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Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d’opposition, M. François Paradis, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et de services sociaux, et Mme Lise Lavallée, députée de Repentigny

Version finale

Le mardi 20 février 2018, 11 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-quatre minutes)

M. Legault : Oui, bonjour, tout le monde. Au cours des derniers jours, le chat est sorti du sac concernant l'entente avec les médecins spécialistes. On sait maintenant que les médecins spécialistes du Québec gagnent plus que les médecins spécialistes de l'Ontario. Ça a même été confirmé par Gaétan Barrette, qui a dit : Les médecins spécialistes du Québec sont actuellement en position favorable par rapport à l'Ontario. Donc, c'est admis par le gouvernement, par le ministre de la Santé. Pourtant, on sait que les travailleurs au Québec gagnent beaucoup moins que les mêmes travailleurs pour les mêmes postes en Ontario.

Donc, comment Philippe Couillard peut-il accepter que les médecins spécialistes du Québec gagnent plus que ceux de l'Ontario? C'est injuste, c'est inacceptable. Et ce qui est étonnant, c'est qu'en 2015, dans le rapport du Vérificateur général, il y avait une recommandation très claire, on y disait que, dans l'entente de 2011 avec les médecins, il était prévu de mettre en place un comité de suivi de l'écart de rémunération des médecins du Québec avec ceux du reste du Canada.

Donc, Philippe Couillard a choisi de ne pas suivre la recommandation du Vérificateur général et, malgré le fait qu'il n'y avait pas ce comité de suivi, il a choisi de donner des milliards de plus aux médecins spécialistes. C'est soit de la complaisance, soit de la négligence ou soit de l'incompétence. Il n'y a pas d'autre possibilité. En tout cas, je n'en vois pas d'autre. Donc, le gouvernement Barrette-Couillard veut passer un sapin aux Québécois en donnant des milliards de dollars injustifiés aux médecins spécialistes.

Donc, aujourd'hui, je demande à M. Couillard de ne pas signer l'entente de principe avec les médecins spécialistes. On le sait, cette entente, actuellement, est soumise aux médecins spécialistes pour l'entériner, mais je pense que les Québécois ont le droit aussi de lire et de décider si on entérine ou non cette entente, c'est l'argent des Québécois. Moralement, le gouvernement libéral n'a pas le droit d'engager l'État, donc d'engager les Québécois à verser ces milliards de dollars injustifiés.

Le chef libéral nous dit que, selon lui, l'entente est favorable pour les Québécois. Nous, à la CAQ, on pense que l'entente avec les médecins spécialistes n'est pas favorable pour les Québécois. Donc, je mets au défi Philippe Couillard de soumettre l'entente des spécialistes aux Québécois à l'élection du 1er octobre prochain. Les montants en jeu sont trop importants. Donc, M. Couillard doit attendre la décision des Québécois, doit attendre le résultat des prochaines élections avant d'entériner cette entente malheureuse avec les médecins spécialistes.

La Modératrice : Merci. On va commencer la période de questions, en commençant par Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous tous. M. Khadir a réclamé, tout à l'heure, la démission de M. Barrette. Est-ce que vous êtes dans la même veine ou vous pensez qu'il peut toujours rester en poste?

M. Legault : Écoutez, avec tout ce qu'on entend actuellement, là, on ne sait plus qui est d'accord avec quoi. Là, ce que je comprends, c'est que cette entente-là a été négociée par M. Iglesias, M. Arcand, probablement directement le bureau de M. Couillard. Donc, ce que je pourrais dire, c'est que M. Barrette a une opportunité de montrer du courage puis de dire qu'il n'est pas d'accord avec cette entente-là. Ce n'est pas lui, là, qui l'a négociée, cette dernière entente. Donc, moi, si j'étais à sa place, je dénoncerais cette entente-là. Mais, pour l'instant, on ne sait pas ce qu'en pense M. Barrette, on ne sait pas ce qu'en pense M. Couillard, quel est le rôle de M. Iglesias. En bout de ligne, le grand responsable, ça demeure Philippe Couillard.

