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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, et M. Nicolas Marceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations Québec-Canada

Version finale

Le jeudi 1 juin 2017, 15 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures vingt-six minutes)

M. Lisée : Bonjour. Je suis avec Nicolas Marceau, qui est notre porte-parole, entre autres choses, en matière de relations canadiennes-québécoises, qui est le sujet du jour.

Aujourd'hui, deux événements importants se sont produits presque simultanément. D'abord, le Parti libéral du Québec s'est réveillé d'une longue léthargie pour admettre qu'il y avait un grave problème au Canada depuis 1982 et que le fait que la nation québécoise ne soit pas reconnue dans le texte fondamental du pays et que cette Constitution ait été imposée au Québec sans son consentement et ait réduit ses pouvoirs est une vraie question dans la vie de la nation. Et ça, c'est important.

Un autre événement s'est produit aussi. C'est que le chef du pays, du Canada, Justin Trudeau, a cru bon de réagir avec désinvolture et mépris à l'endroit du premier ministre du Québec, qui allait affirmer une volonté de réconciliation. Donc, la main tendue du premier ministre Couillard a eu comme réponse une gifle, du mépris, de la désinvolture. Il y a là quelque chose d'extraordinairement symbolique. Le fait que Justin Trudeau ait considéré qu'il n'y avait aucun prix politique pour lui à payer, où que ce soit au Canada, pour traiter le premier ministre du Québec avec ce mépris nous dit quelque chose sur l'état des relations entre le Québec et le Canada.

Alors, le premier ministre, je vais lui donner un autre élément positif, aujourd'hui, a décidé de monter la barre par rapport aux épisodes précédents lorsque Robert Bourassa s'était contenté de demander la société distincte à l'intérieur de la Constitution canadienne. De façon très juste, M. Couillard dit : Aujourd'hui, on dirait «nation». Et, lorsqu'on lit le document, on voit bien que la nouvelle demande des fédéralistes québécois face à Ottawa, c'est que la nation québécoise soit reconnue dans la Constitution canadienne. C'est ce que nous disions à l'époque, Jacques Parizeau, les indépendantistes, que le mot «société distincte» était trop faible et que le mot «nation» devrait apparaître. Nous n'avons pas changé d'avis. On est contents que le premier ministre libéral se soit rendu à notre avis. C'est la nation qui existe et c'est la nation qui doit être reconnue.

Maintenant, aujourd'hui, montrant une lucidité confirmée par le mépris de Justin Trudeau, M. Couillard dit : Aujourd'hui, personne au Canada ne veut discuter de Constitution. Vous ne trouverez pas un seul premier ministre d'une seule province qui va dire que ça l'intéresse. Bien, il a raison. Maintenant, il dit dans la phrase suivante que, dans la société civile du Canada, le fruit est presque mûr pour commencer une conversation. Et, lorsqu'on lui demande de nous indiquer des indices de cette volonté de cette conversation, il se rabat sur le succès des cours de français au Canada anglais. Alors, on sait très bien que Statistique Canada nous indique, recensement après recensement, que la proportion de Canadiens hors Québec qui savent tenir une conversation en français est en régression.

Alors, M. Couillard dit : Je veux aller à la rencontre des Canadiens pour les préparer à ce qu'un jour on puisse reconnaître la nation québécoise dans la Constitution. Il ne se donne pas d'échéancier. Bien, on va lui en donner un, échéancier. Il décide de dire ça aujourd'hui. Dans un an et demi, il y aura une campagne électorale, et nous appelons les médias, les universités, nous allons nous charger de faire en sorte de voir s'il y a progrès au moment de la campagne électorale, parce qu'il y a un moment où des gouvernements ont une obligation de résultat. Et, dans ce cas-ci, il dit : Bien, il n'y aura pas de résultat d'ici un an. On est lucides avec lui, on sait qu'il ne changera pas la Constitution d'ici un an, mais il doit rapporter progrès. Si, en un an et demi, avec sa proposition de grande conversation, il n'y a pas de progrès, il n'y a pas, disons, une majorité de Canadiens anglais qui sont d'accord pour reconnaître la nation québécoise dans la Constitution, bien, on devra constater que c'est un échec. On ne peut pas constamment dire : On va agir sur l'opinion, et que l'opinion ne bouge pas.

