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Point de presse de M. François Bonnardel, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Le mardi 30 mai 2017, 10 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures cinquante-quatre minutes)

M. Bonnardel : Alors, merci d'être là. Une courte déclaration. Donc, oui, voilà 15 ans que les libéraux sont au pouvoir, et c'est toujours la même chose : l'opacité, l'opacité érigée en système libéral. Il y a quelques jours, vous le savez, on a dénoncé que le ministère des Transports caviardait le coût de leurs conférences de presse. On a dénoncé aussi le ministère de la Justice, qui a admis que des employés politiques filtraient les demandes d'accès à l'information provenant des oppositions et des journalistes.

Et, ce matin, on a un autre exemple flagrant avec la SAQ, qui censure lourdement, donc, les réponses que les journalistes souhaitaient avoir sur certaines dépenses que des vice-présidents de la Société des alcools du Québec avaient, donc des dépenses de voyage à hauteur de 8 000 $ par semaine, qui ont été caviardées. On ne nous donne pas, donc, ces informations à savoir où ces vice-présidents ont voyagé. Est-ce qu'ils étaient accompagnés de leurs épouses, de leurs conjoints, conjointes? Où est-ce qu'ils étaient, à quels hôtels pouvaient-ils dormir? Est-ce qu'ils étaient dans des chambres à 500 $ la nuit? Est-ce qu'on voyageait en première classe? Je pense que c'est important de donner ces informations, donc, aux Québécois, aux parlementaires, et tout comme, vous le savez, voilà un mois, je demandais, aux études des crédits, à M. Brunet, qui était en commission avec le ministre des Finances, de nous donner toutes les informations sur les baux que M. Gantcheff et M. Bibeau avaient de signés avec la Société des alcools du Québec. M. Brunet et M. le ministre des Finances nous ont dit : Oui, on va vous donner ces informations dans les prochains jours. On va trouver une façon de faire pour vous satisfaire, sinon de le faire en huis clos. Bien, un mois plus tard, on n'a toujours pas ces informations. Alors, vous comprendrez que je déplore fortement qu'on continue de manquer de transparence du côté de la Société des alcools du Québec, qu'un ministre des Finances, qui a renié à sa parole, voilà un mois, de nous donner les informations de ces baux que l'on souhaitait avoir pour être capable de faire un portrait global des ententes que la Société des alcools du Québec avait avec, donc, M. Gantcheff et M. Bibeau... voilà.

La Modératrice : On va passer aux questions. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Qu'est-ce qu'on peut changer dans la loi? Parce que c'est devenu une huître, cette loi d'accès à l'information, là. Les jugements concernant les comptes de dépenses remontent aux années 2000, là.

M. Bonnardel : C'en est complètement ridicule. On a un gouvernement qui souhaite être le plus transparent de son époque. Bien, on a un gouvernement aujourd'hui qui à une liste noire des demandes d'accès à l'information, qui ne répond pas aux demandes des journalistes, qui ne répond pas aux demandes des politiciens.

Vous en avez la plus belle preuve ce matin, là. On a la SAQ, qui a des vice-présidents qui sont envoyés dans des voyages en Europe, ou Asie, ou ailleurs dans le monde. On ne donne pas les informations à savoir est-ce que ces personnes travaillent... voyagent en première classe. Est-ce qu'ils dorment dans des hôtels à 500 $? Est-ce que leurs femmes les accompagnent? Je pense que c'est un droit d'obtenir ces informations, tout comme je l'ai demandé pour les baux que M. Gantcheff et M. Bibeau ont signés avec la Société des alcools du Québec.

Donc, j'espère que, d'ici la fin de cette législation, le gouvernement et M. Couillard en tête vont pouvoir ouvrir cette loi et être capables, donc, d'être plus transparents, comme eux l'ont mentionné au début de leur mandat.

M. Laforest (Alain) : Concernant la loi spéciale, hier, les représentants syndicaux ont été très clairs en disant : On va s'en rappeler en 2018. Vous avez décidé de voter avec le gouvernement. Est-ce que vous avez peur que ça vous nuise à la prochaine élection, que les travailleurs de la construction fassent une campagne contre vous et contre les libéraux?