M. Laforest (Alain) : Comme actuellement vous êtes en tête dans les sondages, il y a un dossier qui est quand même assez préoccupant, M. Legault, c'est le dossier du troisième lien. Hier, le maire de Québec a dit que 10 milliards, c'était trop, que ça sera un projet de 10 milliards. Vous vous êtes commis, vous avez dit...

M. Legault : Millions, peut-être?

M. Laforest (Alain) : Milliards.

M. Legault : O.K.

M. Laforest (Alain) : Alors, vous dites quoi, vous, à ça? Est-ce que vous êtes prêt à dépenser 10 milliards de dollars pour un troisième lien dans la région de Québec?

M. Legault : Bon, d'abord, ce qui est important, là, c'est de dire : On a réussi, à Montréal, avec le REM, là, qui a été lancé il y a trois ans, de pouvoir être capables, à l'intérieur de trois ans et demi, de commencer la construction. Donc, je demeure surpris de voir que les libéraux et les péquistes pensent que notre engagement de commencer la construction d'un troisième lien dans les quatre prochaines années, ça ne soit pas faisable. Je suis surpris. Je pense qu'ils sont complaisants face à la bureaucratie, ils ne veulent rien changer puis ils pensent qu'il y a juste la Caisse de dépôt qui est capable de faire des projets en dedans de quatre ans, qu'eux ne sont pas capables, que le ministère des Transports n'est pas capable. Moi, je trouve qu'ils manquent d'ambition, et le PQ et le Parti libéral. Pour ce qui est du prix, écoutez, on n'a pas les ressources, à la CAQ, pour être capables d'évaluer est-ce que c'est 3 milliards, est-ce que c'est 4 milliards, est-ce que c'est 4,5 milliards. Ce qu'on sait, là, c'est qu'à peu près tous les gens qu'on a consultés disent : C'est impossible qu'on parle de 10 milliards, c'est impossible.

Mais effectivement ce qu'un gouvernement de la CAQ va faire, c'est qu'on va regarder les différentes options — un pont, un tunnel, un pont-tunnel — quelles sont les constructions, quels sont les coûts, les avantages. Est-ce qu'on veut un transport en commun sur ce troisième lien? Il y a beaucoup de questions à se poser. Mais, moi, ce que je vous dis, c'est : Ça va être géré d'une façon efficace, c'est possible de le faire en quatre ans puis c'est nécessaire, c'est nécessaire, pour une circulation dans des délais raisonnables, d'avoir ce troisième lien. Les gens de Québec puis de Lévis ont le droit d'avoir un délai raisonnable pour circuler.

M. Laforest (Alain) : Une petite rapide. Vous êtes comptable, M. Legault, là.

M. Legault : Oui.

M. Laforest (Alain) : Un comptable, là, ça fixe un plafond. Votre plafond, il est où?

M. Legault : Écoutez, un comptable, ça ne prend pas des engagements n'importe comment. Un comptable, là, ça va consulter des experts. Le travail aurait dû être fait depuis longtemps. Je ne comprends pas, moi, que Philippe Couillard soit capable de se regarder dans le miroir. En 2014, il a dit aux gens de Québec : On va analyser tout ça. On est rendus en 2018, puis il n'est pas capable de nous dire le coût des différents projets. Puis lui, il a toute l'équipe des ingénieurs du gouvernement pour faire cette évaluation-là. Inquiétez-vous pas, là, que, si j'avais été premier ministre du Québec, avec toute l'équipe du gouvernement du Québec, ça fait longtemps qu'on vous donnerait le montant exact du coût du troisième lien.

La Modératrice : Merci. Jocelyne Richer, LaPresse canadienne.

Mme Richer (Jocelyne) : Bonjour, M. Legault. Vous savez bien que, si le gouvernement décide de renier sa signature, de déchirer l'entente avec les médecins spécialistes, il va s'exposer à des poursuites judiciaires. Ce n'est pas grave? Ce n'est pas important pour vous, surtout à huit mois des élections?

