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Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d’opposition, M. François Paradis, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et de services sociaux et Mme Geneviève Guilbault, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de famille

Version finale

Le mercredi 14 mars 2018, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures neuf minutes)

M. Legault : Oui, bonjour, tout le monde. Écoutez, j'avais prévu vous parler de santé, mais avec ce qui vient de se produire, je veux vous parler du dérapage du ministre des Finances Carlos Leitão.

Carlos Leitão a déclaré, au journal The Gazette, ce qui suit. Il a dit : «…the kind of nationalism the CAQ proposes is, in my opinion, an ethnic based nationalism. I'm not afraid of the words. This is what it is. They view the French majority as being under attack from all those foreigners out there.» Fin de la citation.

Donc, le ministre des Finances du Québec a qualifié la CAQ de parti de nationalisme ethnique. C'est une accusation très grave, hystérique, inacceptable. C'est de la sale petite politique, et je pense que, là, les libéraux viennent de dépasser les bornes.

Je demande à Philippe Couillard d'exiger de Carlos Leitão, immédiatement, qu'il retire ses propos, qu'il s'excuse pour avoir tenu de tels propos. Je ne peux pas croire que le premier ministre du Québec puisse endosser de pareils propos, qu'il puisse endosser une façon aussi dégradante de faire de la politique.

On le voit depuis un certain temps, les libéraux mènent une campagne préméditée de mensonges organisée, de salissage. Le gouvernement libéral actuellement mène une campagne de peur au seul profit du Parti libéral du Québec. Ce genre d'accusations grossières qui laissent entendre que ceux qui ne pensent pas comme les libéraux sont des racistes, les Québécois sont écoeurés de ce genre de propos.

Je ne m'abaisserai pas au niveau de Philippe Couillard, mais je demande encore une fois à Philippe Couillard... Je pense que les libéraux ont franchi la ligne. Je demande à Philippe Couillard d'exiger que Carlos Leitão retire ses propos immédiatement. Merci.

Le Modérateur : Merci beaucoup, M. Legault. Nous allons passer à la période de questions. Je vous invite à vous limiter à une question et une sous-question. Marco Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Alors, s'il n'y a pas d'excuse, qu'est-ce que vous faites? Est-ce que vous vous en remettez à l'électorat québécois?

M. Legault : Bien, évidemment, il y a une élection dans six mois, mais je ne peux pas croire que Philippe Couillard va accepter qu'un ministre important, le ministre des Finances, là, en fait, dise qu'il y a un parti raciste à l'Assemblée nationale. Il n'y a aucun parti raciste à l'Assemblée nationale, là, puis de parler de nationalisme ethnique, là, je ne peux pas croire que Philippe Couillard va accepter ça, là. Je pense qu'il est assez intelligent pour savoir ce que ça veut dire, là, puis je pense qu'il a une responsabilité comme premier ministre du Québec.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que ça fonctionne, ce genre de politique là? Est-ce que, vous, vous avez de la difficulté à récolter des appuis au sein notamment des communautés anglophones et allophones, en raison de commentaires comme ceux-là prononcés par des membres du gouvernement?

M. Legault : Écoutez, évidemment, il y a des gens qui sont influencés, d'autres qui ne sont pas influencés, là, mais c'est la première fois que je vois une déclaration aussi directe, hein? On se souvient, souffler sur les braises de l'intolérance, mais là de dire que la CAQ est un parti de nationalisme ethnique, là, on va voir c'est quoi l'impact, là, mais ça vient d'arriver dans le journal The Gazette. On va voir c'est quoi l'impact, mais moi, je ne peux pas croire que Philippe Couillard, que le premier ministre du Québec va cautionner de tels propos.

Le Modérateur : Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Votre politique est assez claire, là, de réduire de 50 000 à 40 000 immigrants pour mieux intégrer les immigrants, mais estimez-vous que votre message est mal interprété dans la population?