M. Bonnardel : Vous savez, on a voté hier pour l'économie du Québec. On a voté pour les familles du Québec. On a voté pour que les travailleurs retournent sur leurs lieux de travail. On a voté pour que les chantiers d'Hydro-Québec puissent continuer de fonctionner et d'avancer. On a travaillé hier pour que le chantier du pont Champlain puisse avancer. Donc, c'est ça, le travail qu'on a fait hier.

Est-ce que cette loi était parfaite? Non. Est-ce qu'on a un processus permanent pour ne pas revivre cette même crise en 2021? Non. Alors, j'espère que, dans ce contexte, cette loi va amener des discussions, donc une médiation, un arbitrage par la suite, et on pourra évaluer le travail que le Parti libéral aura fait.

M. Laforest (Alain) : Mais vous dites quoi aux travailleurs de la construction qui sont en colère contre vous puis les libéraux ce matin?

M. Bonnardel : Bien, je pense qu'il faudrait poser la question aux milliers de travailleurs. Oui, il y en a avait quelques milliers, hier matin, qui étaient fâchés. On peut les comprendre. Maintenant, eux ont eu cinq mois pour négocier, tout indique qu'on était dans un cul-de-sac. Et avec 13 milliards d'investissement annuel ou à peu près, là, 8, 9 milliards que le gouvernement investit sur les routes, dans nos écoles, dans nos hôpitaux, Hydro-Québec qui investit 3, 4 milliards, on ne pouvait pas se permettre de continuer d'avoir cette grève pour l'économie du Québec.

La Modératrice : Mathieu Boivin, Cogeco.

M. Boivin (Mathieu) : Qu'est-ce que vous pensez de l'élection de Gabriel Nadeau-Dubois hier dans Gouin? M. le chef de l'opposition officielle nous a dit qu'il avait essentiellement vaincu sans péril, triomphé sans gloire, que c'était même de nature à réjouir beaucoup les libéraux en divisant l'opposition. Vous, qu'est-ce que vous pensez de cette élection-là?

M. Bonnardel : Bien, je veux féliciter M. Nadeau-Dubois. Je veux féliciter tous ceux qui se sont présentés. Puis on ne peut pas féliciter le ou la candidate du Parti québécois parce qu'il n'y en avait pas.

M. Boivin (Mathieu) : Oui, mais est-ce que vous avez l'impression que ça change la dynamique politique? Est-ce que l'arrivée de M. Nadeau-Dubois va vous faire mal, comme ça peut faire mal aussi au PQ?

M. Bonnardel : Moi, vous savez, cette histoire de convergence qu'on a entendue dans les dernières semaines, ce mariage qui n'a pas fonctionné entre le PQ et Québec solidaire, là, honnêtement, moi, je regarde dans le pare-brise en avant, là, puis j'ai le Parti libéral qui est en avant de moi, qui est au pouvoir. Puis la seule chose que je veux démontrer aux Québécois, c'est que nous serons une alternative crédible à ce gouvernement en 2018. Donc, ce qui se passe, avec Québec solidaire, félicitations à Gabriel Nadeau-Dubois! Il sera à l'Assemblée nationale, il va pouvoir répondre à vos questions à partir des prochains jours, des prochaines semaines. Mais, encore une fois, pour nous, là, il y a un objectif en tête, c'est d'être cette alternative au gouvernement du Parti libéral.

M. Boivin (Mathieu) : Pensez-vous effectivement que le Parti québécois est, sous certains aspects, raciste?

M. Bonnardel : Pardon?

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce que le Parti québécois est, sous certains aspects, raciste?

M. Bonnardel : Le Parti québécois n'est pas raciste, mais le Parti québécois est difficile à suivre. Jean-François Lisée est difficile à suivre. Et, dans ces conditions... Vous l'avez vu dans la dernière année, ce petit «cruising» avec Québec solidaire. Une journée, il se dit : Tiens, on va aller chercher les électeurs de la Coalition avenir Québec. Une autre journée : On va essayer de faire un mariage avec QS. On voit très bien que cette relation amoureuse n'a pas fonctionné.

