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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, M. Alexandre Cloutier, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, de recherche, de persévérance scolaire et d’alphabétisation et M. Dave Turcotte, porte-parole de l’opposition officielle en matière de services sociaux et de protection de la jeunesse

Version finale

Le mercredi 31 mai 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures six minutes)

M. Lisée : Alors, ceux qui ont une télévision en ce moment voient constamment des publicités pour dire comment ça va bien au Québec et comment le budget du gouvernement libéral est en train de régler les problèmes. Ils l'ont appelé le budget de l'espoir retrouvé, ce qui sous-entendait que les budgets précédents étaient des budgets du désespoir.

Eh bien, on se rend compte, dossier après dossier, que c'est... en fait, ce budget, c'est le budget des espoirs brisés, parce que ce matin, juste sur la question de l'enfance, qui est un indicateur de savoir si un gouvernement a les priorités au bon endroit, on a deux informations qui démontrent comment ce gouvernement, ayant mis les priorités aux mauvais endroits, ayant rogné dans les budgets, fait partie du problème à la fois de la maltraitance des enfants au Québec qui augmente et à la fois de la réduction de l'aide alimentaire aux enfants les plus pauvres.

Alors, d'abord, on apprend, par une étude qui a été faite, que le nombre d'enfants maltraités, enfin, des signalements augmente de 30 % et que, donc, on est rendus à 2 500 signalements fondés d'enfants maltraités au Québec et que c'est une augmentation de 20 %.

Alors, il y a des solutions à ça. Une des solutions, une partie de la solution, c'est le projet de loi n° 99 qui met à jour et donne des moyens supplémentaires, notamment à la police, mais à la DPJ, pour s'occuper de ces problèmes-là. Le gouvernement libéral a décidé que ce n'était pas important, ça. Les consultations ont été faites, le projet de loi n'est pas appelé, les pouvoirs nouveaux ne sont pas octroyés, et un des problèmes de la direction de la protection de la jeunesse, c'est la coupure de 25 millions de dollars qui a été affectée au début du mandat de gouvernement libéral, une coupure qui n'a jamais été comblée depuis.

Et on n'arrête pas, depuis deux ans, d'avoir des rapports qui disent que la DPJ est débordée, que les équipes sont surmenées et que la DPJ n'arrive pas à répondre à la demande. Et la demande, elle augmente, et une des recommandations du rapport actuel dit : Bien, ça serait une bonne idée d'investir dans des services de garde jeunesse de qualité. Ça, ça veut dire des CPE. Or, le gouvernement libéral fait la guerre aux CPE.

Deuxième sujet ce matin, les écoles secondaires en région qui perdent une partie de leur budget — partie, c'est un euphémisme — pour l'aide alimentaire. Dans la commission scolaire des Samares, dans Lanaudière, une baisse de 96 % du budget, 96 %. Alors, ailleurs, dans les Laurentides, bien une baisse de 100 %; dans l'Outaouais, une baisse de 100 %. C'est la conséquence d'une coupure de budget en cours en ce moment. Dans le budget de l'espoir retrouvé, on dit à des enfants : Vous savez, cette année, avec ce nouveau budget, vous n'aurez pas d'aide alimentaire par rapport à l'an dernier.

Alors, ce matin, c'est la frustration et la colère de voir qu'un gouvernement qui dépense des millions de dollars pour faire croire qu'il réinvestit aux bons endroits, en fait, contribue à la détresse et à la faim de nos enfants. Alexandre.

M. Cloutier : Oui. Alors, ce matin, ce qu'on note, c'est que le budget de l'aide à l'alimentation dans les écoles du Québec a été réduit de manière drastique. On parle d'un budget d'Agir autrement qui a été coupé il y a trois ans à la hauteur de 25 %. Alors, en 2013‑2014, au moment où nous étions au gouvernement, le budget était de 47 millions, et, pour l'année scolaire 2017‑2018, on parle d'une réduction à 35 810 000 $, donc une différence, grosso modo, d'environ d'une coupure de 12 millions. Tout ça, évidemment, a des conséquences, et les conséquences se font sentir dans plusieurs régions du Québec et particulièrement dans la région de Lanaudière.