Nous, ce qu'on sait, c'est qu'il y a 15 ans en octobre, il y a 15 ans en octobre, 57 % des électeurs du Canada hors Québec ont voté contre une entente constitutionnelle, principalement, selon les analystes, principalement parce qu'elle contenait la société distincte pour le Québec. C'était la principale raison de l'échec. Alors, ce n'étaient pas des premiers ministres, les premiers ministres étaient pour. La population canadienne anglaise a dit non à la société distincte, il y a 15 ans, à 57 %.

M. Marceau : 25 ans.

M. Lisée : 25 ans? Oui. C'est le gars des chiffres, ça, dans notre équipe. Et donc où est le progrès? On a vu, à travers les années, en fait, une détérioration de l'acceptation du Québec par le reste du Canada et une détérioration de la volonté ou même de l'opportunité de s'entendre.

Alors, on lui dit, au premier ministre : On sait qu'il y a beaucoup de Québécois qui ne comprennent pas l'incapacité du Canada à reconnaître la nation, qui ne comprennent pas qu'on ne puisse pas s'entendre. Et il semble que chaque génération doit faire la tentative, et se faire dire non, et réaliser qu'il n'y a pas de volonté hors Québec pour reconnaître la différence québécoise de façon significative dans la Constitution. Nous, on pense que ça ne marchera pas. Mais il s'est mis sur les épaules le fardeau de la preuve, et on pense que c'est sain pour lui et pour ceux qui croient encore à ce pays imaginaire que sera un Canada respectueux de la différence québécoise. Qu'il y aille, qu'il change l'opinion canadienne, et on lui donne à peu près un an, jusqu'à l'élection, pour qu'il montre des progrès.

Maintenant, ce n'est pas vrai que, depuis Jean Charest, il n'y a pas eu de tentative. Il y a eu des dossiers, il y a eu des tentatives avec M. Harper, même avec M. Trudeau, et Nicolas va vous en parler à l'instant.

M. Marceau : Oui, simplement sur la question du pouvoir fédéral de dépenser, il y a eu une tentative, à l'époque de M. Harper, pour qu'on le contienne, pour qu'il soit limité. Cette tentative avait échoué. Et encore récemment il y a eu une autre tentative, cette fois sous M. Trudeau, et qui a obtenu le même genre de succès, c'est-à-dire un échec là aussi. Et donc ce n'est pas vrai, là, que c'est une nouveauté que de tenter de changer ce pays. Cependant, à chaque fois, ça n'a pas été couronné de succès. On verra le résultat de cette tentative.

Il faut aussi rappeler que les épisodes récents dans les relations Québec-Canada ont été particulièrement houleux : la question des transferts en santé, de la Commission des valeurs mobilières nationale, la question de Muskrat Falls, la question encore de la Banque d'infrastructure du Canada. Regardez, les exemples ne manquent pas de situations où le fédéral se fait un plaisir à nier les nécessaires investissements qui doivent être faits au Québec, à nier les intérêts québécois, à ne pas prendre en considération les intérêts du Québec. Et, s'il existait une société civile canadienne qui avait un amour soudain pour le Québec, bien, ça paraîtrait dans les décisions de Justin Trudeau ou bien de son prédécesseur, Stephen Harper. Ils répondent à ce que la population veut dans le reste du Canada. Et, de toute évidence, ce que la population veut dans le reste du Canada, ce n'est pas tenir en compte les intérêts du Québec. Voilà.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, vous avez dit : Il n'y a pas de volonté dans le reste du Canada. Nous, on pense que ça ne marchera pas. Est-ce que vous faites un peu un voeu magique parce que ça pourrait jouer dans votre plan électoral à vous dans un an et demi?

M. Lisée : Je vais vous donner un exemple. En 1995, il y a eu un référendum sur l'indépendance du Québec. Quelques jours avant, il y a eu une grande manifestation de l'amour. Le premier ministre canadien de l'époque, Jean Chrétien, ne voulait pas changer la Constitution, mais il a senti la soupe tellement chaude qu'il a dit : On va donner deux, trois choses au Québec. Et, après le référendum, il a essayé de convaincre l'Ontario, l'Alberta et son propre Conseil des ministres de mettre la société distincte dans la Constitution. Ils ont dit non. Ils étaient passés à un cheveu de perdre le Québec dans la fédération et, dans les semaines qui ont suivi, ils ont dit non. Alors, nous, ce film-là, on le connaît bien. Il n'y a pas de volonté au Canada anglais pour respecter le Québec.

Alors, si M. Couillard veut aller retester ça, bien, qu'il y aille. Et on respecte sa conviction que ça peut marcher, mais on lui dit : Il faudra avant d'aller aux urnes, en octobre 2018, que vous montriez des progrès tangibles, car vous allez être jugé par l'électorat, et par nous, et par les analystes sur votre capacité à livrer des progrès tangibles.