La Modératrice : Simon Boivin, Le Soleil.

M. Boivin (Simon) : Bonjour, M. Bonnardel. Pour revenir sur Gouin, hier, qu'est-ce que vous pensez de la performance de la CAQ, qui arrive un point derrière Option nationale?

M. Bonnardel : Bien, vous savez, si on regarde les scores d'hier, premièrement, le PLQ a perdu neuf points. C'est vrai qu'on a perdu deux points versus notre résultat de 2014. Le Parti québécois, lui, il a perdu 20 points. Donc, oui, dans ce contexte, on aurait aimé avoir un résultat plus fort encore, mais on ne baisse pas les bras. Pour nous, Montréal est extrêmement important, Gouin est extrêmement important. Puis on va être prêts pour 2018 puis on va être prêts à présenter des candidats qui sont extrêmement forts et qui vont bien représenter nos valeurs en 2018.

Donc, c'est une théorie du petit pas, la politique. C'est toujours un contexte extrêmement difficile. Et, dans cette partielle, bien, on l'a vu, tous les partis politiques, hormis Québec solidaire, ont perdu des points hier. Mais, pour nous, on était presque au même résultat que 2014.

M. Boivin (Simon) : À quel endroit sur l'île de Montréal pensez-vous que la CAQ est la plus susceptible de faire des gains?

M. Bonnardel : Partout. Bien, c'est démontré. C'est démontré autant aux circonscriptions où il y a une majorité allophone, anglophone que nous sommes une alternative. M. Legault l'a mentionné, il n'y a plus seulement, dans ce clivage souverainiste fédéraliste, le Parti québécois et le Parti libéral. On l'a démontré que, pour nous, c'était s'affirmer sans se séparer. C'était le Canada qui pouvait fonctionner dans un environnement avec les autres provinces canadiennes et le Canada.

Donc, Montréal, on va travailler extrêmement fort pour obtenir des gains partout. Puis vous cibler spécifiquement une circonscription, Pointe-aux-Trembles, Vaudreuil ou ailleurs, on va mettre des efforts partout sur l'île de Montréal pour être capables de faire élire des candidats et candidates.

La Modératrice : Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Je veux juste revenir sur le dossier de l'accès à l'information. En attendant que la loi soit réformée, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu pour le gouvernement d'envoyer un signal, ne serait-ce qu'aux responsables de l'accès à l'information, comme l'a fait notamment Laurent Lessard à la suite d'histoires qui concernaient son ministère?

M. Bonnardel : Bien oui, parce qu'encore une fois c'est une situation qui est noire pour le gouvernement libéral depuis 2014 où ils souhaitaient être les plus transparents. M. Couillard l'a mentionné, main sur le coeur, mainte et mainte fois. Puis ce qu'on voit dans les dernières semaines, puis encore une fois avec la Société des alcools du Québec ce matin, c'est qu'on continue de démontrer une opacité qui est gênante pour le gouvernement et qui ne démontre pas une ouverture à donner toutes les informations que vous souhaitez avoir, vous, les journalistes, et même nous quand on fait des demandes d'accès à l'information. Encore une fois, si ses vice-présidents voyagent à la hauteur de 8 000 $ par semaine dans les pays ou villes du monde, je pense qu'il serait important de savoir : Vous couchez où? Vous voyagez en première classe? Étiez-vous avec vos conjointes ou vos conjoints? Je pense que ces informations doivent être obtenues, tout comme vous souhaitez les avoir.

Donc, j'espère que, d'ici l'automne, on sera capables d'avoir une réforme de cette loi qui va amener encore une fois un gouvernement qui sera plus ouvert et de mettre fin à cette opacité.

M. Gagnon (Marc-André) : Concrètement, ça prend une copie des factures par exemple?

M. Bonnardel : Bien, minimalement, il faut être capable d'obtenir ces informations. Qu'est-ce qu'on a à cacher à la Société des alcools du Québec? Pourquoi on cache une mission, un voyage de 8 000 $? On donne le prix du billet d'avion, on donne l'hôtel, le coût de la chambre. Est-ce qu'il y a eu des dépenses pour souper? J'imagine que oui. Est-ce que monsieur ou madame accompagnait le vice-président? Je pense qu'on a des choses à cacher. On ne veut pas donner ces informations, tout comme on m'empêche encore aujourd'hui, un mois plus tard, d'obtenir les infos sur les baux de M. Gantcheff et de M. Bibeau.