M. Legault : Oui, bien, écoutez, d'abord il y a la FMSQ, donc le syndicat, puis il y a les médecins spécialistes. On l'a vu dans les derniers jours, il commence à y avoir de plus en plus de médecins spécialistes qui sont un peu gênés de cette entente. Moi, j'ai confiance dans la bonne foi des médecins spécialistes du Québec et je pense qu'une fois qu'on va leur expliquer noir sur blanc : Voici l'écart de salaire des différents travailleurs entre le Québec puis l'Ontario, voici votre écart dans l'autre sens entre le Québec puis l'Ontario... moi, je suis convaincu que je suis capable de convaincre les médecins spécialistes de renégocier cette entente pour que ça soit un montant raisonnable.

Actuellement, ce n'est pas raisonnable, quand M. Barrette... je pense que c'est à vous qu'il a... en tout cas, ou je l'ai vu dans votre article à vous, qui dit clairement, là, qu'actuellement les médecins spécialistes ont l'avantage par rapport à ceux de l'Ontario. Comment il peut accepter ça? Comment ils peuvent accepter de signer une entente où les médecins spécialistes gagnent plus que ceux de l'Ontario? Bien, voyons donc. Moi, je suis convaincu, on est capables de convaincre les médecins spécialistes.

Mme Richer (Jocelyne) : Sur le fait... L'argument du gouvernement, c'est dire, bien, c'est l'honneur, c'est la réputation du gouvernement de ne pas renier sa signature. Ce n'est pas valable?

M. Legault : Bien, d'abord, prenez l'entente de 2011, hein? Puis le Vérificateur général est très clair, il disait : Il doit y avoir un comité de suivi pour calculer... C'est vrai que c'est complexe de calculer l'écart entre la rémunération des spécialistes au Québec puis en Ontario. C'était dans l'entente de 2011. Le Vérificateur général nous dit en 2015 : Ça n'a pas été fait. Il recommande au gouvernement de le faire. On est rendus en 2018, ce n'est toujours pas fait. Comme je disais tantôt, c'est-u de l'incompétence? C'est-u de la complaisance parce que des médecins négocient avec des médecins? Mais ce n'est pas acceptable. C'est injuste.

La Modératrice : Merci beaucoup. Hugo Pilon-Larose, LaPresse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Est-ce qu'on est rendus au point, maintenant, où on doit réfléchir à faire une loi spéciale pour régler cette question-là entre les médecins spécialistes puis le gouvernement?

M. Legault : On n'est pas rendus là.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Non?

M. Legault : On n'est pas rendus là. On sait que ça existe. On n'est pas rendus là. Moi, je fais confiance à la bonne foi des médecins spécialistes.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais, si les médecins spécialistes disent : On veut appliquer les ententes, on veut appliquer notamment également le principe de l'entente de 2003 sur les revenus équitables de même niveau entre le reste du Canada puis le Québec, est-ce que le gouvernement doit s'enlever de cette obligation-là?

M. Legault : Bien là, vous êtes dans les «si», là. Moi, j'ai confiance. J'en connais plusieurs personnellement, des médecins spécialistes, on en a un maintenant qui est très près de nous, Lionel Carmant, je ne vois pas comment les médecins spécialistes peuvent souhaiter être les seuls au Québec à gagner plus que leurs homologues en Ontario. Je ne vois pas ça, là.

M. Pilon-Larose (Hugo) : J'aurais une sous-question sur la question du troisième lien. C'est un dossier régional, mais, quand on parle à l'ensemble des Québécois — parce que c'est quand même un projet qui va coûter des milliards de dollars — en quoi est-ce qu'un troisième lien entre Lévis et Québec va profiter à l'ensemble du Québec?

M. Legault : Bien, d'abord, s'il y a congestion, actuellement, c'est parce qu'il y a un besoin. Il y a du développement qui est prévu et à Québec et à Lévis au point de vue économique. Quand on regarde, dans les prochaines années, le nombre d'emplois, le nombre de résidents, les prévisions sont des prévisions de croissance, donc on a besoin de ce troisième lien. On ne peut pas juste mettre 6 milliards dans un REM à Montréal, être capables de le faire en quatre ans, mais là dire : À Québec, bien, faire un pont, ça va prendre 10 ans. Bien, voyons donc. Pourquoi? Pourquoi les gens de Montréal ne sont pas traités... les gens de Québec ne sont pas traités comme les gens de Montréal?

