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Point de presse de M. Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean, et M. Dave Turcotte, porte-parole de l’opposition officielle en matière de services sociaux et de protection de la jeunesse

Version finale

Le mardi 13 juin 2017, 13 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures vingt-neuf minutes)

La Modératrice : Bon, alors, on va commencer. M. Alexandre Cloutier, porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation et député de Lac-Saint-Jean, va faire une déclaration; ensuite, M. Dave Turcotte, porte-parole du Parti québécois en matière de services sociaux; ensuite, M. Gino Lebel, porte-parole des résidents de la Maison Jean-Eudes-Bergeron, va prendre la parole. Ils sont accompagnés de résidents de la maison ainsi que de leurs familles et amis. M. Cloutier, la parole est à vous.

M. Cloutier : Je vous remercie. Alors, c'est un immense honneur pour moi aujourd'hui d'être réuni, accompagné des résidents de la Maison Jean-Eudes-Bergeron ainsi que les parents, les bénévoles qui les accompagnent.

Écoutez, c'est assez incroyable. Ils sont partis ce matin du Lac-Saint-Jean, malgré tous les défis techniques que ça représente pour eux d'être présents avec nous aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Ils sont venus exprimer un souhait, un voeu, une demande au gouvernement du Québec. Ils ne veulent pas retourner en CHSLD. Ils veulent continuer à vivre avec leur famille, avec leurs amis, et ça s'appelle la Maison Jean-Eudes-Bergeron. C'est la seule résidence pour personnes lourdement handicapées physiquement, au Lac-Saint-Jean, un milieu de vie qu'on peut dire d'exceptionnel, une maison qui est flambant neuve, digne de tous les meilleurs critères de notre société d'aujourd'hui. Le hic, c'est qu'il y a un grave problème de financement récurrent, et ce problème de financement est lié directement aux enveloppes gouvernementales.

Il faut savoir que la Maison Jean-Eudes-Bergeron, ce ne sont pas des gens qui se sont improvisés, à la dernière minute, en fondant cette maison en 2014. C'est en collaboration avec le ministère de la Santé ainsi que le milieu, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui s'est pris en main pour trouver les sommes nécessaires à la construction et à l'offre de services pour les personnes lourdement handicapées. Alors, visiblement, le financement est inadéquat considérant la lourdeur des cas qui sont présents à la Maison Jean-Eudes-Bergeron, et malheureusement, ils se retrouvent dans les mauvaises cases du système. Alors, si les cases sont mauvaises, qu'on les change pour s'assurer de la dignité des personnes handicapées qui souhaitent poursuivre à vivre dans un milieu qui est stimulant et qui est carrément leur milieu de vie à eux.

On demande donc l'intervention du premier ministre du Québec, qui est aussi le ministre responsable de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Je rappelle que le premier ministre est aussi député de Roberval et donc, lui aussi, c'est la seule ressource intermédiaire pour personnes handicapées physiquement sur le territoire. Et on a besoin d'une intervention financière à court terme jusqu'à ce que nous trouvions une solution alternative à un financement qui serait suffisant dans le temps pour assurer la survie de la maison.

Alors, aujourd'hui, ils se sont déplacés à l'Assemblée nationale dans l'espoir d'avoir une réponse positive de la part du premier ministre ainsi que de la ministre responsable. Mais ce qui est certain, c'est que mon collègue et moi n'avons pas l'intention de les laisser tomber. C'est une aberration du système que de leur dire qu'ils devraient être transférés dans des CHSLD alors qu'ils vivent des réalités complètement différentes. Alors, sur ce, je vais céder la parole à mon collègue et porte-parole national aux services sociaux puis ensuite à Gino Lebel qui est porte-parole et résident de la Maison Jean-Eudes-Bergeron.

M. Turcotte : Donc, bonjour à vous toutes et à vous tous. Des citoyens du Lac-Saint-Jean, de la circonscription de Lac-Saint-Jean se sont mobilisés, se sont déplacés ici aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Pourquoi? Pour militer, pour demander, pour exiger, et avec raison, leur autonomie, leur liberté, leur capacité de choisir. Dans leur milieu de vie où ils vivent au quotidien, ils ont développé des amitiés, ils ont créé un attachement sincère et profond à l'endroit de ce lieu de résidence. On dit que c'est des milieux de vie. Ce n'est pas que des paroles, ça doit aussi être une réalité, et on le sait, et on le vit au quotidien pour les gens qui y travaillent, pour les gens qui vivent dans les CHSLD. Malheureusement, la solution pour eux n'est pas d'être dans un CHSLD.