M. Boivin (Mathieu) : Êtes-vous conscient qu'il est possible que vous ayez raison, que ça ne fonctionne pas, mais que ça ne se traduise absolument pas par un report de gens sur votre option politique à vous?

M. Lisée : Tout est possible en politique.

M. Boivin (Mathieu) : Mais c'est peut-être ça qui va se passer, là, une espèce de limbes sociopolitiques où : Ah! le Canada ne veut pas de nous, mais on ne veut pas se séparer. Ça aussi, c'est un film qu'on connaît, monsieur.

M. Lisée : Aujourd'hui, le premier ministre a décidé de sortir en grande pompe la carte de l'espoir. Nous, on pense que ça va être un espoir déçu. Mais laissons-lui le temps de faire sa tentative et de constater que le mur du refus incarné de façon méprisante par le premier ministre Justin Trudeau ce matin, c'est l'exact reflet de l'opinion canadienne-anglaise face au Québec.

M. Lecavalier (Charles) : M. Lisée, qu'est-ce que vous pensez de la stratégie de Philippe Couillard qui dit : Bien, on le sait, les premiers ministres, en ce moment, ne sont pas intéressés, mais on va aller convaincre la société civile qui va tellement être convaincue qu'elle va faire pression sur les gouvernements respectifs pour rentrer dans un jeu de rondes constitutionnelles?

M. Lisée : La réalité sociologique et politique du reste du Canada depuis 15 ans, 20 ans, c'est qu'elle croit de moins en moins à l'importance du Québec et à l'existence d'une nation québécoise et elle est de plus en plus multiculturaliste, c'est-à-dire elle tourne le dos à cette idée-là. Et j'invite M. Couillard à y aller, à envoyer ses ministres parce que c'est la réponse que le Canada multiculturel de Pierre et Justin Trudeau va leur donner. C'est la réalité canadienne d'aujourd'hui. Alors, en même temps, qu'il fasse la démonstration à tous les Québécois qui n'en sont pas convaincus, ça va être un gain pour la lucidité.

M. Croteau (Martin) : Vous dites qu'on a déjà joué dans ce film-là. Ne croyez-vous pas que le contexte a changé depuis les pourparlers de Charlottetown avec, entre autres, la question autochtone, qui prend de plus en plus de place et pour laquelle il y a de plus en plus de discussions, là, pour lesquelles on pourrait peut-être leur faire une place au niveau de la Constitution? Est-ce que vous ne sentez pas qu'il y a un contexte qui a changé au Canada par rapport aux demandes du Québec?

M. Lisée : Je pense qu'il y a un contexte qui a changé. Je pense que l'opinion canadienne hors Québec est plus disposée à donner une place aux autochtones et moins disposée à donner une place au Québec. Pour moi, c'est une certitude. Maintenant, si monsieur…

Mme Plante (Caroline) : Qu'est-ce qui vous fait dire ça?

M. Lisée : Parce que la question québécoise… Regardez, lorsque le gouvernement fédéral dit oui à Muskrat Falls, non au Québec, oui à l'Ontario pour l'automobile, non au Québec pour Bombardier, l'ensemble des sujets, et ne perd pas un vote au Canada anglais, un vote... Mais, sur la question des autochtones, M. Trudeau sent bien qu'il est essentiel de s'occuper de ce dossier parce qu'il a de la résonnance dans l'opinion canadienne-anglaise. Et tant mieux pour les nations autochtones. Mais il y a… Ce n'est pas de la résonnance pour s'occuper du Québec qu'il y a au Canada anglais, c'est du refus. Et il l'a bien exprimé ce matin, M. Trudeau. Il a exprimé le refus du Canada de s'occuper du Québec.

M. Croteau (Martin) : L'idéal, tu sais, la destination finale, pour reprendre l'expression de M. Couillard, c'est essentiellement l'accord du lac Meech. Il dit que les conditions de l'accord du lac Meech sont toujours d'actualité. Est-ce que vous croyez qu'une majorité de Québécois seraient satisfaits d'adhérer au Canada aux conditions de l'accord du lac Meech?

