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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, député de Gouin, et Mme Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques

Version finale

Le mardi 13 juin 2017, 11 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures trente-huit minutes)

Mme Massé : Alors, bonjour, tout le monde, bon début de semaine. En fait, on commence cette semaine encore avec une menace de loi spéciale. Ça fait trois ans maintenant que je suis élue au Parlement, il me semble que ça arrive assez régulièrement qu'on se retrouve dans cette situation-là. D'ailleurs, depuis janvier, c'est la troisième fois où le gouvernement libéral veut forcer les travailleurs, travailleuses à retourner au travail avec une loi spéciale. Je vous dirais, je ne comprends pas qu'il ne comprenne pas que, dans notre Code du travail, la négociation de bonne foi de la part des employés et des employeurs fait partie de la logique de notre Code du travail. Menacer avec une loi spéciale que ce soient les juristes, que ce soit la construction, l'été dernier le Bella-Desgagnés, maintenant les ingénieurs de l'État, menacer d'une loi spéciale égale appauvrir le rapport de forces employeur-employés. Et d'ailleurs c'est inquiétant parce que ce gouvernement-là, qui se dit vouloir une économie de dirigeants, ça nous inquiète parce que, dans le fond, le message qu'il envoie encore une fois, c'est de dire aux patrons, c'est de dire aux dirigeants : Inquiétez-vous pas, si vous n'arrivez pas à négocier, nous, on vous garantit qu'on est capables d'écrire une loi spéciale qui va forcer les travailleurs et travailleuses à retourner au travail. Vous savez bien que nous, à Québec solidaire, on trouve ça inacceptable. Nous, c'est plutôt une économie de travailleurs, travailleuses qu'on souhaite, et ce qu'on souhaite aussi, c'est de nous assurer que les droits des travailleurs, travailleuses soient respectés.

Je terminerais en vous disant que la demande des ingénieurs nous apparaît tellement, tellement légitime, une demande d'arbitrage. Y a-tu quelque chose de plus simple, après quelques mois de négociations, après quelques semaines de grève, de dire : On n'y arrivera pas, on sent qu'on n'y arrivera pas... Donc, le Code du travail prévoit cette notion d'arbitrage. Les syndiqués demandent l'arbitrage au lieu d'une loi spéciale parce que disons que le gouvernement, là-dedans, est un peu juge et partie, hein? Alors donc, cette demande-là nous apparaît légitime. Et je vous dirais tellement qu'elle est légitime que, dans la dernière loi spéciale que le gouvernement libéral a proposée, lui-même a intégré dans sa loi spéciale, si les négociations n'aboutissaient pas, la nécessité d'arriver à un arbitrage. Alors, pourquoi cette fois-là ça serait différent? On demande à M. Couillard de cesser d'utiliser cette menace et de répondre positivement à la demande d'arbitrage.

M. Nadeau-Dubois : Un autre enjeu qui va être bien important pour nous cette semaine, c'est celui, bien sûr, du projet de loi qui a été déposé par le ministre de l'Éducation à la toute fin de la semaine dernière sur, notamment, là, la question des enfants sans papiers. Vous savez, à Québec solidaire, on a, la semaine passée, disons, salué la volonté du ministre de l'Éducation de régulariser la situation. Le problème, c'est que c'est un geste qui est beaucoup trop tardif. Il y a, dès cet automne, plusieurs centaines d'enfants au Québec qui ne fréquenteront pas l'école primaire et secondaire. Il faut agir beaucoup plus rapidement.

Nous avions déposé, de notre côté, un projet de loi il y a de cela quelque temps et on réitère ce matin notre appel au ministre de l'Éducation de se saisir de notre projet de loi, de le déposer. Il y a de l'espace dans l'agenda législatif cette semaine encore. Donc, nous, on invite le ministre de l'Éducation à appeler le projet de loi solidaire pour que, dès cet automne, les enfants à statut migratoire précaire puissent avoir accès à l'éducation. Ce serait une manière pour le gouvernement, d'une part, de se conformer à ses obligations légales en vertu des conventions internationales des droits humains, mais ce serait aussi une manière pour le gouvernement de poser un geste concret en matière d'intégration, parce que les enfants qu'on laisse sur le bord du chemin, les enfants qui ne fréquentent les écoles québécoises, bien, c'est des familles qu'on laisse de côté, c'est des familles qu'on n'intègre pas à la société et aux institutions québécoises. Donc là, en matière d'intégration, il est temps que les libéraux passent de la parole aux actes et appellent le projet de loi de Québec solidaire pour permettre à tous les enfants du Québec, tous les enfants du Québec, quel que soit leur statut migratoire, d'avoir accès à l'école. C'est un droit fondamental. Et ils en ont un, projet de loi, là, ils en ont un, celui de Québec solidaire, et nous, on est convaincus qu'il est possible, rapidement, d'avoir un consensus autour de ce projet de loi là et de régulariser la situation. Malheureusement, le ministre s'est pris trop tard avec son projet de loi, malgré ses bonnes intentions. Nous, on pense que, là, il faut agir beaucoup plus rapidement pour que, dès septembre, à la rentrée, tous les enfants du Québec puissent aller à l'école.

