Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et de santé publique

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et de santé publique

Version finale

Le mercredi 5 décembre 2018, 11 h 22

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-trois minutes)

M. Fortin : Bonjour. Merci d'être ici. D'abord, je vais peut-être commencer juste un suivi à la période de questions. Effectivement, moi, je ne suis pas médecin. Moi, je n'ai jamais travaillé dans le réseau de la santé. Je ne suis pas préposé aux bénéficiaires, je ne suis pas infirmier. Moi, je suis un patient du réseau de la santé, et le rôle de porte-parole en santé, je l'aborde avec le point de vue des patients. Et, dans ce cas-ci, dans le cas du cannabis, avec le point de vue, entre autres, des parents, des parents qui sont préoccupés, effectivement, par la légalisation du cannabis. Mais on a un rôle, comme parents, de ne pas se mettre la tête dans le sable et de réaliser qu'en ce moment il y a 31 % des jeunes de 18 à 24 ans qui font le choix de consommer du cannabis.

Alors, c'est pour ça que, selon nous, la position de la Coalition avenir Québec, et selon plusieurs des experts en santé publique, la grande majorité des experts en santé publique, la position de la Coalition avenir Québec n'améliorera pas le bilan de santé publique et va causer du tort à ces consommateurs-là parce qu'ils n'auront pas accès à un produit avec une plus faible teneur en THC. Et le projet de loi qui a été présenté aujourd'hui va causer des enjeux de santé pour ces consommateurs-là.

M. Bellerose (Patrick) : Vous trouvez que c'est mieux que les jeunes aient accès à du cannabis légal, même si j'imagine que vous n'encouragez pas la consommation?

M. Fortin : Non, mais la première chose, c'est, évidemment, il faut de la prévention, il faut faire de l'éducation, il faut faire de la sensibilisation. Mais, une fois que toutes ces mesures-là sont faites, et, malheureusement, en fait, malheureusement, le gouvernement n'a pas choisi, dans sa mise à jour économique, d'aller plus loin sur ces enjeux-là, une fois qu'on éduque les jeunes, qu'on fait de la prévention, qu'on fait de la sensibilisation, il y a quand même 31 % des jeunes Québécois aujourd'hui qui font le choix de consommer. Alors, pour ces gens-là, est-ce qu'on peut s'assurer d'avoir un produit qui a une teneur plus faible en THC? Est-ce qu'on peut s'assurer qu'ils puissent parler à quelqu'un à la Société québécoise du cannabis pour avoir un dernier niveau de sensibilisation et d'éducation avant qu'ils consomment le produit? Nous, on pense que c'est la meilleure façon de faire pour limiter le risque, et évidemment on est satisfait d'avoir les experts en santé publique qui appuient notre point de vue.

M. Laforest (Alain) : Vous pensez quoi de l'idée que le gouvernement décide maintenant d'interdire le cannabis partout, là? Ce n'est plus les municipalités qui vont avoir à jongler avec ça. Maintenant, lorsque la loi sera adoptée, ça sera illégal partout de fumer.

M. Fortin : Bien, de toute évidence, là, il va y avoir des enjeux au niveau de la ville de Montréal sur le rayon du 250 mètres qui a été mis de l'avant. Il faudra... On va se pencher, là, sur la question d'où sont les Sociétés québécoises du cannabis, et, s'il y en a, il y en a potentiellement qui vont devoir fermer leurs portes parce qu'elles sont à proximité d'établissements d'enseignement.

Maintenant, la raison pour laquelle le gouvernement, à l'époque, avait choisi de prendre une approche hybride, disons, au niveau des municipalités, c'est parce que c'était à la demande des municipalités. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui nous, on veut avoir des consultations publiques ou des consultations particulières en commission parlementaire...