Combien de cas ça va prendre dans les médias pour que le gouvernement entende raison et réalise que la solution, elle est dans des initiatives comme la Maison Jean-Eudes-Bergeron à Alma, comme dans d'autres régions aussi, ce genre d'initiative? En attendant, donc dans un court délai, là, en ce moment, là, parce qu'il y a urgence d'agir, le gouvernement doit assurer un financement temporaire d'urgence pour le maintien de cette ressource, le temps qu'une solution pérenne pour maintenir ce lieu de vie, ce milieu de vie pour les 20 résidents demeure, mais aussi, il faut que le gouvernement prenne à bras-le-corps cet enjeu et règle la question.

Le Dr Barrette a dit récemment que, s'il fallait sortir toutes les personnes handicapées des CHSLD, il le ferait, mais on a ici une ressource qui, au quotidien, fait ce que le ministre souhaiterait, c'est-à-dire s'adapte à leur réalité en tant que personne avec un handicap, vivant avec un handicap, et malheureusement cette ressource-là est menacée. Donc, réglons le cas dès maintenant de cette ressource pour que cette ressource-là puisse continuer à exister, mais aussi faisons en sorte qu'il y ait des actions concrètes pour l'ensemble des personnes handicapées au Québec pour qu'ils puissent vivre dans la dignité, et dans leur autonomie complète, et dans un milieu de vie qui répond à leurs aspirations, à leur âge, à leurs besoins et à leur condition.

La Modératrice : Merci. M. Lebel.

M. Lebel (Gino) : Nous, aujourd'hui, on s'est déplacé avec le comité de relance, comme on l'appelle, qu'on a formé à la Maison Jean-Eudes-Bergeron. On est venu demander au premier ministre et à la ministre de nous donner un soutien, parce que nous, où est-ce qu'on est, on est bien. On a notre intégrité, puis nous autres, on a besoin de ça pour continuer à vivre comme on vit, parce que nous autres, on est très bien où est-ce qu'on est. Puis on désire beaucoup, beaucoup que le gouvernement se mette les mains à la pâte et décide de donner les fonds adéquats pour les ressources comme la nôtre puis tout ça.

Puis comme je suis le premier en fauteuil roulant qui a décidé de, comme on dirait en bon québécois, prendre le taureau par les cornes et se battre pour la maison, bien, c'est ça, j'ai fait des promesses à mes amis qui sont derrière moi puis je leur ai dit que tant puis aussi longtemps que je vais être là, la maison, elle va rester ouverte puis que, s'il faut, je l'ai dit hier à plusieurs reprises, s'il le faut, je vais m'enchaîner à la bâtisse, je verrai ce que je ferai. Mais je peux vous dire que ce que je dis aujourd'hui, c'est le réel, puis ça va se passer s'il faut qu'il me sorte de mon chez-moi. Merci.

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. Mathieu Dion, Radio-Canada, micro de gauche.

M. Dion (Mathieu) : Vous êtes au gouvernement... puis aujourd'hui, ce serait très raisonnable de le faire, de faire une exception pour cette maison-là, mais vous êtes au gouvernement puis vous dites : Si on dit ou à eux, il faut dire oui à d'autres. C'est un peu ça un peu le dilemme dans lequel est pris le gouvernement aujourd'hui.

M. Cloutier : Absolument pas. Le gouvernement est pris dans... prétend que c'est un dilemme, alors que ça coûterait le double de les envoyer dans un CHSLD. Alors, peu importe l'analyse que vous faites, si vous faites l'analyse plus humaine, vous allez dire : Mais c'est fou, complètement fou de les retirer de leur milieu de vie, de leur maison, de leurs amis. Puis, si vous regardez purement sur le plan administratif, bien, vous dites aussi : C'est fou de payer le double de ce que ça coûte dans la résidence intermédiaire actuelle.

Alors, si on n'a pas les bonnes cases du côté gouvernement, qu'on en crée des nouvelles parce que, visiblement, ces nouvelles cases là vont coûter moins cher que de les envoyer dans un CHSLD qui n'est pas approprié pour recevoir des personnes lourdement handicapées, mais qui ne sont pas en fin de vie, là. Ils sont en santé, ils font leur vie, ils sont heureux, ils ont un milieu de vie. Ça n'a rien à voir avec la réalité d'un CHSLD.