La Modératrice : Merci. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Deux questions, une sur la loi spéciale pour Mme Massé. Mme Massé, ce que réclament les ingénieurs, c'est un arbitrage liant, ce qui veut dire l'arbitre décide puis le gouvernement n'a plus rien à dire, il perd son droit de gérance. Vous êtes d'accord avec ça?

Mme Massé : Bien, les employés perdent aussi leur droit de négo, hein? C'est ça, la notion d'arbitrage dans notre Code du travail, c'est-à-dire, après négociation, on demande à quelqu'un de l'extérieur de venir nous dire elle est où, la voie de passage. Et je pense que cette demande d'arbitrage là, elle est tellement logique que, même dans son dernier projet de loi spéciale, le gouvernement à aussi imposé, au bout du processus, pour les gens de la construction, un arbitrage.

M. Laforest (Alain) : Question en éducation. Ce matin, plusieurs spécialistes disent que l'annonce de la maternelle quatre ans, il faut que le gouvernement passe au-delà des lobbys et ait le courage politique de l'annoncer à l'ensemble du Québec et non pas uniquement pour les milieux défavorisés parce qu'on rate la cible. Vous en dites quoi?

M. Nadeau-Dubois : Les experts ne s'entendent pas, hein, sur quel est exactement la meilleure manière d'accompagner les enfants en âge préscolaire. Il y a les CPE, il y a la maternelle quatre ans. Nous, à Québec solidaire, on ne veut pas opposer les deux. L'important, c'est de prendre soin de tous les jeunes enfants du Québec.

La maternelle quatre ans, on n'est pas contre, encore faut-il que ce soit bien fait, que ça répondre aux besoins de tous les enfants, peu importe leur quartier, et que ça soit accompagné des services nécessaires. Mais, de notre côté, on juge qu'il y a une incohérence dans l'approche libérale, où là on annonce ce matin des investissements en maternelle quatre ans après avoir affaibli le réseau des CPE pendant la première moitié de son mandat. Donc là, il faut se brancher, là. Si on veut vraiment aider les jeunes enfants, et c'est une priorité en éducation, il faut cesser d'affaiblir le réseau des CPE, ce qui ne veut pas dire s'empêcher d'investir en maternelle quatre ans. Mais il faut avoir de la cohérence, il faut avoir une vision globale puis il faut rompre avec une vision électoraliste qui vise à annoncer des mesures à la pièce.

La Modératrice : Jean-Marc Salvet, Le Soleil.

M. Salvet (Jean-Marc) : Bonjour. Sur l'accord Canada-Union européenne, il y aura un débat, donc il y aura vote à l'issue de ce débat. Est-ce que je suppute bien en pensant que vous allez voter contre?

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

M. Salvet (Jean-Marc) : Est-ce que je suppute bien en pensant que vous allez voter contre? Parce qu'il sera débattu, cet accord, aujourd'hui à l'Assemblée nationale...

M. Nadeau-Dubois : Oui. Ah! oh oui, O.K., contre l'accord? Bien, bien sûr...

M. Salvet (Jean-Marc) : Pardon, sur l'accord, excusez-moi.

M. Nadeau-Dubois : Québec solidaire est le seul parti politique qui a le courage de remettre en question le dogme du libre-échange. On salue la volonté d'autres partis de vouloir amoindrir les impacts de l'accord sur certains secteurs, notamment le secteur des fromagers, mais le problème, il est beaucoup plus large. Le problème, c'est qu'on a encore une fois devant nous un accord négocié de manière confidentielle derrière des portes closes et on a un accord qui va subordonner la démocratie au commerce, et ça, pour nous, à Québec solidaire, c'est ça, le problème fondamental, on va mettre des bâtons dans les roues aux législateurs pour protéger l'environnement, pour protéger les services publics au nom d'un libre-échange débridé.

