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Point de presse de M. Vincent Marissal, député de Rosemont

Version finale

Le lundi 3 décembre 2018, 13 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures quarante-neuf minutes)

M. Marissal : Bien, alors, bonjour. Merci d'être là. Ce qu'on a vu aujourd'hui dans la mise à jour économique du gouvernement, c'est malheureusement la confirmation de ce qu'on savait : Ce gouvernement-là n'a pas de plan dans la lutte aux changements climatiques. Non seulement il n'a pas de plan, mais il ne sait pas par quel bout le prendre.

Alors, après nous avoir dit pendant quelques jours la semaine dernière qu'il n'avait pas trouvé le plan des libéraux, on avait compris qu'il n'en avait pas lui-même. Maintenant, il nous dit que finalement il y en avait, un plan du gouvernement libéral, et puis qu'il semble s'en contenter, même si, de toute évidence, ce plan est inadéquat. Et le gouvernement nous dit, par ailleurs, et c'est là que ça devient complètement absurde, qu'on n'atteindra même pas les cibles de réduction de GES dans l'ancien plan ou le pas de plan du gouvernement libéral. On a de la misère à les suivre là-dedans. Ce qu'on voit là-dedans, c'est que le gouvernement Legault ne sait pas par quel bout prendre ça.

Alors, il nous arrive avec une seule mesure, en fait, qui n'est même pas une de ses mesures, c'est une mesure qui existait déjà, c'est-à-dire le prolongement de l'achat de véhicules électriques pour trois mois encore. Très bien, nous sommes pour les véhicules électriques, mais ce n'est pas la panacée, ce n'est pas la solution universelle. Il y avait une occasion là-dedans d'aller beaucoup plus loin, de donner un grand coup d'envoi et de dire notamment aux entreprises, parce qu'on aide beaucoup les entreprises encore une fois au Québec, de leur dire : On va vous aider, oui, on va vous aider financièrement, d'accord, mais ça prend aussi un plan de transition écologique, un plan de transition, de formation de la main-d'oeuvre vers les nouvelles technologies vertes. De ça, il n'y a strictement rien là-dedans.

Pourtant il y a une immense différence, il y a une contradiction flagrante entre le diagnostic et le remède, c'est-à-dire que le diagnostic, le gouvernement nous dit : Il y a crise, il y a menace à l'humanité, puis le remède, c'est trois fois rien, sinon la reconduction d'un programme, d'un seul programme pour trois mois.

Alors, voici une belle occasion ratée, parce qu'il y avait de l'argent, et on a de l'argent au Québec. Le gouvernement a fait le choix, plutôt que d'investir dans la dette climatique, qui est hors de contrôle, a décidé d'investir davantage et de régler davantage la dette financière qui, elle, est totalement sous contrôle au Québec.

Je vais prendre vos questions.

La Modératrice : François Cormier.

M. Cormier (François) : Bonjour. François Cormier, TVA.

M. Marissal : Bonjour.

M. Cormier (François) : Je sais que votre parti avait dit que les quatre priorités, c'étaient l'environnement, l'environnement, l'environnement et la lutte aux changements climatiques, mais vous ne parlez pas des familles. Les mesures sont suffisantes quant à ce qu'on donne pour les familles, le 500 $, le 1 000 $ ainsi que les tarifs de garde?

M. Marissal : Bien, je n'en ai pas parlé dans mon introduction, parce que, pour nous, réellement, la priorité des priorités, là, la crise, là, c'est la crise des changements climatiques. Ça n'empêche pas qu'on se préoccupe aussi des familles. La preuve, c'est que la crise des changements climatiques va finir par toucher tout le monde, y compris les familles.