La Modératrice : Merci. Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui. Dans sa conférence de presse, Gaétan Barrette, ce matin, a dit qu'il avait confiance que, grâce à cette entente avec les médecins spécialistes, ça fait baisser la pression sur l'augmentation des dépenses qu'il se voit obligé de demander pour son budget de la santé au prochain budget. Est-ce qu'effectivement l'entente va faire en sorte qu'on va avoir plus d'argent pour d'autres choses ou c'est le contraire, tu sais?

M. Legault : Bien, moi, je ne suis pas médecin, là, je suis comptable, là, puis, quand on me dit... quand on paie des centaines de millions de trop à des médecins spécialistes, ça devrait nous nuire pour mieux financer les services qui sont donnés dans les hôpitaux. Je ne vois pas comment il peut dire ça.

Mme Prince (Véronique) : Donc, vous pensez qu'il n'y en aura pas beaucoup pour les autres, finalement, dans le prochain budget? Tout est allé aux médecins spécialistes?

M. Legault : Bien, écoutez, actuellement, si on en donne plus aux médecins spécialistes, il en reste moins pour les infirmières, il en reste moins pour l'éducation, il en reste moins pour les autres missions de l'État, là. Puis je ne vois pas pourquoi on donnerait une rémunération plus élevée aux médecins spécialistes que ceux de l'Ontario. Pourquoi ça serait la seule profession au Québec qui gagne plus qu'en Ontario? Il n'y a aucun argument. M. Couillard nous dit : Oui, mais il va peut-être y avoir des nouvelles négociations avec l'Ontario. On ne sait même pas qui va être le nouveau gouvernement, au mois de juin, en Ontario, comment il peut dire : Je vais tabler là-dessus pour attendre? Il faut agir maintenant. Qu'on attende. C'est dans sept mois, les élections, est-ce qu'on peut demander aux Québécois leur opinion sur cette entente-là, là? C'est leur argent.

La Modératrice : Merci. Nicolas Lachance, Le Journal de Québec.

M. Lachance (Nicolas) : Bonjour. Ce matin, ma collègue Stéphanie Martin propose un reportage qui met en évidence que la plupart des projets d'envergure comme le troisième lien prennent en moyenne 16 ans avant de se concrétiser, que ça amènerait peut-être à 2030 pour le troisième lien à Québec. Elle émet plusieurs exemples. Comment, de votre part, vous pouvez promettre et assurer que, d'ici quatre ans, alors que vous n'êtes par encore au courant du moyen, que ça soit un tunnel, un pont, ou autre, s'il va y avoir, comme vous avez dit tantôt, du transport en commun ou non... comment êtes-vous capable de promettre que, d'ici quatre ans, ça va être entamé?

M. Legault : Est-ce qu'il y a quatre ans quelqu'un avait commencé à travailler sur le REM à Montréal? Est-ce que le REM est un projet complexe, hein? On parle d'un tunnel dans le mont Royal, on parle de toutes sortes d'infrastructures, là, vers l'ouest de l'île, vers Deux-Montagnes, vers Brossard. Comment ça se fait qu'on est capables de faire ça en trois ans puis on ne serait pas capables de faire un pont à Québec... qu'on ne serait pas capables de commencer à construire, O.K.? Parce que le REM, là, il va commencer à être construit dans la quatrième année depuis qu'on a commencé à en parler.

Donc, écoutez, on peut peut-être donner des exemples où la bureaucratie a retardé des projets, mais on peut donner un autre exemple, le REM, où on a réussi, hein, parce qu'on voulait le faire dans un délai raisonnable, on a réussi à le faire. Bien, pourquoi on ne ferait pas ça pour le troisième lien? Moi, je vous le dis, là, avec un gouvernement de la CAQ, on va avoir un gouvernement efficace, puis ça va être possible de commencer à construire dans les quatre prochaines années.

M. Lachance (Nicolas) : Donc, ça, est-ce que vous êtes prêt à mettre votre siège en jeu pour ça?

M. Legault : Bien, écoutez, mon siège, là, va être en jeu dans quatre ans, donc, là-dessus puis sur bien d'autres affaires.

