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Point de presse de M. Simon Jolin-Barrette, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes

Version finale

Le jeudi 1 juin 2017, 15 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures quarante-neuf minutes)

M. Jolin-Barrette : Alors, bonjour, tout le monde.

Écoutez, le premier ministre a rendu publique aujourd'hui sa politique. Ce n'est rien de nouveau. Le document que je viens de parcourir, ça me semble être 194 pages d'évidences. Il n'y a rien de véritablement nouveau dans le document du Parti libéral. Il s'agit d'une affirmation de principes connus, des principes avec lesquels nous sommes en accord pour l'essentiel.

Nous ne sommes pas contre le dialogue avec le reste du Canada. En fait, le document qui est présenté aujourd'hui est très théorique. On recycle le lexique constitutionnel puis, dans le fond, on en fait un recueil. Dans le fond, là, c'est un genre de «faut qu'on se parle constitutionnel». C'est une vieille approche. On note que la démarche mise de l'avant par le gouvernement manque d'ambition. On se contente d'une tournée pédagogique dans le reste du Canada.

Par contre, nous, à la CAQ, notre proposition est déjà connue. Nous avons présenté un projet nationaliste en novembre 2015. Dans les mois suivants, on a adopté notre article 1 de notre programme politique. Ça se lit comme suit : «La Coalition avenir Québec est un parti nationaliste moderne dont l'objectif premier est d'assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l'intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture.»

Donc, nous, notre démarche, elle est très différente de celle qui est proposée aujourd'hui par Jean-Marc Fournier et par le premier ministre Couillard. Nous, à la CAQ, on propose une démarche qui est pragmatique pour obtenir des gains concrets et à court terme pour le Québec. Par exemple, on propose des ententes administratives, des modifications constitutionnelles bilatérales et des lois qui pourraient être adoptées ici, à l'Assemblée nationale, en vertu de nos champs de compétence pour faire progresser le Québec à l'intérieur du Canada. On pourrait, par exemple, négocier une déclaration d'impôt unique, un gain concret pour le Québec, en plus d'avoir davantage de pouvoirs en matière d'immigration.

Bref, c'est sûr qu'on ne s'oppose pas à la démarche de dialogue proposée par le gouvernement, mais nous sommes un peu déçus de la timidité de la démarche du premier ministre qui n'a manifestement pas l'intention d'obtenir rapidement des changements positifs pour le Québec. Je vous remercie.

M. Lecavalier (Charles) : M. Lisée, tantôt, nous a lu un extrait de votre programme, bon, qui disait, par exemple : on va aller chercher des ententes administratives... Le point de départ, ce n'est pas une ronde constitutionnelle, c'est le point d'arrivée. On va essayer d'aller chercher des ententes administratives, etc. C'est essentiellement ce que M. Couillard a proposé tantôt. Je suis un peu surpris de vous entendre dire que votre démarche est très différente de ce qui a été proposé par M. Couillard.

M. Jolin-Barrette : Bien, elle est vraiment distincte. M. Couillard, dans le fond, lui, ce qu'il fait, c'est une tournée de dialogue, un «faut qu'on se parle constitutionnel». Nous, ce qu'on propose, c'est vraiment des gains concrets à court terme, la négociation d'ententes administratives, une modification bilatérale avec le fédéral ou des projets de loi ici, à l'Assemblée nationale, qui pourraient être adoptés.

Je donne un exemple. J'ai déposé, moi, personnellement, deux projets de loi, un sur la nomination des juges à la Cour suprême, un autre sur la désignation des sénateurs. Il y a des pouvoirs qui peuvent être... il y a des mesures législatives qui peuvent être mises concrètement ici, à l'Assemblée nationale, et qui vont avoir une influence au niveau d'une convention constitutionnelle.

Donc, nous, on propose des gains concrets à court terme, contrairement à M. Couillard et à M. Fournier. Eux, c'est une tournée pour expliquer pourquoi, pendant 15 ans, pendant les 15 années où ils étaient là, pourquoi ils n'ont pas agi, pourquoi ils n'ont pas dialogué, pourquoi ils n'ont pas fait progresser le Québec à l'intérieur de la fédération canadienne. C'est là la grande différence entre les deux démarches.

M. Lecavalier (Charles) : Donc, vous n'avez pas le sentiment aujourd'hui que le Parti libéral vous a plagié.

M. Jolin-Barrette : Non, c'est complètement différent. Écoutez, dans la démarche de M. Couillard, c'est timide. On va dialoguer, mais on ne souhaite pas avoir de gains à court terme pour le Québec. M. Couillard l'a dit en conférence de presse. Il dit : Écoutez, nous, c'est une démarche qu'on entreprend, mais attendez-vous pas à ce qu'il y ait des choses à court terme.

Nous, concrètement, là, on a véritablement un plan de match, là, qu'on a détaillé dans notre programme, lors de notre congrès de novembre 2015, où on vise à avoir, supposons, un rapport d'impôt unique, à avoir davantage de pouvoir en matière de langue, d'immigration, de culture, vraiment à court terme, mais on veut travailler avec le partenaire fédéral dans cette démarche-là. Mais concrètement, c'est à court terme pour nous. Donc, le dialogue qui a été brisé par le gouvernement libéral au cours des 15 dernières années, ils en sont responsables.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce que leur démarche est vouée à l'échec?