Si vous prenez plus spécifiquement la question de l'aide aux familles, il me semble qu'il y a une différence entre ce que M. Legault proposait et promettait dans sa campagne, notamment pour les frais de garde, et ce qu'il y a aujourd'hui, parce que, jusqu'à preuve du contraire et pour la prochaine année, les contribuables, les familles qui ont des enfants en garderie, ou en CPE subventionné, ou en service de garde subventionné ne paieront pas moins cher. Au contraire, ils vont continuer de payer un peu plus cher parce qu'il y aura indexation. Et on avait compris pendant la campagne électorale que le gouvernement... la CAQ, en fait, à l'époque, qui est devenue le gouvernement, voulait abolir la contribution additionnelle. Or, pour le moment, tout ce qu'on fait, c'est qu'on gèle cette contribution. Il y a une différence entre geler quelque chose qui existe et l'abolir.

M. Cormier (François) : Concernant l'environnement et la lutte aux changements climatiques, est-ce que vraiment il fallait que ça se fasse dans la mise à jour économique? Est-ce que vraiment il fallait que les mesures soient là, ou le plan ne peut pas venir ultérieurement, dans une annonce dans les prochains mois?

M. Marissal : Il y avait une belle occasion avec ça, qui est comme la première pierre de l'édifice caquiste, là. Il y avait là une sacrée belle occasion de dire : J'ai pris note, je constate, je sais qu'il y a crise, et voici, nous irons dans telle direction. Au lieu de ça, on nous dit que la grande, grande majorité des surplus ira à l'accélération du remboursement de la dette. Là, je parle de la dette financière et non pas de la dette climatique.

Non, nous n'étions pas obligés de tout avoir dans le plus fin détail là-dedans, mais c'était l'occasion parfaite... Ce gouvernement vient d'arriver, ce gouvernement dit : Oui, il y a crise climatique. C'était l'occasion parfaite de dire : Non seulement j'en prends acte, mais je vous dis qu'on ira dans telle ou telle direction. Encore une fois, on n'a rien contre les autos électriques, mais il n'y a pas une Tesla, il n'y a pas une Bolt sur la route du Québec, une Bolt de plus ou une Tesla de plus qui va mettre un bus de plus sur les routes, ou un tramway, ou un train de plus sur les rails du Québec. On est encore dans l'auto solo, et on est en dans un programme, de toute façon, pour trois mois. C'est largement insuffisant, c'est même presque risible comme solution.

La Modératrice : Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Bonjour. Qu'est-ce que vous pensez des mesures pour les aînés? Est-ce que vous trouvez que c'est suffisant?

M. Marissal : Bien, suffisant, probablement pas parce qu'il y a des aînés qui sont en situation de très, très grande pauvreté, qui auront besoin de plus. Et je crois avoir entendu M. Legault au moins reconnaître qu'il y a des aînés en situation de très grande précarité au Québec. 200 $, jusqu'à 400 $ par couple de personnes âgées, est-ce que ce sera suffisant pour sortir ces gens-là de leur extrême pauvreté? Non, bien sûr, mais soyons bons joueurs, là, il y a un premier geste qui a été posé là. Mais moi, je pourrais dire à M. Legault, par exemple, que dans ma circonscription, dans Rosemont, là, il y a énormément de personnes âgées seules et pauvres. Et j'irais même plus loin, il y a énormément de personnes âgées femmes et pauvres.

Dans mon porte-à-porte, quand je rencontre les gens dans les HLM, des fois, neuf portes sur 10, c'est une femme âgée pauvre. Ces gens-là, il faut les sortir de l'isolement, il faut les sortir de la précarité, il faut leur redonner une dignité, parce qu'évidemment tout ça cause des problèmes de santé, des problèmes d'isolement, des problèmes de santé mentale et toutes sortes d'autres problèmes qui sont inhumains pour la personne qui les vit puis, on va se le dire, qui coûtent aussi très cher à la société. Alors, voilà un bon petit pas dans la bonne direction.

Mme Prince (Véronique) : Est-ce qu'on n'est pas un peu impatients, finalement, puisqu'il y a un budget qui est prévu au printemps et qu'on nous dit que la plupart des mesures vont être là-dedans?

