date. It's May 17, it's International Day Against Homophobia and Transphobia, and that's why, I think, both parties chose this day to give their support to LGBT people in Québec, in different ways, yes.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you get the impression from the Government that they are willing to support this particular bill?

Mme Boisvert (Marie-Pier) : I think they're willing to support the issue, although we haven't seen concrete bills yet. But I'm not sure that… I mean, I haven't spoken to them about this specific bill. I'm not sure that they will take it into the other processes afterwards. But I know that they are sensitive to the subject and they've met some trans migrants. And I think they know how grave the situation is, but we'll see how it goes for this bill in particular.

Mme Fletcher (Raquel) : What do you expect to come out of this Government action plan this afternoon? Do you have any expectations?

Mme Boisvert (Marie-Pier) : Well, that's another subject, on which I can talk to you later, maybe.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Thank you.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 9 h 45)

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