M. Gagnon (Marc-André) : Sur le nouveau député de Gouin, donc on apprend qu'il a participé, là, il y a quelques années, à une activité marxiste. Ça vous dit quoi du personnage?

M. Bonnardel : Bien, M. Dubois aura à vous expliquer ses relations qu'il a eues avec différentes personnes, différentes organisations dans les dernières années. Je pense que ce sera à lui de répondre à ces amours qu'il avait dans ses années antérieures, hormis la politique qu'il a faite avec les étudiants, et tout ça. Donc, ce sera à lui de répondre. Moi, je vous dis : Écoutez, je lui souhaite la bienvenue à l'Assemblée nationale, mais, encore une fois, je pense qu'il devra répondre de ses relations qu'il a eues dans les dernières années.

M. Gagnon (Marc-André) : Si je peux me permettre une petite dernière, l'Ontario vient de s'engager à hausser le salaire minimum à 15 $. Au Québec, on est encore loin de ça. Est-ce qu'il faudrait que le Québec emboîte le pas? Vous faites souvent, la CAQ, des comparaisons avec l'Ontario.

M. Bonnardel : Oui, écoutez, ça, c'est un dossier qui est très particulier. Vous vous souvenez de l'analyse que Pierre Fortin a faite sur un salaire minimum, au Québec, à 15 $. On a des acquis sociaux importants, plus qu'en Ontario. Donc, c'est pour ça que le salaire minimum est beaucoup moins élevé qu'au Québec... qu'en Ontario, pardon. Donc, est-ce qu'on pourra un jour en arriver à ce 15 $? Sûrement. Dans cinq ans, dans 10 ans, peut-être. Mais je pense qu'il faut vraiment évaluer cette situation de bonne manière, donc, entre ce que l'Ontario propose et ce que le Québec propose.

La Modératrice : Marco Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui. Bonjour. J'aimerais revenir rapidement sur Gouin. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné pour votre candidat caquiste, Benjamin Bélair?

M. Bonnardel : Il n'y a rien qui n'a pas fonctionné. Notre candidat était prêt pour cette campagne de 33 jours. Il a fait un excellent travail. Ça a été assurément, selon moi, un des meilleurs dans les débats qui ont eu lieu, autant à Mario Dumont qu'à la radio. Maintenant, c'est un défi — je répondais tantôt à M. Boivin — pour nous de faire élire des candidats, candidates sur l'île de Montréal. Puis on ne baissera pas les bras.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais pourquoi? Pourquoi c'est aussi difficile de percer l'île de Montréal?

M. Bonnardel : Bien, c'est le travail... Je dis souvent : La politique, après 10 ans de vie parlementaire, que c'est une théorie du petit pas. Alors, Gouin, c'est une théorie du petit pas. Alors, quelque part, pour nous, c'est important de faire élire des candidats. On va continuer de démontrer aux Québécois puis aux Montréalais que Montréal est important pour nous, c'est la métropole du Québec, et d'être capable minimalement de faire élire quelques candidats sur l'île de Montréal en 2018.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais c'est quoi? C'est le programme de la Coalition avenir Québec qui doit être présenté différemment à Montréal? Pourquoi ça fonctionne...

M. Bonnardel : Non, je pense que...

M. Bélair-Cirino (Marco) : Par exemple, dans Arthabaska, ça a super bien fonctionné. Vous avez le vent dans les voiles, du moins selon les sondages, puis là, bon, vous tombez sous la barre des 10 % dans Gouin.