M. Marissal : Oui, quant aux changements climatiques, j'ai bien hâte de voir, parce que, pour le moment, le constat qui est fait là-dedans, c'est que ce gouvernement-là ne sait pas du tout par quel bout commencer. Il n'en a pas de plan, il ne le sait pas.

Quant au reste, Mme Prince, peut-être que l'impatience des Québécois et des Québécoises est proportionnelle à l'orgie de promesses et d'engagements qui ont été pris par ce gouvernement-là, gouvernement qui aujourd'hu, se rend compte qu'il ne peut pas tout livrer. Parce que, même s'il y a beaucoup d'argent, il y a beaucoup de surplus en ce moment, il y a eu beaucoup, beaucoup de promesses, et en ce moment je pense qu'on s'attendait et que les familles québécoises même étaient en droit de s'attendre à plus et à plus vite.

Il y aura un budget. On va donner l'occasion au gouvernement de déposer ce budget, mais pour l'ensemble et en particulier pour la priorité des priorités, c'est-à-dire la lutte aux changements climatiques, c'est très décevant. C'est très décevant parce que voici comme une carte, un peu comme une carte, un itinéraire, une espèce de Google politique, Google Maps politique, on dit : On va aller là puis on va passer par là. Il y aura peut-être quelques petits détours, mais grosso modo on veut s'en aller là. Pour le moment, il n'y a rien du tout là-dedans.

La Modératrice : Merci. Hugo Pilon-Larose, LaPresse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Je poursuis sur la lancée de ma collègue. Si j'ai à résumer, dans le fond, ce que tous les partis d'opposition... vous avez dit aujourd'hui à la mise à jour économique, on a entendu le PQ dire : Tout ça pour ça; les libéraux, dire : Un rendez-vous manqué; maintenant à vous de dire : Une belle occasion ratée.

Est-ce que vraiment les gens à la maison, les contribuables, qui, s'ils s'intéressent à la question, ont écouté les travaux aujourd'hui, avaient de si grandes attentes pour une simple mise à jour économique?

M. Marissal : Bien, de un, je ne parlerai pas pour les autres partis de l'opposition qui se sont vraisemblablement déjà prononcés. Je vais me prononcer pour ma formation politique qui a mené, tambour battant, la campagne pour une lutte réelle contre les changements climatiques et je pense que cette campagne, elle a résonné dans la population. Je pense que les Québécois et les Québécoises sont en droit et s'attendent à des vrais changements là-dedans. Et même le gouvernement, en fin de campagne, s'est mis à paniquer, en disant : Wo! je n'ai pas de plan, qu'est-ce que je fais avec ça? Ils se sont mis à consulter toutes sortes de monde pour essayer d'avoir des idées sur comment... espèce de bricoler un programme environnemental qu'il n'avait pas. Puis la semaine dernière ils avoué ici, en Chambre, qu'ils n'en ont pas de plan. Alors, le résultat, il est là. Effectivement, il n'y en a pas de plan.

Alors, nous, on fait le pari, effectivement, que les citoyens, les citoyennes au Québec, ils ont suivi la campagne et suivent l'actualité. Ils ont entendu parler du GIEC, ils voient bien les canicules comme celle de l'été dernier. Les feux de forêt, les dérèglements climatiques, tout le monde est à même de les voir. Alors, je pense qu'on s'attend à ce que notre gouvernement ici fasse quelque chose.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Alors, soyons concrets. Il y a la COP24 qui s'ouvre ces jours-ci, en même temps. Qu'est-ce qu'on aurait dû voir, une mesure que vous auriez aimé voir, dans un plan de lutte aux changements climatiques, qui aurait pu s'inscrire dans le cadre d'une mise à jour économique? Une chose.

M. Marissal : Bien, d'abord, un leitmotiv en faveur du transport collectif et pas les plans qui existent déjà, qui sont parfois, comme la ligne bleue à Montréal, des plans qui datent d'il y a 35 ans, là. On n'est pas tout à fait dans l'audace, là, on est dans les vieux plans qu'on fait juste recycler d'année en année, d'élection en élection. Un réel plan pour le transport collectif.