M. Dion (Mathieu) : Est-ce qu'il faut, à chaque fois, y aller à la pièce?

M. Cloutier : Bien, il faut éviter ça. C'est qu'il y a du monde qui ont justement... qui ne se sont pas assurés qu'il y avait des cases suffisantes pour l'ensemble de la société québécoise, et ça s'adonne que ce sont des personnes lourdement handicapées. Et ça prend des gens qui les défendent, qui les représentent, et qu'on s'assure que le financement sera adéquat pour qu'ils soient traités avec toute la dignité nécessaire.

Mon collègue vous l'a dit tout à l'heure, on a Gaétan Barrette, la main sur le coeur, qui dit : Les personnes lourdement handicapées, ce n'est pas leur place dans un CHSLD. Bien, que les babines suivent les intentions du gouvernement et qu'il prenne l'exemple devant vous aujourd'hui, où la résidence est flambant neuve, elle vient juste d'être construite. Elle est fonctionnelle, ils l'aiment, c'est leur milieu de vie. Tout ce qui manque, c'est 25 000 $ par mois. Je ne peux pas croire qu'on va fermer une résidence pour 25 000 $ par mois.

M. Dion (Mathieu) : M. Lebel, je peux vous poser une question?

M. Lebel (Gino) : Oui.

M. Dion (Mathieu) : Qu'est-ce que ça vous fait quand ce qu'on entend du gouvernement, finalement, c'est qu'il n'y a pas de case pour vous?

M. Lebel (Gino) : Bien, je vais vous dire de quoi : on dirait qu'il y a la case où les personnes âgées ont leur case, et les personnes avec une déficience mentale ont leur case, mais nous autres, les handicapés, on dirait qu'on est entre deux. On dirait qu'eux autres, il n'y en a pas de case pour nous autres. On dirait qu'on n'est pas là, on n'existe pas. C'est ça.

M. Dion (Mathieu) : Ça vous fait quoi?

M. Lebel (Gino) : Bien, ça fait que... regarde, je vais vous dire, moi, j'ai habité avec ma mère, ça fait longtemps, puis le CLSC, dans le temps, disait à ma mère : Bien, si vous n'êtes pas capable de vous occuper de votre garçon, placez-le. Puis là je me suis trouvé une place idéale, qui est appropriée à mes soins puis aux soins de mes amis, puis là on me dit que non, là, ça ne marche plus. Ce n'est pas normal.

M. Dion (Mathieu) : M. Cloutier, je peux vous poser une petite question juste sur l'aide alimentaire, pendant que vous êtes là?

M. Cloutier : Absolument.

M. Dion (Mathieu) : Le ministre Proulx a dit ce matin qu'ils vont permettre aux écoles de catégorie 8 de recevoir l'aide alimentaire. Pour vous, est-ce que c'est une victoire?

M. Cloutier : C'est clairement une victoire, clairement un pas dans la bonne direction. Puis on a une responsabilité au Québec : s'assurer que tous nos enfants n'aient pas faim lorsqu'ils entrent en classe et qu'ils puissent se concentrer sur l'apprentissage.

M. Dion (Mathieu) : Est-ce que c'est encore assez?

M. Cloutier : C'est certainement un grand pas dans la bonne direction. Il faudra voir les impacts réels ensuite sur le terrain, mais on salue ce recul gouvernemental qui est clairement un pas dans la bonne direction pour nos jeunes de Québec.

La Modératrice : Merci. On va rester en français avant. Pascal Dugas, QMI.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : On dit qu'à court terme on a besoin d'argent pour garder cette maison-là ouverte. À long terme, c'est quoi, le plan qu'on devrait mettre sur pied?

M. Cloutier : C'est hypercompliqué, le plan à long terme, mais on a espoir d'y arriver. Le plan à long terme implique trois ministères, deux plus directement et le ministère de l'Emploi également. À moyen terme, ce sur quoi on travaille, c'est une collaboration entre l'Office municipal d'habitation ainsi que le ministère de la Santé et des Services sociaux pour créer un office d'habitation sous la responsabilité de ville d'Alma. Alors, c'est une espèce... Patrick Lagacé comparait ça, ce matin, à la création de l'univers qu'il trouvait moins complexe que le montage financier sur lequel on travaille.