M. Salvet (Jean-Marc) : Mais qu'est-ce qui, dans cet accord, précisément, vous agace dans celui-ci? Parce que, là, vous me faites, pardon, mais une théorie un peu générale sur les accords de libre-échange. Mais dans celui-ci?

M. Nadeau-Dubois : Bien, ce qu'il faut réaliser, c'est que les accords comme l'AECG, ce n'est pas simplement une question commerciale, ce n'est pas simplement un accord qui vient fluidifier le commerce, c'est aussi un accord qui instaure des instances décisionnelles au-dessus des États. Et ça, dans l'AECG, ça le distingue même de la première génération d'accords commerciaux qui agissaient, par exemple, sur la question des tarifs. Avec l'AECG, on a une bibitte bien différente, là. Il ne s'agit pas juste de diminuer les tarifs puis de permettre d'échanger des marchandises plus facilement, il s'agit d'instaurer des autorités au-dessus des États, en instaurant, par exemple, des tribunaux extrajudiciaires. Ça, c'est un problème démocratique, et ça va avoir des impacts sur certaines industries, notamment celles des fromages, et c'est une lutte qu'on appuie tout à fait. Sauf que c'est juste une partie du problème. Le problème, il est beaucoup plus général. Cette nouvelle génération là d'accords commerciaux va beaucoup plus loin que la simple question des tarifs, ça ouvre toutes sortes de pans de la société québécoise à l'intervention d'entreprises extérieures, notamment dans le cas de l'AECG, les services publics. Donc, on est dans un... Il faut réaliser, là, il faut que les gens, il faut que la population, dans le fond, réalise qu'on n'est plus simplement dans des accords commerciaux. C'est plus que ça, l'AECG. C'est plus qu'un accord commercial, c'est un accord qui retire du pouvoir démocratique, et ça, c'est le problème fondamental, en plus de tous les problèmes spécifiques que ça cause à certaines industries.

La Modératrice : Patrick Bellerose, Le Journal de Québec.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour, tous les deux. Comment qualifieriez-vous les dépenses de l'OIF révélées ce matin par Le Journal de Québec?

Mme Massé : Par?

M. Bellerose (Patrick) : Par Le Journal de Québec. Donc, les dépenses à l'OIF?

Mme Massé : La francophonie, O.K. Bien, c'est sûr qu'à chaque fois que l'argent public est utilisé pour des choses qui peuvent nous apparaître comme étant superflues, dont notamment de la rénovation de logements, si c'est bien de cela qu'on parle, bien, je vous dirais, moi, ce que ça me fait, c'est... Bien, c'est de ça qu'on vous parle, à Québec solidaire. On vous parle de comment il y a une élite qui pense que les fonds publics lui appartiennent et qu'elle peut faire ce qu'elle veut, même des choses qui, pour le commun des mortels, semblent déraisonnables.

Mais ceci étant dit, c'est comme une logique qui s'est installée et que j'espère, un jour, on va réussir à déconstruire parce qu'à l'opposé de cela il y a des gens qui, à la base de la pyramide, on leur dit, au niveau de l'aide sociale, au niveau du salaire minimum, à plein de niveaux : Bien, vous autres, vous commencez à coûter un peu trop cher.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, Mme Jean se paie un train de vie somptueux avec les fonds publics?

Mme Massé : Ce que je vous dis, c'est que c'est une tradition dans l'élite de croire que d'investir, je ne me souviens plus des montants, là...

M. Bellerose (Patrick) : 500 000 $ pour les rénovations.

Mme Massé : ...500 000 $ pour rénovations, c'est légitime de le faire. Alors, nous, bien, continuons à se poser des questions sur quand est-ce que, dans le fond, quelque chose de, bien, tout à fait légal, mais commence à être un peu immoral.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce qu'on devrait revoir le rôle de secrétaire générale de l'OIF? L'OIF, j'imagine que vous êtes pour, mais le rôle de secrétaire générale qui se promène comme ça à travers le monde?

M. Nadeau-Dubois : Bien, le problème, il est plus profond que ça. Le problème, c'est la déconnexion entre cette élite-là et le quotidien de la très grande majorité des gens au Québec. Pour la majorité des gens au Québec, là, 500 000 $, là, c'est plusieurs fois leurs revenus dans une année. Alors, mettons-nous dans la peau de ces gens-là qui voient des... seulement des rénovations de logements de 500 000 $, ça témoigne — et le problème, ce n'est ni Michaëlle Jean ni l'OIF en particulier, le problème est général — d'une déconnexion entre l'élite et les gens ordinaires, et c'est de ça dont les gens sont tannés, et ça, ça alimente le cynisme, pas juste à l'égard de l'OIF, ça alimente le cynisme à l'égard de toutes les institutions.