M. Legault : Bien, écoutez, moi, je pense que c'est important de mieux intégrer les nouveaux arrivants. Le Québec a toujours été accueillant, sera toujours accueillant, mais on a le droit d'exiger que les nouveaux arrivants apprennent le français, qu'ils acceptent nos valeurs. On a le droit de se poser la question sur le nombre. Écoutez, actuellement, après cinq ans, sur les 50 000 nouveaux arrivants, il y en a 26 % qui ont quitté le Québec, puis, dans ceux qui restent, 15 % de chômage puis un grand pourcentage n'ont pas appris le français.

Donc, on a le droit de se poser des questions sans se faire traiter de racistes par le Parti libéral, là. Il y a quand même des limites, là.

M. Dion (Mathieu) : Mais est-il possible que le message soit mal compris, quand vous évoquez ça, dans la population? Et c'est ce qu'on a pu voir, là, ou...

M. Legault : Je ne pense pas. Je ne pense pas. Je pense que vraiment, là, c'est une campagne préméditée de la part du Parti libéral parce qu'ils sont inquiets de perdre le pouvoir dans six mois.

Le Modérateur : Martin Croteau, La Presse.

M. Croteau (Martin) : Bonjour à tous.

M. Legault : Bonjour.

M. Croteau (Martin) : Bonjour, M. Legault. L'an dernier, vous aviez proposé de réduire les versements au Fonds des générations afin de financer des baisses d'impôt. Pouvez-vous confirmer que c'est toujours la proposition de la CAQ et c'est ce que la CAQ fera si elle est élue?

M. Legault : Non. Regardez, d'abord, il faut distinguer les versements au Fonds des générations du Fonds des générations. Actuellement, il y a à peu près 2 milliards, 2 milliards et demi par année qui est versé au Fonds des générations. Dans les premières années du Parti libéral au gouvernement, il y a eu des augmentations de tarifs de garderie, tarifs d'électricité et taxe scolaire. Ce qu'on avait demandé, à l'époque, c'est que, si c'était nécessaire de réduire certains versements pour rembourser cet argent qui avait été pris dans le portefeuille des familles, on était ouverts à le faire. Aujourd'hui, il y a des surplus. On parle d'un surplus de 2,9 milliards, donc il n'y a plus de nécessité d'aller toucher aux versements.

Pour ce qui est du fonds, écoutez, quand on a lancé le fonds, c'était Michel Audet à l'époque... je me souviens, moi, j'étais porte-parole dans l'opposition, puis il y avait l'ADQ, on disait : Bien, voyons, pourquoi ces versements-là ne sont pas tout de suite appliqués sur la dette? À l'époque, Michel Audet était contre; là, aujourd'hui, le Parti libéral a changé d'idée, puis là ils nous disent qu'ils sont prêts à mettre le Fonds des générations, de le netter de la dette. On est d'accord avec ça.

M. Croteau (Martin) : Donc, juste pour être clair, un gouvernement caquiste ne réduira pas les versements au Fonds des générations.

M. Legault : Non, pas avec les surplus qu'il y a là, non, non.

M. Croteau (Martin) : O.K. Donc, les versements resteront intacts si la CAQ...

M. Legault : Ils vont rester là, oui.

M. Croteau (Martin) : O.K. Merci.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco, micro de droite.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. Legault. Vous êtes très offusqué par le nationalisme ethnique. Ça réfère à quoi, selon vous, cette référence-là de M. Leitão? Ça réfère à quoi, selon vous?

M. Legault : Il faut lui demander à lui, là...

M. Lacroix (Louis) : Non, mais votre opinion.

M. Legault : ...non, mais ce qu'il essaie de faire, là... parce que les libéraux sont habitués, depuis 50 ans, de gagner des élections en étant contre la souveraineté du Québec. Là, ils se rendent compte qu'il y a un parti nationaliste qui défend effectivement une langue, des valeurs, qui propose de rester à l'intérieur du Canada. Et là ils sont piégés, ils se rendent compte que... les libéraux se rendent compte qu'ils sont en train de perdre une partie de leur clientèle. Et là ils essaient de faire des amalgames, puis de nous traiter de racistes, puis de dire que la CAQ, c'est un parti de nationalisme ethnique. Ça n'a pas de bon sens. Voyons donc! Ce n'est pas...