M. Laforest (Alain) : ...je vous parle de fumer du pot dans la rue au Québec, maintenant.

M. Fortin : Oui, bien, exactement.

M. Laforest (Alain) : Lorsque la loi sera adoptée, ça serait illégal.

M. Fortin : Oui.

M. Laforest (Alain) : Peu importe l'endroit.

M. Fortin : Oui. Bien, c'est pour ça qu'il y a deux volets. Le premier volet, c'était à proximité des établissements d'enseignement, les points de vente. Le deuxième volet, c'est pour la consommation. Nous, ce qu'on avait mis de l'avant, ce que Mme Charlebois, à l'époque, avait mis de l'avant, c'était un projet de loi qui répondait aux attentes des municipalités. Mais un projet de loi aussi qui permettait, après trois ans, de revoir chacune des facettes du projet de loi. Alors, bien évidemment, on voulait voir comment ça se passait, est-ce qu'il y avait lieu de changer les modalités du projet de loi, et c'est pour ça qu'on va être constructifs dans notre rôle d'opposition, mais, encore là, c'est pour ça qu'on veut voir les experts en commission parlementaire, c'est pour ça qu'on veut voir les municipalités en commission parlementaire, pour voir si les premiers mois se passent comme ils s'attendaient à ce qu'effectivement ça se produise, et s'ils maintiennent leur position comme quoi ils veulent un modèle un peu hybride.

Alors, nous, pour l'instant, on veut réellement avoir cette consultation-là et je suis un peu préoccupé du fait que le leader de l'opposition semblait avoir... semblait vouloir de très courtes consultations sur le projet de loi.

Mme Prince (Véronique) : Pour revenir sur ce que vous disiez, là, concernant le 250 mètres des écoles, vous ne trouvez pas que c'est une bonne mesure, et c'est quoi, le problème que les succursales soient obligées de déménager, finalement?

M. Fortin : Bien, il y a un coût à ça, un coût qui n'est pas identifié. Ces succursales-là viennent d'ouvrir. Dans certains cas, évidemment, il y a eu des modifications importantes qui ont été faites. Donc, il y aura un coût à la chose. Mais, comme je vous dis, là, c'est une des raisons pour lesquelles on veut avoir plusieurs experts qui pourraient revenir en commission parlementaire ou qui pourraient venir pour une première fois. On est dans un Parlement où il y a, si je ne m'abuse, là, 67 nouveaux députés. Plus de la moitié des députés qui sont en place sont nouveaux. Ces gens-là méritent, avant de voter sur ce projet de loi là, d'avoir... de pouvoir entendre tous ces experts-là. Mais, comme je vous dis, on est pour l'instant ouverts à la discussion, ouverts à la consultation, et on verra exactement ce qui en est.

M. Bellerose (Patrick) : On sait que les propriétaires de logements, de condos, de maisons de ville peuvent interdire la consommation à la résidence. En interdisant aussi la consommation sur les lieux publics, est-ce qu'on ne vient pas juste carrément interdire, dans le fond, la consommation pour une large partie de la population?

M. Fortin : Bien, exactement. Il va y avoir une partie de la population qui va nécessairement être affectée, et ça faisait partie des revendications de la ville de Montréal, entre autres, et c'est pour ça que je suis certain qu'ils vont vouloir se prononcer. Encore aujourd'hui, il va y avoir des enjeux. Peut-être y a-t-il nécessité d'avoir des spécificités pour certaines municipalités. C'est pour ça justement que le modèle hybride avait été mis en place. Maintenant, on veut entendre la ville de Montréal sur les premières expériences, sur les premiers mois de la légalisation et des enjeux, comme ça, que ça a causés, et comment on peut mieux le régler avec un projet de loi comme celui qui sera devant nous bientôt.

Mme Senay (Cathy) : Will that be OK if I go in English?

M. Fortin : Of course.

Mme Senay (Cathy) : So, all the municipalities, they have the same rules, like, smoking cannabis in public spaces, it's going to be prohibited, which was not the case for the Liberals' bill. What do you think about that? The fact that the same rule is there... you know, this is like bang! there is no choice.