M. Bellerose (Patrick) : Mais je vous repose la question : Est-ce qu'on doit abolir cette position-là?

M. Nadeau-Dubois : Non, je ne crois pas que c'est nécessaire d'abolir cette fonction-là.

M. Bellerose (Patrick) : Juste revoir la façon que c'est gouverné.

M. Nadeau-Dubois : Bien sûr.

M. Bellerose (Patrick) : Merci.

La Modératrice : Annabelle Blais, bureau d'enquête du Journal de Montréal.

Mme Blais (Annabelle) : Juste pour rebondir un peu sur les questions de mon collègue, le gouvernement a aussi accès aux états financiers, vu qu'on participe au financement de l'OIF. Est-ce que le gouvernement a failli à sa tâche? M. Lisée avait l'air de dire, un peu plus tôt, qu'eux étaient au courant des dépenses de M. Diouf, qu'il y avait quand même de la rigueur dans la gestion de l'argent. Là, il semble que ça n'a pas été le cas avec le gouvernement actuel et Mme Jean. Est-ce que le gouvernement a failli à sa tâche?

Mme Massé : Bien, honnêtement, je ne sais pas exactement comment fonctionne l'ensemble de la mécanique, hein, on est dans quelque chose qui est international. Mais, pour sûr, si on n'a pas les mécanismes pour nous assurer qu'à un moment donné on puisse mettre une limite à ce genre de dépenses, il y a un problème. Alors, je ne sais pas s'ils existent ou non. M. Lisée semble dire qu'ils existent. Moi, je ne sais pas s'ils existent ou non, je n'ai pas cette connaissance fine, mais pour sûr, s'ils n'existent pas, ils doivent exister parce qu'en bout de ligne, comme vient de le dire Gabriel, c'est ça qui fait que les gens deviennent complètement exaspérés de la classe politique et de ses représentants, c'est cette déconnexion, c'est ce fait que des gens se sentent légitimes de pouvoir faire ce genre de choix économiques.

M. Nadeau-Dubois : Le gouvernement Couillard prétend, depuis son élection, être un excellent gestionnaire de fonds publics, alors on espère qu'il va être à la hauteur de ses prétentions et qu'il va intervenir. Parce que, s'il est vraiment ce qu'il prétend être, c'est-à-dire un bon gestionnaire de fonds publics, il va rappeler à l'ordre les représentants de l'OIF sur ce genre de dépenses là.

Mme Blais (Annabelle) : Donc, vous demandez qu'il rappelle à l'ordre.

M. Nadeau-Dubois : Bien, en tant que membre de l'organisation et en tant que gouvernement qui se prétend être un exceptionnel gestionnaire de fonds publics, on s'attend à ce qu'il pose un geste.

La Modératrice : Merci. Kathryne Lamontagne, Journal de Québec.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Bonjour. Le gouvernement s'inquiète, actuellement, de l'assimilation potentielle des communautés anglophones qui vivent à l'extérieur de Montréal. Qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce qu'il faut vraiment craindre cette assimilation-là par le français?

M. Nadeau-Dubois : Bien, moi, je suis très fier, en tant que Québécois, d'être dans une société où la minorité anglophone a des droits qui sont protégés, a des institutions qui lui sont garanties — commissions scolaires, hôpitaux, médias — et ça, c'est une fierté, je pense, pour beaucoup de gens au Québec, d'avoir historiquement protégé la minorité anglophone. Et on aurait bien espéré que le reste du Canada ait fait la même chose avec les minorités francophones. Malheureusement, ça n'a pas été le cas.

Donc, moi, je pense qu'il faut remettre les choses en perspective. On est déjà, à travers le monde, un des endroits qui protège le mieux ses minorités linguistiques, en tout premier chef la minorité anglophone. Donc, je pense qu'il faut rappeler ça dans ce débat-là. Et, moi, ce qui m'inquiète surtout, actuellement, ce n'est pas le sort de la communauté anglophone, ce qui m'inquiète surtout, c'est le français à Montréal, ce qui m'inquiète surtout, c'est la qualité de l'enseignement du français dans les écoles du Québec. Ça, moi, c'est ça qui m'inquiète et c'est ça qui nous inquiète, à Québec solidaire, bien plus que le sort de la minorité anglophone qui est — et c'est une bonne chose — une des mieux protégées au monde.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Donc, selon vous, il n'y aurait pas de mesures supplémentaires à adopter pour bien protéger ces minorités-là, même à l'extérieur de Montréal? Parce que c'est surtout ça, le point, là.

