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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, député de Gouin, et Mme Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques

Version finale

Le mardi 26 septembre 2017, 10 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-huit minutes)

Mme Massé : Merci. Alors, bonjour, tout le monde. J'espère que vous allez bien en ce beau mardi matin.

Donc, de mon côté, c'est sûr que j'avais envie de vous parler ce matin de la question de la cimenterie McInnis, hein, de la cimenterie McInnis qui est en fait le désastre environnemental que le Québec n'aurait jamais voulu porter s'il avait été un Québec solidaire. On le sait, cette cimenterie-là, dans les prochaines années, va être l'entreprise qui va le plus émettre de GES pour le Québec. Et, dans les faits, avec tout l'argent qu'on y a investi, je pense que, si on avait donné cet argent-là aux Gaspésiens et Gaspésiennes, leur créativité aurait amené des projets de développement économique beaucoup plus durables et probablement beaucoup plus créateurs d'emplois.

Malheureusement, cette fois-là, ce n'est pas aux Gaspésiens qu'on a pensé, je crois, mais bien à la famille Beaudoin-Bombardier, encore une fois. On le sait que cette cimenterie, en plus d'émettre 1,8 million de tonnes de gaz à effet de serre annuels, bien sûr créera 200 emplois, mais va agir sur les autres types d'économies de la Gaspésie, pensons notamment au tourisme. Mais les Gaspésiens et Gaspésiennes savent très bien c'est quoi, l'impact des changements climatiques. Allez voir à Rivière-au-Renard, ils vont vous en parler de ça veut dire quoi, des grandes marées qui font des inondations, ou même les tronçons de l'autoroute 132 qui ont été littéralement arrachés l'an dernier à cause d'épisodes de température... je n'ai pas le bon mot, là, mais de moments dramatiques au niveau des températures. Alors, les changements climatiques ont des impacts sur les côtes, sur les routes de la Gaspésie. Et quand, parallèlement à ça, notre gouvernement met sur pied, continue de soutenir la cimenterie McInnis, bien, ça nous pose un certain nombre de problèmes, à Québec solidaire.

M. Nadeau-Dubois : L'autre inquiétude de Québec solidaire aujourd'hui, c'est bien sûr la décision dans le dossier de Bombardier. Il devrait y avoir une décision rendue par le tribunal américain aujourd'hui, et, vous savez, on est, comme beaucoup de Québécois, Québécoises, très inquiets, à Québec solidaire, de cette décision-là. Il y a des milliers d'emplois au Québec qui sont en jeu, et ça nous inquiète de voir encore une fois qu'une décision prise de l'autre côté de la frontière pourrait faire perdre des emplois à des travailleurs, des travailleuses au Québec. Et, encore une fois, ce qu'on constate, c'est qu'il y a des grandes entreprises multinationales qui se chicanent, qui se tiraillent pour avoir le pactole et qu'encore une fois c'est non seulement les travailleurs, travailleuses, mais les contribuables du Québec qui vont peut-être payer la note de ce conflit-là. Et ça, pour nous, à Québec solidaire, c'est inacceptable.

Pendant ce temps-là, on se demande ce que le Parti libéral du Québec fait. On se demande quel est le plan des libéraux pour protéger les emplois au Québec. Vous vous rappelez que la décision d'aider financièrement Bombardier, ça a été une décision controversée et décriée par beaucoup de gens au Québec. Alors, la moindre des choses aujourd'hui, ce serait que les libéraux, particulièrement M. Couillard et Mme Anglade, aient des réponses et soient capables de dire quel est leur plan pour protéger les emplois qui ont été créés dans les dernières années par Bombardier au Québec.

Alors, quel est le plan des libéraux? Quelle est leur stratégie pour protéger les emplois de Bombardier? C'est des questions auxquelles, je pense, les... c'est des questions qui méritent des réponses. Et les Québécois, Québécoises veulent des réponses à ces questions-là.

De manière plus générale, toute cette saga, encore une fois, encore une fois, ça fait la démonstration, selon nous, qu'il faut revoir la manière dont on négocie les ententes de libre-échange. À Québec solidaire, on est partisans d'un commerce international plus respectueux des travailleurs, travailleuses. Et, encore une fois, là, les débats des derniers jours et la décision d'aujourd'hui montrent qu'il y a quelque chose de vicié au coeur même de la logique du libre-échange. Et on s'attend à ce que des partisans aussi féroces du libre-échange que les libéraux soient capables d'expliquer aux Québécois et aux Québécoises quel est leur plan pour sauver les emplois du Québec.

Le Modérateur : On va passer à la période de questions. En alternance, micro...

M. Boivin (Mathieu) : Bonjour. Justement, vous savez que le sujet du jour, c'est Uber. On ne sait pas encore avec certitude ce qui va se dire dans les prochaines minutes, mais on infère que la multinationale essaie de peser sur le ventre du gouvernement pour obtenir des aménagements par rapport à ce qui a été dit vendredi. Comment est-ce que vous réagissez, d'abord à ce qui a été annoncé vendredi par le gouvernement — prolongation du projet pilote, modalités resserrées — et sur la réaction de Uber ce matin?