M. Fortin : Yes. Well, if you'll allow me just to do a quick wrap-up in English. Obviously, what we're worried about is the 18 years old, the fact that the legal age will pass from 18 to 21 years old. We think there is a real public health concern around that. As a parent, the first thing that obviously comes to mind is that we want to make sure our children never consume cannabis because we know that there is a public health risk to it. However, we can't stick our head in the sand either. There is 31% of 18 to 24s who are smoking it right now. And we want to make sure that if they do make the unfortunate choice to smoke it, that they have access to a product with a lower THC content, that they can talk to somebody at the SQDC before consuming the product. Education and prevention is one thing, but at the same time we have to live in the real world and realize that 18 to 24s are consuming right now.

In terms of the legislation, and I think your question was on the fact that...

Mme Senay (Cathy) : ...spread out no smoking...

M. Fortin : There is obviously going to be, first of all, a public health issue with that proposition because we were always told by the experts, in the first round of consultations, that smoking inside was more damaging than smoking outside. So, that's one of the things that we'll want to hear from the experts again. And I was a little bit worried about the Government's position that they want to limit consultation on this bill. There are 68 or 69 new parliamentarians here and they deserve to hear all of these experts before they pronounce themselves on this bill.

Now, in terms of going back to your question about smoking in public, the cities also had very different points of view from one city to the other. The city of Montréal had a very specific point of view that it's harder for Montréal, there are a lot of people who are tenants, there are a lot of people who don't have access to outside spaces, and we would be eliminating the rights of those people by doing so.

So, it's worth another discussion. The bill that was presented the first time had a clause in it that said: After three years, you can revisit all of the issues in the bill, seeing how things went in the real world and seeing how people in the cities adapted to the legislation. Now, obviously, we'll speed up that process as we are going to review it right now, but we want to hear from the municipalities as to their first experiences.

Mme Senay (Cathy) : Premier Legault will meet with other premiers and the Prime Minister, Friday. Québec becomes the strictest province across Canada with 21 years old. How do you react? How do you see this?

M. Fortin : Well, it's unfortunate that we are the only province that chooses not to adopt a public health standpoint on this issue. All of the other provinces listen to the health care experts, listen to the public health experts and chose the exact same age for purchase of tobacco and alcohol in their province. For some reason, for one reason, the Government of Québec picks 21 years old, but that's an arbitrary number that came from the CAQ Government. Really, there is no expert that's pushing for the 21 years old. There are people that will say: Well, 25 is the age which you still have effects on the development of the brain, but nobody says 21. So, really, they kind of picked a number because it was an ideological number, more so than a science-based number, and all the other provinces took a public health standpoint. So, M. Legault should really hang his head in shame in that meeting.

Mme Senay (Cathy) : At that point. Last question. You've been like the Minister responsible for the SAAQ. The SAAQ just wrapped together this massive publicity campaign and raising awareness for young people, 18 and up, for alcohol and cannabis at the same time. So, what do you think about the fact that now you scrap this?

M. Fortin : Well, you know, there's never going to be enough awareness of the fact that you don't drink and drive, you don't smoke and drive, and that is something that, in this bill, doesn't seem to be changed by the Government. I think we took a firm standpoint on smoking and driving just doesn't work, and I'm hoping that the…

Mme Senay (Cathy) : …18 and 21, the fact that now, like for 18 years old, when you are allowed to, you know, alcohol, you go in bars, you can have alcohol as you wish, but then you have to be concerned about how much you are going to drink, and then same thing for cannabis, both are, you know, going the same way for 18 years old. So, now that you have a discrepancy between two ages, what do you think?

M. Fortin : Well, the SAAQ is one thing, but just… In general, if you listen to the experts' forum that addressed the Government months ago, before this bill, when the first bill was ever introduced, it stated very clearly that 18 is the age at which we, as a society, say you're apt to make decisions for your well being. It's the age which you're allowed to purchase alcohol, which is a product that is not good for your health. It's the age at which you're allowed to smoke, which is not good for your health. It's the age at which you're allowed to serve the Canadian Forces overseas and put yourself in dangerous positions. Now, we have a product, cannabis, that is also not good for your health, but for some reasons, for some ideological reasons, the Government has chosen to go to 21. So, really, I think the word «ideological» defines why they're moving forward with this decision.

Une voix : Thank you.

M. Fortin : Thank you.

(Fin à 11 h 34)

Participants


Document(s) associé(s)