M. Lachance (Nicolas) : M. Khadir, tout à l'heure, a dit que ce qu'on voit avec les médecins spécialistes, c'est l'échec un peu de la vision de la CAQ parce que M. Barrette, à l'époque, se présentait pour la CAQ. Qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus?

M. Legault : Écoutez, moi, l'entente que j'ai signée en 2003, comme ministre de la Santé, disait clairement : On demande de faire une analyse avec un comité indépendant qui va regarder l'écart de salaire des médecins puis l'écart de salaire des autres employés; on va tenir compte du fait que la situation économique, le coût de la vie n'est pas le même au Québec. Donc, comme je vous disais, dans notre tête, là, c'était de passer de moins 40 à moins 10. Bien là, ils sont passés à plus 10 ou plus 15, ce n'est pas acceptable.

Puis jamais, dans les discussions que j'ai eues avec le Dr Barrette, il a été question d'augmenter le salaire des spécialistes. On a déjà parlé d'augmenter le salaire des médecins de famille, des omnis, en échange d'une prise en charge sept jours sur sept. Ce qu'ils ont fait avec les omnis, c'est qu'ils ont donné l'augmentation, mais ils n'ont pas rien eu en échange pour une prise en charge sept jours sur sept. Mais, à part les omnis, là, je ne me rappelle pas qu'avec Gaétan Barrette on ait parlé d'augmenter le salaire des médecins spécialistes.

La Modératrice : Merci. Martin Croteau, LaPresse.

M. Croteau (Martin) : Bonjour à tous. Bonjour, M. Legault. Le ministre Barrette rencontre les infirmières cet après-midi. Dans quelle mesure pensez-vous que la suspension de l'entente avec les spécialistes permettrait à Québec d'en offrir davantage aux infirmières?

M. Legault : Bien, écoutez, là, je ne sais pas s'il faut lier les deux ententes. On doit suspendre l'entente avec les médecins spécialistes, on les paie trop, ça, c'est clair. Maintenant, avec les infirmières, on a de la difficulté à combler des postes. On a un problème aussi, dans nos hôpitaux, avec le fait que nos urgences sont engorgées à 30 % par des problèmes mineurs qui auraient dû être traités par des médecins de famille dans des cliniques. Donc, c'est complexe, là, hein? Moi, je ne pense pas qu'on va arriver avec une solution magique avec les infirmières, mais, bon, il doit y avoir des discussions.

M. Croteau (Martin) : Qu'est-ce qu'un gouvernement caquiste offrirait aux infirmières?

M. Legault : Bien, moi, je l'ai souvent dit, là, la priorité, dans le réseau de la santé, c'est la première ligne. Donc, il faut être capables d'avoir... Tu sais, quand M. Gaétan Barrette dit : Il y a 1 million de Québécois de plus qui ont un médecin de famille, bien oui, mais ces Québécois-là, quand ils sont malades, ils n'ont pas accès à leur médecin de famille, ils sont obligés d'aller engorger les hôpitaux.

Donc, la priorité, là, puis c'est dans le rapport Clair, c'est dans tous les rapports qui ont été écrits sur les réseaux de la santé, il faut, un, avoir des médecins de famille dans des GMF, avec des infirmières, avec un nouveau mode de rémunération, pour qu'il y ait un incitatif à déléguer des actes dans les cliniques aux infirmières; d'investir dans les soins à domicile, les services à domicile, ça coûte moins cher que les hôpitaux ou les CHSLD.

Donc, la CAQ, là, va proposer de grands changements. Il ne faut pas tirer dans toutes les directions comme l'a fait le Dr Barrette. Il faut d'abord s'occuper de la première ligne.

M. Croteau (Martin) : Qu'est-ce qu'il faut offrir aux infirmières cet après-midi, là, pour régler les problèmes qu'il décrit, là, depuis des semaines?

M. Legault : On ne peut pas conclure avec les infirmières sans avoir eu d'abord une discussion puis une réorganisation de la première ligne.