M. Bonnardel : C'est une partielle où il y a eu un taux de participation, si je ne me trompe pas, en bas de 30 %, là. Donc, il faut relativiser cette situation. Je pense que, dans une élection générale, on est capables d'amener un résultat qui est beaucoup plus haut. Maintenant, encore une fois, je vous le dis, on ne baisse pas les bras, on va continuer de travailler extrêmement fort pour faire élire des candidats. Pour nous, là, dans mon pare-brise en avant puis dans le pare-brise de M. Legault, là, c'est le Parti libéral qu'on a à remplacer. Moi, ce qui se passe en arrière avec Québec solidaire puis le Parti québécois... Moi, j'avance. Je ne regarde pas ce qui se passe en arrière. Puis, pour moi, c'est de faire élire des candidats partout, partout, partout au Québec, incluant l'île de Montréal.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Une précision. Vous avez dit un peu plus tôt à mon collègue Simon Boivin que le... je pense que c'était Simon, que le Parti québécois n'est pas raciste mais que le Parti québécois est difficile à suivre.

M. Bonnardel : Oui. Bien, regardez Jean-François Lisée dans la dernière année. Ça a été une petite relation d'amour avec Québec solidaire, qui s'est terminée dans les derniers jours. On a essayé d'avoir une relation d'amour avec les personnes qui étaient aptes à voter pour la Coalition avenir Québec. On l'a vu nous «cruiser» d'une certaine manière. Donc, c'est un parti qui se cherche, qui est dans sa bulle, mais qui n'est pas capable de sortir de sa bulle. Je pense que les Québécois le voient bien aujourd'hui qu'il y a une alternative qui est crédible pour le Parti libéral du Québec, à les remplacer en 2018, et c'est nous.

La Modératrice : Martin Croteau, LaPresse.

M. Croteau (Martin) : Bonjour, M. Bonnardel. Je prends la balle au bond de mon collègue, là, de sa précédente question. Est-ce que la CAQ doit repenser certaines politiques, je n'en ai pas une en tête précisément, mais peut-être repenser son programme ou peut-être développer une plateforme pour plaire davantage aux électeurs de Montréal?

M. Bonnardel : Moi, je pense que les gens de Montréal, ce sont les mêmes personnes qui vivent à Québec, qui vivent à Chicoutimi, qui vivent à Sherbrooke, qui vivent chez nous, à Granby. On aura un programme politique qui va être intéressant, qui va satisfaire tous les Québécois, là, pas juste une portion de Montréal, pas juste les gens de Québec ou les gens de l'Abitibi. Pour nous, c'est un programme qui va être complet en éducation, en santé, pour l'économie du Québec. C'est pour ça qu'on a voté pour cette loi aussi hier.

Donc, non, non, on ne va pas juste cibler : Ah! Montréal, il faudrait être plus spécifiques pour eux, pour faire voter les gens plus vers nous. Donc, non, c'est un défi constant comme parti politique. On est un jeune parti. Maintenant, on ne peut pas arriver au pouvoir en se disant : On met Montréal de côté. C'est impossible.

M. Croteau (Martin) : Donc, vous n'avez pas d'ajustement à faire pour gagner la faveur des Montréalais.

M. Bonnardel : Pas du tout, pas du tout. Je pense que le discours que nous donnons aux familles du Québec, c'est le même discours qu'on doit donner aux Montréalais qui vivent sur l'île de Montréal, qu'aux gens qui vivent dans le 450 ou qui vivent au Lac-Saint-Jean.

M. Croteau (Martin) : Est-ce que la CAQ peut former le gouvernement sans faire élire des députés à Montréal?

M. Bonnardel : Bien, écoutez, oui, j'espère qu'on va être au gouvernement à la prochaine élection. Maintenant, il faut faire élire des candidats et des candidates sur l'île de Montréal aussi. Donc, préférablement, c'est certain que, si M. Legault était devant vous aujourd'hui, il vous dirait : On veut des élus partout au Québec, incluant l'île de Montréal.

M. Croteau (Martin) : ...mais est-ce que la CAQ peut espérer former le gouvernement sans réussir à percer sur l'île de Montréal?

M. Bonnardel : Moi, j'aspire à ce qu'on soit un gouvernement où on ait des candidats et candidates élus partout au Québec.

La Modératrice : On va passer en anglais.