M. Lisée : Bien, c'est difficile à dire parce qu'il y a 25 ans 57 % des Québécois ont voté contre l'accord de Charlottetown parce qu'ils considéraient que ça ne suffisait pas. Puis là on peut débattre : Est-ce que c'était vraiment Meech ou non? Mais ce que je constate aujourd'hui, puis je pense qu'il faut que ce soit bien marqué, que le premier ministre a dit : On parlait de société distincte à l'époque, aujourd'hui on parlerait de nation. Et donc c'est déjà Meech plus sa destination. Et, dans le document, il parle aussi du partage des pouvoirs et de la limitation du pouvoir de dépenser, qui n'étaient pas dans Meech, qui étaient censés suivre dans une deuxième ronde. Alors là, il met tout ça ensemble. Alors, c'est ambitieux.

Maintenant, on est d'accord avec lui que ça n'arrivera pas tout de suite. Mais, s'il est compétent, s'il fait le bon pari, s'il est convaincant, dans un an et demi, il y aura des résultats, des progrès qui devront être mesurables, sinon on devra constater son échec.

M. Lecavalier (Charles) : Comment pourra-t-on les mesurer?

M. Lisée : Bien, on pourra faire des sondages, on pourra faire des entrevues. On pourra faire toutes sortes de choses. Comment on mesure une opinion publique? Est-ce que, tout à coup, dans trois provinces, il y a des premiers ministres qui deviennent favorables? On verra s'il y a des progrès ou s'il n'y en a pas. Il s'est condamné aujourd'hui à montrer des progrès avant l'élection.

Mme Plante (Caroline) : Pour revenir aux autochtones, l'ouverture, donc, manifestée par M. Trudeau pour la cause autochtone, ça ne pourrait pas bénéficier au Québec, justement? Est-ce que les autochtones, les Premières Nations et le Québec ne pourraient pas faire route commune pour leurs demandes, pour éventuellement rouvrir la Constitution? Ce que je veux dire, c'est que, si les autochtones réussissent à faire rouvrir la Constitution, le Québec, par la bande, en bénéficierait?

M. Lisée : Bien, c'est sûr que, qui que ce soit qui réussit à ouvrir une ronde constitutionnelle, tout le monde va être à la table avec ses revendications, puis ça, c'est certain. Ce que M. Couillard a abandonné aujourd'hui, c'était la stratégie de Robert Bourassa de dire : Écoutez, un affront particulier a été fait au Québec en 1982. Donc, un préalable à toutes ces discussions-là, c'est de faire rentrer le Québec dans la Constitution. Maintenant, il tourne le dos à ça, il dit : Je suis prêt à ce que tout le monde arrive avec ses propositions la prochaine fois, il n'y aura pas de ronde Québec. Ça, c'est un aveu de sa part. Donc, il désavoue la stratégie de Robert Bourassa. Il a le droit, mais, pour le reste...

Mme Plante (Caroline) : Mais, s'il n'y a pas de ronde Québec mais une ronde autochtone, bien, le Québec peut se greffer à ça puis faire route commune avec les Premières Nations.

M. Lisée : Bien, s'il y a une ronde autochtone, elle est autochtone, et il faut qu'il y ait une ronde pour tous.

Mme Plante (Caroline) : Le Québec peut s'inclure dans ça, non?

M. Lisée : On vivra assez vieux pour ne pas vivre ça, je pense.

Le Modérateur : En anglais maintenant.

M. Lisée : Je veux dire une dernière chose, cependant.

Mme Plante (Caroline) : Mais les deux ne s'opposent pas nécessairement, là.

M. Lisée : Vous leur parlerez.

Mme Lévesque (Catherine) : À votre avis, M. Lisée...

M. Lisée : Il arrive que... Mais je veux vous dire autre chose. Je veux vous lire un petit texte intéressant parce qu'on se demande, au-delà des motivations de fédéralisme... J'ai un document ici qui dit : «Soyons clairs : la voie des grandes manoeuvres constitutionnelles, en particulier celles requérant l'unanimité[...], n'est pas à privilégier. Celles-ci ne doivent pas constituer le point de départ, mais au contraire le point d'arrivée d'un processus visant à renouveler le partenariat qui unit le Québec au reste du Canada.»

Je viens de vous citer la plateforme constitutionnelle de la CAQ, qui prend mot à mot ce qui... c'est-à-dire que le gouvernement, aujourd'hui, prend mot à mot ce que dit la CAQ, c'est-à-dire pas un point de départ mais un point d'arrivée, un processus qui nous conduira peut-être un jour à changer la constitution. Donc, parfois, je vous parle du p.l. n° 4, là, sur les baisses d'impôt, sur Énergie Est. Maintenant, sur la question constitutionnelle, ils ont le même programme.