M. Lacroix (Louis) : Mais des amalgames avec quoi?

M. Legault : Bien, des amalgames avec... Regardez ce que M. Couillard disait, à Paris, il y a quelques jours, avec des régimes puis des partis d'extrême droite. Voyons donc, là! La CAQ, là, a une position équilibrée. On dit : On veut mieux intégrer les nouveaux arrivants, mais ce n'est pas parce qu'on veut mieux intégrer les nouveaux arrivants qu'on est devenu un parti raciste ou un parti de nationalisme ethnique. Voyons donc! Il n'y a aucun parti... puis je dirais la même chose de Québec solidaire, du PQ, il n'y a aucun parti à l'Assemblée nationale qui est un parti de nationalisme ethnique.

Puis je pense que Philippe Couillard sait très bien ça. Puis, à moins qu'il veuille jouer une game puis faire de la petite politique sale, là, il a le devoir de demander tout de suite à Carlos Leitão de retirer ses propos.

Le Modérateur : Nicolas, Journal de Québec, Journal de Montréal.

M. Lachance (Nicolas) : Bonjour. Qu'est-ce que vous pensez du fait qu'il y a 56 millions d'écofrais, là, qui sont payés en trop puis qui dorment dans les comptes bancaires?

M. Legault : Bien, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a une incohérence. On va taxer les Québécois pour 56 millions puis on ne fait rien avec le 56 millions. Moi, je pensais que ce fonds-là servirait à améliorer toutes les méthodes de recyclage de certains biens, mais là on se rend compte qu'on a collecté de l'argent dans le portefeuille des Québécois puis qu'on ne fait rien avec le 56 millions. Il y a un problème, là, il y a des questions à poser au gouvernement.

M. Lachance (Nicolas) : Considérez-vous que c'est de la mauvaise gestion, là? On arrive au budget qui s'en vient.

M. Legault : Bien, absolument. C'est de la mauvaise gestion de dire : D'un côté, je collecte de l'argent du portefeuille des Québécois puis je ne fais rien avec. C'est de la mauvaise gestion.

M. Lachance (Nicolas) : Merci.

Le Modérateur : D'autres questions? Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Oui. Une petite dernière en français, M. Legault. Les libéraux disent qu'ils ont... ils croient, là, qu'ils vont économiser 1 milliard sur cinq ans à cause de la nouvelle façon, là, de contribuer. Est-ce que, selon vous, on aurait dégagé plus de surplus si on avait placé cet argent-là sur les marchés, dans le Fonds des générations?

M. Legault : Écoutez, il y a des années, oui; il y a des années, non, hein? Rappelons-nous des mauvaises années à la Caisse de dépôt. Comme j'avais dit à l'époque à Michel Audet, si on est si sûr que ça, bien, qu'on en emprunte un autre 25 milliards puis qu'on le place, hein, si on pense qu'on va faire un meilleur rendement que le coût de notre dette. Il y a des années où ça va être mieux; des années, ça va être moins bon, mais moi, je trouve que c'est une bonne idée de dire : On prend le Fonds des générations puis on réduit la dette. Je trouve que c'est une bonne idée.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : O.K. Merci.

Le Modérateur : Questions en anglais. Phil Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Yes. Good day. Do you think these comments by Mr. Leitão perhaps are a sign of a panic in the Liberals? They think that you might be making in roads in some West Island ridings or… Is that what… and you know, you might want to be saying this in English because this comment appeared in our…

M. Legault : Yes, I think that right now, Philippe Couillard is in panic and he sees that more and more Anglophones are looking for the CAQ, and I think that it's unacceptable.