Permettez-moi de vous donner les chiffres, ce que ça représente pour la commission scolaire des Samares pour l'année scolaire 2014‑2015. Le budget pour l'aide alimentaire, en 2014‑2015, 190 000 $; pour l'année 2017‑2018, le budget descend à la hauteur de 7 000 $. Alors, à 190 000 $ à 7 000 $ sur trois ans, bien, c'est un exemple concret de coupures du gouvernement libéral. Et malheureusement, dois-je le rappeler que lorsqu'on a le ventre vide, bien évidemment, on est incapables de se concentrer, de mettre l'emphase là où c'est nécessaire. Et en plus, bien sûr, le gouvernement n'a pas démontré que les jeunes qui avaient accès à une telle aide alimentaire, soudainement, n'en avaient plus besoin.

Alors, aujourd'hui, on se lève pour défendre tous ces jeunes du Québec qui n'ont pas accès à tous les services requis pour pouvoir se concentrer dans leurs classes.

M. Turcotte : Quand le gouvernement ou la ministre nous dit qu'il n'y a pas de coupures dans la santé et des services sociaux, mais, pour la protection de la jeunesse, on l'a vu, 20 millions qui a été coupé, et là on a les conséquences, des jeunes qui ne sont aidés, des jeunes qui devraient être aidés, des jeunes qui pourraient être aidés, mais l'argent n'est pas au rendez-vous, les ressources ne sont pas au rendez-vous. Et comme le chef l'a mentionné, le projet de loi n° 99, lors de l'étude des crédits, j'ai questionné la ministre, et elle m'a dit : Ah oui! on a beaucoup d'amendements à faire, on va le modifier, mais on ne pense pas avoir le temps cette session-ci.

Donc, ce que la ministre dit par ses propos, c'est que ces jeunes-là ne seront pas aidés maintenant et ça sera remis à une autre session parlementaire. Je crois que la ministre peut prendre les devants, se ressaisir et dire : On va accélérer, on va aller de l'avant pour le projet de loi n° 99 et surtout compenser les 20 millions qui ont été coupés. Ce n'est pas avec son 12 millions qu'il va régler tous les problèmes, surtout que les jeunes qui ont été abandonnés dans les trois premières années du mandat, c'est des jeunes qui ne seront pas aidés malgré tout un réinvestissement. Donc, ça prend le projet de loi n° 99 et des ressources au rendez-vous pour aider ces jeunes.

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. Micro de gauche, Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Bonjour, M. Lisée. Sur un autre sujet, qu'est-ce que vous pensez des nouvelles révélations, ce matin, qui concernent les courriels échangés entre le premier ministre M. Couillard et Marc-Yvan Côté, particulièrement dans le contexte où M. Couillard avait indiqué ne pas avoir de souvenir de conversation ou d'échange avec lui outre que pour un événement de chasse et de pêche, je crois?

M. Lisée : Je ne sais pas s'il reste... Je ne sais pas s'il y avait encore des gens au Québec qui pensaient que M. Couillard avait de la crédibilité sur ces questions éthiques, mais, ce matin, ils doivent se rendre compte c'est fini. M. Couillard a zéro crédibilité sur des questions éthiques, et ces courriels démontrent bien que lorsqu'il y a un organisateur libéral, chassé du Parti libéral du Canada, qui est impliqué dans de nouvelles accusations graves, le réflexe de M. Couillard, ce n'est pas de s'en inquiéter et de s'en scandaliser, son réflexe, c'est d'appeler son ami puis dire : Ah! ça doit aller mal pour toi, est-ce que je peux te prêter mon chalet? Et je n'ai pas besoin d'en rajouter, là. La liste de ses déclarations contradictoires sur un sujet précis, ses rapports avec Marc-Yvan Côté, sont, à sa face même, le récit de quelqu'un ne cherche pas la vérité, mais qui cherche à cacher la vérité.

M. Lavallée (Hugo) : Mais, en ce qui concerne plus précisément l'autre élément de ma question, là, le fait qu'il ait mentionné ne pas avoir eu d'autres échanges et que, là, finalement, ces courriels-là refont surface, quelles conclusions vous tirez de ça?

M. Lisée : La conclusion qu'on a tirée sur Arthur Porter, la conclusion qu'on a tirée sur Hans Black, la conclusion qu'on a tirée sur William Bartlett : M. Couillard ne veut pas qu'on sache la vérité sur ses rapports avec des personnalités qui ne sont pas au-dessus de tout soupçon. Il cache la vérité, il minimise la vérité. On ne peut pas le croire. Philippe Couillard n'a plus de crédibilité sur les questions éthiques.