M. Croteau (Martin) : Juste une dernière question. Excusez-moi, juste sur le précédent sujet. Qu'est-ce que vous pensez de cette lettre envoyée par le Parti québécois à la direction de Québec solidaire réclamant des excuses pour des propos tenus dans une convention de Québec solidaire par des militants?

M. Bonnardel : Vous savez, ça, c'est une chicane interne entre les souverainistes, là, cette histoire de convergence. Je pense que les Québécois voient que ce clivage, là, les gens sont écoeurés de ce clivage. On en a assez de ce clivage. Et là les souverainistes se parlent entre eux, se demandent des excuses un et l'autre. Les Québécois, eux, se disent : Il faut faire avancer l'économie du Québec, ça nous prend un médecin de famille, il faut réduire les délais d'attente. Donc, c'est pour ça qu'on travaille à faire avancer ces dossiers pour les familles du Québec. Maintenant, je le répète, le Parti québécois n'est pas raciste, mais il est difficile à suivre.

La Modératrice : Merci.

M. Croteau (Martin) : Votre parti, M. Couillard avait dit que votre chef soufflait sur les braises de l'intolérance. Tu sais, est-ce que... Comment aviez-vous réagi à l'époque? Et qu'est-ce qui aurait été une réponse appropriée à une charge comme ça? Parce que, finalement, je fais un peu un parallèle avec ce qui se passe avec le PQ.

M. Bonnardel : Vous parlez du Parti québécois versus Québec solidaire?

M. Croteau (Martin) : C'est-à-dire que je parle de deux cas où il y a eu des propos qui ont été tenus, qui ont manifestement brusqué les personnes qui en étaient les cibles, finalement. Comment réagir? Quelle est une réaction appropriée?

M. Bonnardel : Bien, j'ose croire que les dirigeants de Québec solidaire... Ils se sont exprimés. Ça a sûrement dépassé leur pensée. J'ose croire ça parce que je ne crois pas que Jean-François Lisée est raciste. Maintenant, encore une fois, il est difficile à suivre, comme on le voit dans la dernière année. Il essaie de «cruiser» à gauche et à droit tout le monde, et ça ne fonctionne pas.

La Modératrice : Merci. On va passer aux questions en anglais. Ryan Hicks, CBC.

M. Hicks (Ryan) : Is there a path to victory for the CAQ without Montréal, without winning any ridings? Have you looked at scenarios that say : Okay, we can get a government without winning Montréal?

M. Bonnardel : No. We want to have candidates that will be elected in Montréal, in Lac-Saint-Jean, in Abitibi, in Sherbrooke, in Granby. For us, we want to be the alternative to the Liberal Party in 2018 and for sure we want to have some MNAs in Montréal.

M. Hicks (Ryan) : Are your getting any indications from people in Montréal, on the ground, that your program is resonating with them? And what are those indications?

M. Bonnardel : We'll have the same program for all Quebeckers, not only a program for Montrealers. We'll have the same program in education, in healthcare and for economy, Québec economy. So, we will work hard to say to the Montrealers that we are an option to the Liberal Party in 2018. And for sure we want to have some MNAs that will be elected in Montréal, for sure.

La Modératrice : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Why did you choose to support the government's back to work legislations yesterday?

M. Bonnardel : Because we support Québec economy. Because we support family. For sure, for us, it was important to vote for this «loi spéciale» yesterday because we cannot manage and imagine that we can have a strike that will be longer at the 4, 5 days that we've seen in the construction industry. So for us, it was not a perfect bill, but it was enough to vote for that bill.

Mme Fletcher (Raquel) : The unions say that they are going to contest the bill. The PQ is also bringing up a bunch of points, saying that it's likely illegal because of that arbitration aspect. Was that a concern for you as well?

M. Bonnardel : No. It wasn't a concern. I hope that the Government, with their legislators, has study this bill enough to say : OK, it will be OK for us in front of tribunals. So I hope… And we'll see. We'll see in the next weeks, the next month if this bill will be OK with the legislator that will maybe table and see this bill.

Mme Fletcher (Raquel) : So, if the unions do contest it, that will be a concern for you?

M. Bonnardel : For sure, it will be a concern, but I hope that the government has done a good job to table this bill and say: OK, we will be OK in front of tribunals.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 12)

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