Nous, par exemple, on proposait, pendant la dernière campagne électorale, de couper de moitié les tarifs de transport collectif et d'établir des services de transport interurbain pour que les Québécois ne soient pas toujours obligés, à la fin, de dire : Bien, je vais prendre mon auto. Ça ne me tente pas, il ne fait pas beau, je suis tout seul, ce n'est pas le meilleur moyen, je ne peux même pas travailler... le plus souvent dans mon auto, je suis voiture solo, donc je pollue davantage que si j'étais en transport collectif. Mais on ne blâme pas les Québécois, là. Souvent, c'est le seul choix qu'ils ont. Puis même dans des villes comme Québec ou même Montréal, souvent, dépendant où vous vivez, le seul choix que vous avez parfois pour arriver à l'heure à votre rendez-vous, là, chez le médecin ou chez le dentiste, c'est de prendre votre char. Vous n'avez pas le choix.

Alors, là-dedans, il n'y a pas de position ferme en faveur d'un réel plan de transport collectif. Et ce n'est que ça, là. On aurait pu parler d'autres choses aussi. Tant qu'à aider les entreprises, et on les aide beaucoup, on aurait pu réellement leur dire : On va vous aider, on va continuer, mais les emplois, dorénavant, ils devront être verts. Parce qu'il y a une transition à faire aussi pour la main-d'oeuvre au Québec, ça ne se fera pas tout seul.

La Modératrice : Cathy Senay.

Mme Senay (Cathy) : Hi. Good afternoon. Mr. Marissal, there is this new financial assistance for seniors with lower income. It's about $200 per year. So, per month, it's about $16; per week, it's $4. It's about the cost of a coffee. Is it something that senior might be insulted with because the needs are way higher than this, you think?

M. Marissal : Well, I don't know if they should feel insulted by this but clearly it's not enough. Let's put it clearly, it's not enough. It's a first step towards the good direction, I think. There is something in this position from the Government that says : OK, we know there is a problem but obviously we have to do more about this. $16 a month, you said. Well, I think you have the answer to your question right there.

Mme Senay (Cathy) : Because you said in French that you know about the financial distress of seniors, you meet seniors almost every week perhaps in your own constituency that do have financial… they need help a way more probably than $200 per year?

M. Marissal : Ah! you bet. They need more than that. So actually is it just the first step in this first step of the Government and we'll see more in the incoming budget? I hope so, and we do hope so.

What I said in French about my riding is, and it's not exclusively in my riding, it's all over the place in Québec, all over riding in Québec, so many people are living alone, poor and isolated, and this problem is even more accurate with women. They are poor, old, sick and isolated. So, if it's a first step towards a good direction, fine, but we have to do more.

Mme Senay (Cathy) : Cars electrification, well, they want to extend… They are going to extend the program, which is a good thing, but, I mean, how much more you wanted to see there?

M. Marissal : I mean, this program for electric cars, we are talking about maybe 3,000 more electric cars during the next three months, which I doubt quite frankly. I doubt we are going to reach that point. Well, an electric car, as good as it is, doesn't replace a bus, or a train, or a tramway. We need more collective transit and solo car is not the solution. That's not the way to go. We're not against electric cars, don't get me wrong. That's a good thing. If we could all have electric cars in Québec, it will be a good thing but it's not the only solution. It's just one tiny part of the solution.

Mme Senay (Cathy) : Last question about the expectations that Opposition parties may have with this economic update. What do you think people will get out of this economic update, citizens?

M. Marissal : Well, you know, my kids are too old to be in day-care, but, if they were still in day-care, I would probably note that what we see today is not exactly what has been promised in the campaign. We were talking

about the abolition of extra fees and now we're talking about a freeze on extra fees. In my pocket, it doesn't make a difference. I will pay more in 2019, all the same.

Mme Senay (Cathy) : False promise, in a sense, or like…

M. Marissal : Incomplete.

Mme Senay (Cathy) :Thank you.

M. Marissal :Thank you.

(Fin à 14 h 4)

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