Mais, ceci étant dit, on a espoir d'y arriver. C'est pour ça qu'on demande une aide ponctuelle d'au moins cinq mois pour se rendre à Noël, le temps de se revirer de bord sur le modèle administratif. On a espoir quand même de trouver une solution sur le moyen terme, mais encore faut-il que la résidence soit encore en vie à partir de juillet.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Mais c'est-u normal que ça soit compliqué comme ça...

M. Cloutier : Absolument pas. C'est ce que je vous disais tout à l'heure. C'est que malheureusement il n'y a pas les bonnes cases pour les bonnes personnes. Ce n'est pas normal qu'on ait à choisir entre une résidence intermédiaire qui coûte la moitié du prix ou un CHSLD qui est le double. Il me semble qu'entre les deux il y a sûrement moyen de trouver des alternatives, puis j'espère que ça sera la réponse du premier ministre, tout à l'heure, en Chambre.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Croyez-vous qu'il y ait des dizaines d'autres maisons comme celle-là au Québec qui sont dans une situation semblable et qui ont à s'inquiéter d'une éventuelle fermeture?

M. Turcotte : Bien, l'ensemble des ressources intermédiaires au Québec sont menacées au quotidien parce que l'argent ne répond pas aux besoins réels sur le terrain. Donc, que ce soit pour les personnes handicapées, que ce soit à la protection de la jeunesse, que ce soit pour tous les niveaux, les ressources intermédiaires sont sous-financées parce que... bon, on pourrait embarquer dans le détail, là, mais la grille de classification ne répond pas aux réels besoins, ce qui fait en sorte qu'ils sont sous-financés. C'est très difficile de maintenir des ressources intermédiaires actuellement au Québec à cause du manque d'argent, du manque de personnel. Les gens quittent, ce qui fait en sorte que pratiquement à tous les mois des ressources ferment au Québec. De nouvelles doivent être ouvertes.

Là, il y en a une qui est ici, là, puis que ça fonctionne. Les gens sont heureux là. Il manque un peu d'argent, mais c'est une solution, là, puis, comme Alexandre l'a dit, ça va coûter le double d'être en CHSLD. Donc, sur le plan financier, il n'y a pas de gain pour le gouvernement du Québec de laisser fermer cette ressource-là et, sur le plan humain, encore moins. Donc, il n'y a qu'un seul gain qui peut être permis, qui est rêvé, qui est accepté puis qui doit être réalisé, c'est de maintenir cette ressource-là ouverte pour faire en sorte que ces personnes-là puissent continuer d'être ensemble.

Puis on le voit, là, ils sont heureux de venir ici, à Québec, malgré dans des situations difficiles pour eux, mais ils sont heureux parce qu'ils sont ensemble, puis moi, c'est pour ça qu'on doit continuer à se battre, puis on va continuer à se battre, pour permettre à ces gens-là de continuer d'être ensemble, mais aussi pour toutes les personnes handicapées au Québec qui souhaiteraient pouvoir vivre ce privilège-là qui aujourd'hui est menacé.

La Modératrice : Merci. Est-ce qu'on a d'autres questions en français? Oui, Caroline Plante, LaPresse canadienne.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour, M. Cloutier. Bonjour. Sur les infrastructures scolaires, donc, le ministre annonce aujourd'hui 400 millions pour 41 projets. Est-ce que vous êtes satisfait de cette annonce? Je sais que, cet hiver, vous dénonciez le fait qu'il y avait du retard dans l'entretien des écoles. Alors, aujourd'hui, on annonce de l'argent pour l'agrandissement et la construction de nouvelles écoles. Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Cloutier : Bien, je vous dirais qu'on est un peu échaudés par rapport aux annonces du ministre en infrastructures. Je veux quand même vous rappeler qu'à chaque fois qu'on a annoncé des sommes, donc des montants globaux, 400 millions, 600 millions, on n'a jamais dépensé les sommes qui avaient été annoncées. Alors, vous nous permettrez de douter encore une fois de l'exactitude des montants qui ont été présentés. Et si, l'année prochaine lors des études des crédits, nous arrivons effectivement qu'ils ont dépensé la totalité des sommes qu'ils ont annoncées, je serai le premier qui soulignera cet accomplissement.