M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez, le fait de dialoguer... c'est toujours bon de dialoguer, mais manifestement, il faut que vous ayez aussi une... dans votre démarche, il faut que vous demandiez des choses également puis il faut que vous travailliez en collaboration avec le partenaire.

Donc, pendant 15 ans, les libéraux n'ont pas travaillé avec leurs partenaires fédératifs. Ils se sont résignés, dans le fond. Nous, c'est très clair, avec notre programme, depuis novembre 2015, qu'on veut faire des gains pour le Québec à l'intérieur du Canada par le biais d'ententes administratives, notamment au niveau des transferts de fonds, en matière d'infrastructures, au niveau du libre-échange interprovincial, au niveau des frontières du Nord-du-Québec, donc vraiment des mesures concrètes, une mise en application concrète avec le partenaire fédéral.

Donc, aujourd'hui, M. Couillard et M. Fournier, bien, ce qu'ils ont fait, ce n'est rien pour écrire à sa mère, là, dans le fond. Ce n'est pas nouveau, là, c'est un recensement de tout ce qui avait déjà été fait par les gouvernements québécois au cours des 40 dernières années. Donc, quand M. Couillard réaffirme la théorie de Paul Gérin-Lajoie au niveau de l'affirmation, bien, c'est déjà ça qui est en vigueur, là. Tu sais, ce n'est rien de nouveau, ce n'est pas révolutionnaire, ce n'est rien.

Nous, par contre, on propose quelque chose aux Québécois que... les Québécois sont d'accord avec la proposition qu'on fait, on fait des gains à l'intérieur du Canada.

Mme Plante (Caroline) : Êtes-vous d'accord avec M. Lisée qu'il va falloir mesurer les progrès, en tout cas, d'ici la prochaine campagne électorale?

M. Jolin-Barrette : Bien, très certainement, moi, comme critique en matière d'affaires intergouvernementales, je vais surveiller les démarches qui vont être faites par Jean-Marc Fournier à ce niveau-là. C'est une politique qui est lancée, puis on va voir si le gouvernement libéral... comment il la met en application.

Mme Plante (Caroline) : Donc, est-ce que, d'après vous, ça prend des sondages, un échéancier clair, en tout cas, des moyens de mesurer ça?

M. Jolin-Barrette : Bien, il y a une chose qui est sûre, c'est que ça prend du travail de la part du gouvernement, puis, depuis les 15 dernières années, ils n'ont pas beaucoup travaillé sur ce domaine-là.

Donc, nous, notre plan, il est connu, et on souhaite qu'en 2018 les Québécois décident vraiment de faire un choix pour avoir de l'action puis d'élire la CAQ avec notre proposition nationaliste à l'intérieur du Canada pour, là, aller chercher davantage de pouvoirs, chercher davantage de gains à l'intérieur du Canada, puis j'ai confiance que les Québécois vont nous appuyer là-dessus.

M. Lecavalier (Charles) : Ce matin, M. Trudeau a immédiatement fermé la porte avant même d'avoir lu le document de M. Couillard. M. Lisée y a vu un manque de respect. Est-ce que c'est aussi votre avis?

M. Jolin-Barrette : Bien, je pense que la démarche de M. Couillard, peut-être, dans la façon... Est-ce qu'ils se sont assis avec le fédéral pour leur présenter ou non? Je pense qu'il faut sensibiliser le partenaire fédératif à Ottawa sur cette démarche-là, mais, pour nous, c'est clair qu'il faut que vous arriviez avec un plan de match puis que vous présentiez quelque chose de concret, de pragmatique. C'est sûr que, si vous faites juste une tournée pour faire une tournée, à ce moment-là, c'est sûr que votre crédibilité ne sera peut-être pas établie non plus.

M. Lecavalier (Charles) : M. Trudeau, selon plusieurs observateurs, n'a pas fait des choix qui défendaient le Québec, là, disons, par exemple, là, aider Terre-Neuve pour la construction d'un barrage électrique; a aidé l'industrie automobile, mais donné peu a Bombardier; a choisi Toronto pour avoir la Banque d'infrastructure du Canada. Pourtant, il reste toujours aussi populaire au Québec dans les sondages. Comment est-ce qu'on peut expliquer ça?

M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez, ça, ce sont des sondages, mais il y a une chose qui est sûre, c'est qu'il y a 78 députés fédéraux au Québec et puis que le gouvernement du Canada, peu importe qui il est, bien, il doit prendre en considération le désir des Québécois, puis c'est les Québécois qui choisissent avec l'élection de leurs représentants au niveau fédéral.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

Mme Plante (Caroline) : En toute solidarité avec mes collègues anglophones qui ne peuvent pas être ici, est-ce que je pourrais poser une question en anglais?

Le Modérateur :It's a good idea.

Mme Plante (Caroline) : So what do you think of this new policy?

M. Jolin-Barrette : Yes, that's not a new thing. You know, for the last 40 years, all the Québec governments made that kind of proposition. So that's only in that policy that's the old same thing that we had before. And right now, what we just learned about Mr. Couillard and Mr. Fournier is that they are going to start to talk again with the people of the rest of Canada.

So that's not new and that's good to talk, but that's not a clear agenda with what do the Québec needs to make some... «des gains» inside the Canada. So we, at the CAQ, we have a plan that will make us make «des gains» inside the Canada. So we need to take our approach instead of the approach of the Liberal Party. Merci.

(Fin à 15 h 59)

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