M. Nadeau-Dubois : Oui, moi, je pense que la... écoutez, je ne suis pas prêt à dire aujourd'hui qu'il n'y aurait rien à faire dans aucun cas, je vous dis que, de manière générale, la priorité au Québec, ça doit être de mieux protéger le français, puis ça doit être de s'assurer que l'enseignement du français dans nos écoles soit optimal pour tous les enfants du Québec, à commencer par ceux qui viennent tout juste de se joindre à nous, au Québec. Ça, pour moi, c'est la priorité. L'idée n'est pas de fermer la porte à des aménagements s'il y a des problèmes vécus par certaines communautés anglophones, mais plus de... il faut ramener, là, un ordre de priorité dans les problèmes linguistiques au Québec. C'est plus ça...

Mme Lamontagne (Kathryne) : Ça fait que, selon vous, le français est prioritaire à l'anglais.

M. Nadeau-Dubois : Bien sûr. Le français, c'est la langue commune au Québec, c'est la langue de l'histoire du Québec puis c'est la langue de l'avenir du Québec, et ça doit être ça, notre priorité.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Hugo Pilon-Larose, de LaPresse. On apprenait ce matin que la Société québécoise des infrastructures était divisée face à la question : Est-ce qu'on doit poursuivre le chantier sur l'îlot Voyageur ou vendre le terrain à des intérêts privés? Mme Massé, l'îlot Voyageur, c'est dans votre circonscription.

Mme Massé : Absolument, absolument, et quelle saga depuis tant d'années. Je vous dirais que, déjà, l'îlot Voyageur, dans ses différentes parties, a coûté très cher au peuple québécois, déjà, a coûté très cher à l'UQAM, hein, dans sa structure financière. Je sais qu'il y a eu des projets, différents projets qui ont été amenés, dont notamment celui qui a été poussé le plus loin, c'est-à-dire de maintenir le bâtiment et ses terrains dans le giron du gouvernement du Québec en y installant des fonctionnaires, etc. Je crois que c'est de ça que nous attendons des nouvelles depuis déjà très longtemps.

Mais il y a une chose que je veux aviser le gouvernement libéral et la SIQ, c'est que nous avons tellement, collectivement, investi d'argent dans ce projet-là, nous avons tellement, collectivement, investi dans la revitalisation de cet espace à côté, avec la Grande Bibliothèque, avec Les Jardins Gamelin, où on a fait, en sorte, de la cohabitation. Parce qu'il y a une population, qui s'appelle une population itinérante, qui habite ce secteur-là, qui habite cette portion-là de la ville. Et, si la perspective est de vendre l'îlot Voyageur pour, encore là, développer de l'habitation de luxe dans le centre-ville de Montréal, bien là je vais nous rappeler collectivement que des condos de luxe, là, il y en a en masse dans la circonscription. Ce qu'on a besoin, c'est de poursuivre la dimension structurante qu'a jouée l'arrivée de la BANQ à côté de l'îlot Voyageur et la poursuivre. Et des projets, il n'en manque pas. Alors, j'ai très hâte de voir avec quoi va nous arriver M. Moreau.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Jugez-vous que le projet actuel, tel qu'il est conçu, de mettre des fonctionnaires, justement, sur le site de l'îlot Voyageur va aider, pourrait aider les populations itinérantes, que vous parlez, du secteur?

Mme Massé : Bien, c'est-à-dire que, dans la mesure où les fonctionnaires, qui sont d'ailleurs déjà un peu... ils sont à la Place Dupuis, ils sont un peu partout, là, ils sont déjà dans le pourtour, et il y en a plus éloignés, moi, je pense qu'il y a de la cohabitation, puisqu'il y en a déjà avec les gens de la BANQ, et tout ça.

Par contre, souvent, quand on va dans du logement privé, quand on va dans du condominium de luxe ou un peu moins, ces gens-là arrivent dans le centre-ville et ne souhaitent pas cohabiter avec les gens qui habitent déjà cet espace-là. Alors, c'est plus là où moi, j'ai des craintes. Mais, pour le reste, on va attendre le résultat, puis ça nous fera plaisir de commenter. Merci.

(Fin à 11 h 59)

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