La Modératrice : Merci. Micro de droite, Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Ce que le bureau du premier ministre dit, c'est qu'on tente de conjuguer le passé avec le présent.

M. Lisée : Bien, le problème, c'est que le premier ministre a beaucoup de difficultés à ne pas s'emmêler dans ses versions présentes sur le passé. Si le premier ministre avait dit toute la vérité dès la première fois, on n'en serait pas là.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que vous considérez que c'est encore utile de parler de ces problèmes éthiques? Je regarde votre conférence de presse ce matin, vous commencez sur un autre sujet, vous attendez les questions. Est-ce que, pour vous, vous considérez que c'est devenu du bruit pour la population, et c'est pour ça que vous accordez moins d'importance à ce sujet-là ce matin?

M. Lisée : Vous savez, il y a 60 % des Québécois qui veulent se débarrasser des libéraux parce qu'ils sont incompétents puis parce que l'éthique, ce n'est pas quelque chose qui... ils sont incompétents et ils ont un déficit éthique considérable. Alors, qu'il y ait un genre de rappel hebdomadaire aux Québécois jusqu'à l'élection de 2018... N'oubliez pas, là, ils sont incompétents puis ils ont un déficit éthique, ce n'est pas mauvais, mais c'est juste un rappel parce que l'histoire, elle est connue.

La Modératrice : Micro de gauche, Mathieu Boivin, Cogeco.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, si je me place dans les souliers de M. Couillard, il pourrait très bien vous dire : Bien, écoutez, je n'endosse absolument pas ce que M. Côté a pu faire, qu'il encoure la conséquence de ses gestes, mais moi, en amitié, je suis loyal puis j'offre compassion et même le gîte, s'il le faut, à quelqu'un qui vit des moments pénibles. Qu'est-ce que vous pensez de ça, monsieur? Est-ce qu'on ne peut pas plaider honnêtement être tout simplement un ami loyal?

M. Lisée : S'il l'avait dit au départ, au lieu de dire qu'il n'y avait eu aucun épisode de ce genre, ce serait sa défense, et on répondrait : M. Couillard choisit très mal ses amis : Marc-Yvan Côté, Arthur Porter, Hans Black, William Bartlett. Il a droit de choisir ses amis, mais on a le droit de penser qu'il choisit des drôles d'amis.

M. Boivin (Mathieu) : Mais justement, c'est la question que j'allais vous poser. Quel est le problème, outre que justement d'avoir choisi quelqu'un qui était dans des eaux troubles? Mais, pour le reste, il n'y a pas de «smoking gun», comme on dit, là, il n'y a pas de geste répréhensible direct attribuable à M. le premier ministre.

M. Lisée : Écoutez, s'il veut plaider ça, je l'invite à plaider qu'il a le droit de choisir des amis qui ont des problèmes systématiques avec la justice.

La Modératrice : Micro de droite, Marc-André Gagnon, Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Bonjour. Vous avez dit que M. Couillard ressemble de plus en plus à quelqu'un qui cherche à cacher la vérité. J'aimerais vous entendre élaborer.

M. Lisée : Bien, c'est les versions successives qu'il donne de ses rapports avec Marc-Yvan Côté. Il a essayé de nous faire croire que la chose la plus importante pour lui, lorsqu'il est devenu candidat à la chefferie, c'était de bien indiquer qu'il ne devait y avoir aucun rapport entre lui et Marc-Yvan Côté. Il aurait été plus crédible en nous disant : Il est vrai que, cinq mois avant, je l'avais invité à mon chalet et, cinq mois après, bien, j'ai décidé que je ne voulais plus le voir. Bon, ça aurait été difficile à plaider, là, mais, au moins, on n'aurait pas, encore une fois, une autre révélation qui contredit les versions de M. Couillard. Il n'a plus de crédibilité. On ne sait pas quel autre événement caché existe et qu'on va découvrir peut-être la semaine prochaine ou la semaine suivante.

M. Gagnon (Marc-André) : Notre bureau d'enquête a donné l'opportunité à M. Couillard, à son entourage, de s'expliquer, comme à chaque fois, comme c'est la façon de le faire. Bon, ils ont à peu près refusé, sinon que de nous faire des reproches. Est-ce que c'est une façon pour le gouvernement de se victimiser, selon vous?