M. Nadeau-Dubois : Bien, la réaction d'Uber, elle n'est malheureusement pas très surprenante. C'est du chantage, tout simplement. Et, si Uber veut quitter le Québec, la réaction du Québec solidaire, ça sera : Bon débarras! Parce que les entreprises qui ne sont pas capables de respecter les lois, qui ne sont pas capables de se conformer à des balises aussi élémentaires que celles demandées par le gouvernement libéral, ça n'a pas sa place au Québec, selon nous.

Prenons le cas de la formation, là. Ça semble être ça qui freine un peu Uber. Écoutez, les chauffeurs de taxi à Montréal aujourd'hui doivent suivre 150 heures de formation; on demande 35 heures à Uber. Et cette formation-là, en plus, peut être prise à distance. Alors, si ça, c'est trop demander à Uber, bien, c'est la preuve que c'est une entreprise qui est de mauvaise foi, puis, selon nous, ça n'a pas sa place au Québec. S'ils ne veulent pas se conformer aux lois, qu'ils déménagent ailleurs. Ça a le mérite d'être clair.

M. Vigneault (Nicolas) : Sur Bombardier, vous dites : On a droit à un plan libéral. Quel est votre plan pour épargner ces emplois-là? Parce que, quand même, aux États-Unis, on s'entend que Boeing, c'est un géant, là.

M. Nadeau-Dubois : Le plan de Québec solidaire? Bien, premièrement, la décision d'aujourd'hui, c'est une décision préliminaire, là. La décision sur le fond va avoir lieu dans quelques mois. On dit que les chances d'aujourd'hui sont assez faibles, que les chances, sur le fond, de Bombardier sont plus significatives, sont plus importantes, donc nous, on va attendre de voir la décision sur le fond.

Mais, je le répète, pour nous, à Québec solidaire, le problème, c'est la manière dont ces ententes de libre-échange là ont été négociées. Comment ça que ce n'est pas possible pour un gouvernement comme le Québec de faire des investissements dans l'économie pour sauvegarder ou créer des bons emplois? Ça, on n'est pas contre cette idée-là. Comment ça que ce n'est pas possible de le faire en ayant des garanties d'emploi puis en ayant des garanties que cette décision-là ne sera pas annulée par des tribunaux obscurs qui viennent décider à la place des gens du Québec comment développer l'économie? C'est ça, le problème.

M. Vigneault (Nicolas) : Mais ce serait quoi, votre solution...

M. Nadeau-Dubois : Bien, la solution, c'est de réinventer complètement la manière dont on fait du commerce international. Quand on dit, à Québec solidaire, qu'on est critiques du libre-échange actuel, ça ne veut pas dire qu'on est pour l'autarcie, ça veut dire qu'on est pour des formes de commerces internationaux plus respectueuses des travailleurs et travailleuses, plus respectueuses de l'environnement puis respectueuses aussi des souverainetés nationales.

Parce que quoi qu'on ait pensé de la décision du gouvernement libéral d'investir dans Bombardier... Et nous, on était critiques dans la manière dont ça s'est fait; on pense qu'il aurait dû avoir plus de garanties, qu'il aurait dû avoir quelque chose en retour de cet investissement-là. Mais quoi qu'on ait pensé, donc, de cet investissement-là, il y a quelque chose de dérangeant dans l'idée qu'une décision est prise, comme celle-là, et qu'il y a un tribunal ailleurs dans le monde ou un organisme obscur en vertu de lois obscures qui peut venir annuler la décision et dire : Ah! bien, dans le fond, ça ne marchera pas comme ça. Le commerce international devrait se faire en respectant la souveraineté des États puis la capacité des gens du Québec de décider quel type de développement économique ils veulent.

Et toute la saga, actuellement, autour de Bombardier, ça fait la démonstration que le problème, là, est beaucoup profond qu'une simple chicane entre Bombardier puis Boeing, c'est le modèle à partir duquel on fait du commerce international qui est problématique. Puis, à Québec solidaire, c'est à ça qu'on veut s'attaquer, en renégociant des nouvelles ententes beaucoup plus respectueuses des démocraties.

Mme Massé : On a le même problème, d'ailleurs, avec la cimenterie McInnis, hein? Les accords de libre-échange s'appliquent aussi à la cimenterie.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Le fait que le gouvernement du Québec risque de s'impliquer dans la vente du cannabis, est-ce que ça vous rassure?

M. Nadeau-Dubois : Bien, oui. Oui, ça nous rassure. Oui, ça nous rassure. Nous, on pense que le pot, ça ne peut pas être une business comme une autre, hein, qu'il doit y avoir un fort encadrement public du commerce de la marijuana, ne serait-ce que parce qu'il y a des enjeux de santé publique, que ce n'est pas une substance comme une autre.

Et, nous, un encadrement public fort, c'est toujours ce qu'on a privilégié, de la part de Québec solidaire. Alors, si le gouvernement du Québec commence à se rapprocher de cette solution-là, bien, c'est une bonne nouvelle, ça montre qu'il n'est pas complètement déconnecté. Merci.

Mme Massé : Merci.

(Fin à 10 h 57)

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