M. Croteau (Martin) : J'ai une précision à vous demander par rapport à ce que vous avez dit à mon collègue. Avez-vous dit que les citoyens de Québec sont traités injustement par rapport à ceux de Montréal?

M. Legault : Non, j'ai dit : Ils doivent être traités de la même façon qu'à Montréal. Si, à Montréal, on est capables de commencer la construction d'un REM, un gros projet comme le REM en quatre ans, on doit être capables de commencer la construction d'un pont en quatre ans à Québec.

M. Croteau (Martin) : Donc, implicitement, vous dites qu'ils sont traités injustement.

M. Legault : Non, parce qu'avec un gouvernement de la CAQ, on va commencer à construire en quatre ans.

M. Croteau (Martin) : Ils sont traités injustement actuellement?

M. Legault : Bien, écoutez, le gouvernement libéral puis le PQ sont empêtrés dans la bureaucratie. C'est tellement vrai que Philippe Couillard a été obligé de faire faire le REM par la Caisse de dépôt parce qu'il ne faisait pas confiance à son ministre des Transports. Bien, moi, je pense qu'il va falloir, à un moment donné, regarder pour avoir un ministère des Transports qui soit efficace.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va passer aux questions en anglais. Maya Johnson, CTV.

Mme Johnson (Maya) : Good morning, Mr. Legault. First of all, can you just tell us why you don't think that the Premier should sign off on the deal with the medical specialists?

M. Legault : OK. I think that, right now, the cat is out of the bag. We learned, in the last few days, and Mr. Barrette admitted this fact, that, right now, the specialists earn more than the ones in Ontario, OK? All the workers in Québec, they earn less than the ones in Ontario. So, it's not fair, it's not fair, and we're talking about billions of dollars, alright? So, I think… and I ask today, I challenge Mr. Couillard to submit this agreement with the specialists to Quebeckers in the next election. I think that the amounts are too important, so Mr. Couillard must wait for Quebeckers' decision, wait for the outcome of the next election.

Mme Johnson (Maya) : OK. On another topic, there's a discussion going on just next door about elections, Québec regulations and whether they should be updated so that a person who is wearing a hijab, for example, would not be blocked from running for office because they're wearing a hijab in a photo submitted. Is that reasonable, in your opinion, or do you think it's unfair?

M. Legault : The only proposal we make, at the CAQ, is that people in an authority position… and we don't include MNAs, because they are elected by the population, so we include judges, teachers, «gardiens de prison».

Mme Johnson (Maya) : Prison guards. So, in 2014, a candidate who was wearing a hijab — or she wanted to be a candidate — submitted her dossier to Elections Québec and was rejected. Is that wrong? Do you think…

M. Legault : Yes, I think it must be accepted, yes.

Mme Johnson (Maya) : OK. And just one final question, I'm just… Were you surprised by the results of the Léger poll over the weekend showing that many young Anglophones are considering leaving the province and they feel that there are tensions between Anglophones and Francophones?

M. Legault : No, I wasn't surprised because I meet on a regular basis with some Anglophones, and they are unhappy about the last 15 years of the Liberal Government. They are unhappy, like the Francophones, about education, about health care, about the economy, about taxes. So, they are unhappy and they are looking for an alternative.

Mme Johnson (Maya) : But, in the numbers that came out in the poll, it seemed to suggest they felt that they don't have the same opportunities as Francophones. So, to you, there's no difference between opportunities for Anglophones and Francophones in Québec?

M. Legault : I don't see that in the private sector. Of course, because of the Bill 101, they have to learn French, and we have no intention to change that, so they have to learn French.

La Modératrice : Merci beaucoup. Angelica Montgomery, CBC.

Mme Montgomery (Angelica) : Hello. Yes, the Office québécois de la langue française has just said that it would change its test for the professional orders so that it would be less based on the specifics of written French — things like having the right feminine article, for the masculine noun, allowing people to may be not have an «accent aigu» when they write, that sort of thing — and more focussed on whether a person can write French that is understandable. What do you think of this change?

M. Legault : I haven't read… I haven't looked at the exact proposals. It has to be reasonable. But, we'll have to look at what they propose.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Legault : Merci, tout le monde.

(Fin à 11 h 49)