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Point de presse de M. Andrés Fontecilla, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion

Version finale

Le mardi 4 décembre 2018, 16 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Seize heures cinquante-cinq minutes)

M. Fontecilla : Merci. Bonjour, messieurs dames. M. Jolin-Barrette nous a dit que la rédaction de son plan d'immigration pour l'année 2019 avait été écrite à l'encre du courage. Pour moi, si ce gouvernement et son ministère avaient eu vraiment du courage, là, ce courage-là, c'est véritablement de réformer les politiques d'immigration qui assurent l'intégration, les programmes de francisation, de baisser le taux de chômage, et il aurait mis des ressources convenables pour l'intégration des personnes issues de l'immigration, là.

On peut se questionner sur la volonté du gouvernement, là, de réduire de façon aussi substantielle, de 53 000 à 40 000, les cibles d'immigration au Québec pour l'an 2020 et on peut se questionner parce qu'il n'y a nulle part la démonstration, en tout cas, le gouvernement et M. Jolin-Barrette ne l'ont pas fait, d'une crise de l'immigration au Québec, là. On aimerait bien voir les études qui font la démonstration que l'immigration est un problème au Québec, alors que ce n'est pas du tout le cas. Pour nous, l'immigration, c'est une contribution positive autant sur le plan économique, social, culturel, et à long terme, et pour la démographie du Québec, là.

J'aimerais bien que ce gouvernement-là et en particulier M. Jolin-Barrette déposent une étude d'impact sur la question de la réduction des cibles d'immigration, en particulier sur l'économie. Et on considère que le gouvernement est en contradiction avec lui-même, là. Il ne peut pas dire hier, un jour, là, que, dans sa mise à jour économique, qu'il y a pénurie de main-d'oeuvre au Québec et que cela va affecter l'économie du Québec, et, le lendemain, il nous annonce qu'il va réduire le seuil d'immigration qui justement vise à régler, en partie à tout le moins, là, la pénurie de main-d'oeuvre au Québec, là.

Il nous annonce également qu'il va y avoir une réduction des personnes admises en vertu du programme de réunification familiale. Il prend une décision qu'il ne peut lui-même assumer. La réunification familiale est de compétence fédérale. Il est en train de supposer que le gouvernement fédéral va suivre son désir et va automatiquement réduire le programme de réunification familiale. D'autre part, la réunification familiale est la meilleure façon d'assurer l'intégration à long terme des personnes immigrantes. Une personne immigrante qui reçoit sa famille, qui reçoit son conjoint, sa conjointe, ses enfants, c'est la meilleure façon qu'il va demeurer durablement ici au Québec, là.

Il réduit également les cibles d'immigration en matière d'admission de réfugiés. Est-il en train de faire fi de nos obligations internationales? Est-il en train de faire fi de notre devoir de protection des personnes qui viennent demander l'asile au Québec, là? Que va-t-il dire aux personnes, aux familles qui se trouvent dans un camp de réfugiés dans un pays en guerre, qui attendent depuis des années un certificat de sélection du Québec? Attendez deux ou trois ans supplémentaires?

Ce plan d'immigration pour l'année 2019 ne tient pas la route. Il n'est basé sur rien, et les cibles spécifiques, que ce soit en termes de travailleurs qualifiés, que ce soit en termes de réunification familiale ou en termes d'admission de réfugiés, est complètement irréaliste. Merci.

Mme Lévesque (Catherine) : Bonjour. Catherine Lévesque, HuffPost Québec. Quelle devrait être l'attitude d'Ottawa dans ce dossier, puisque visiblement le fédéral n'a pas été consulté, là, avant le dépôt de…

M. Fontecilla : Je ne pourrais pas vous dire quelle devrait être l'attitude du gouvernement fédéral. Ça leur appartient. Moi, je peux vous dire ce qu'est l'attitude du gouvernement du Québec par rapport à l'immigration, et je viens d'en parler, c'est une attitude déplorable. C'est hautement idéologique, et ils ne s'appuient sur rien. Ils veulent seulement, de façon démagogique, selon moi, baisser le seuil d'immigration.

Mme Lévesque (Catherine) : Bien, la CAQ prône quelle idéologie, à votre avis?

M. Fontecilla : Bien, c'est une idéologie qui vise à faire passer l'immigration comme un problème, alors que ça n'en est pas un.

Mme Lévesque (Catherine) : Donc, une idéologie populiste anti-immigration en bref. C'est ce qu'on doit comprendre?

M. Fontecilla : Je ne sais pas si c'est une idéologie populiste anti-immigration, mais ce qui est certain, c'est qu'ils utilisent l'immigration à des objectifs politiques, ils utilisent la destinée de dizaines de milliers de personnes pour obtenir des gains politiques.

Mme Lévesque (Catherine) : Vous avez parlé de l'importance de mieux franciser, mieux intégrer. La CAQ, bon, dans son discours, semble prôner ces mêmes objectifs là. Est-ce que vous pensez qu'à votre avis le Québec a les ressources nécessaires pour bien intégrer, bien franciser les immigrants, là, dans l'état actuel des choses?

M. Fontecilla : Le rapport du Vérificateur général du Québec en 2017 faisait la démonstration que nos politiques actuelles sont nettement insuffisantes, ce ne sont pas les bonnes politiques. On n'atteint pas nos cibles de francisation, alors que c'est vital pour l'avenir, pour l'avenir du fait français au Québec.

Le véritable courage, c'est véritablement de donner, d'implanter des nouvelles politiques, une nouvelle vision dans les politiques d'immigration. M. Jolin-Barrette dit vouloir avancer dans ce sens-là. Nous allons regarder dans le détail. S'il va dans le bon sens, nous allons l'appuyer, mais ce qui est important, c'est qu'il y a les ressources nécessaires pour avancer dans des politiques véritablement efficaces parce que le gouvernement fédéral nous donne des montants d'argent astronomiques pour l'accueil et l'intégration des immigrants, et le gouvernement du Québec ne les utilise pas dans son entièreté.

Mme Lévesque (Catherine) : Est-ce que vous pensez que ce plan de la CAQ va réellement aller de l'avant avec l'opposition d'Ottawa dans ce sens-là? Est-ce que vous pensez que c'est faisable, en fait, ce que M. Jolin-Barrette a présenté aujourd'hui, que ça va se faire?

M. Fontecilla : Ce plan est marqué sous le sceau du point d'interrogation. Concernant les réfugiés, concernant la réunification familiale, il y a des grandes questions parce que c'est aussi soit complètement de compétence fédérale ou soit de compétence partagée avec le gouvernement fédéral. Donc, il y a d'importants points d'interrogation sur la faisabilité de ce plan-là.

Mme Lévesque (Catherine) : Est-ce que vous pensez que ce plan-là en immigration va donner une mauvaise image du Québec?

M. Fontecilla : Il va donner certainement une mauvaise image auprès de la population issue de l'immigration. Ça, c'est certain qu'ils voient comment ce gouvernement traite les gens issus de l'immigration et en particulier auprès des gens qui sont en train d'attendre un conjoint, une conjointe, leur famille ou des réfugiés qui sont en train… qui attendent en ce moment même un certificat de sélection du Québec.

Des voix : Merci.

(Fin à 17 h 2)

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