Puis, ceci étant dit, le pire ministère qu'il y a au Québec quant aux atteintes des objectifs en matière d'infrastructures, c'est le ministère de l'Éducation. 65 % des sommes sont réellement dépensées par rapport à ce qui a été annoncé. Il y a tout un écart entre les deux, alors permettez d'exprimer un certain scepticisme. Ceci étant dit, s'il devait dépenser 400 millions comme il l'a dit, comme il l'a annoncé, évidemment, les investissements en infrastructures en éducation sont urgents et réels.

Mme Plante (Caroline) : Vous doutez que les projets seront réalisés cette année?

M. Cloutier : C'est que le ministère de l'Éducation n'a jamais été capable de remplir ses promesses. Et, à chaque fois, on nous a fait des grandes promesses ici, à l'Assemblée nationale, puis, en bout de course, lorsqu'on... étude des crédits, donc avec la lunette de l'année précédente, on réalise que seulement 65 %... puis je pourrai vous donner le tableau tout à l'heure, en étude des crédits, on a, par ministère, ceux et celles qui rencontrent les objectifs qui ont été annoncés pour les infrastructures. Et je vous le dis, celui qui réussit le moins bien, c'est le ministère de l'Éducation, et la réponse du gouvernement, c'est de nous dire : Bien, c'est normal, ce n'est pas nous autres qui contrôle, ce sont les directions d'établissement, ce sont les commissions scolaires. Et j'avais répondu, à ce moment-là, au ministre : Si c'est si compliqué, pourquoi vous ne changez pas les règles?

Mme Plante (Caroline) : Qu'est-ce qu'on devrait prioriser : l'agrandissement, la construction de nouvelles écoles ou la rénovation des écoles vétustes?

M. Cloutier : Bien, c'est évident, sur l'île de Montréal, c'est 95 % des écoles, ça fait que choisissez n'importe quelle, les chances que vous vous trompiez sont à peu près nulles. 95 % des écoles sont à retaper, alors il n'y a pas vraiment de problème à la commission scolaire de Montréal.

Puis, pour ce qui est des autres écoles, je vous dirais que les problèmes sont différents. En région, c'est davantage la rénovation, mais, si vous êtes sur l'île de Montréal, dans le comté de Rosemont du... du premier ministre, presque... du chef de l'opposition, je suis sûr qu'il va vous dire d'agrandir, parce que 40 jeunes dans une classe, ce n'est pas l'idéal non plus.

Mme Plante (Caroline) : Vous vous êtes déjà prononcé sur l'aide alimentaire?

M. Cloutier : Absolument.

Mme Plante (Caroline) : Oui, d'accord.

M. Cloutier : Et j'ai souligné l'importance du recul du ministre, mais que nous allions quand même rester vigilants pour nous assurer que les écoles qui en avaient obtenu... et qu'il n'y a pas de jeunes qui, effectivement, ont le ventre vide, malgré cette nouvelle annonce du ministre.

Mme Plante (Caroline) : Pour vous, c'est bel et bien un recul.

M. Cloutier : Bien sûr que c'est un recul important. Écoutez, le ministre avait nié les impacts, finalement était revenu en Chambre pour dire : Oui, finalement, il y aura des impacts, vous ferez des campagnes de financement sur le territoire, pour finalement dire : Oui, on va élargir les critères pour s'assurer qu'il y a plus de jeunes qui aient accès à de l'aide alimentaire. C'est non seulement un recul, mais c'est aussi un gain pour nous, pour les jeunes du Québec. On est très fiers d'avoir mené cette bataille-là.

La Modératrice : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres questions en français? Marco? On va donc passer en anglais. Donc, Raquel Fletcher de Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Monsieur, est-ce que vous parlez anglais? O.K. Bien, je vais poser la question en français quand même. Vous avez dit au journal ce matin que vous avez été déplacé à peu près 27 fois.

Qu'est-ce que vous pensez de ce système? Est-ce que, cette fois-ci, c'est la pire ou... c'est quoi votre impression? Pourquoi il y a évidemment ce problème qui est plus systémique?

M. Cloutier : Est-ce que c'est le pire déménagement pour toi, le 27e?

M. Lebel (Gino) : Bien, c'est plus le 28e, parce que ça fait 27 fois. Je n'ai pas envie de la 28e fois, parce que, présentement, dans ma tête à moi, moi, je me bats pour mon chez-moi. Puis, dans ma tête, ça va rester encore tout un combat que je vais mener puis je vais me battre jusqu'au bout toujours. Puis moi, je vois inconcevable d'être obligé de tout redéménager encore chez ma mère, au travers de ça, qui a des problèmes de santé, puis ça occasionne des difficultés, tu sais, un casse-tête qu'on n'aurait pas besoin, qu'on ne pensait avoir plus. Mais là, tout d'un coup, on nous annonce que la fermeture va arriver. Le casse-tête est revenu, puis c'est comme si on recommençait à la case zéro encore.