The minister of Finance, Carlos Leitão, calls the CAQ a party of ethnic based nationalism. It's a serious accusation, it's unacceptable, it's dirty politics, and I think the Liberals just crossed the line, and Philippe Couillard must immediately order his minister to apologize, to withdraw his comments. I simply can't believe that Philippe Couillard will endorse such remarks. What a degrading way of doing politics.

These kinds of accusation suggest that those who do not think like the Liberals are racists. Quebeckers are sick of this kind of talking to them. So again I think the Liberals have crossed the line and Philippe Couillard must immediately reject the words of his minister.

M. Authier (Philip) : But I was… just to pursue on that, I was reading in Le Devoir two weeks ago that the CAQ… «Dans cet esprit, les membres influents fondent peu d'espoir sur la prise d'une — je parle de la CAQ — circonscription dans le "West Island". Au mieux, la CAQ pourrait faire une percée en Estrie...» Est-ce que c'est vrai que vous avez… Sorry, I was in English. Sorry. Is it true you've written off Anglophone votes, that you're not going to get any? Cause that's what…

M. Legault : Not at all. Not at all.

M. Authier (Philip) : That's what this says.

M. Legault : Not at all. And I've more and more meetings with Anglophones. I'm spending some nights with groups of Anglophones who are interested about the ideas of the CAQ. So, no. In Montréal, in the Eastern Townships, in Outaouais, in Laval, many Anglophones, they come, and see me, and they would like to know more about the CAQ. And I'm still confident that we'll get some support from the Anglophones.

Le Modérateur : Thank you. Maya Johnson, CTV.

Mme Johnson (Maya) : Yes. Mr. Legault, this morning, the Premier also suggested that the CAQ would be doing something illegal if it went ahead and used money from the Generations Fund to promise tax cuts to Quebeckers. How do you respond to that attack?

M. Legault :OK. What I said a couple of years ago, at the time when the Liberal Government decided to increase some tariffs and some taxes, is that they have to give back this money, even if, in order to do so, they don't put as much money as was forecasted in the Fonds des générations. I never said that we have to touch the Fonds des générations. I said maybe the increase in the amount that we put in the Fonds des générations, we should and we must make sure that we reimburse the money to taxpayers.

But today, the situation is different. We're talking about a surplus of over $2 billion, so we don't need to do so anymore. And regarding the possibility of netting the Fonds des générations and the debt, that was suggested right at the beginning. Michel Audet, at the time, refused the proposal of myself and the ADQ who said : Why do you put the money aside instead of reducing, year after year, the debt with this money? And that's what they suggest. So, of course, I agree with what they suggest.

Mme Johnson (Maya) : OK. So, on that point, you're in favor of what the Liberals are proposing.

M. Legault : I'm in favor. Yes.

Mme Johnson (Maya) : But do you think that this is sort of a strategy to take away your «marge de manoeuvre» if you will?

M. Legault : No. Not at all. I think that again Mr. Couillard is part of a premeditated campaign of organized lies. He repeated this morning that I want to dip into the Generations Fund. That's not true. That's just not true. I never considered taking some money in the fund. I said : Maybe we should not add as much at that time, when they were taking some money in the pockets of taxpayers.

Mme Johnson (Maya) : So, as far as you're concerned, that's something else. It's part of an organized fear campaign.

M. Legault : Yes. I think that right now, for months, Philippe Couillard has been repeating all sort of fake news, like he knows very well when he said that I proposed babies bonuses. That is not true. I never did so. What we said is that we have to look right now… the tax credits that are given to families for the first child are higher than for the second and third child. It doesn't make sense. They should be equal. That's what I said. I never talked about a one-shot amount, about a bonus. He knows that very well, but he's lying and he's trying to premeditate a campaign of organized lies.

Mme Johnson (Maya) : Merci.

Le Modérateur : Thank You. Merci.

M. Legault : Merci, tout le monde.

(Fin à 13 h 25)