Le Modérateur : Une dernière en français.

Mme Lévesque (Catherine) : Mais, M. Lisée, pourquoi est-ce que vous pensez que le gouvernement Couillard soulève l'enjeu de la constitution aujourd'hui, là, mises à part toutes les allégations sur Marc-Yvan Côté?

M. Lisée : C'est pour ça. C'est pour ça. Ils veulent prendre les électeurs de la CAQ. Ils ont pris les députés de la CAQ, ils ont pris le programme de la PAQ... Voyons! Ils ont pris les députés de la CAQ, ils ont pris le programme de la CAQ pour les compressions, maintenant ils prennent le programme de la CAQ sur la constitution. Alors, ils veulent les électeurs de la CAQ.

Mme Lévesque (Catherine) : Alors, c'est la CAQ, leur véritable adversaire à ce moment?

M. Lisée : Clairement. Bien, il y a aussi Justin Trudeau.

M. Lecavalier (Charles) : M. Lisée, une petite question sur un autre sujet. Bon, on a vu que M. Couillard, deux semaines avant le reportage d'Enquête, avait aussi souhaité un joyeux anniversaire à M. Côté. Il l'avait aussi, à ce moment-là, invité à son chalet. Est-ce que vous avez l'impression que ces nouvelles révélations démontrent que M. Couillard a manqué de transparence?

M. Lisée : Bien oui. Bien, déjà, vous lui avez posé la question : Quand vous n'étiez pas en politique, avez-vous eu des rapports avec Marc-Yvan Côté? Il a dit : Je l'ai croisé une fois, c'est tout. Il aurait dû dire : Je l'ai invité quelquefois à mon chalet. Je l'ai recroisé une fois, c'est tout. Si c'est tout. Il a délibérément choisi de cacher une partie de la vérité quand vous lui avez posé la question dans le cadre d'un point de presse qui portait spécifiquement là-dessus et pour lequel il s'était préparé.

Alors, c'est quelqu'un, M. Couillard, qui a pris la décision de mentir par omission. Il l'a pris. Et, à chaque fois que vous allez sortir un autre courriel, je ne sais pas combien vous en avez, ça va démontrer simplement qu'au jour où il avait l'opportunité de dire toute la vérité il a choisi délibérément de ne pas la dire.

Mme Johnson (Maya) : Merci. Mr. Lisée, why do you see this constitutional plan as a document aimed at garnering support from people who would vote for the CAQ?

M. Lisée : Well, because the CAQ has decided, a year ago, about, to be the party that will try and get Quebec back into the Constitution in a gradual way. And maybe they're getting some traction with that because there are people in Quebec who feel this would be the preferred solution, they would like this to happen.

Now, Mr. Couillard had been completely silent on this issue, as though it was not important. And today he says : It's very important, and uses almost the very words of the CAQ : A process that will be soft at the beginning, that, at one point, will be capped by a constitutional change. So, they're really… they're stealing the thunder of the CAQ, but the CAQ stole this thunder from the previous Liberal governments. So, basically, we have an attempt by the Liberal Government to shore up its support amongst those who still dream of a reformed Canada and try to regain these voters.

Mme Johnson (Maya) : Do you see what Couillard has done today as something that has failed before the process has even begun, based on the reaction from Prime Minister Justin Trudeau?

M. Lisée : Well, Justin Trudeau, you know, he had a choice. He could have come in front of reporters, be dignified, be elegant and say : Well, you know, this is not my priority, the Constitution, but I heard Mr. Couillard says that he wants to open a dialogue with Canadians, and I welcome that. I don't see the day where we'll have a constitutional conference, but dialogue… You know, there were ways for Mr. Trudeau to be decent. He chose to be flippant, to be… He chose to be flippant, inelegant and to show disregard for the Chief of government of the Quebec nation in the worst possible way. And, in a sense, he does represent large portions of English Canadian reaction towards anything that comes from Quebec.

And so, Mr. Trudeau made a quick calculation that there was no political loss in being disrespectful towards Mr. Couillard today. And, the sad thing is he's probably right. Disrespecting Quebec is a good thing when you want to have votes in the rest of Canada.

Mme Johnson (Maya) : So you see the Prime Minister's reaction as a reflection of the rest of Canada's attitude towards Québec, generally speaking, whenever Québec makes any kinds of demands.

M. Lisée : I'll give you a poll from 2012. More people in the rest of Canada feel that Québec is a weight rather than an asset for Canada. You know… That's it. It's sad. But that's it.

(Fin à 15 h 49)

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