Mme Fletcher (Raquel) : Avez-vous une anxiété? Moi, je viens de déménager, je viens d'acheter une maison, puis moi, je pense que ça va être ma maison pour toujours. Mais, pour vous, c'est comme, chaque année, chaque mois, il y a toujours une peur d'être déplacé ailleurs, puis peut-être dans un endroit que vous ne voulez pas aller. Est-ce qu'il y a toujours une anxiété? Est-ce que vous rêvez d'un soulagement, d'être finalement chez vous?

M. Lebel (Gino) : Bien, présentement, c'est oui, c'est sûr, ça apporte, pour moi et les 20 autres résidents, c'est sûr que ça nous apporte une anxiété qui est toujours là, mais nous autres, quand même, si on vit ça, on reste heureux. Nous autres, on est ensemble, puis, quand on est ensemble, c'est ça qui fait notre force. Ça fait qu'en étant réunis, on est capables de rire puis on est capables de se dire : Regarde, il va y avoir des développements parce qu'au début, je ne croyais jamais me rendre ici puis aujourd'hui je suis présentement là en train de parler de la maison que je ne pensais jamais que ça allait se rendre là. Ça, c'est sûr que l'anxiété est toujours là.

Mme Fletcher (Raquel) : Le ministre, ce matin, il a dit qu'ils ont fait un appel d'offres, puis c'était votre maison qui a répondu, puis finalement ils avaient un plan de business trop faible, puis ça n'a pas marché, puis c'est les patients qui vont payer pour ça. Mais il a dit que c'est comme ça. Avez-vous un message pour le ministre?

M. Lebel (Gino) : Bien, regarde, le ministre, là, il viendra prendre ma place puis il viendra s'asseoir dans mon fauteuil avec une machine pour l'aider à respirer. Là, peut-être qu'il pourra dire : Ah! tu ne peux pas décider de quelque chose quand tu ne vis pas toi-même la situation. Moi, ma maladie, je la donnerais à n'importe qui, puis, regarde, je l'ai, puis Dieu a voulu que je l'aie, que je sois comme ça. Bien, moi, je vis avec ça. Ma vie est ciblée là-dessus, puis je veux bien continuer à vivre tant que Dieu va décider que je vis sur la Terre. Je vais rester puis je vais continuer à me battre comme je me bats là, parce que depuis toute ma vie, je me bats, ça fait que c'est ça présentement qui...

Mme Fletcher (Raquel) : Mr. Cloutier, in English, because the Minister made his comments in English, he said they had a tender, this house responded to that tender, they had a weak business plan. It didn't work in the end, so he said he's trying to find another solution, other than a CHSLD. What is your message to him today?

M. Cloutier : Well, my message is : Find the right case for those people, and stop playing with them, and make sure they will not have to leave their home, their family, their friends, and it will cost much more to ask them to move from their house than to keep them safe where they are. You have to remember, they have build this house with their recommendation, of the Québec Government, so the Québec Government has also the responsibility to make sure they have all the money they need to keep their home.

Mme Fletcher (Raquel) : Is there anything else that you would like to say or that you're going to say in question period directly to the minister about this issue?

M. Cloutier : Well, I'm asking the Prime Minister, because that's also his riding, to make sure that the service is offered like everywhere else in Québec and I want him to make sure that we can keep this house for the next five, six months, the time that we find a solution that will make sure all the resources they need is there.

Mme Fletcher (Raquel) : And when is it scheduled to close?

M. Cloutier : I'm sorry?

Mme Fletcher (Raquel) : When is it scheduled to close?

M. Cloutier : Well, if we're able to find $25,000 per month until December, we think that we'll be able to find a permanent solution to the financing problem.

Mme Fletcher (Raquel) : Otherwise, it will close right away.

M. Cloutier : Yes. Unfortunately, otherwise, it will close July 1st. So it's right now. They have to find a decision now. We cannot go any further.

Des voix : Merci.

(Fin à 13 h 53)

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