M. Lisée : Bien, écoutez, quand M. Couillard est rendu à s'être tellement emmêlé dans ses versions qu'il ne sait plus quoi dire, c'est une indication de son manque de transparence tout simplement. Alors, je comprends, ils ne savent plus quoi dire. Ils en ont tellement dit et son contraire, ils ne savent plus quoi dire aux journalistes.

La Modératrice : On va maintenant passer aux questions en anglais. Maya Johnson, CTV, micro de gauche.

Mme Johnson (Maya) : Good morning, Mr. Lisée. What do you make of these latest revelations showing these apparently very close ties between the Premier and Marc-Yvan Côté, when he's denied that nature of the relationship?

M. Lisée : Well, clearly, Mr. Couillard is not to be believed on any of these issues. Had he wanted to come clean on every aspect of his relationship with Mr. Côté, he had ample occasions to do so. So he put himself in a position where the truth comes out in dribs and shows that he has no credibility. He put himself in that situation. And so, I mean, if there was a single person in Québec who still believed that Mr. Couillard had credibility on these ethical questions, today, he must conclude that the emperor has no clothes.

Mme Johnson (Maya) : There has been some talk. Of course, you heard that this is a smear campaign orchestrated by Québecor Média. How do you respond to that?

M. Lisée : Well, if you don't want to be criticized, don't have Marc-Yvan Côté as a friend and deny it, don't have William Bartlett as an organizer and deny it, don't have Arthur Porter as a friend and then say : We're not close with him, don't have Hans Black as a business partner and then say that you didn't have close ties with him.

If you don't want to be in trouble, don't hang out with troublesome characters.

Mme Johnson (Maya) : But is there any sort of question surrounding where these leaks are going to and where these reports are seemingly consistently coming from?

M. Lisée : Well, we see that, you know, reporters are doing their job. So let politicians do their job correctly, and everything is going to be fine. But, clearly, the Premier has not been forthright with the public on his relationship with Marc-Yvan Côté. That's why he's in trouble.

Mme Johnson (Maya) : …ask one final question related to the directive yesterday from Mr. Proulx about the inflated grades and his instructions now to make sure that that comes to an end?

M. Cloutier : You want me to comment on that?

Mme Johnson (Maya) : Yes. I know you spoke yesterday, but we're following up on the story today, and I would just like to hear a little bit more from you on your reaction to that directive.

M. Cloutier : Well, what we're saying is that the Québec Minister has no idea on the problem itself. The Minister said yesterday that he has made evaluations. Well, then, the journalists asked : Well, can we see the evaluation? And the Minister said… Well, he wasn't able to answer.

So basically he has no idea on all the problems all over in Québec. This is why we're asking for a commission in the National Assembly, that we can hear all the professors, the teachers, the commission boards and everyone that has been concerned in that matter. So this is why we're still asking the Québec Minister to listen before taking action because, now, it seems like he's taking action but, in the same time, doesn't know really how big the matter is. And I just want to emphasize that when you analyze the education system in Québec, how do you want to put a right analysis if you don't have the right number? It just doesn't make any sense.

So this is why we're still… why the commission itself should get together in the beginning of next week, so we'll have the final answer from the Government.

La Modératrice : Merci. Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning everyone. I noticed, yesterday and in the last couple of weeks, Mme Hivon as already been going head to head with Mme Vallée on Jordan. Are you satisfied with the answers that the Justice Minister has been giving during question period?

M. Lisée : Well, listen, they told us there was a solution to the problem, it was to have 14 new judges from the federal Government. Ottawa said : You don't need 14, you only need six, and we'll settle for four. So basically, even with the plan of the Couillard's Government, they're short 10 judges. And so we're saying : Furthermore, go with the notwithstanding clause, plead it so that we can put a hold of the say two years to go through the backlog of accusations.

It's the only remaining tool. It maybe imperfect, it maybe uncertain as to its viability, but it's the only remaining tool, and, as long as the Couillard's Government doesn't want to use it, it is responsible for every other accused of murder or anything else that leaves without a trial because they don't want to use the last available tool. Merci.

Des voix : Merci.

(Fin à 8 h 24)